Domaine de Bannières - Rangs de vigne en juin sous un ciel d’orage, bordés de pins

Domaine de Bannières

Région viticole

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Languedoc-Roussillon

BioDemeter
Sommaire

Une ancienne commanderie dans la plaine de Bannières

Le Domaine de Bannières cultive 25 hectares de vignes à Castries, dans l’Hérault, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Montpellier. Ses vignes sont conduites en agriculture biologique depuis 2001 et en biodynamie certifiée Demeter depuis 2014. Thierry Guibal, septième génération de la famille, est aujourd’hui à la tête du domaine.

Entre le Pic Saint-Loup et l’étang de l’Or

Le vignoble occupe le centre d’une petite dépression, la plaine de Bannières. Garrigues et bosquets de pins l’entourent, accrochés aux affleurements rocheux. Le domaine se trouve à mi-chemin entre le Pic Saint-Loup, avant-poste des Cévennes, et l’étang de l’Or, sur le littoral méditerranéen.

Domaine de Bannières - Vignes au crépuscule, encadrées par les pins
Les vignes au crépuscule, entre les pins qui bordent la plaine.

Castries est connue pour son château, surnommé le « Versailles du Languedoc », dont les jardins ont été dessinés par Le Nôtre. Le village garde aussi un aqueduc de Paul Riquet, le bâtisseur du canal du Midi.

Des Templiers à l’ordre de Malte

Le domaine s’étend sur les terres d’une ancienne commanderie, Saint-Michel de Bannières. La vigne s’y est développée dès l’occupation romaine : Castries vient de castrum, le camp. Les Templiers y ont ensuite installé une commanderie, reprise plus tard par l’ordre de Malte. Le logo du domaine porte d’ailleurs une croix de Malte rouge.

À la Révolution, le domaine de Bannières, alors 132 hectares, est divisé en parcelles et vendu aux enchères comme bien national. Les frères Coste en acquièrent la plus grosse partie. De la commanderie ne restent aujourd’hui que des ruines envahies de ronces, et sa chapelle a servi un temps de bergerie.

Des Coste aux Guibal, une lignée de Castries

Les Coste sont ancrés à Castries depuis 1651, avec Pierre Coste. En 1768, Jacques Coste est mentionné comme « propriétaire foncier ». Maire du village pendant de longues années, juge de paix, il est père de sept enfants. C’est de cette date que le domaine fait partir son histoire familiale.

Victor Coste, le savant de la famille

L’un des fils de Jacques, Victor Coste (1807-1873), devient naturaliste, professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences. On lui doit les débuts de la pisciculture et de l’ostréiculture modernes.

Pendant ses études de médecine à Montpellier, le domaine lui fournit des œufs de poule. Ils servent à ses recherches sur l’embryon. Il mène une partie de ses travaux d’embryologie comparée sur la propriété. Son buste se dresse aujourd’hui dans le square qui porte son nom, au centre du village. Deux cuvées du domaine lui rendent hommage.

Du mariage de 1902 à la SCEA de 1991

Un autre fils, Léon Coste, reprend le domaine et le transmet à son fils Laurent. La fille unique de celui-ci, Léonie Coste, épouse en 1902 Pierre Guibal, médecin. Le domaine passe ainsi aux Guibal.

Leur fils Jean Guibal, ingénieur agricole sorti de l’ENAM, hérite de l’exploitation en 1938 et la remet en état. En 1983, il lègue les terres à ses trois enfants, tout en continuant de mener le domaine.

Son fils Pierre Guibal, pharmacien, cède son officine en 1990 pour prendre la suite. Avec ses deux sœurs, il crée en 1991 la SCEA Domaine de Bannières, qui exploite les terres de la famille. Son fils Thierry le rejoint en 2005 et dirige aujourd’hui l’exploitation.

Domaine de Bannières - Au pressoir, à l’automne, la cuve remplie de marc
Au pressoir, en octobre 2010.

Vingt-cinq hectares en bio, puis en biodynamie

Une conversion en 2001, Demeter en 2014

Le domaine s’est converti à l’agriculture biologique en 2001. Il est certifié AB depuis 2003, sous le contrôle d’Ecocert. Aucun pesticide ni herbicide de synthèse n’entre dans les vignes.

Domaine de Bannières - Grappes de raisin noir mûres, couvertes de pruine
Grappes mûres, couvertes de leur pruine.

En 2014, la famille obtient la certification Demeter, le label de la biodynamie. Elle la présente comme « avant tout un travail de soin de la terre ». La liste des produits certifiés Demeter couvre toute la gamme, jusqu’à un jus de raisin de petit verdot.

Pierraille, calcaires fissurés et marnes

Le domaine situe son vignoble dans la plus ancienne zone viticole de l’Hérault. Les terrains y sont anciens, rocheux, maigres et secs, formés entre la fin du secondaire et le milieu du tertiaire.

Une mince couche de terre végétale, mêlée de pierraille, repose sur des calcaires profondément fissurés. La garrigue et des marnes argileuses complètent ces terroirs. L’été, la plaine vit écrasée de soleil, dans le chant assourdissant des cigales.

Ce que le phylloxéra et le gel de 1956 ont changé

L’invasion du phylloxéra, en 1863, puis le gel de 1956 ont profondément modifié l’encépagement de Castries. La restructuration qui a suivi, sous une réglementation sévère, a orienté le vignoble vers des cépages extra-méridionaux : syrah, merlot, cabernet-sauvignon.

Une gamme en mono-cépage, du nielluccio au chardonnay

Huit cépages, dont un venu de Corse

Le vignoble réunit grenache, syrah, cabernet-sauvignon, carignan, petit verdot, chardonnay, marselan et nielluccio, l’un des cépages les plus répandus en Corse. Le domaine cite aussi du roll, autre nom du vermentino. Les carignans sont issus de vieilles vignes.

Cette diversité permet au domaine de proposer surtout des cuvées en mono-cépage. Pierre Bleue est un grenache et Le Carignan porte son cépage en nom. Léonie est un rosé de marselan, Le Serre un blanc de chardonnay. Le Victor Coste existe en deux couleurs : un rouge de nielluccio et un blanc de chardonnay.

Deux assemblages complètent la gamme. La Trintignane associe 60 % de cabernet-sauvignon et 40 % de syrah. Le Boulidou réunit 70 % de grenache, 25 % de petit verdot et 5 % de syrah.

Domaine de Bannières - Trois personnes dans la cuverie, au pied des grandes cuves numérotées
Dans la cuverie, au pied des grandes cuves numérotées.

Des vins en IGP Pays d’Hérault et Pays d’Oc

Tous les vins du domaine sortent en indication géographique protégée. La plupart portent l’IGP Pays d’Hérault, et le Victor Coste rouge l’IGP Pays d’Oc.

Des vins en vrac et en bag-in-box figurent aussi dans la liste des produits certifiés Demeter. Les bouteilles du domaine se trouvent chez des cavistes, dans des magasins bio spécialisés et des épiceries fines.

Des vins de table, du thon grillé au gibier

Le domaine parle de vins « authentiques et vivants ». Ses accords dessinent le profil de chaque cuvée. Le Victor Coste rouge appelle le gibier, les viandes rouges en sauce et les fromages affinés. La Trintignane va vers la terrine de campagne, les viandes grillées et les plats épicés. Le Boulidou 2022, à 13,5 % d’alcool, rejoint les fromages à pâte persillée ou un thon grillé.

Domaine de Bannières - Un verre de vin rouge servi à la dégustation
Un verre de rouge servi à la dégustation.

D’autres cuvées jouent la légèreté. Pierre Bleue se destine à l’apéritif, comme le rosé Léonie, qui suit aussi les poissons, les crustacés et le melon. Le Carignan se boit sur la charcuterie, les tapas ou la tapenade.

Côté blancs, Le Serre accompagne les fruits de mer et les poissons grillés. Le Victor Coste blanc va vers les poissons à la crème, les viandes blanches et les fromages de caractère.

Venir à Bannières, du caveau aux soirées d’été

Le caveau et les visites

Le domaine reçoit dans son caveau, route de Bannières, pour la dégustation et la vente à la propriété. Il organise des visites, individuelles ou en groupe, libres ou guidées. L’accueil se fait en français, en anglais ou en italien.

L’Aire en Fête et pieds de vigne à parrainer

L’été, le domaine ouvre ses portes pour des soirées festives, baptisées L’Aire en Fête. Au programme : dégustation des vins du domaine, concerts rock et pop, food trucks. La saison s’est aussi accompagnée d’une journée de grappillage dans les vignes.

Domaine de Bannières - Soirée d’été sous les pins, devant les bâtiments du domaine
Un soir d’été sous les pins, devant les bâtiments du domaine.

Le domaine propose désormais de parrainer un pied de vigne pour trois ans. Le parrain reçoit des nouvelles de sa vigne au fil de l’année. Il reçoit aussi des bouteilles du domaine, dont une issue de son pied. La première mise en bouteille de ces vignes parrainées est prévue pour 2029.

La formule la plus complète ajoute une journée au côté du vigneron : taille, relevage ou vendanges, selon la saison.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine des Mathouans

    Le Domaine des Mathouans est né en juin 2009 à Latour-de-France, dans la vallée de l’Agly, quand Aline Hock a choisi de devenir paysanne-vigneronne. Engagées en bio la même année, ses vignes sur gneiss et schistes se labourent à cheval ou au chenillard, et des vaches et des brebis y pâturent l’hiver. La plus vieille, un carignan planté en 1905, ne donne que 5 hectolitres par hectare. Ses vins nature, presque tous d’un seul cépage, vont du macabeu au lledoner pelut, en Vin de France pour la plupart.

  • Domaine de Clovallon

    Le Domaine de Clovallon cultive ses vignes en terrasses au pied de falaises dolomitiques, à Bédarieux, dans la haute vallée de l’Orb. Certifiée bio depuis 2006 et adhérente de Demeter, l’exploitation produit aussi des olives, des pommes, du thym et du romarin. Sa gamme de six vins, trois rouges dont un pinot noir et trois blancs, sort en IGP Pays d’Oc ou en Vin de France. Les Aurièges 1998 avait obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2001, et Alix Roque dirige aujourd’hui le domaine.

  • Le Soula

    Le Soula cultive 17 hectares de vignes entre 350 et 650 mètres d’altitude dans les Fenouillèdes, sur granite, schiste et gneiss. Fondé en 2001 par Gérard Gauby et deux importateurs anglais, le domaine vinifie depuis 2008 dans l’ancienne cave coopérative de Prugnanes. Bio dès l’origine, il est conduit en biodynamie depuis 2008 et certifié Demeter. Wendy Wilson y signe des IGP Côtes Catalanes blanc, rouge, rosé et orange, ainsi que le Trigone, assemblage de plusieurs millésimes.

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

  • Mas Llossanes

    Créé en 2016 par Solenn et Dominique Génot, le Mas Llossanes cultive 11 hectares entre 600 et 700 mètres d’altitude, à Tarerach et Arboussols, face au Canigou. Ses vignes, plantées à partir des années 1940, poussent sur des arènes granitiques et des schistes. Conduit en agriculture biologique depuis 2016 et en biodynamie depuis 2020, le domaine est membre de Biodyvin. Il a déclassé ses vins en IGP Côtes Catalanes pour travailler librement deux cépages rares, le chasan et le chenanson.

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