Domaine Élisabeth
Sommaire
- Une famille de pépiniéristes passée au bio en 1997
- À Virollet, une tradition viticole depuis 1767
- Du porte-greffe à la bouteille
- Une certification Ecocert depuis la fin des années 1990
- Un vignoble de cognac qui ne se limite pas à l’ugni blanc
- Virollet, commune des Bons Bois
- Six cépages, là où l’ugni blanc fait 98 % du vignoble
- Trois appellations sur une même exploitation
- Du jus de raisin au XXO Extra, le profil des vins
- Les vins Réserve Elisabeth en IGP Charentais
- Des cognacs gardés bien au-delà des minimums
- Pineau, jus de raisin et Troussepinète
- Goûter les vins à Virollet et sur la côte atlantique
- La vente à la propriété
- Les Caves Arrivé et la Dame Blanche de Talmont
Une famille de pépiniéristes passée au bio en 1997
À Virollet, une tradition viticole depuis 1767
Le Domaine Élisabeth est un vignoble bio de Charente-Maritime, installé à Virollet, dans l’aire du Cognac. Cette très ancienne propriété familiale perpétue la tradition viticole depuis 1767. Ses 50 hectares de vignes forment l’un des quatre domaines des Vignobles Arrivé, dont deux sont conduits en agriculture biologique certifiée.
En 1997, Élisabeth et Bruno Arrivé décident de conduire ce vignoble en culture biologique. La famille parle elle-même d’un « pari fou pour l’époque ». Elle se présente comme précurseur de l’agriculture biologique en Poitou-Charentes.
Élisabeth a grandi sur l’exploitation familiale, du côté de Jonzac. Elle garde le souvenir d’un temps où il fallait produire à tout prix. Son père voyait la vigne s’appauvrir et les abeilles disparaître. Bruno, lui, est né entre les ceps et les porte-greffes de la pépinière viticole de son père et de son oncle. Élisabeth Arrivé est aujourd’hui la gérante de la société qui exploite le domaine.

