Château Montfin - Vignes entre la garrigue et l’étang, sur les coteaux des Corbières

Château Montfin

  • Languedoc-Roussillon

    Région viticole

  • 20ha

    Surface du vignoble

  • 2002

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2009

Sommaire

Peyriac-de-Mer, des coteaux tournés vers les étangs

Un village découvert par hasard, un domaine acheté en 2002

Le Château Montfin produit des vins bio en AOP Corbières à Peyriac-de-Mer, dans l’Aude. Ses vignes occupent des coteaux qui dominent les étangs et la mer, balayés par la tramontane. Ici, on n’est pas vigneron de père en fils.

Jérôme et Raymond Estève découvrent un jour ce petit village, un peu par hasard. Ses ruelles médiévales et sa place à l’ombre des platanes leur plaisent tout de suite. Une balade dans les environs finit de les convaincre : des plateaux calcaires arides qui descendent jusqu’aux lagunes, et l’odeur de la garrigue qui se mêle aux embruns près de l’eau.

Sur les étangs se prélassent sternes et flamants roses. Peyriac devient alors, selon le domaine, « notre Colorado ». Quand ils apprennent qu’un domaine viticole est à vendre, ils n’hésitent pas longtemps. L’aventure commence en septembre 2002.

Château Montfin - Les étangs littoraux et la pinède à Peyriac-de-Mer
Les étangs de Peyriac-de-Mer, où se posent sternes et flamants roses.

Cinquante hectares, dont vingt de vignes

La propriété s’étend sur une cinquantaine d’hectares, dont vingt en vigne. Le reste appartient à la garrigue, aux amandiers, aux oliviers et aux chênes truffiers, dont les truffes sont elles aussi certifiées bio. Les Estève ont replanté plus de mille arbres sur leurs terres.

Château Montfin - Vue aérienne des parcelles de vigne et de garrigue
Vignes, garrigue et pinèdes sur les coteaux de Peyriac-de-Mer.

Dès le départ, ils ont voulu un vignoble varié, qui associe cépages traditionnels et cépages dits améliorateurs. Le carignan, le grenache, la syrah, le mourvèdre et le cinsault donnent les rouges et le rosé. Les blancs reposent sur la roussanne, le grenache blanc et le vermentino, avec de la clairette et du macabeu dans certaines cuvées.

Des Corbières entre tramontane et vent marin

Toutes les cuvées du domaine sortent en AOP Corbières, en rouge, en blanc et en rosé. Le climat est méditerranéen : beaucoup de soleil, peu de pluie, et des cycles de végétation longs. Selon le domaine, cela donne des récoltes de qualité et des millésimes réguliers.

Deux vents se partagent le vignoble. La tramontane souffle près de 200 jours par an : elle assainit la vigne, limite les maladies et favorise la photosynthèse. Le vent marin, lui, arrive chargé d’humidité. Au printemps et à l’automne, il apporte la pluie. L’été, il limite le stress hydrique de la vigne.

Des sols argilo-calcaires que l’on garde vivants

Terres blanches, terres rouges et galets roulés

Les parcelles ne se ressemblent pas. Certaines regardent le sud, d’autres le sud-ouest. Les unes sont sur le plateau, les autres dans la garrigue. Elles s’étagent de 20 mètres d’altitude, près des étangs, à 80 mètres sur les coteaux et les terrasses.

Le sol est argilo-calcaire, partagé entre terres blanches et terres rouges colorées par des oxydes de fer. Des galets roulés le tapissent par endroits. Ils assurent à la vigne une réserve d’eau régulière, et la chaleur qu’ils absorbent dans la journée réchauffe les racines la nuit tombée.

Château Montfin - Sol argilo-calcaire travaillé au pied des ceps
Sol argilo-calcaire travaillé et couvert végétal au pied des ceps.

En bio depuis 2009, avec des emprunts à la biodynamie

Toute la propriété est engagée en agriculture biologique depuis 2009, et certifiée depuis 2012. Le domaine part d’une conviction : un sol doit être vivant pour s’exprimer. Le but est de renforcer l’écosystème de la vigne, pour que le milieu trouve son équilibre et résiste seul aux agressions.

Montfin a aussi adopté quelques principes de la biodynamie. Pour protéger la vigne, l’équipe utilise des préparations qui en sont issues : tisanes, purins et bouillies. La taille est douce, dite physiologique, attentive à la charpente du cep. Un ébourgeonnage suit au printemps.

Haies, arbres et couverts végétaux

Depuis quelques années, le domaine a planté plus d’une vingtaine d’espèces végétales. Leurs racines travaillent le sol, lui apportent des éléments nutritifs et renforcent sa biodiversité. Les haies, elles, adoucissent les excès du climat en régulant les écarts de température.

