Colline de l’Hirondelle - Rangs de vigne aux couleurs d’automne, les collines boisées en fond

Colline de l’Hirondelle

  • Languedoc-Roussillon

    Région viticole

  • 9ha

    Surface du vignoble

  • 2007

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2009

Sommaire

Une colline à la sortie de Douzens, sur la route des Corbières

La Colline de l’Hirondelle est une petite ferme viticole certifiée bio, au bout du village de Douzens, dans l’Aude. Carcassonne est à 25 minutes, Narbonne à 30. Didier Ferrier et Jennifer Buck, dite Jenn, s’y présentent comme « paysans vignerons ». Leurs 9 hectares de vignes entourent la cave, posée sur une colline en direction des Corbières.

Un nom relevé sur le cadastre du village

Le nom a été choisi au plus simple, d’après ce qui se trouvait là : une colline, qui domine des vignes appelées « l’Hirondelle » au cadastre de la commune. Douzens compte environ 800 habitants, et chacun sait indiquer le chemin à qui demande l’Hirondelle.

Un enfant de Douzens et une Californienne de Berkeley

Didier Ferrier est né au village, dans une famille de vignerons, comme presque tout Douzens. Il a grandi entre les vignes et le maquis de la montagne d’Alaric. Parti tôt voir du pays, il revenait souvent au bercail, « à la mode d’une hirondelle », écrit-il.

Jenn est née à Berkeley, dans le nord de la Californie, une autre terre de vigne. Arrivée en France en 2001, tout juste sortie de l’université, elle rencontre Didier à Cammas, près de Carcassonne. Avant de se fixer, le couple voyage beaucoup : Espagne, Argentine, Chili, Mexique, Maroc, Mali, et bien d’autres pays.

De l’hiver 2007 à la cave de 2009

De retour en France, ils veulent vivre de leurs mains, près de la terre. Le projet naît pendant l’hiver 2007, sur cette formule : « Une hirondelle ne fait pas le printemps, faisons du vin ! »

En 2009, Didier termine de transformer une partie d’une vieille grange en cave, et le couple s’installe au village. C’est aussi l’année où l’exploitation s’engage en agriculture biologique, auprès d’Ecocert.

Neuf hectares autour de la cave, et une vigne d’avant le phylloxéra

Argile et calcaire, à l’abri du cers

Les vignes entourent la cave, blottie sur la colline à l’abri du vent de cers. Le sol mêle argile et calcaire. Sur 9 hectares, on trouve du vieux carignan, du grenache noir et gris, du chenançon, de la syrah, du mourvèdre, de la roussanne et du terret. Selon les vignerons, chaque parcelle donne au vin un trait de caractère qui lui est propre.

Colline de l’Hirondelle - Rangs de vieilles vignes au printemps, la cave en haut de la colline
Les rangs montent jusqu’à la cave, en haut de la colline.

La Joupatière, quinze variétés sur 0,40 hectare

La parcelle la plus étonnante s’appelle La Joupatière. Ses 0,40 hectare ont été plantés sur un sol sablonneux avant la fin du XIXe siècle. Certaines souches, franches de pied, ont survécu au phylloxéra qui a ravagé le vignoble languedocien dans les années 1890. Pour Jenn, c’est la plus vieille vigne du village.

Une étude des cépages, toujours en cours, y a identifié quinze variétés, dont deux restent inconnues. À côté du carignan, du grenache, du cinsault et du mourvèdre poussent du rivairenc, du grand noir de la Calmette, du terret noir, gris et blanc, de l’olivette blanche, du chasselas doré ou du valencin rose. Le vin qui en sort porte le nom de la parcelle.

Un cœur de terret planté en 1932, et des carignans de 70 et 90 ans

Face à la cave, une autre vieille vigne dévale une pente abrupte en forme de cœur. Plantée en 1932, elle porte surtout du terret noir, gris et blanc, et donne La Belle Picole. Deux vieilles parcelles de carignan, de 70 et 90 ans, sont vinifiées chacune de leur côté avant de se retrouver dans le Carignan 1515.

Colline de l’Hirondelle - Vieille souche en feuilles au printemps, entourée de coquelicots
Vieille souche et coquelicots, au printemps.

Classic[o] et Magnific[o], deux familles de vins attendus en bouteille

Vendanges à la main et vinification douce

Tous les raisins rouges sont vendangés à la main. Le tri se fait sur souche, les baies voyagent en comportes, et la saucisse grillée de midi fait partie du rituel. Didier et Jenn tiennent à ces gestes anciens.

