Le Soula
Des vignes d’adret entre 350 et 650 mètres dans les Fenouillèdes
Le Soula produit des vins bio et biodynamiques dans les Fenouillèdes, l’arrière-pays montagneux du Roussillon. Ses vignes s’étagent de 350 à 650 mètres d’altitude, sur les contreforts orientaux des Pyrénées. La cave est à Prugnanes, dans les Pyrénées-Orientales, et la plupart des vins sortent en IGP Côtes Catalanes.
Le domaine couvre 50 hectares de montagne sauvage, dont 17 hectares sont aujourd’hui en vigne. Les parcelles se partagent entre trois villages : Saint-Martin-de-Fenouillet, Feilluns et Le Vivier.
Le soula, la pente qui regarde le sud
Le nom du domaine vient de la langue du pays. En occitan, le soula, ou soulane, désigne l’adret : le versant exposé plein sud, le plus chaud et souvent le plus pentu. Pendant des siècles, la vigne des Fenouillèdes est restée cantonnée à ces coteaux-là.
Le domaine tient son nom de l’un d’eux, le coteau de Lo Soula. Le Fenouillèdes devrait lui-même le sien au latin Pagus Fenolietensis, le pays des foins. Ancienne marche entre la Catalogne et l’Occitanie, il a été romain sous la Narbonnaise, puis wisigoth sous la Septimanie.
Granite, schiste et gneiss sous la tramontane
Les sols mêlent granite, schiste et gneiss. Les blancs viennent de granites décomposés, tandis qu’une partie des rouges pousse sur du schiste noir. Deux vents balaient les coteaux, la tramontane et le marin.
Le climat change avec l’altitude : méditerranéen vers la plaine, montagnard en se rapprochant des Pyrénées. En hauteur, la maturation ralentit et les raisins gardent leur fraîcheur. Les vins récents titrent ainsi entre 11,2 et 13,1 % d’alcool selon les cuvées.
Une aventure lancée en 2001 par Gérard Gauby et deux importateurs anglais
Un vigneron du Roussillon et ses importateurs
Le Soula naît en 2001. Gérard Gauby, vigneron du Roussillon, s’associe alors à deux importateurs anglais, Roy Richards et Mark Walford. Ensemble, ils misent sur les Fenouillèdes. Les sols y sont riches en granite et épargnés par les pesticides, entre l’air frais de la montagne et le soleil du Sud.
Le premier millésime est récolté dès 2001. Depuis, le domaine présente ses vins comme purs, pleins de vitalité et de caractère, et capables de bien vieillir.
L’ancienne cave coopérative de Prugnanes
En 2008, l’équipe restaure une ancienne cave coopérative à Prugnanes et y installe la vinification. Les vins y sont faits et mis en bouteille, et l’adresse de Prugnanes figure sur chaque étiquette.
La même année, Gérald Standley rejoint l’équipe et apporte au domaine son expérience bordelaise. Le chai de Prugnanes devient le point fixe d’un vignoble éclaté sur trois villages de montagne.
Wendy Wilson à la tête du domaine
Le Soula est aujourd’hui entre les mains de Mark Walford et de Wendy Wilson. Mark Walford, l’un des trois fondateurs, est le gérant de la société. Wendy Wilson dirige le domaine et signe la vinification.

L’abeille dessinée sur toutes les étiquettes dit beaucoup de la manière de travailler. Le domaine en a fait sa muse. Infatigable et attentif à son milieu, l’insecte suit les rythmes de la nature au lieu de les forcer. Dans les vignes, ses congénères pollinisent pendant que les sols vivent.
Bio dès le départ, biodynamique depuis 2008
Agence Bio et Demeter, deux certifications
Les vignes sont conduites en agriculture biologique depuis le début de l’aventure. Le passage à la biodynamie date de 2008, avec un travail guidé par les cycles lunaires et nourri de composts naturels.
L’engagement de la société en agriculture biologique remonte au 23 mars 2009, contrôlé par Certipaq Bio. Le Soula est aussi certifié Demeter, le label de la biodynamie, pour ses blancs, son rosé, ses rouges et ses Trigone. Les deux logos figurent sur les étiquettes.

