Domaine Inebriati - Vieux ceps en gobelet au printemps, un village et ses falaises calcaires à l’horizon

Domaine Inebriati

Sommaire

Victor Beau, entre Vacquières et Corconne

Le Domaine Inebriati est celui de Victor Beau, vigneron à Vacquières, dans le nord de l’Hérault. Ses vignes se trouvent dans l’aire de l’AOP Pic Saint-Loup, au nord de Montpellier. Le domaine est certifié en agriculture biologique, et en biodynamie par Demeter.

Une installation en 2010, en bio dès la première année

Victor Beau s’installe à son compte au printemps 2010. Le 2 novembre de la même année, il engage son exploitation en agriculture biologique auprès d’Ecocert. Ses débuts se font à Corconne, commune gardoise voisine qui appartient elle aussi au Pic Saint-Loup. Depuis 2018, le siège du domaine est à Vacquières.

Ecocert, Demeter, et des vignes encore en conversion

Chaque étiquette porte deux mentions de certification. La première renvoie au vin biologique, contrôlé par Ecocert. La seconde au vin biodynamique, certifié par Demeter, dont Victor Beau est adhérent. En 2026, une partie du raisin est encore en conversion, à côté des vignes déjà certifiées.

La ferme ne produit pas que du raisin. Les olives, l’huile d’olive et les truffes sont elles aussi certifiées bio, et des prairies temporaires complètent les cultures.

La gravette, les gobelets de 1958 et le secteur froid

Des gobelets plantés après le gel, sur la gravette

Le domaine appelle « gravette » un terroir de cailloutis calcaires. Trois cuvées en sortent, toutes issues de vieux gobelets. Oréa vient d’une vigne de terret bourret blanc plantée en 1958, après le gel. Le Cinsault et Naïa naissent eux aussi de gobelets plantés cette année-là, sur la même gravette.

Une parcelle complantée de quatre cépages

Naïa a une histoire à part. Sur une seule et même parcelle poussent ensemble du carignan, du cinsault, de l’aramon et du grenache noir. Les quatre cépages ne sont pas séparés à la cave : ils sont vinifiés ensemble, en vendange entière.

Grenache3 suit une logique voisine. La cuvée réunit trois parcelles de grenache noir, vinifiées ensemble. Le domaine y travaille la diversité de climat et de terroir de ces trois lieux.

Argiles, garrigue et vignes du secteur froid

Ailleurs, les sols changent. Drya et Thyia viennent de terres argilo-calcaires, Néréi d’un sol argilo-limoneux, Ourami d’un terrain argileux. La syrah de Rouge Clair pousse sur un sol calcaire, au beau milieu des garrigues.

Le domaine parle de « secteur froid » pour trois de ses vignes : le mourvèdre du Blanc de Noir, le grenache blanc d’Ourami et les vignes de Thyia, entourées de garrigue. Le mourvèdre y est mené en échalas, chaque cep attaché à son piquet.

Un domaine du Pic Saint-Loup qui signe surtout en Vin de France

Une AOP de rouges et de rosés depuis 2017

Vacquières compte parmi les dix-sept communes de l’AOP Pic Saint-Loup : quinze dans l’Hérault, deux dans le Gard, dont Corconne. Longtemps dénomination des Coteaux du Languedoc, le Pic Saint-Loup est devenu une appellation à part entière en janvier 2017.

Elle ne couvre que les vins tranquilles rouges et rosés. Un rouge doit assembler au moins deux cépages, dont la syrah pour la moitié au moins, avec le grenache noir ou le mourvèdre. Le carignan et le cinsault restent des cépages d’appoint, plafonnés à 10 % de l’assemblage. L’aramon ne figure pas dans la liste.

Le terroir est l’un des plus frais du Languedoc : 12,3 °C de moyenne et 900 à 1 000 millimètres de pluie par an. En août et en septembre, l’écart entre le jour et la nuit y est marqué.

Deux rouges en appellation, le reste en Vin de France

Deux rouges portent l’appellation sur leur étiquette. Drya assemble syrah, cinsault et grenache. Thyia associe syrah et grenache. Les autres cuvées sortent en Vin de France.

Le cahier des charges ferme d’ailleurs la porte à une bonne partie de la gamme. Un blanc ou un pétillant n’y entre pas, pas plus qu’un rouge d’un seul cépage, comme le Cinsault, Grenache3 ou Rouge Clair. Naïa, avec son aramon complanté, n’y a pas sa place non plus.

Onze cuvées, un cépage ou une parcelle à chaque fois

Des blancs pressés directement, et un pétillant

Néréi est un ugni blanc pur, Oréa un terret bourret blanc pur, tous deux en presse directe. Le Blanc de Noir part d’un raisin noir, le mourvèdre, pressé directement lui aussi pour donner un vin blanc.

