Domaine Chaume-Arnaud - Vignoble en plein soleil, un arbre isolé à l’horizon

Domaine Chaume-Arnaud

Région viticole

Région viticole

Vallée du Rhône

BioDemeter

Des vignerons paysans entre Vinsobres et Saint-Maurice

Le Domaine Chaume-Arnaud cultive 38 hectares de vignes sur les communes de Vinsobres et de Saint-Maurice-sur-Eygues, au sud de la Drôme, dans la vallée de l’Eygues. La ferme se trouve dans le Parc naturel régional des Baronnies provençales, face au versant nord du Mont Ventoux. Toute la propriété est conduite en agriculture biologique et en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2009.

La famille se présente comme des « vignerons paysans ». Le mot n’a rien d’un slogan. La vigne partage la ferme avec les oliviers, les tomates et les céréales, comme dans la vallée d’avant les années 1950.

La nuit de février 1956 qui a tué les oliviers

Jusqu’en 1956, les oliviers étaient plus nombreux que la vigne à Vinsobres et à Saint-Maurice. Une nuit de février, le gel les a tous fait périr.

Avant ce gel, les cultures se répartissaient entre abricotiers, céréales, lavande, oliviers et vigne, avec toujours un troupeau de moutons. Ce modèle s’est perdu peu à peu dans la vallée. Au domaine, on le juge au contraire logique aujourd’hui, et on l’a remis en pratique.

Tanche de Nyons, tomates Roma et basilic

Les oliviers sont revenus. Le domaine cultive la Tanche, la variété du pays, qui bénéficie de l’AOP Nyons. L’olive est ici une culture ancienne. Tout autour du domaine, on retrouve des traces de sa culture et de sa transformation dès l’époque gallo-romaine.

Domaine Chaume-Arnaud - Olives noires sur la branche, cultivées à côté de la vigne
Des olives de Tanche, l’autre récolte de la ferme.

Pendant de nombreuses années, la famille a fait du maraîchage, du melon surtout. Elle en a gardé le goût. Elle produit aujourd’hui des tomates de type Roma, allongées, destinées aux jus et aux coulis. Le basilic cultivé à côté entre dans ces coulis. Comme les vins, ces produits sont certifiés bio et Demeter.

De 4,5 hectares loués à une ferme entière en biodynamie

Valérie, Philippe, puis leurs deux fils

Tout commence en 1987. Valérie a 23 ans et sort de l’école d’agriculture. Elle loue 4,5 hectares de vignes à ses parents et crée la cave. Deux ans plus tard, en 1989, son mari Philippe la rejoint, après une première vie de technicien en matériel vinicole.

En 1999, les parents de Valérie prennent leur retraite. Le couple investit lourdement pour reprendre toute la propriété familiale et vinifier l’ensemble du vignoble. Thibaud, le fils aîné, rejoint le domaine en 2011. En 2019, la cave s’agrandit pour suivre la demande et travailler plus confortablement.

Le domaine est aujourd’hui entre les mains de Thibaud. Avec son frère cadet Raphaël, il est cogérant de l’exploitation aux côtés de leur mère. En juillet 2021, le magazine britannique Decanter ouvrait avec le domaine une série consacrée à dix producteurs du Rhône encore méconnus.

Du bio à la biodynamie, par les parcelles difficiles

Le choix de l’agriculture biologique s’est imposé à la famille à la fin des années 1990, comme une évidence. L’engagement de l’exploitation auprès d’un organisme certificateur bio date de 2006. Mais Valérie et Philippe ont voulu aller plus loin.

En 2003, ils commencent à appliquer les principes de la biodynamie. Ils testent d’abord les préparations sur les parcelles à problèmes. Devant les améliorations constatées, ils étendent la méthode à tout le domaine. Le réchauffement climatique a pesé dans la décision : il s’agissait de garder de la fraîcheur. Philippe constate que les vins ont aujourd’hui des acidités plus élevées.

