Domaine de Bon Augure - Vignes au pied des montagnes boisées de la Haute-Vallée de l’Orb

Domaine de Bon Augure

  • Languedoc-Roussillon

    Région viticole

  • 9ha

    Surface du vignoble

  • 2013

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2013

Sommaire

Des chardonnays de garde cherchés jusqu’aux confins de l’Aveyron

Des années à scruter les cartes géologiques

Le Domaine de Bon Augure est né d’une idée un peu folle : trouver en Languedoc une terre capable de donner des chardonnays de garde. Pour la dénicher, ses fondateurs ont passé des années sur les cartes géologiques. Ils ont aussi exploré les montagnes de l’arrière-pays.

La quête aboutit à Joncels, dans la Haute-Vallée de l’Orb, avec la découverte des vignes oubliées de l’ancienne abbaye bénédictine du village. Le domaine naît en 2013. Il cultive aujourd’hui près de 9 hectares en agriculture biologique, et tous ses vins sortent en IGP Haute Vallée de l’Orb.

L’abbaye de Joncels et la source des joncs

Joncels vient du latin Joncs-cella, la source des joncs. La légende de l’abbaye bénédictine Saint-Pierre-aux-Liens met en scène un baron épris d’une jeune bergère. Plutôt que de lui céder, elle se jette dans le vide et l’entraîne dans sa chute.

Le baron tombe dans une source entourée de joncs et revient à la vie. Repenti, il prend les ordres et fonde le monastère près de la source. Le domaine a donné ce nom latin à l’un de ses deux chardonnays, Joncs-cella.

Cédric Guy, un enfant de Faugères

Fils et petit-fils de vignerons, Cédric Guy a grandi dans les vignes de l’AOC Faugères. Pendant de nombreux millésimes, il a été copropriétaire de l’Abbaye Sylva Plana, à Laurens. Il partageait alors son temps entre sa famille et ses deux domaines, tous deux en bio.

Depuis 2018, il se consacre uniquement à Bon Augure, avec une ambition claire : révéler les terroirs froids de la Haute-Vallée de l’Orb. Il a mené ce projet à deux, avec son épouse Alice, vétérinaire de métier.

Domaine de Bon Augure - Cédric Guy et Alice entre les rangs enherbés à Joncels
Cédric Guy et Alice entre les rangs enherbés. Photo Priscilla Reimund, Belairphotographie.

Neuf hectares au-dessus de 600 mètres, le Far West du Languedoc

Aux confins de l’Hérault et de l’Aveyron

Le domaine voit dans la Haute-Vallée de l’Orb le Far West du Languedoc : sa pointe extrême, tout près de la ligne de partage des eaux, et sa frontière retrouvée. Le vignoble se trouve près du lac d’Avène, dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc, à 60 km de la Méditerranée.

Les vignes dépassent ici les 600 mètres d’altitude. Le relief et la rigueur du climat avaient poussé les anciens vers des terres moins dures à la tâche. Le domaine y trouve au contraire ce qu’il cherchait : une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit.

Domaine de Bon Augure - Plaque indiquant Paris à 753 km sur un vieux mur de pierre
Paris à 753 km, sur un vieux mur de pierre. Photo Priscilla Reimund, Belairphotographie.

Argile ferreuse sur socle calcaire

Le sol est argilo-calcaire, sur une roche-mère très proche de la surface. Les fiches des cuvées précisent la nature des parcelles : argile ferreuse sur un socle de glacis calcaire pour les blancs, argile ferreuse sur poudingue calcaire pour le pinot noir.

Les vignes sont plantées sur des coteaux fortement pentus, exposés au sud, au pied d’une falaise de calcaire. Chênes, buis et pins noirs composent la végétation qui les entoure.

Un cycle de montagne, des vendanges fin septembre

La vigne vit ici au rythme de la montagne. Le débourrement attend patiemment la fin d’un long hiver. Les vendanges ne commencent pas avant la fin septembre, quand elles sont déjà terminées sur les terroirs de plaine du Languedoc. Elles se font à la main.

Six hectares de chardonnay et quelques rangs de petite arvine

Un paysan de Joncels a planté ces coteaux au début des années 1990. Le chardonnay en occupe 6 hectares, un cépage rare à une latitude aussi basse. Le domaine le juge pourtant parfaitement adapté à ce terroir.

S’y ajoutent un hectare de petit manseng et un hectare de pinot noir. Quelques rangs de grenache gris, de sauvignon blanc, de chenin blanc et de petite arvine complètent l’encépagement.

