Domaine de la Patience
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Région viticole
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90ha
Surface du vignoble
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En bio depuis 2008
Sommaire
De la cave coopérative à la cave de Bezouce
Un domaine qui doit son nom à une herbe
Le Domaine de la Patience produit des vins bio à Bezouce, dans le Gard, entre Nîmes et Avignon, à quelques minutes du Pont du Gard. Ses vins sortent en AOP Costières de Nîmes et en IGP Coteaux du Pont du Gard, à la limite des Côtes du Rhône.
Le nom ne vient ni d’une devise ni d’une famille. La patience est une plante herbacée qui pousse sur les terres du domaine. Le domaine joue d’ailleurs sur le mot, et présente son vigneron comme « pleinement épanoui par sa passion et sa patience ».
Onze ans à diriger une coopérative avant de s’installer
Christophe Aguilar a d’abord passé onze années comme directeur de cave coopérative. Il s’installe à son compte en 1994 et reprend l’exploitation familiale : une quinzaine d’hectares en vins de pays, vinifiés jusque-là à la coopérative.
En 1999, il achète un domaine voisin et sa cave, qu’il transforme en profondeur. Il rénove et réencépage le vignoble dans la foulée. Son grand-père avait travaillé comme ouvrier agricole sur cette propriété : la cuvée Sébastien porte son prénom.
Le vin se fait dans une cave de vinification de 1930, bâtie en pierre de taille, dans le village de Bezouce. C’est là aussi que le domaine reçoit ses visiteurs.

Une conversion bio achevée en 2008
Le passage en agriculture biologique a pris trois ans. Elle s’achève en 2008, année de l’engagement du domaine auprès d’Ecocert. Quelques parcelles plus récentes sont encore en conversion. Le vignoble couvre aujourd’hui 90 hectares conduits en bio, dont une vingtaine en Costières de Nîmes.
Pour Christophe Aguilar, « le Bio doit devenir la marque de fabrique des vins du sud, leur porte-étendard ». Il ajoute qu’en Costières de Nîmes, « le terroir s’y prête bien ». Les oliviers de la propriété sont eux aussi certifiés, et leur huile se vend au caveau.
Galets roulés à Bezouce, loess à Lédenon
Deux communes, deux appellations
Les vignes se partagent entre deux communes. À Bezouce, elles poussent sur les galets roulés typiques des Costières de Nîmes. À Lédenon, le sol est fait de loess, un limon fin déposé par le vent, et donne les vins de l’IGP Coteaux du Pont du Gard.

Le domaine attribue à ces deux sols la puissance de ses vins. Une même gamme réunit ainsi des cuvées de galets, en Costières de Nîmes, et des cuvées de loess, en Coteaux du Pont du Gard.
Moins de mer, plus de Rhône
Le climat est méditerranéen, ensoleillé et venteux. L’influence marine y est pourtant moindre que dans le reste de l’appellation Costières de Nîmes.
Selon le domaine, cette position donne à ses vins une particularité de plus, qui les rapproche des Côtes du Rhône voisines.
Du carignan au souvignier gris
L’encépagement est large. Pour les rouges et les rosés : syrah, grenache, carignan, merlot et cinsault. Pour les blancs : chardonnay, grenache blanc et vermentino, complétés dans certaines cuvées par la roussanne et le viognier.
Christophe Aguilar choisit des cépages adaptés à la région pour faire durer son vignoble. Son pétillant naturel est fait de souvignier gris, un cépage résistant aux maladies de la vigne. Il travaille aussi avec l’INAO sur l’évolution du climat en viticulture.

Il préside par ailleurs un syndicat de producteurs de vins de pays des Coteaux du Pont du Gard. Il espère voir cette indication mieux reconnue.
Levures indigènes et soufre compté
Garder le fruit, de la cuve à la bouteille
À la cave, Christophe Aguilar vinifie ses cuvées avec les levures naturelles du raisin. Il contrôle les températures de fermentation, filtre le moins possible et limite le sulfitage.

La plupart des vins s’élèvent en cuve, souvent en béton. Ils sont mis en bouteille au domaine, puis gardés dans une grande cave climatisée pour conserver leur fraîcheur.
Trois cuvées sans sulfites
Ce travail a donné naissance à des vins sans sulfites ajoutés. Les Nouvelles, en AOP Costières de Nîmes, assemble grenache noir et syrah, après une cuvaison de 15 à 20 jours. Un merlot sans sulfites en IGP Coteaux du Pont du Gard l’accompagne.
Ces vins demandent une vendange parfaitement saine, une hygiène stricte en cave et un suivi serré des cuves. Le troisième est un pétillant naturel de souvignier gris, sans sulfites lui aussi. Sa fermentation est bloquée, puis il refermente en bouteille pendant les trois mois d’hiver. Le froid donne des bulles fines.
Des rouges épicés, des blancs sur les agrumes
Des rouges de fruit et de garrigue
Le domaine décrit ses rouges comme très fruités et épicés. Le Nemausa rouge, syrah et grenache noir en Costières de Nîmes, évoque le pruneau, la réglisse et la garrigue. Il se garde trois à cinq ans.

Deux rouges passent par le bois. Sébastien, syrah et grenache en Costières de Nîmes, s’élève 18 mois, pour moitié en cuve et pour moitié en barrique, et se garde huit à dix ans. Le Prestige passe six mois en fût de chêne. Les Granans, enfin, est un carignan seul, aux tanins souples.
Les cépages seuls ont aussi leur cuvée en IGP Coteaux du Pont du Gard. Le merlot donne un rouge rond, sur le cassis, le pruneau, la figue et le poivre. La syrah part sur la framboise et la mûre.
Des rosés pâles et des blancs frais
Le Nemausa rosé naît d’un pressurage direct de grenache et de syrah, puis s’élève en cuve béton. Sa robe est pâle, son nez tourné vers les fruits rouges.
Côté blancs, Les Maurines associe grenache blanc et vermentino, sur les agrumes et les fruits exotiques. Le Nemausa blanc ajoute la roussanne, et a connu son premier millésime en 2023. Jeanne réunit cinq cépages blancs et s’élève en barriques de 300 litres. Le chardonnay, vinifié seul, mêle zeste d’orange, amande, miel et pêche.
Un coup de cœur pour le rosé
Le Nemausa rosé 2016 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur dans le Guide Hachette des Vins 2018. Plus récemment, l’édition 2026 du guide a donné une étoile à la Syrah 2023 et aux Maurines 2024, toutes deux en IGP Coteaux du Pont du Gard.
Un caveau dans le village, des bouteilles jusqu’au Japon
La boutique de Bezouce
Le domaine se trouve dans le village de Bezouce, en bordure de la nationale. Son caveau propose toute la gamme, et la dégustation se fait sur demande. Christophe Aguilar y commente lui-même ses vins bio.

La boutique vend aussi des produits de la région : tapenades, tapas, douceurs sucrées et l’huile d’olive de la propriété. Une exposition y présente l’écologie de la vigne et du vin.
Du Gard au reste du monde
Dans le Gard, les vins se trouvent chez une quarantaine de revendeurs : épiceries bio, cavistes, restaurants, boucheries et marchés. Une vingtaine d’adresses les proposent dans d’autres départements, dont cinq à Paris.
Ils voyagent aussi en Belgique, au Danemark, en Allemagne, au Brésil et au Japon. Au Québec, la SAQ le référence. Aux États-Unis, un rouge de carignan et de syrah, en vin de France, est vendu en exclusivité.
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