À la cave, ils pratiquent une vinification douce, qui laisse les vins s’exprimer naturellement. Ils adaptent leurs gestes au millésime, à la marche des fermentations et à leurs propres goûts. Chaque année, les assemblages sont recomposés : il ne s’agit pas de refaire le même vin, mais le Cocolico le plus fruité ou l’Oiseau le plus épicé de l’année.

Un chai d’élevage dans l’ancienne remise de l’auberge

Les bouteilles vieillissent au centre du village, entre les murs de pierre de l’ancienne remise de l’auberge. Le bâtiment appartient à la famille de Didier depuis des générations. Les vins y passent plusieurs années en bouteille et ne sortent que lorsque le couple les juge prêts à boire.

Colline de l’Hirondelle - Jennifer Buck au travail à la cave, devant des rangées de bouteilles
Jenn Buck à la cave, parmi les bouteilles.

Classic[o], cinq vins installés

La gamme Classic[o] réunit les vins installés de la maison, élevés en bouteille avant leur sortie. Le domaine les décrit riches, mûrs et souples.

  • Ventilo, un rosé de saignée tiré des premiers jus de chenançon, sur la fraise sauvage
  • Nébulo, un blanc de roussanne et de grenache gris, vif, aux notes de fruits blancs et d’agrumes confits
  • Cocolico, un rouge bâti sur le chenançon, avec du grenache, de la syrah et parfois du mourvèdre
  • Oiseau, des carignans anciens assemblés au grenache, à la syrah et au mourvèdre, dans la tradition des Corbières
  • Carignan 1515, les deux vieilles parcelles de carignan, aux senteurs de rocaille et de garrigue

Le Cocolico doit son nom à Lili, une petite fille de 4 ans qui essayait de dire « coquelicot ».

Colline de l’Hirondelle - La famille main dans la main sous les étiquettes peintes en grand sur un mur
En famille, sous les étiquettes de Ventilo, Cocolico, Carignan et Oiseau.

Magnific[o], macérations, terret et vin sans sulfites

L’autre gamme, Magnific[o], rassemble des vins nés de l’expérience, parfois éphémères. Bleu comme la terre est une pure macération de roussanne, un vin orange aux reflets abricot. La Belle Picole fait du terret un vin de soif, vif et léger. À la volée, création éphémère, a d’abord saisi la fraîcheur du millésime 2019 sur le mourvèdre.

Sur la crête est le vin nature du domaine : du grenache et du mourvèdre bien mûrs, fermentés ensemble avec leurs levures indigènes, sans sulfites ajoutés. La Joupatière, enfin, met en bouteille toute la diversité de la vieille parcelle.

Corbières par le terroir, Vin de France par l’étiquette

Douzens, dans l’aire de l’AOC Corbières

Douzens figure parmi les communes de l’aire de l’AOC Corbières, et le domaine se dit volontiers des Corbières. Pourtant, ses cuvées sortent en Vin de France, du Cocolico à l’Oiseau, de Bleu comme la terre à Sur la crête.

L’encépagement suffit à l’expliquer pour une partie de la gamme. Le cahier des charges des Corbières ne compte pas le chenançon parmi ses cépages. Le Ventilo et le Cocolico, qui en contiennent, ne peuvent donc pas porter l’appellation.

En bio depuis le premier jour

Le couple n’a jamais cultivé autrement qu’en bio. L’Agence Bio enregistre le premier engagement de l’exploitation en 2009, pour le raisin comme pour le vin. Pas de désherbant chimique, pas d’engrais de synthèse : le sol est travaillé mécaniquement, et la biodiversité est protégée entre les rangs.

Depuis la conversion, oiseaux et insectes sont revenus, et les sols reprennent vie lentement. Jenn y cueille même de la roquette sauvage. Pour elle, c’est une raison suffisante de cultiver en bio.

Venir goûter à l’Hirondelle

Une dégustation à la cave, sur rendez-vous

Le domaine reçoit toute l’année, uniquement sur rendez-vous : le vigneron est souvent à la vigne ou à la cave. Trois formules vont de la dégustation rapide, pour qui passe dans les Corbières, à la dégustation commentée par le vigneron. La cave, de plain-pied, accueille les personnes à mobilité réduite, et les groupes jusqu’à une quinzaine de personnes.

Une balade botanique entre les rangs

La formule la plus longue commence par une promenade dans les vignes. On y apprend à reconnaître les plantes comestibles et médicinales du coin, et l’histoire de la viticulture locale. Les chemins de terre ne conviennent ni aux poussettes ni aux fauteuils roulants.