Le label Demeter couvre tous les produits du domaine depuis 2009. Au fil des ans, la famille observe des sols plus vivants, des vignes plus vigoureuses et des vins qui ont gagné en équilibre. Cette agriculture suit les rythmes naturels et mise sur les défenses propres de la plante. Les parcelles, bien regroupées autour de la ferme, facilitent le travail.

Domaine Chaume-Arnaud - Sol travaillé entre les rangs de vigne, sous la lisière des bois
Le sol travaillé entre les rangs, au pied des bois.

Trois étages de vigne dans la vallée de l’Eygues

Le climat est méditerranéen, aussi propice à la vigne qu’à l’olivier. Le domaine répartit ses cépages selon trois situations bien distinctes, du bas de la vallée jusqu’au plateau.

Le coteau argilo-calcaire tourné vers le sud

Le coteau offre un sol argilo-calcaire et caillouteux, avec de belles expositions au sud et au sud-est. C’est le domaine des cépages rouges du Rhône méridional : grenache, cinsault, mourvèdre et syrah.

Domaine Chaume-Arnaud - Ramassage des sarments sur un sol très caillouteux
Des sols chargés de cailloux, à la saison de la taille.

Le plateau venté au-dessus de 400 mètres

Plus haut, le plateau dépasse 400 mètres d’altitude. Le sol y est plus argileux et très caillouteux. Toujours venté, il donne des conditions plus fraîches. La famille y cultive la syrah et les cépages blancs : roussanne, marsanne et viognier.

La plaine de l’Eygues, terrain d’essai

En bas, la plaine fertile de l’Eygues accueille ce que le domaine appelle les cépages « venus d’ailleurs ». On y expérimente le chenin, le rolle, le chasselas, le caladoc et le merlot, à côté de la syrah. Le picpoul fait aussi partie des cépages blancs de ces vins hors appellation.

Le Pontias, vent froid du matin

Le terroir de Vinsobres doit beaucoup à un vent local, le Pontias. Ce vent thermique, froid et sec, naît à Nyons et souffle le matin. L’été, il rafraîchit la vallée et chasse les rosées matinales, souvent à l’origine des maladies. Au printemps, il lui arrive de protéger les cultures des gelées.

Deux cuvées du domaine portent son nom, un rouge et un blanc.

Vinsobres, premier cru de la Drôme provençale

Un ancien Côtes du Rhône Villages promu en 2006

Longtemps classé en Côtes du Rhône Villages, le vin rouge de Vinsobres est devenu en 2006 le premier cru de la Drôme provençale. L’appellation ne concerne que les vins rouges. Le grenache doit y dépasser la moitié de l’encépagement, et la syrah ou le mourvèdre atteindre au moins un quart.

Le vignoble s’étage de 200 à 450 mètres d’altitude, en terrasses, aux confins des Préalpes d’un côté et face au Mont Ventoux de l’autre. Les étés y sont chauds et secs, rafraîchis par le Mistral et le Pontias.

Saint-Maurice, un village nommé à l’accent du nord

Entre Vinsobres et Visan, un long coteau orienté plein sud surplombe l’Eygues. Une fine section y porte le nom de Saint-Maurice, qui figure parmi les Côtes du Rhône Villages communaux depuis 1967. Le grenache y reste roi, mais la syrah occupe un bon tiers de l’encépagement. Peu de vignerons mettent ce nom sur leurs étiquettes : le domaine en fait partie.

La gamme, du Vinsobres aux cépages d’ailleurs

La famille accompagne chaque vin d’une image plutôt que d’une note de dégustation. Les rouges d’appellation reposent sur le grenache, la syrah, le cinsault et le mourvèdre. Les blancs d’appellation assemblent marsanne, roussanne et viognier.

Domaine Chaume-Arnaud - Benne de raisins noirs et blancs pendant les vendanges
Raisins noirs et blancs mêlés dans la benne, aux vendanges.