Le cheval dans les pentes, la cave chez une autre abbaye

En bio depuis 2013, avec les principes de la biodynamie

Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis 2013 et refuse tout intrant chimique. Le travail manuel est poussé très loin, pour rester au contact de la plante et anticiper l’apparition des maladies et des parasites.

Pour garder un sol vivant, le domaine applique les principes de la biodynamie. Les traitements se limitent au cuivre, au soufre, à l’argile et au terpène d’orange.

Haies, chauves-souris et labour à cheval

L’agroécologie complète le tableau : enherbement, cultures associées, arbres isolés et haies. Le domaine favorise la nidification des oiseaux et des chauves-souris, prédateurs utiles du vignoble. Là où la pente interdit tout engin motorisé, le sol se laboure au cheval.

Domaine de Bon Augure - Labour à cheval dans une parcelle de jeunes vignes en pente
Labour à cheval dans une parcelle de jeunes vignes. Photo Priscilla Reimund, Belairphotographie.

Vinifier à l’Abbaye Sylva Plana

Les raisins sont vinifiés dans la cave d’une autre abbaye héraultaise, l’Abbaye Sylva Plana, à Laurens, où le domaine dispose de tout l’équipement nécessaire. Le pressurage se fait au pressoir pneumatique, à basse pression.

Les fûts viennent de la tonnellerie Atelier Centre France, en chêne du Massif Central. Selon les cuvées, les vins y passent de quatre à douze mois, pour une partie ou pour la totalité du volume.

Quatre vins de montagne, du chardonnay pur au vin orange

En terre étrangère, le chardonnay du domaine

En terre étrangère est un chardonnay pur, vinifié pour moitié en cuve et pour moitié en fût, puis élevé 8 à 10 mois. C’est la cuvée la plus produite, autour de 20 000 bouteilles par an. Vivacité, fraîcheur et puissance en sont le fil conducteur.

Son nom raconte le dépaysement du vigneron. Passer de Faugères à Joncels, c’est passer du schiste au calcaire et de la chaleur au froid. Le domaine conseille de l’ouvrir après deux ans ou de l’oublier une dizaine d’années en cave.

Joncs-cella, un blanc de grande garde

Joncs-cella assemble 90 % de chardonnay et 10 % de petit manseng. Il est vinifié et élevé en fûts neufs, pendant 12 mois. Le domaine le présente comme un vin blanc sec de grande garde, produit à environ 6 000 bouteilles par an.

Un pinot noir et un vin orange

Les Petits Apôtres est le rouge du domaine : 90 % de pinot noir, complété de pinot blanc et de pinot gris. Les raisins entiers, non égrappés, cuvent une semaine avec un pigeage manuel. La fermentation s’achève en fûts neufs. Le domaine y cherche subtilité, élégance et fraîcheur minérale.

Aux innocents les mains pleines est un vin orange. Le chardonnay, le sauvignon blanc et le grenache gris y sont vinifiés comme un rouge, en vendange entière, puis élevés 4 mois en fûts de chêne. La macération lui donne une robe orangée, de la salinité et des tanins fins.

La Haute-Vallée de l’Orb, un vignoble qui se fédère autour du chardonnay

Une IGP de montagne et un projet de mention

Les quatre cuvées sortent sous l’IGP Haute Vallée de l’Orb. Le domaine fait partie du collectif Monts d’Avène, créé en 2025, qui réunit dix caves particulières et la cave coopérative d’Hérépian.

Le collectif défend des vins issus uniquement de chardonnay, sur des terroirs calcaires d’altitude, vinifiés intégralement en fût de chêne. Il vise une mention complémentaire à l’IGP, baptisée Monts d’Avène, dont l’officialisation était annoncée pour 2026. Ce serait une première étape vers une future appellation d’origine protégée.

Où croiser le domaine

En avril 2026, le critique britannique Jamie Goode a consacré un article au domaine sur son site Wine Anorak. Bon Augure figure aussi, sous le nom d’Abbaye de Joncels, parmi les vignobles de l’association Les Vins d’Abbayes.

