Domaine viticole Mas Llossanes

Mas Llossanes

Région viticole

Région viticole

Languedoc-Roussillon

BioBiodyvin
Sommaire

Un vignoble perché entre Tarerach et Arboussols, face au Canigou

Onze hectares entre 600 et 700 mètres

Le Mas Llossanes cultive 11 hectares de vignes bio dans le Conflent, face au Canigou, dans les Pyrénées-Orientales. Les parcelles s’étagent entre 600 et 700 mètres d’altitude. Le domaine se présente comme l’un des plus hauts vignobles de France.

Les vignes se trouvent sur les communes de Tarerach et d’Arboussols, dans les montagnes catalanes. La cave, elle, est installée plus bas, à Marquixanes. Il faut compter un quart d’heure de route entre les deux.

La famille Bertrand a planté les premières vignes dans les années 1940. Les ceps ont aujourd’hui entre 40 et 80 ans. Six cépages se partagent les parcelles : carignan, grenache, syrah, cinsault, chenanson et chasan.

Les vignes du Mas Llossanes

Arènes granitiques, schistes et tramontane

Les racines plongent dans des arènes granitiques et des schistes, avec aussi du gneiss. L’arène granitique est un sable grossier né du granit décomposé. Drainant et pauvre, ce sol oblige la vigne à puiser loin. Pour les vignerons, il donne des vins droits, minéraux et élancés.

La tramontane balaie les coteaux. Selon le domaine, ce vent assainit le vignoble et concentre les baies. À cette altitude, l’irrigation est impossible. En 2024, troisième année de sécheresse d’affilée, la récolte a chuté de 60 % et les rendements sont tombés à 12 hl/ha.

Un dolmen néolithique sur un « lieu saint »

Le vignoble abrite un dolmen néolithique, première trace de présence humaine sur le site. En catalan, Mas Llossanes signifie « lieu saint ». Des écrits du XIIIe siècle mentionnent déjà le lieu.

À la place du mas actuel se dressait un château féodal, le château Dotrera, dont le nom signifie « nid de vautours ». Le dolmen, au milieu des vignes, a donné son nom à la cuvée Au Dolmen.

De la Toscane au Conflent, le pari de Solenn et Dominique Génot

Dix ans à la tête de Caiarossa

Solenn et Dominique Génot viennent de l’Est de la France. Dans les années 2000, le groupe du Château Giscours leur confie la gestion de Caiarossa, sa propriété de Toscane. Ils la dirigent pendant une dizaine d’années.

Dominique est agronome et œnologue. Pendant deux ans, Solenn a été son élève, à la vigne comme en cave. La dégustation l’a conquise : elle a passé le diplôme de sommelière de l’Association italienne de sommellerie. Lui tenait la technique et le commercial, elle recevait les clients.

Un jour, ils ont compris qu’à eux deux, ils pouvaient gérer seuls une propriété entière. L’idée a fait son chemin, jusqu’à devenir une évidence.

2016 : des vignes, un tracteur et des sécateurs

Le couple cherchait une dizaine d’hectares, en altitude et isolés dans la garrigue. Après deux offres d’achat sur d’autres propriétés, il revenait toujours au Mas Llossanes. À la deuxième visite, la décision était prise.

En 2016, Solenn et Dominique reprennent le vignoble au départ en retraite du dernier membre de la famille Bertrand. La première année, l’exploitation ne possède que trois choses : des vignes, un tracteur et des sécateurs. Le domaine et son identité restent entièrement à créer.

Bio depuis 2016, biodynamie depuis 2020

Ecocert, puis Biodyvin

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 21 juin 2016, l’année de l’installation, sous le contrôle d’Ecocert. Tout le vignoble est conduit en bio. La biodynamie a suivi en 2020. Le Mas Llossanes est membre de Biodyvin, le syndicat international des vignerons en culture biodynamique.

Les préparations 500 et 500P ensemencent les sols en micro-organismes et accélèrent la formation d’humus. Le domaine ajoute aussi des hydrolats de plantes aromatiques à ses traitements. Ils en renforcent l’efficacité et permettent d’en réduire les doses.