Du porte-greffe à la bouteille
La pépinière reste l’un des métiers de la famille. Elle vend ses plants de vigne dans le monde entier et s’en sert pour ses propres vignobles. Elle maîtrise ainsi le cycle végétatif de ses futures vignes. Elle annonce plus de 1 000 combinaisons possibles, pour adapter chaque plant au terroir et au type de vin souhaité.
De là part une chaîne entière. La famille et son équipe assurent tout : plants, récolte, vinification, distillation, mise en bouteille et vente directe. Elle y voit une parfaite autonomie sur chacune de ces activités.
Le Domaine Élisabeth a ouvert la voie du bio dans cette famille. Un second vignoble a suivi : Le Talmondais, planté en 2003 sur la roche calcaire de Talmont-sur-Gironde. C’est un domaine distinct, avec ses propres cuvées.
Une certification Ecocert depuis la fin des années 1990
Le domaine est contrôlé par Ecocert. La famille date sa certification bio de 1997, et l’engagement auprès de l’organisme est enregistré en janvier 1998. Le vin bio, lui, n’a reçu de définition qu’en 2012.
À la vigne, la famille travaille sans aucun produit chimique. Elle reconnaît que ce choix demande davantage de travail et fait peser un risque sur les rendements. Au départ, il a fallu une dizaine d’années pour enrichir les sols et arracher les vieux plants, incapables de se passer des produits chimiques.
Vins, pineaux, cognacs et jus de raisin du domaine sont tous bio. En 2026, ils sont tous déclarés en agriculture biologique. Une partie des raisins de cuve reste en conversion, à côté des vignes déjà certifiées.
Un vignoble de cognac qui ne se limite pas à l’ugni blanc
Virollet, commune des Bons Bois
Virollet appartient à l’aire de l’AOC Cognac. Son cahier des charges range la commune dans la dénomination Bons Bois. Ces crus remontent au géologue Henri Coquand, au milieu du XIXe siècle. Il avait classé les terres selon la qualité de leurs eaux-de-vie.
Les Bons Bois donnent des eaux-de-vie aux arômes fruités, qui vieillissent rapidement. Sur ses quatre vignobles, la famille Arrivé travaille des sols argilo-calcaires, silico-argileux et calcaires. Elle profite d’un climat océanique et d’un très bon ensoleillement.
Six cépages, là où l’ugni blanc fait 98 % du vignoble
Dans le vignoble de Cognac, l’ugni blanc représente près de 98 % des surfaces. Le Domaine Élisabeth en cultive aussi, mais à côté de cinq autres cépages. Ses 50 hectares portent du Chardonnay, du Sauvignon, de l’Ugni blanc et du Colombard, ainsi que du Merlot et du Cabernet sauvignon.
Chaque cépage a son débouché. L’ugni blanc et le colombard servent au cognac et au pineau. Le chardonnay et le merlot donnent les vins IGP Charentais. L’Egiodola apparaît aussi, assemblé au merlot dans le rosé du domaine.
Trois appellations sur une même exploitation
Le domaine produit sous trois signes : AOC Cognac, AOC Pineau des Charentes et IGP Charentais. L’IGP couvre ses vins rouges, blancs et rosés. Il figure parmi les vignerons du syndicat de l’IGP, où il résume son identité en trois mots : familial, traditions, biodiversité.
Le Pineau des Charentes naît du mutage d’un moût de raisin par du cognac. Son cahier des charges impose que le cognac de mutage provienne de la même exploitation que les moûts. Un pineau blanc doit ensuite vieillir au moins dix-huit mois, dont douze en contenants de chêne.
Au Domaine Élisabeth, le pineau associe donc le moût et le cognac de la même exploitation bio. Le cognac, lui, ne peut être commercialisé qu’après deux ans au moins en fût de chêne, sans interruption.
Du jus de raisin au XXO Extra, le profil des vins
Les vins Réserve Elisabeth en IGP Charentais
Les vins tranquilles sortent sous le nom Réserve Elisabeth. Le blanc est un 100 % Chardonnay, entre acacia et fruits exotiques. Il se sert à 12 °C sur les fruits de mer, les poissons grillés ou les fromages à pâte blanche.
Le rosé assemble Merlot et Egiodola, avec un fruité de framboise et de cassis. Le rouge, 100 % Merlot, joue sur les fruits rouges et une bouche structurée. Il accompagne les salades et les barbecues à 10 °C, puis les grillades à 17 °C. Les trois vins titrent 12,5 %.
Les fermentations se font avec les levures indigènes. Avant la mise en bouteille, la filtration passe par de la cellulose végétale. Aucun ingrédient d’origine animale n’entre dans les vins bio de la famille. Le domaine élabore aussi une méthode traditionnelle brut.
Des cognacs gardés bien au-delà des minimums
La famille distille elle-même, de novembre à mars, dans deux alambics charentais baptisés Geimdor et Chalvignac. La double distillation se fait à feu doux, avec les lies fines. Seul le cœur de la « bonne chauffe » est gardé, soit 10 % du volume de vin distillé.
Les âges dépassent ceux qu’exige l’appellation. Le VS Elisabeth a vieilli plus de 4 ans, quand la mention en demande deux. Le VSOP dépasse 6 ans, pour quatre requis. Le XO passe 15 ans, pour dix au minimum, et s’ouvre sur l’orange confite, le miel et la fleur de tilleul.
Au sommet, le XXO Extra est un 100 % Colombard vieilli plus de 20 ans en barriques de chêne du Limousin. Ample et complexe, il livre des arômes de noix et d’abricot sec, puis des touches vanillées, torréfiées et d’épices douces.

Pineau, jus de raisin et Troussepinète
Le Pineau des Charentes Réserve Elisabeth existe en blanc et en rouge. Le blanc mêle fleurs blanches, fruits compotés et pâte de coing. Une pointe de vanille et de miel précède une finale sur l’amande. Le rouge, puissant et velouté, évoque la cerise noire et le pruneau, puis le moka et le cacao.
Le pineau rouge bio a reçu l’or en 2023 au Concours général agricole, puis un prix d’excellence en 2024. Le pineau blanc bio avait obtenu l’or en 2022.
Les jus de raisin sont pressés sitôt la récolte faite : Colombard pour le blanc, Merlot pour le rouge. Le jus est stabilisé par simple décantation au froid, puis mis en bouteille. Il existe aussi en version gazéifiée. La gamme compte enfin une Troussepinète, apéritif vendéen à base de jus de raisin, de cognac et d’épine de prunelier sauvage.
Goûter les vins à Virollet et sur la côte atlantique
La vente à la propriété
Le domaine pratique la vente à la propriété, à Virollet. Pour la famille, la meilleure façon d’aimer ses produits reste de les goûter.
Bruno Arrivé a aussi porté les vins loin des Charentes. Il a multiplié les salons professionnels et trouvé un bon accueil en Europe du Nord et en Asie.

Les Caves Arrivé et la Dame Blanche de Talmont
Les vins se trouvent aussi dans les Caves Arrivé, une vingtaine de boutiques de la famille sur la façade atlantique. Elles s’échelonnent de Notre-Dame-de-Monts à Talmont-sur-Gironde, et certaines n’ouvrent qu’en saison.
À Talmont, le chai de La Dame Blanche propose une visite sur réservation. On y découvre les métiers de pépiniériste viticole, de viticulteur, de maître de chai et de distillateur. C’est là que la famille vinifie, élève et distille les vins du Talmondais.
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