Chaque année, le domaine expose en janvier au salon Millésime Bio, à Montpellier. En mars, il retrouve le Salon des vins d’abbayes, à Paris.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine des Schistes

    Le Domaine des Schistes cultive 50 hectares en bio entre Estagel, Tautavel et Maury, dans la vallée de l’Agly. Sortis de la coopérative en 1989, Jacques et Nadine Sire ont rouvert le chai familial de 1906, puis leur fils Mickaël a engagé le bio en 2010. Leurs vieilles vignes en gobelet donnent des rouges frais, des parcellaires de garde et des vins doux naturels élevés en solera. Le Gora 2023 et le V.O. 2022 ont reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine de la Grande Sieste

    Le Domaine de la Grande Sieste, né en 2015 à Aniane dans l’Hérault, est engagé en bio depuis 2016. Boris et Leticia y pratiquent la vitiforesterie : des haies fruitières de 17 essences alternent avec les rangs, et les nouvelles parcelles mêlent plusieurs cépages sur le même rang. La date des vendanges, la vinification et les assemblages se décident au goût, raisin et moût dégustés chaque jour. Neuf vins en trois gammes, Rêves, Crapuleuses et Fantasmes, se servent aussi au restaurant viticole du domaine.

  • Domaine Trilles

    Le Domaine Trilles cultive une trentaine d’hectares à Tresserre, sur le terroir aride des Aspres, entre Perpignan et le Canigou. Jean-Baptiste Trilles, issu d’une famille de viticulteurs, y vinifie depuis 2007 et a construit sa cave au village en 2009. Sans herbicide depuis ses premières cuvées, le domaine est engagé en bio depuis 2018 et certifié à partir du millésime 2021. Côtes du Roussillon, mourvèdre, carignan centenaire et vins doux de Rivesaltes composent une gamme d’une quinzaine de vins.

  • Domaine Rouanet-Montcélèbre

    Le Domaine Rouanet-Montcélèbre cultive 20 hectares de vigne bio à 300 mètres d’altitude, au bord des gorges de la Cesse, à Cesseras. La famille Rouanet s’y est installée en 1987, et Annie Rouanet mène aujourd’hui le domaine avec son fils Jérémy. Neuf cépages donnent des vins frais et fruités en Minervois, en cru Minervois-La Livinière et en IGP Pays d’Oc, du carignan au rolle. Le Minervois rouge 2023 a décroché l’or à Mâcon en 2026, et des oliviers centenaires poussent au milieu des vignes.

  • Château Montfin

    Le Château Montfin cultive 20 hectares de vignes en AOP Corbières à Peyriac-de-Mer, sur des coteaux argilo-calcaires qui dominent les étangs et la mer. Jérôme et Raymond Estève ont acquis le domaine en 2002 et l’ont engagé en bio dès 2009, avec quelques principes empruntés à la biodynamie. Vendanges à la main, amphores en grès et rouges sans sulfites ajoutés signent le travail du chai. Le blanc Saint Jacques, une roussanne de garrigue, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette, en 2014 et en 2026.

  • Chai Julip

    Le Chai Julip cultive 12 hectares de vignes de plus de 60 ans en AOP Saint-Chinian, plantées en courbes de niveau autour d’une colline de schiste qui culmine à 220 mètres. Judith Melka, ancienne cheffe, et Philippe, ancien pilote, ont repris le domaine en 2021 et l’ont engagé en bio. Ils travaillent en agriculture de conservation, sans irrigation, et vinifient au levain maison, sans intrant. Cinsault, grenache, carignan et syrah donnent des cuvées aux étiquettes signées par des artistes plasticiens.

  • Colline de l’Hirondelle

    À Douzens, dans l’Aude, Didier Ferrier, enfant du village, et Jennifer Buck, venue de Berkeley, cultivent en bio 9 hectares autour de leur cave, sur une colline tournée vers les Corbières. Leur parcelle de La Joupatière, plantée avant le phylloxéra, abrite quinze variétés de vigne. Vieux carignan, chenançon, terret et roussanne donnent deux gammes, Classic[o] et Magnific[o], en Vin de France. Les bouteilles vieillissent plusieurs années dans l’ancienne remise de l’auberge du village avant de sortir.

  • Domaine de la Patience

    Au Domaine de la Patience, à Bezouce près du Pont du Gard, Christophe Aguilar conduit 90 hectares de vignes en bio, certifiées depuis 2008. Elles poussent sur les galets roulés des Costières de Nîmes et sur le loess de Lédenon. Il vinifie aux levures naturelles, limite le soufre et signe trois cuvées sans sulfites, dont un pétillant naturel de souvignier gris. Rouges épicés, rosés pâles et blancs frais sortent en AOP Costières de Nîmes et en IGP Coteaux du Pont du Gard.

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