Compost maison, engrais verts et brebis

Rafles, marcs et bois de taille finissent en compost biodynamique, rendu aux vignes. Après les vendanges, un mélange de triticale, de féverole et de moutarde blanche est semé entre les rangs. Ces engrais verts favorisent l’infiltration de l’eau et freinent l’érosion. Du fumier de vache bio complète l’apport.

En hiver, des brebis pâturent les parcelles. Elles désherbent et laissent de la matière organique derrière elles. Dans les vieilles vignes de carignan conduites en gobelet, le labour se fait au cheval.

Vendanger à l’aube, fermenter sans additif

Les vendanges se font exclusivement à la main. L’équipe commence dès l’aube, pour rentrer des raisins bien frais. À la cave, ils arrivent en petites caissettes et passent un dernier contrôle au moment de l’éraflage.

Les fermentations partent avec les levures indigènes. Le domaine n’ajoute ni levures du commerce, ni acidifiants, ni enzymes, ni texturants. Aucun sulfite n’est ajouté avant ou pendant la fermentation et l’élevage. Il n’en entre qu’une très faible dose, pour la stabilité du vin.

Chasan et chenanson : le choix de l’IGP Côtes Catalanes

Deux cépages nés à l’INRA en 1958

Le chenanson et le chasan ont tous deux été obtenus par l’INRA en 1958. Le chenanson, cépage noir, croise le grenache et le jurançon. Il donne des vins souples, fruités, généreux et assez typés. Le chasan, lui, est un cépage blanc.

Peu à peu délaissé, le chasan a presque disparu des vignobles français. Au Mas Llossanes, il a pourtant sa cuvée à lui, le Pur Chasan. Le pari est rare en Roussillon, où les vins de chasan seul restent exceptionnels.

Une aire d’AOC que le domaine a choisi de quitter

Tarerach fait partie de l’aire de l’AOC Côtes du Roussillon. Mais ni le chasan ni le chenanson ne figurent dans la liste des cépages de l’appellation. Ses rouges doivent aussi assembler au moins deux cépages, le premier ne dépassant pas 80 %.

Solenn et Dominique ont donc choisi de déclasser leurs vins en IGP Côtes Catalanes. Ils peuvent ainsi travailler librement le chenanson et le chasan, et produire des vins d’un seul cépage. Le cahier des charges de l’IGP admet ces deux variétés.

Reconnue en 1981, l’IGP a été regroupée en 2003 avec les IGP Coteaux de Fenouillèdes et Vals d’Agly. Son vignoble forme un vaste amphithéâtre ouvert sur la mer, adossé à de hauts reliefs, dont le Canigou. La tramontane y souffle un jour sur trois.

Des vins de montagne, du Pur Chasan au Dotrera

Cinq à sept degrés de moins que dans la plaine

À 700 mètres, le domaine compte 5 à 7 °C de moins que dans la plaine du Roussillon. Ces températures plus basses préservent l’acidité naturelle et la tension des vins. Les nuits fraîches, qui durent jusqu’en mai, ralentissent la maturation.

Le débourrement arrive aussi quelques semaines après celui des vignes de plaine, ce qui protège des gelées de mars. Les vignerons en tirent des vins pleins, aux tanins raffinés, avec un degré d’alcool modéré.

Neuf vins, du blanc de noirs au vin de liqueur

La boutique du domaine propose neuf vins. Le Pur Chasan fermente pour 65 % en barriques de deuxième passage et pour 35 % en cuve inox, puis reste 12 mois sur lies. Le Blanc de Noirs vinifie en blanc du grenache noir et du carignan noir. Le Rosé assemble cinsault et grenache.

Côté rouge, Là-Haut joue la légèreté et le fruit. Au Dolmen repose surtout sur des carignans de 75 ans, avec grenache, syrah et chenanson, et s’élève 18 mois en cuve inox. Dotrera, la cuvée signature, assemble carignan, syrah et grenache, élevés en partie en barriques.

Le Pur Carignan et la Pure Syrah viennent de vignes de 75 ans et passent 24 mois en fûts de chêne. Leurs bouteilles sont numérotées. Enfin, Poc a Poc est un vin de liqueur de vieux grenache, muté à l’alcool vinique bio puis élevé deux ans en barrique.

