Domaine des Mathouans
Sommaire
- Un changement de vie sur les schistes de Latour-de-France
- Juin 2009, Aline Hock devient paysanne-vigneronne
- Trois communes de la vallée de l’Agly
- Un cépage par cuvée pour lire chaque sol
- Gneiss, schistes noirs et marnes
- Un carignan planté en 1905
- Chevaux, brebis et tisanes dans les rangs
- Labour à cheval ou au chenillard
- Des troupeaux pour tondre l’hiver
- Raisins entiers et levures du vignoble
- Des caisses de 12 kilos et un tri sévère
- Sans filtration, parfois sans sulfite
- Une gamme aux noms à double fond
- Carignan, grenache et lledoner pelut en rouge
- Muscat et macabeu, du blanc au vin orange
- De la place de l’Ancien Marché aux salons nature
- Les portes ouvertes de la Bande de Latour
- De Calce à Nantes, et jusqu’en Belgique
Un changement de vie sur les schistes de Latour-de-France
Juin 2009, Aline Hock devient paysanne-vigneronne
« Et si la folie avait été de ne rien faire ? » C’est la question que pose le Domaine des Mathouans pour raconter sa naissance. Aline Hock décide alors de changer de vie et embarque sa famille avec elle. Elle sera paysanne-vigneronne, dans le Roussillon, et ses vins seront des vins nature en bio.

Le domaine voit le jour en juin 2009, à Latour-de-France, village de la vallée de l’Agly. La cave est installée sur la place de l’Ancien Marché, en plein bourg. Les vignes, c’est Renaud qui les soigne, par un travail long et minutieux.
Quelques mois plus tard, en octobre 2009, l’exploitation s’engage en agriculture biologique. Les vins portent aujourd’hui le label AB, et le domaine se réclame aussi de la biodynamie. Lors du contrôle de 2025, une partie des vignes était encore en troisième année de conversion.
Trois communes de la vallée de l’Agly
Le vignoble se partage entre Latour-de-France, Cassagnes et Cases-de-Pène. Ce sont trois communes de la vallée de l’Agly, Latour-de-France se trouvant à 28 kilomètres de Perpignan.

Le village prête son nom à l’une des cinq dénominations géographiques des Côtes du Roussillon Villages, réservées aux vins rouges. Le domaine, lui, sort presque toutes ses cuvées en Vin de France. Seul son vin doux de muscat porte l’appellation Muscat de Rivesaltes.
Aline Hock veut, dit le domaine, mettre en valeur la richesse géologique de la vallée de l’Agly. Elle mise aussi sur ses cépages autochtones : carignan, grenache, macabeu, muscat et lledoner pelut, le grenache « poilu » des Catalans.
Un cépage par cuvée pour lire chaque sol
Gneiss, schistes noirs et marnes
Les sols des Mathouans changent d’une parcelle à l’autre. Les schistes portent la plupart des vignes, du muscat à la syrah. Le macabeu pousse sur des schistes noirs, les deux carignans sur un gneiss granitique. Une syrah de trente ans occupe un sol argilo-calcaire. Le domaine cite aussi des marnes noires.
D’où le parti pris de la gamme. Les vins se veulent purs et, de préférence, issus d’un seul cépage. Chacun doit ainsi puiser sa typicité dans son propre terroir. Deux cuvées seulement sont des assemblages : un rouge à cinq cépages et un blanc où le muscat domine.
Un carignan planté en 1905
La plus vieille vigne du domaine est un carignan noir planté en 1905, conduit en vieux gobelets sur le gneiss. Elle ne donne que 5 hectolitres par hectare. Ce raisin devient le Carignan Saint Martin, élevé 24 mois en fûts de 228 litres. Le domaine conseille de l’oublier encore quelques années en cave.
Les autres parcelles ne sont guère plus généreuses : les rendements vont de 5 à 25 hectolitres par hectare selon les cuvées. Le lledoner pelut vient de gobelets d’environ 70 ans. Le carignan du Bon, la Brute et le Carignan a une soixantaine d’années, le muscat et la syrah du pétillant une quarantaine.

Chevaux, brebis et tisanes dans les rangs
Labour à cheval ou au chenillard
Le domaine parle d’un « retour aux fondamentaux ». Le sol se travaille par un labour à cheval ou au chenillard, un petit engin à chenilles. Des engrais verts sont semés entre les rangs.

Pour protéger la vigne, Renaud emploie des tisanes et des décoctions de plantes. Ce sont des pratiques biodynamiques, que le domaine met en avant jusque dans le nom de son pétillant, Biodynamite.
Des troupeaux pour tondre l’hiver
À l’automne et en hiver, des vaches et des brebis pâturent entre les rangs et entretiennent l’herbe qui couvre le sol. Les vignes restent donc enherbées.

