Panorama du domaine bio Mas Seren

Mas Seren

Région viticole

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Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Seren, une étoile pour six hectares cévenols

Un mot gallois qui rime avec Cévennes

Le Mas Seren est un vignoble bio du Parc national des Cévennes, sur la commune de Monoblet, près d’Anduze. Quand Emmanuelle Schoch crée le domaine en 2009, il lui faut un nom. Les étoiles s’imposent : la nuit, au-dessus des vignes, elles semblent assez proches pour qu’on les attrape à pleine main.

« Seren » veut dire étoile en gallois, et le mot rime avec Cévennes. L’idée court jusqu’aux étiquettes. Les cuvées portent des noms d’étoiles, choisis à dessein parmi les moins connus. En 2018, le Parc national des Cévennes a d’ailleurs obtenu le label Réserve internationale de ciel étoilé.

Des parcelles dessinées par les haies et les ruisseaux

Le vignoble s’étend sur 6 hectares, à plus de 300 mètres d’altitude, dans un bois de chênes. Les parcelles occupent des coteaux plus ou moins pentus. Un réseau de haies, de bosquets et de ruisseaux en trace les contours. Garrigue et chênaie protègent le site, et le château de Fressac veille sur le domaine.

Ce petit vignoble d’un seul tenant compte 10 parcelles. Le Parc national qui l’entoure est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le caveau et le siège du domaine se trouvent sur la commune voisine de Massillargues-Attuech.

Panorama du domaine bio Mas Seren

De Lyon aux Cévennes, le parcours d’une cheffe de cave

Une « clochette » pendant les vendanges en Languedoc

Emmanuelle Schoch a grandi à Lyon, dans une famille épicurienne. Elle se décrit pourtant comme une fille de la campagne. Son parcours la mène chez les vignerons et vigneronnes du Languedoc. Elle participe aux vendanges, puis à d’autres travaux, et prend goût à la vigne.

Une « clochette » sonne alors dans sa tête : il est temps de changer de vie. Elle reprend des études et devient technicienne de la vigne. Suivent 15 ans comme cheffe de cave, régisseuse de domaine et conseillère en vinification. En 2020, elle signait sa trentième vinification.

Un domaine créé de toutes pièces en 2009

Elle trouve son terroir en Cévennes, sur une terre qu’elle dit sauvage et préservée. Elle l’a choisie pour la variété de ses sols, son climat particulier et sa beauté. En 2009, elle crée le Mas Seren de toutes pièces, pour produire ses propres vins en IGP Cévennes.

« Les Cévennes ont été pour moi une évidence car c’est un territoire hors des sentiers battus », explique-t-elle. Elle revendique une viticulture « très paysanne », adaptée selon elle aux coteaux et aux vieilles vignes.

Vinifilles, Esprit parc national et les Cévinoles

La vigneronne adhère aux Vinifilles, l’association des femmes vigneronnes d’Occitanie. « Cela nous donne envie de traverser les difficultés car on n’est pas seule », résume-t-elle. Six de ses vins portent aussi la marque Esprit parc national.

Elle y voit un fil conducteur entre nature, patrimoine et savoir-faire. En 2024, elle a fondé avec quatre autres vignerons des Cévennes un collectif, Les Cévinoles. Ensemble, ils ont organisé trois mini-salons pour les particuliers, en Haute-Savoie et en Normandie.

Nuage, Cosinus et les brebis du berger voisin

Deux comtois sous les souches

Pour garder un sol vivant, Emmanuelle Schoch le travaille le moins possible. Les brebis l’aident depuis le début. En 2014 arrive Nuage, puis Cosinus, deux chevaux comtois. Elle garde de l’ouverture du premier sillon le souvenir d’une émotion intense.

Les rôles sont répartis. Les brebis du berger voisin tondent l’inter-rang, de la fin de l’automne aux premiers jours du printemps. Les chevaux prennent ensuite le relais et entretiennent le sol sous les souches, en traction animale. Aucun herbicide n’entre dans les parcelles.

De l’herbe entre les rangs contre les épisodes cévenols

Entre les rangs, la vigneronne conserve l’enherbement naturel du site. Cette végétation décompacte le sol et lui apporte de l’humus. Elle le retient aussi lors des épisodes cévenols, ces pluies violentes qui frappent la région.

Les vignes sont cultivées selon le cahier des charges de l’agriculture biologique. Emmanuelle Schoch cherche en plus à réduire le soufre et le cuivre. Elle applique des tisanes et des huiles essentielles : écorce de chêne, prêle, ortie, écorce d’orange douce. Le climat ne favorise pas les ravageurs, et les vignes n’ont jamais reçu le moindre insecticide.

Gobelet, cordon de Royat et 25 à 30 hectolitres

La taille se fait en gobelet ou en cordon de Royat, pour équilibrer chaque souche. Un épamprage et un ébourgeonnage stricts répartissent ensuite les grappes sur les ceps. Avec un palissage entretenu, ces gestes laissent circuler l’air dans le feuillage et limitent les maladies.

Les rendements restent modérés, de 25 à 30 hectolitres par hectare. Les vignes les plus jeunes ont 25 ans, les plus anciennes plus de 60 ans. La galerie du domaine montre un vieux cinsault de 55 ans.

L’IGP Cévennes, un Languedoc de piémont

Un vin de pays reconnu en 1992

Tous les vins du Mas Seren sont vendus en IGP Cévennes. Cette indication a d’abord été reconnue comme vin de pays des Cévennes, par un décret du 27 août 1992. Monoblet et Massillargues-Attuech figurent tous deux dans son aire géographique. Son cahier des charges la décrit comme le dernier contrefort montagneux du sud du Massif central.

Selon ce même texte, la vigne y apparaît en général là où le châtaignier disparaît. Elle y a longtemps côtoyé d’autres cultures, sans tourner à la monoculture. Fin 2024, l’INAO a étendu l’aire de l’IGP à 40 communes de Lozère.

Schistes, calcaires, grès rouges et marnes grises

Le domaine repose sur la faille des Cévennes, faite de sols anciens et très fracturés. Sur ses 6 hectares, on trouve des schistes feuilletés, du calcaire dur du secondaire, des grès rouges et des marnes grises. Pour la vigneronne, ce mélange multiplie les caractères de ses 10 parcelles.

La pierre domine, et les sols sont pauvres. Les pluies, régulières et abondantes, compensent cette pauvreté. Le climat reste ensoleillé, mais plus frais et plus arrosé : les Cévennes font figure de terroir atypique en Languedoc.

Des journées chaudes et des nuits de montagne

Le vignoble profite d’une double influence, continentale et méditerranéenne. Les hivers sont rigoureux, ce qui favorise le repos de la vigne et assainit les bois. En été, les journées chaudes contrastent avec la fraîcheur des nuits de montagne.

La véraison progresse lentement, et les raisins ne prennent pas de coups de soleil. La maturité avance au même rythme. Emmanuelle Schoch attribue à ce contraste l’éclat aromatique, la finesse des tanins et la fraîcheur de ses jus.

Neuf vins, six cuvées et pas une barrique

Un mois de vendanges et des cuves pour seul élevage

Les vendanges se font à la main. La vigneronne goûte les baies chaque jour et fixe les dates quand la maturité la satisfait. La récolte s’étale ainsi sur un bon mois, au rythme de chaque cépage. Les parcelles sont vinifiées séparément, puis assemblées pour composer les six cuvées du domaine.

En cave, rien de révolutionnaire, dit-elle. Les macérations durent plus ou moins longtemps selon le vin recherché. L’extraction se fait par remontage ou pigeage, avec contrôle des températures. Les malolactiques se font ou non selon les vins. L’élevage se fait en cuves, sans aucun passage sous bois.

La vigneronne cherche des vins qui existent dans l’équilibre et la finesse plutôt que dans la puissance. L’intensité aromatique et l’ampleur y sont relevées par une fraîcheur qu’elle rattache au terroir cévenol.

Étincelle nomade, trois couleurs pour le croquant du raisin

La gamme Étincelle nomade se décline en blanc, rosé et rouge autour d’une idée : révéler l’éclat, la gourmandise et le croquant du raisin. Le blanc assemble 70 % de vermentino et 30 % d’ugni blanc. Le rosé réunit 90 % de cinsault et 10 % de syrah. Le rouge inverse la tendance, avec 60 % de syrah et 40 % de cinsault.

Étamin, Lilith, Mintaka et Capella

Étamin, le blanc, tient à 80 % de la roussanne, pour le velouté, et à 20 % du grenache blanc, pour la finesse. Son nez mêle fruits et fleurs jaunes relevés d’épices douces. Il se garde jusqu’à 5 ans.

Lilith associe à parts égales grenache et cinsault. Ce rouge de charme joue sur les fruits rouges, les épices et une bouche charnue. Il se garde jusqu’à 6 ans.

Mintaka repose sur 75 % de syrah, soulignée par le fruit et le grain du grenache. Ce rouge de puissance, dense mais fondu, se garde jusqu’à 10 ans. Capella rend hommage au carignan, qui en compose 80 %, avec du grenache et une touche de syrah. Le domaine en fait un rouge puissant, à la nature sauvage.

Libra, des cépages résistants vinifiés nature

La cuvée Libra vient de nouvelles variétés, sélectionnées pour mieux résister aux maladies et à la sécheresse. Le blanc associe souvignier gris et floréal à parts égales. Le rouge assemble artaban et vidoc. Ces deux vins suivent la méthode nature : sans sulfites, sans filtration, fermentés par les levures présentes sur les raisins.

Goûter les vins de la vigneronne

Un caveau ouvert toute l’année, sur rendez-vous

Le caveau du Mas Seren propose la dégustation et la vente de vin toute l’année. Emmanuelle Schoch reçoit volontiers les visiteurs. Comme elle passe beaucoup de temps dans les vignes, il faut prendre rendez-vous avant de venir.

Chez les cavistes des Cévennes et dans la presse

Les vins se trouvent aussi chez des cavistes, des restaurants et des bars à vins, en France et au-delà. Autour du domaine, plusieurs points de vente les proposent, à Anduze, Lasalle, Saint-Jean-du-Gard ou Le Vigan. La vigneronne vend surtout aux professionnels.

La presse s’y intéresse aussi. Le domaine recense des articles du Midi Libre en 2016, de Terre de vins et du Parisien en 2020. La Revue du vin de France en a parlé en mars 2024.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier cultive 18 hectares au nord du Gard, sur Saint-Christol-de-Rodières, Aiguèze et Saint-Julien-de-Peyrolas, à la limite des gorges de l’Ardèche. La quatrième génération y travaille en agriculture biologique depuis 1999, et met son vin en bouteille depuis 2004. La gamme va du Côtes du Rhône L’Incompris(e) aux vins de cépage en IGP Pays d’Oc, plus des bag-in-box et un jus de raisin. Tous se dégustent gratuitement dans un moulin à huile du XVIe siècle à Aiguèze, rouvert en caveau en 2021.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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