Le Vinsobres, la moitié de la production

Le Vinsobres est « la » cuvée du domaine. Il représente 50 % de la production et réunit grenache, syrah, cinsault, mourvèdre et counoise. La famille y voit « une amitié sans feinte ni déguisement ».

La Cadène rouge, en Vinsobres, n’existe que dans les millésimes à fort potentiel de garde. Grenache, syrah et mourvèdre la composent. Elle évoque à la famille « une promenade hivernale dans les bois ». Un autre Vinsobres, La Piade, est apparu avec le millésime 2023.

Saint-Maurice et Côtes du Rhône, pour tous les jours

Le Côtes du Rhône Villages Saint-Maurice est la cuvée la plus méridionale du domaine : grenache, syrah et mourvèdre, pour « une nuit d’été du côté de chez F. Mistral ». Le Côtes du Rhône rouge vient de vignes de moins de 20 ans, à Vinsobres et en pied de coteau, « compagnon bienveillant d’un agréable repas entre amis ».

Le Petit Coquet, en Côtes du Rhône, puise dans les plus jeunes vignes, de moins de 15 ans, en grenache, syrah et cinsault. C’est « le vin de tonnelle, le rouge de l’été et des vacances ».

Des blancs vifs pour un domaine du sud

Le Côtes du Rhône blanc assemble marsanne et roussanne, avec un soupçon de viognier. Il se veut vif pour un blanc du sud, avec l’esprit d’une « cueillette des abricots dans les Baronnies provençales au lever du jour ».

La Cadène blanc, en Côtes du Rhône Villages, vient de vignes matures de marsanne et de viognier. Vif et suave, il rappelle « la cueillette du tilleul en fin de journée ».

Les Pontias et un pétillant naturel

Les deux Pontias font la part belle aux cépages venus d’ailleurs. Le blanc, dernière cuvée créée, ose le chenin et le chasselas. Son frère rouge assemble syrah et merlot. La gamme compte aussi un pétillant naturel rosé, produit depuis le millésime 2023.

Au caveau, à la ferme, on vient chercher ces vins, mais aussi l’huile d’olive, les olives et les coulis de tomate. Les visiteurs sont reçus sur place, et il vaut mieux prévenir en dehors des heures d’ouverture.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Château de la Selve

    Le Château de la Selve est une maison forte du XIIIe siècle, sur les berges du Chassezac à Grospierres, dans le sud de l’Ardèche. Benoît Chazallon y crée le domaine en 2002 et le conduit avec Florence, en bio depuis 2008 et labellisé Biodyvin depuis 2012. Ses vignes poussent sur les galets du Chassezac et les coteaux calcaires de garrigue, en IGP Coteaux de l’Ardèche. Le chai élève en fûts et en amphores des rouges de garde, des rosés et plusieurs viogniers, dont une solera lancée en 2011.

  • Domaine Saladin

    Le Domaine Saladin cultive 18 hectares de vignes et treize cépages à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. La famille y achète une première vigne en 1422, et les sœurs Élisabeth et Marie-Laurence Saladin, vingt et unième génération, ont repris la cave en 2003. Sans pesticide ni herbicide depuis l’origine, le domaine est certifié bio par Ecocert depuis 2007. Ses vins sortent en Côtes du Rhône, en Côtes du Rhône Villages Saint-Andéol et, pour deux cuvées déclassées par choix, en Vin de France.

  • Domaine Alain Voge

    Le Domaine Alain Voge cultive 13 hectares sur la rive droite du Rhône, en Cornas, Saint-Péray, Saint-Joseph et Côtes du Rhône. Alain Voge y a remis en culture des coteaux de granit tombés en friche, et relancé le Saint-Péray en le fermentant en barrique bourguignonne. Engagé en bio en 2006, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016 et conduit selon des pratiques biodynamiques. Depuis 2018, Lionel Fraisse gère le domaine, de la syrah des cornas à la marsanne des saint-péray.

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

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