Le Pétillant naturel est un vermentino pur, en presse directe. Il suit la méthode naturelle, et son dégorgement se fait à la main. Sur les étiquettes en ligne, les blancs tranquilles affichent tous 11,5 % d’alcool.

Ourami, un grenache blanc macéré quinze jours

Ourami est un blanc de macération. Le grenache blanc, seul cépage de la cuvée, passe quinze jours en macération carbonique avant le pressurage. Il vient d’un terrain argileux, dans le secteur froid du domaine.

Des rouges, de la presse directe à la vendange entière

Rouge Clair est une syrah pure, pressée directement, comme on le ferait pour un blanc. À l’autre bout de la gamme, le Cinsault et Naïa sont vinifiés en vendange entière, les grappes gardées intactes.

Grenache3, Drya et Thyia complètent les rouges. Leurs étiquettes annoncent entre 12,5 % et 14 % d’alcool, le haut de la fourchette revenant au grenache. Chaque étiquette porte une peinture abstraite, dans des couleurs propres à la cuvée.

Du chai de Vacquières aux caves de Paris et de Genève

Des vinifications sans intrants

Le domaine résume son travail en peu de mots : des pratiques culturales respectueuses du vivant, et des vinifications sans intrants, au plus près du terroir. Dans le chai, deux jarres de terre cuite se tiennent devant un pilier de pierre sèche, à côté des cuves.

Domaine Inebriati - Deux jarres de terre cuite devant un pilier de pierre, dans le chai
Deux jarres de terre cuite, dans le chai du domaine.

La mise en bouteille porte deux noms sur chaque étiquette, celui de Victor Beau et celui d’Hervé Guillard.

Domaine Inebriati - Bouteilles vides alignées en contre-jour, avant la mise
Bouteilles vides, en attente de la mise.

Une trentaine d’adresses à Paris, et des vins qui voyagent

La liste des revendeurs du domaine compte près de trente caves et tables parisiennes. S’y ajoutent des adresses à Lyon, Montpellier, Sète, Nîmes ou Béziers, et quelques caves des villages voisins du Pic Saint-Loup.

Les vins partent aussi à l’étranger : à Londres, en Belgique, en Suisse et jusque dans le Massachusetts, aux États-Unis. Au domaine, Victor Beau reçoit sur rendez-vous.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine des Mathouans

    Le Domaine des Mathouans est né en juin 2009 à Latour-de-France, dans la vallée de l’Agly, quand Aline Hock a choisi de devenir paysanne-vigneronne. Engagées en bio la même année, ses vignes sur gneiss et schistes se labourent à cheval ou au chenillard, et des vaches et des brebis y pâturent l’hiver. La plus vieille, un carignan planté en 1905, ne donne que 5 hectolitres par hectare. Ses vins nature, presque tous d’un seul cépage, vont du macabeu au lledoner pelut, en Vin de France pour la plupart.

  • Domaine de Bannières

    Le Domaine de Bannières cultive 25 hectares à Castries, près de Montpellier, sur les terres d’une ancienne commanderie de l’ordre de Malte. En bio depuis 2001 et certifiées Demeter depuis 2014, ses vignes poussent sur des calcaires fissurés et des marnes, entre garrigue et pins. Les Coste puis les Guibal tiennent le domaine depuis 1768, et Thierry Guibal en représente la septième génération. La gamme, en IGP Pays d’Hérault et Pays d’Oc, privilégie le mono-cépage, du nielluccio au chardonnay.

  • Domaine de Clovallon

    Le Domaine de Clovallon cultive ses vignes en terrasses au pied de falaises dolomitiques, à Bédarieux, dans la haute vallée de l’Orb. Certifiée bio depuis 2006 et adhérente de Demeter, l’exploitation produit aussi des olives, des pommes, du thym et du romarin. Sa gamme de six vins, trois rouges dont un pinot noir et trois blancs, sort en IGP Pays d’Oc ou en Vin de France. Les Aurièges 1998 avait obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2001, et Alix Roque dirige aujourd’hui le domaine.

  • Le Soula

    Le Soula cultive 17 hectares de vignes entre 350 et 650 mètres d’altitude dans les Fenouillèdes, sur granite, schiste et gneiss. Fondé en 2001 par Gérard Gauby et deux importateurs anglais, le domaine vinifie depuis 2008 dans l’ancienne cave coopérative de Prugnanes. Bio dès l’origine, il est conduit en biodynamie depuis 2008 et certifié Demeter. Wendy Wilson y signe des IGP Côtes Catalanes blanc, rouge, rosé et orange, ainsi que le Trigone, assemblage de plusieurs millésimes.

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

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