Sur toutes les parcelles, l’agriculture biologique va de pair avec l’agroforesterie et les couverts végétaux. Rendements maîtrisés et travail des sols complètent la méthode. Pour le domaine, c’est la preuve qu’on peut travailler avec précision sans brusquer la nature.

De la cagette à l’amphore de grès

Une douzaine de vendangeurs chaque année

Depuis l’achat de la propriété, les vendanges se font à la main. Leur date se décide en goûtant régulièrement les baies. Une douzaine de vendangeurs rejoignent le domaine chaque année et cueillent dans de petites cagettes, pour que les grappes ne s’écrasent pas et ne s’oxydent pas.

Château Montfin - Vendanges manuelles en cagettes, face à l’étang
Vendanges à la main, en cagettes, avec l’étang en contrebas.

Les raisins des blancs et du rosé voyagent en camion frigorifique, puis passent la nuit à 5 °C pour garder leur fraîcheur. Une sélection fine des baies fait le reste. Le raisin arrive au chai sain et mûr, ce qui permet de limiter les interventions en cave.

Amphores en grès et rouges sans sulfites ajoutés

Au chai, Montfin cherche à garder la sensation d’un fruit qui vient d’être cueilli. C’est pour cela que le domaine a acquis des amphores en grès, qui préservent au mieux l’arôme d’origine du raisin. Elles servent aujourd’hui à plusieurs cuvées, seules ou aux côtés de barriques.

L’autre piste, ce sont les vins sans sulfites ajoutés. La cuvée Vincent est née de cette recherche, avec un nom qui salue le saint patron des vignerons, fêté le 22 janvier. Les rouges Sur Pilotis, Les Fées de l’Étang et L’Une se vinifient aussi sans soufre ajouté, avec un encuvage par gravité.

L’Une est élevée tout entière en amphore. Elle réunit un carignan de 90 ans et un grenache de 50 ans, plantés au creux d’une combe, vinifiés ensemble et élevés 18 mois dans le grès. Il en sort environ 1 500 bouteilles par an.

Des vins qui portent le nom du paysage

Fraîcheur, fruit et finale iodée

Le domaine veut des vins élégants, vifs et frais. Les blancs le montrent bien. Le Sur Pilotis blanc joue sur le citron et le pamplemousse, avec une finale iodée. Le Saint Jacques associe fleurs blanches, cire d’abeille et vanille dans une bouche ample.

Les rouges misent sur le fruit et les épices. Le Sur Pilotis rouge sent la groseille, la framboise et le cassis. Les Fées de l’Étang mêlent framboise, réglisse et notes grillées, avec une finale sur le chocolat. L’Une termine sur le kirsch, portée par des tanins très doux.

Huit cuvées qui racontent Peyriac

Les noms des cuvées rendent hommage au terroir. Sur Pilotis évoque la balade qui traverse les étangs de Peyriac-de-Mer jusqu’à l’étang du Doul, avec l’impression de marcher sur l’eau. L’Étang danse pense aux flamants roses, et Les Fées de l’Étang aux reflets changeants chantés par Charles Trenet.

La gamme compte huit vins :

  • Sur Pilotis, en rouge et en blanc, deux vins de fruit et de fraîcheur
  • L’Étang danse, un rosé de cinsault et de grenache
  • Vincent, un rouge sans sulfites ajoutés, à dominante de grenache
  • Les Fées de l’Étang et L’Une, deux rouges portés par les vieux carignans
  • Saint Jacques, un blanc à dominante de roussanne
  • À nulle autre pareille, un vin orange

Cette dernière cuvée naît de la macération de raisins blancs, roussanne et macabeu, élevés en amphore et en barrique, sans sulfites ajoutés. Sa robe ambrée et ses arômes d’agrumes et de fruits secs surprennent. Elle a la structure d’un rouge et la minéralité d’un blanc.

Saint Jacques, deux coups de cœur à douze ans d’écart

Le Saint Jacques vient d’un lieu-dit au milieu de la garrigue. Une vieille parcelle de roussanne, sur galets roulés, y surplombe les étangs. Le Guide Hachette lui a donné son coup de cœur dans l’édition 2014, avec trois étoiles pour le millésime 2012, puis de nouveau dans l’édition 2026, avec deux étoiles pour le 2024.

Le rouge Vincent a lui aussi trouvé son public. Son millésime 2018 figurait dans la sélection des 100 plus belles découvertes de l’année 2020 établie par Wine Advocate, la revue de Robert Parker.