Labours, gobelets et vendanges à la main
Le sol est labouré entre les rangs. Les vignes sont menées en gobelet et en guyot palissé, et reçoivent des préparations biodynamiques et des infusions de plantes. Toutes les vendanges sont manuelles.
Les rendements restent très bas : 11 hl/ha pour le blanc 2021, 15 hl/ha pour le rouge du même millésime. Certaines vignes sont anciennes. Le carignan du rouge 2021 a 90 ans d’âge moyen, la malvoisie du Roussillon du Trigone blanc 2025 en a 72.
En 2026, la vague de chaleur de l’été a avancé la maturité des raisins. Selon le domaine, ses sols granitiques légers et l’altitude ont tout de même donné des vins équilibrés, mûrs et peu alcoolisés.
Des vins de fraîcheur, du blanc de granite au Trigone
Le domaine résume son style en peu de mots : des blancs texturés, des rouges énergiques. Le granite et le schiste leur donnent de la précision et de l’élan, l’altitude de la fraîcheur.
Le Soula blanc et le Soula rouge
Le Soula blanc assemble surtout du sauvignon blanc, avec du macabeu, du rolle, de la malvoisie, du grenache blanc, de la marsanne et de la roussanne. Dans le 2021, le sauvignon pèse 37 %. Les grappes entières passent directement au pressoir, puis le vin s’élève 22 mois, surtout en foudres de 2 000 et 3 000 litres.
Le Soula rouge repose sur la syrah et le carignan. Le 2021 assemble 77 % de syrah et 22 % de carignan, macérés de 8 à 12 jours en grappes entières. Le domaine le décrit épicé, frais et montagnard, avec des tanins fins.
Dans son Guide des meilleurs vins de France 2025, La Revue du vin de France note le blanc 2018 94/100. Le rouge 2015 y obtient 95/100.
Une macération, un rosé et le Trigone
La Macération du Soula est un vin orange tiré de vignes de Feilluns, à 550 mètres. Le 2025 assemble grenache blanc, rolle et macabeu, laissés 14 jours en macération avant pressurage. Il en a été produit 1 000 bouteilles.
Le Rosé du Soula vient de Saint-Martin-de-Fenouillet, à 580 mètres, sur granites et gneiss. Le 2023 associe marsanne et roussanne, grenache noir et syrah, pour 1 300 bouteilles.
Trigone est un assemblage perpétuel de plusieurs millésimes, décliné en blanc et en rouge. Le Trigone rouge N°23 marie à parts égales les récoltes 2022 et 2023. Il compte 80 % de syrah en grappes entières, du carignan de 70 ans et un peu de grenache noir. Il a été tiré à 14 000 bouteilles.
Levures indigènes, foudres et pas de collage
À la cave, les fermentations partent sur levures indigènes. Les vins s’élèvent en demi-muids de 500 litres et en foudres, puis passent quelques semaines en cuve inox. Aucun n’est collé, et une filtration légère précède la mise en bouteille.
Le domaine travaille aussi par gravité et limite au minimum les ajouts de soufre. Le Trigone rouge N°23 contient 23 mg/l de soufre total, le rosé 2023 16 mg/l.
Côtes Catalanes et Fenouillèdes, le cadre du domaine
L’IGP Côtes Catalanes, et un Trigone en vin de France
La plupart des vins sortent en IGP Côtes Catalanes. Le blanc, le rouge, le rosé, la Macération et le Trigone blanc la portent. Le Trigone rouge N°23, assemblage de deux millésimes, sort en vin de France.
Chaque étiquette porte la mention « Terroir d’altitude », et toutes les cuvées se rattachent à la région des Fenouillèdes.
Une visite sur rendez-vous
Le domaine reçoit sur rendez-vous uniquement. Il accueille notamment les professionnels et la presse, pour leur faire découvrir son terroir d’altitude.
Ses vins se trouvent chez des cavistes indépendants et dans des restaurants, en France comme à l’étranger.
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