L’exploitation ne s’arrête pas à la vigne. Elle déclare aussi des oliviers et des grenadiers certifiés bio. Sa boutique propose un vinaigre de muscat, le Hock’ça pique, et un jus de raisin de carignan, L’École buissonnière.
Raisins entiers et levures du vignoble
Des caisses de 12 kilos et un tri sévère
Toutes les vendanges se font à la main, en caisses de 12 kilos. Le tri est très sélectif, pour ne garder que les raisins sains. Les grappes arrivent ensuite en cave sans être égrappées, rafles comprises.

En cave, les sensations, l’intuition et les influences de la lune tiennent lieu de technologie. Les fermentations partent seules, avec les levures indigènes. Pour les rouges, le raisin est légèrement foulé aux pieds. Il macère ensuite une dizaine de jours dans une cuve tronconique en bois de 25 hectolitres. Les blancs et les rosés passent directement au pressoir.
Sans filtration, parfois sans sulfite
Les vins des Mathouans sont des vins nature, un choix que le domaine dit philosophique : retrouver l’expression naturelle du terroir. Les fiches techniques du domaine écartent la filtration et, le plus souvent, le collage. Le rosé AdrenAline et le pétillant Biodynamite sont mis en bouteille sans aucun sulfite ajouté.
L’élevage varie selon le vin : cuve en fibre, demi-muids de 5 hectolitres, fûts de 350 ou de 228 litres. Un léger dépôt ou un trouble peut apparaître dans les bouteilles. Le domaine le précise et recommande parfois un passage en carafe, quand une odeur de réduction se montre à l’ouverture.
Une gamme aux noms à double fond
Carignan, grenache et lledoner pelut en rouge
Les noms des cuvées jouent avec le prénom de la vigneronne et le cinéma. Le Bon, la Brute et le Carignan fait un clin d’œil au western. Ce carignan sur gneiss donne un nez de fruits rouges et de garrigue, avec une bouche équilibrée entre acidité, tanins et fruit.
La Belle et le Pelut est un pur lledoner pelut, aux notes de fruits rouges, de chocolat, de tabac et d’épices. Vinception est un grenache noir de schistes, Syrah Now une syrah d’argilo-calcaire. C’est à siroter près de chez vous assemble grenache, syrah, carignan, lledoner pelut et mourvèdre. Le domaine le destine à la charcuterie et aux plats de tous les jours.
Muscat et macabeu, du blanc au vin orange
Le muscat à petits grains prend ici plusieurs visages. Aline au Pays des Merveilles l’assemble aux grenaches gris et blanc. On y trouve la fleur de sureau, le raisin et le miel. Mine de Rien en fait un vin orange, macéré en grappes entières. Floral au nez, il devient épicé et amer en bouche, jusqu’au curry.
MacAline met le macabeu seul en bouteille, entre agrumes, ananas, fleurs d’acacia et une touche iodée. AdrenAline est un rosé de syrah aux fraises des bois et à la groseille. Biodynamite, pétillant naturel rosé, suit la méthode ancestrale et se dégorge à la main.
Deux vins doux ferment la gamme. Le Mus’Cachou, en Muscat de Rivesaltes, est muté à l’alcool et sent la pêche, l’abricot et l’amande. Le Nec’tard vient d’un grenache noir vendangé en novembre, à 5 hectolitres par hectare. Il évoque le pruneau à l’alcool, la réglisse et le chocolat.
De la place de l’Ancien Marché aux salons nature
Les portes ouvertes de la Bande de Latour
Le domaine reçoit pour des dégustations dans sa cave du village. Il participe aussi aux journées portes ouvertes de la Bande de Latour. Ce jour-là, les vignerons de Latour-de-France reçoivent chez eux et dans les rues. L’édition 2026 a lieu le dimanche 8 novembre.
Pour ceux qui veulent rester plusieurs jours, le domaine loue un gîte à Latour-de-France, ouvert toute l’année. Le site du gîte invite ses hôtes à suivre la vigneronne pour une dégustation dans sa cave.
De Calce à Nantes, et jusqu’en Belgique
Aline Hock fait goûter ses vins sur les salons de vins nature. En 2026, son agenda est passé par Canons, le salon des vigneronnes naturelles de Nantes, en mars. Suivaient Les Caves se Rebiffent à Calce en mai, puis Gare au Pinard à Perpignan en octobre.
La Belgique revient souvent dans ce calendrier. Au printemps 2026, le domaine a présenté ses vins à Arlon, lors d’une dégustation de vins en biodynamie. Il est aussi passé par Zwijnaarde, près de Gand. En octobre, il était au Tour des Chais d’Ernage.
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