Déguster à Peyriac-de-Mer

Le Château Montfin reçoit à la propriété, à Peyriac-de-Mer, pour la dégustation et la vente des vins. On peut prolonger la visite par la balade sur pilotis qui traverse les étangs jusqu’à l’étang du Doul, celle qui a donné son nom à deux cuvées.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine des Schistes

    Le Domaine des Schistes cultive 50 hectares en bio entre Estagel, Tautavel et Maury, dans la vallée de l’Agly. Sortis de la coopérative en 1989, Jacques et Nadine Sire ont rouvert le chai familial de 1906, puis leur fils Mickaël a engagé le bio en 2010. Leurs vieilles vignes en gobelet donnent des rouges frais, des parcellaires de garde et des vins doux naturels élevés en solera. Le Gora 2023 et le V.O. 2022 ont reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine de la Grande Sieste

    Le Domaine de la Grande Sieste, né en 2015 à Aniane dans l’Hérault, est engagé en bio depuis 2016. Boris et Leticia y pratiquent la vitiforesterie : des haies fruitières de 17 essences alternent avec les rangs, et les nouvelles parcelles mêlent plusieurs cépages sur le même rang. La date des vendanges, la vinification et les assemblages se décident au goût, raisin et moût dégustés chaque jour. Neuf vins en trois gammes, Rêves, Crapuleuses et Fantasmes, se servent aussi au restaurant viticole du domaine.

  • Domaine Trilles

    Le Domaine Trilles cultive une trentaine d’hectares à Tresserre, sur le terroir aride des Aspres, entre Perpignan et le Canigou. Jean-Baptiste Trilles, issu d’une famille de viticulteurs, y vinifie depuis 2007 et a construit sa cave au village en 2009. Sans herbicide depuis ses premières cuvées, le domaine est engagé en bio depuis 2018 et certifié à partir du millésime 2021. Côtes du Roussillon, mourvèdre, carignan centenaire et vins doux de Rivesaltes composent une gamme d’une quinzaine de vins.

  • Domaine de Bon Augure

    Le Domaine de Bon Augure cultive près de 9 hectares de vignes à Joncels, à plus de 600 mètres d’altitude, dans la Haute-Vallée de l’Orb. Cédric Guy, vigneron venu de Faugères, l’a créé en 2013 sur les vignes oubliées d’une ancienne abbaye bénédictine, en agriculture biologique. Le chardonnay y occupe 6 hectares sur argile ferreuse et socle calcaire, aux côtés du petit manseng et du pinot noir. Ses quatre cuvées en IGP Haute Vallée de l’Orb vont du blanc de grande garde au vin orange.

  • Domaine Rouanet-Montcélèbre

    Le Domaine Rouanet-Montcélèbre cultive 20 hectares de vigne bio à 300 mètres d’altitude, au bord des gorges de la Cesse, à Cesseras. La famille Rouanet s’y est installée en 1987, et Annie Rouanet mène aujourd’hui le domaine avec son fils Jérémy. Neuf cépages donnent des vins frais et fruités en Minervois, en cru Minervois-La Livinière et en IGP Pays d’Oc, du carignan au rolle. Le Minervois rouge 2023 a décroché l’or à Mâcon en 2026, et des oliviers centenaires poussent au milieu des vignes.

  • Chai Julip

    Le Chai Julip cultive 12 hectares de vignes de plus de 60 ans en AOP Saint-Chinian, plantées en courbes de niveau autour d’une colline de schiste qui culmine à 220 mètres. Judith Melka, ancienne cheffe, et Philippe, ancien pilote, ont repris le domaine en 2021 et l’ont engagé en bio. Ils travaillent en agriculture de conservation, sans irrigation, et vinifient au levain maison, sans intrant. Cinsault, grenache, carignan et syrah donnent des cuvées aux étiquettes signées par des artistes plasticiens.

  • Colline de l’Hirondelle

    À Douzens, dans l’Aude, Didier Ferrier, enfant du village, et Jennifer Buck, venue de Berkeley, cultivent en bio 9 hectares autour de leur cave, sur une colline tournée vers les Corbières. Leur parcelle de La Joupatière, plantée avant le phylloxéra, abrite quinze variétés de vigne. Vieux carignan, chenançon, terret et roussanne donnent deux gammes, Classic[o] et Magnific[o], en Vin de France. Les bouteilles vieillissent plusieurs années dans l’ancienne remise de l’auberge du village avant de sortir.

  • Domaine de la Patience

    Au Domaine de la Patience, à Bezouce près du Pont du Gard, Christophe Aguilar conduit 90 hectares de vignes en bio, certifiées depuis 2008. Elles poussent sur les galets roulés des Costières de Nîmes et sur le loess de Lédenon. Il vinifie aux levures naturelles, limite le soufre et signe trois cuvées sans sulfites, dont un pétillant naturel de souvignier gris. Rouges épicés, rosés pâles et blancs frais sortent en AOP Costières de Nîmes et en IGP Coteaux du Pont du Gard.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine