Coin fleuri au Château La Rayre

Château La Rayre

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 25ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2010

Sommaire

De Bouzy à Colombier, une ancienne métairie de Fonvieille

Un Champenois installé en Bergeracois en 1999

Le nom de Vesselle est connu à Bouzy, en Champagne. Vincent Vesselle a pourtant quitté la région pour faire du vin sous un ciel plus clément. En 1999, il rachète La Rayre, à Colombier, en Dordogne. C’est une ancienne métairie du château de Fonvieille.

Le domaine se trouve à une vingtaine de minutes de Bergerac. Sa renommée dépasse la région bergeracoise et gagne l’étranger : Pays-Bas, Japon, Suisse, Allemagne, Italie. Depuis son arrivée, le propriétaire s’efforce de garder la qualité des vins et de l’améliorer.

Vincent Vesselle se présente volontiers comme un vigneron et un entrepreneur. Il aime entreprendre et surprendre. Le bio, puis le vin végétalien, en donnent la mesure.

Vincent Vesselle, Château La Rayre

25 hectares sur les coteaux sud de Monbazillac

Le vignoble couvre 25 hectares sur les coteaux argilo-calcaires du versant sud de Monbazillac. Les fiches des vins parlent d’un terroir à dominante calcaire. L’exposition au sud et ces sols donnent, selon le domaine, des vins aromatiques et vifs, tournés vers la fraîcheur.

Le blanc domine. 18 hectares produisent le Bergerac sec et le Monbazillac, avec le Sauvignon, le Sémillon et la Muscadelle. Les 7 hectares restants donnent le Bergerac rouge, à partir de Merlot, de Cabernet franc et de Cabernet Sauvignon. Les Monbazillac Château et Grand Vin proviennent de vieilles vignes de plus de 50 ans.

Du bio au végétalien, un vignoble sans matière animale

Bio certifié en 2013, HVE en 2014

Vincent Vesselle a engagé son exploitation en agriculture biologique le 13 septembre 2010, auprès d’Ecocert. L’intégralité du vignoble est certifiée bio en 2013. Le domaine obtient ensuite la Haute Valeur Environnementale de niveau 3 en 2014.

La ferme ne se limite pas à la vigne. L’Agence Bio y recense aussi, en bio, des prairies, de la luzerne et des mélanges de céréales. En 2026, une partie du raisin de cuve est aussi en première année de conversion.

2018, première certification biocyclique végétalienne de France

Pour Vincent Vesselle, produire en « 100 % végétal » allait de soi. Aucune matière animale n’entre dans ses vignes. Le premier audit du Standard Biocyclique Végétalien réalisé en France a eu lieu chez lui, le 23 août 2018. L’association Vegan France Interpro l’a mené, avec des partenaires allemands et grecs.

Ce standard repose sur quatre piliers. Le bio sans élevage, d’abord, et une fertilisation entièrement végétale. Puis un milieu riche en biodiversité et des cycles fermés. La certification bio en est la condition préalable. Château La Rayre est ainsi devenu le premier vignoble français certifié selon ce référentiel, en 2018.

Toute la production porte depuis un double label : ABV, pour l’agriculture biocyclique végétalienne, et EVE Vegan. Ce second label est délivré par Expertise Végane Europe. Les engrais verts font partie des techniques que le vigneron a adoptées ces dernières années.

Inox, barriques neuves et cuves ovoïdes

La fraîcheur comme fil conducteur

Au chai, trois contenants cohabitent : cuves inox, barriques et cuves ovoïdes Flextank. Trois blancs suivent la même méthode : le Bergerac sec, le Côtes de Bergerac moelleux et le sec des Trois Filles. Au programme, macération pelliculaire, pressurage pneumatique, fermentation à basse température et élevage sur lies.

Le rosé est obtenu par saignée, à basse température lui aussi. Le Bergerac rouge de la gamme Château est vinifié sans sulfite. Le domaine le décrit fluide et gourmand, à servir légèrement frais.

Les Trois Filles, élevées en cuve ovoïde de 11,25 hl

La cuvée Les Trois Filles dit l’attachement du vigneron à sa famille. Elle existe en Bergerac sec, en Bergerac rouge et en Monbazillac. Les trois vins passent par une cuve Flextank de forme ovoïde, d’une contenance de 11,25 hectolitres.

Le blanc sec assemble 90 % de Sauvignon et 10 % de Sémillon, élevés sur lies. Le rouge repose sur 90 % de Merlot, complété de Cabernet Sauvignon, et fait sa malolactique avant l’élevage. Le Monbazillac, lui, fait la part belle à la Muscadelle, à 95 %.

Le Grand Vin, fermenté en barriques neuves

La gamme Grand Vin relève d’un esprit plus traditionnel. Le Bergerac sec, 60 % Sauvignon et 40 % Sémillon, fermente en barriques neuves puis reste 9 mois sur lies. Le domaine lui trouve des arômes de coing et une pointe boisée.

Le Bergerac rouge, 60 % Merlot et 40 % Cabernet Sauvignon, connaît une cuvaison longue et 12 mois de barriques. Le Monbazillac Grand Vin, issu de vieilles vignes, fermente lui aussi en barriques neuves. Son élevage dure 12 mois.

Onze vins, du Bergerac sec au Monbazillac

La gamme Château La Rayre

Le domaine produit onze vins, répartis en trois gammes. La première, qui porte le nom du château, compte cinq vins. Le Bergerac sec, 90 % Sauvignon, offre des arômes de fleurs blanches, d’agrumes et de mangue. Il accompagne l’apéritif ou les fruits de mer.

Le Bergerac rosé assemble un tiers de Merlot et deux tiers de Cabernets, avec un nez de cassis. Le Côtes de Bergerac moelleux, presque entièrement en Sauvignon, garde une bouche fraîche et acidulée, à peine sucrée en finale. Le Monbazillac, à 95 % Sémillon, mêle l’abricot à une pointe vanillée.

Ce Monbazillac suit le même chemin que le Grand Vin. Les raisins botrytisés sont récoltés par tries successives, pressés en pressoir vertical, puis fermentés en barriques neuves. Le domaine le conseille à l’apéritif ou avec du foie gras.

Étoiles Hachette et médailles d’or

Le Guide Hachette des Vins a décerné au domaine un coup de cœur pour un Monbazillac 2005. Le Bergerac sec Les Trois Filles a reçu une étoile dans l’édition 2019. Le Bergerac rouge Grand Vin en a obtenu deux dans l’édition 2023.

Avec le millésime 2020, trois cuvées du domaine sont entrées dans le guide. Côté concours, le domaine affiche une médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants de France 2022 pour ce même rouge. Son Monbazillac porte l’or du Concours de Bordeaux 2022, et son rosé celui des Vignerons Indépendants 2023.

Le domaine se dit aussi cité dans la Revue du vin de France. Il revendique encore des médailles au Concours Général Agricole et au concours des vins de Bergerac.

Monbazillac, cinq communes et des brumes d’automne

Colombier, l’une des cinq communes de l’appellation

L’AOC Monbazillac a été reconnue le 15 mai 1936. Elle est réservée aux vins blancs tranquilles. Son aire ne couvre que cinq communes : Colombier, Monbazillac, Pomport, Rouffignac-de-Sigoulès et Saint-Laurent-des-Vignes. Ces limites ont été tracées à la suite de plusieurs procès, entre 1921 et 1935.

Le vignoble s’étend sur les terrasses et les coteaux entre la rive gauche de la Dordogne et la Gardonnette. Il représente le quart du vignoble bergeracois. Selon le cahier des charges, c’est le plus important vignoble de vins doux d’appellation de France, en surface comme en production.

Botrytis et tries à la main

En automne, l’influence océanique amène rosée, brumes et brouillards matinaux, suivis d’après-midi ensoleillées. L’humidité de l’air atteint 85 à 90 %, ce qui favorise le botrytis cinerea, la pourriture noble. La chaleur de l’après-midi freine ensuite son activité.

L’appellation impose une récolte à surmaturité et des tries manuelles successives. Trois passages sont en général réalisés, parfois beaucoup plus. Le rendement de référence reste faible, à 30 hectolitres par hectare. Château La Rayre produit aussi, sur les mêmes coteaux, des Bergerac sec, rosé et rouge et un Côtes de Bergerac moelleux.

Rencontrer Vincent Vesselle

À la propriété, sur rendez-vous

Château La Rayre reçoit les visiteurs toute l’année, sur rendez-vous. La visite guidée se réserve à l’avance. En juin 2025, le vigneron a aussi tenu une journée portes ouvertes. Au programme, ses Bergerac et ses Monbazillac.

Sur les salons des Vignerons Indépendants

Le domaine adhère aux Vignerons Indépendants. Vincent Vesselle tient un stand sur leurs salons nationaux. On le croise à Rennes, Strasbourg, Bordeaux, Reims et Lille. À Paris, il expose à Champerret et à la Porte de Versailles.

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L'agenda du Château La Rayre

Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Manoir de Saint-Bazile

    Le Manoir de Saint-Bazile a planté 1,6 hectare de vignes en 2023 sur un coteau plein sud de Saint-Bazile-de-Meyssac, en Corrèze. Nicolas Bossut et Pierre Basiaux y cultivent syrah, zinfandel, merlot, chardonnay et muscat, sans travail du sol, sous un couvert de trèfle blanc. Engagé en bio depuis 2024, le domaine travaille tout à la main et a vendangé pour la première fois en septembre 2025. Le manoir presse aussi des pommes bio de Corrèze pour en tirer des jus et des hard ciders.

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

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