Fruits des bois, violette et pierre chaude

Le domaine cherche la précision, la fraîcheur et la minéralité des terroirs granitiques d’altitude. Le Dotrera s’ouvre sur les fruits des bois, la violette et la réglisse, avec une bouche fine et croquante aux tanins poudrés. La Pure Syrah joue la violette et le genévrier.

Le Pur Chasan associe fleurs blanches, pierre chaude et agrumes. Le Rosé, rose pâle, mêle notes florales et pierre à fusil, puis finit frais et légèrement salin.

Les guides ont suivi. Le Guide Bettane + Desseauve 2027 accorde 3 étoiles au domaine et note cinq cuvées au-dessus de 90/100. Le Pur Carignan 2022 obtient 2 étoiles au Guide Hachette. En 2025, le Dotrera 2019 a décroché une médaille d’or au Prix Plaisir de Bettane + Desseauve.

De la cave de Marquixanes aux vignes de Tarerach

Un caveau dans l’ancienne coopérative

La boutique occupe les bâtiments de l’ancienne cave coopérative de Marquixanes. Le caveau est directement relié au chai. On y goûte les vins du domaine sans réservation, en une quinzaine de minutes, selon la disponibilité de l’équipe.

Les rayons font aussi place aux produits artisanaux de producteurs voisins, fabriqués à moins de 10 km. Le domaine porte le label Vignobles & Découvertes.

À pied, au chai ou à vélo

Le Grand tour du domaine commence dans les vignes de Tarerach : balade dans le vignoble, visite du chai, puis dégustation commentée d’au moins trois vins. Il se fait sur réservation. L’atelier maître de chai initie à l’ouillage des barriques, avant une dégustation.

L’E-Bike & Wine Tour part du caveau de Marquixanes en vélo électrique. Sur 20 km, il relie villages catalans, prieuré de Marcevol et vignes du domaine, et se termine au chai par une dégustation.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

  • Domaine du Traginer

    Fondé en 1975 à Banyuls-sur-Mer par Jean-François Deu, le Domaine du Traginer doit son nom au muletier catalan, en hommage à son oncle Anicet. Ses plus de 18 hectares de vignes, entre mer et montagne, sont encore en grande partie labourés au mulet. Engagé en bio en 1998 et certifié Demeter depuis 2013, le domaine est membre de la Renaissance des Appellations. Il élabore des Banyuls, dont un grand cru, des Collioure et un vin orange.

  • Domaine du Petit Chaumont

    À Aigues-Mortes, le Domaine du Petit Chaumont cultive 120 hectares de vignes sur les sables de Petite Camargue, à un mètre au-dessus de la mer. Déminé au début des années 1970 par Alain Bruel, il est mené aujourd’hui par Nathalie et Laurent, de la famille Bruel. Engagé en bio depuis 2008, il diffuse aussi de la musique dans une partie de ses vignes contre l’esca. Ses gris d’AOP Sable de Camargue, dont la cuvée Elles, côtoient des rouges élevés en fût.

  • Domaine Les 3 Mazets

    Créé en 2016 par Luc Fonta, ancien technicien du traitement de l’eau, le Domaine Les 3 Mazets cultive 6 hectares à Villeveyrac, au bord de l’étang de Thau. Certifié en agriculture biologique depuis sa création, il ne traite plus ses vignes depuis 2019, ni cuivre ni soufre. Luc Fonta les pilote selon l’approche pH/redox du chercheur Olivier Husson, en agroécologie et en agroforesterie. Vendangées à la main, ses parcelles donnent cinq cuvées, dont trois rouges nature sans sulfites ajoutés.

  • Domaine La Limbardière

    Créé en 2018 par Vincent Rivemale, le Domaine La Limbardière prolonge à Abeilhan une histoire familiale de cinq générations, commencée par un maréchal-ferrant compagnon du devoir. Ses vignes et ses grenadiers sont conduits en agriculture biologique depuis 2009, avec des oliviers et des jachères dans le vignoble. La gamme compte huit vins en IGP Côtes de Thongue, quatre rouges, trois blancs et un rosé, plus un pur jus de grenade bio. Le domaine propose une balade dans les vignes suivie d’une dégustation et accueille les camping-cars.

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