Lagrasse, la Cité de Carcassonne et l’abbaye de Fontfroide sont à moins d’une demi-heure. Et pour trouver le domaine, il suffit de demander au village : on vous montrera l’Hirondelle, là-bas sur la colline.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine de la Patience

    Au Domaine de la Patience, à Bezouce près du Pont du Gard, Christophe Aguilar conduit 90 hectares de vignes en bio, certifiées depuis 2008. Elles poussent sur les galets roulés des Costières de Nîmes et sur le loess de Lédenon. Il vinifie aux levures naturelles, limite le soufre et signe trois cuvées sans sulfites, dont un pétillant naturel de souvignier gris. Rouges épicés, rosés pâles et blancs frais sortent en AOP Costières de Nîmes et en IGP Coteaux du Pont du Gard.

  • Domaine de l’Horizon

    Fondé en 2006 par Thomas Teibert et la famille Christ, le Domaine de l’Horizon cultive 13 hectares de vignes à Calce et Montner, dans le Roussillon. En bio depuis 2007 et labellisé Biodyvin, il travaille en biodynamie depuis 2008 sur calcaires, schistes et marnes. Ses plus vieilles souches de macabeu, grenache gris, carignan et grenache noir dépassent 80 ans et donnent très peu. Emmanuelle Maltas vinifie aux levures indigènes et élève en grands contenants des blancs, des rosés et des rouges en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Inebriati

    Le Domaine Inebriati est celui de Victor Beau, installé en 2010 à Vacquières, dans l’aire de l’AOP Pic Saint-Loup. En bio depuis ses débuts et certifiées Demeter, ses vignes comptent de vieux gobelets plantés en 1958 sur la gravette, un sol de cailloutis calcaires. Onze cuvées, presque toutes d’un seul cépage ou d’une seule parcelle, vont du terret bourret blanc à une parcelle complantée de carignan, cinsault, aramon et grenache. Vinifiées sans intrants, elles sortent pour la plupart en Vin de France, deux rouges seulement portant l’appellation.

  • Domaine des Mathouans

    Le Domaine des Mathouans est né en juin 2009 à Latour-de-France, dans la vallée de l’Agly, quand Aline Hock a choisi de devenir paysanne-vigneronne. Engagées en bio la même année, ses vignes sur gneiss et schistes se labourent à cheval ou au chenillard, et des vaches et des brebis y pâturent l’hiver. La plus vieille, un carignan planté en 1905, ne donne que 5 hectolitres par hectare. Ses vins nature, presque tous d’un seul cépage, vont du macabeu au lledoner pelut, en Vin de France pour la plupart.

  • Domaine de Bannières

    Le Domaine de Bannières cultive 25 hectares à Castries, près de Montpellier, sur les terres d’une ancienne commanderie de l’ordre de Malte. En bio depuis 2001 et certifiées Demeter depuis 2014, ses vignes poussent sur des calcaires fissurés et des marnes, entre garrigue et pins. Les Coste puis les Guibal tiennent le domaine depuis 1768, et Thierry Guibal en représente la septième génération. La gamme, en IGP Pays d’Hérault et Pays d’Oc, privilégie le mono-cépage, du nielluccio au chardonnay.

  • Domaine de Clovallon

    Le Domaine de Clovallon cultive ses vignes en terrasses au pied de falaises dolomitiques, à Bédarieux, dans la haute vallée de l’Orb. Certifiée bio depuis 2006 et adhérente de Demeter, l’exploitation produit aussi des olives, des pommes, du thym et du romarin. Sa gamme de six vins, trois rouges dont un pinot noir et trois blancs, sort en IGP Pays d’Oc ou en Vin de France. Les Aurièges 1998 avait obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2001, et Alix Roque dirige aujourd’hui le domaine.

  • Le Soula

    Le Soula cultive 17 hectares de vignes entre 350 et 650 mètres d’altitude dans les Fenouillèdes, sur granite, schiste et gneiss. Fondé en 2001 par Gérard Gauby et deux importateurs anglais, le domaine vinifie depuis 2008 dans l’ancienne cave coopérative de Prugnanes. Bio dès l’origine, il est conduit en biodynamie depuis 2008 et certifié Demeter. Wendy Wilson y signe des IGP Côtes Catalanes blanc, rouge, rosé et orange, ainsi que le Trigone, assemblage de plusieurs millésimes.

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

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