Angélique Léon - Rangs de vigne en AOC Chinon, du côté de Danzay

Angélique Léon

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

Bio

Une ferme du Véron devenue domaine de vigneronne

Angélique Léon fait du Chinon bio à l’ouest de l’appellation, là où la Vienne rejoint la Loire. Elle signe ses premières cuvées en 2002, sur l’exploitation reprise à ses parents. Son vignoble est conduit en agriculture biologique depuis la conversion engagée en 2018. Un seul cépage, le cabernet franc, et surtout des vins rouges.

Jacqueline et Pierre Léon, vingt-sept ans de vigne

Avant elle, ses parents, Jacqueline et Pierre Léon, ont tenu le domaine pendant vingt-sept ans. Il comptait alors 5 hectares de vignes sur les sables et graviers de la Loire. Comme beaucoup de propriétés du Chinonais, la ferme vivait d’abord de polyculture et d’élevage. La vigne y a pris toute la place à partir des années 1980.

Leur dernier millésime est le 2001. En 2002, l’EARL Angélique Léon voit le jour, et leur fille prend la suite.

De Savigny-en-Véron à Beaumont-en-Véron

Angélique Léon s’installe d’abord à Savigny-en-Véron. En 2019, l’exploitation transfère son siège à Beaumont-en-Véron, la commune voisine. Les deux villages appartiennent au Véron, petite région naturelle posée entre la Loire et la Vienne, à leur confluent.

Elle adhère aux Vignerons Indépendants depuis 2010, un réseau qui réunit des vignerons produisant leur raisin, le vinifiant et vendant leur vin eux-mêmes. C’est exactement son métier : elle travaille la vigne, récolte et vinifie. Elle le résume d’une phrase : « Je suis dehors et indépendante, la vie au grand air m’équilibre. »

Les sables de la plaine et le coteau de Danzay

Le vignoble s’étend au sud de la Loire, près de sa confluence avec la Vienne. Il se partage entre deux secteurs aux sols très différents, et chacun donne son propre Chinon.

5,70 hectares sur les alluvions de la Loire

L’essentiel des vignes, 5,70 hectares, pousse sur les sables et graviers des sols de plaine. Ce sont les alluvions de la Loire. Ce terroir donne de la rondeur et du fruit au Chinon rouge du domaine. Le rosé vient des mêmes sols.

Pour les vins mis en bouteille, les vignes ont en moyenne entre 30 et 40 ans. Le domaine produit autour de 200 hectolitres d’AOC Chinon par an, en rouge pour l’essentiel. Le rosé ne pèse qu’environ 5 % des volumes.

Le Clos de Danzay, un hectare d’argilo-calcaire

Le second secteur tient en une parcelle : le Clos de Danzay, 1 hectare sur un coteau argilo-calcaire, non loin du confluent. Il donne une cuvée à part, qui porte son nom sur l’étiquette. Le cabernet franc y trouve son équilibre entre le fruit rouge et des tanins qui lui donnent de la structure.

Le Véron, à l’ouest de l’AOC Chinon

L’appellation Chinon est reconnue depuis 1937. Elle couvre 26 communes d’Indre-et-Loire, des deux rives de la Vienne jusqu’à la Loire, Beaumont-en-Véron et Savigny-en-Véron comprises. Ailleurs, la vigne occupe surtout les coteaux qui bordent la Vienne. Dans le Véron, elle s’insère dans un paysage plus ouvert.

Angélique Léon - Vignes d’automne au bord d’un village
Dans le Véron, la vigne s’étend en plaine, au ras des villages.

Le cabernet franc, qu’on appelle ici le breton, domine l’appellation. Le cahier des charges admet un peu de cabernet sauvignon dans les rouges et les rosés, et du chenin pour les blancs. Angélique Léon s’en tient au seul cabernet franc.

Plus de désherbant depuis 2010, bio depuis 2018

Des sols travaillés sur tout le vignoble

Pour Angélique Léon, le vin se fait d’abord à la vigne. Tous les sols du domaine sont travaillés, et aucun désherbant chimique n’y est passé depuis 2010. Ce travail du sol a précédé la conversion.

La conversion est venue dans la continuité de ce travail. Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 27 juillet 2018. Le premier millésime labellisé AB est le 2021. Le raisin et les vins sont aujourd’hui certifiés.

Ébourgeonner, effeuiller, cueillir à la main

Au printemps, l’ébourgeonnage élimine les rameaux en surnombre. En été, l’effeuillage dégage la zone des grappes pour les aérer et les faire mûrir.

Les vendanges sont manuelles, avec un tri sévère quand l’année l’exige. Le raisin entre en cuve par parcelle, et l’assemblage se décide ensuite selon le profil de chaque cuvée.

Levures indigènes et cuves ciment

Deux fermentations laissées à elles-mêmes

La fermentation alcoolique dure de 18 à 20 jours et part sur les levures indigènes. La fermentation malolactique suit sans ensemencement bactérien. La vigneronne vinifie ainsi sans artifice, selon ses propres mots.

Dix mois de cuve et le froid de l’hiver

Les vins s’élèvent en cuve ciment pendant 10 mois environ. Le froid de l’hiver les clarifie naturellement, et une petite filtration précède la mise en bouteille. Celle-ci a lieu en juin ou en septembre, l’année qui suit la récolte.

Les bouteilles attendent ensuite leur départ dans un chai climatisé. La Cuvée des 20 ans, elle, a passé deux années en fût dans la cave de tuffeau.

Des Chinon de cabernet franc, souples ou charpentés

Le rouge et le rosé des sables et graviers

Le Chinon rouge du domaine vient des alluvions de la Loire. Il cuve de 15 à 20 jours avant son élevage en cuve. Sa robe est rubis profond, son nez sur les fruits mûrs, et la bouche reste souple. Il existe aussi en magnum.

Le Chinon rosé est un rosé de pressurage, élevé en cuve. Sec et aromatique, il se boit à l’apéritif, avec des charcuteries ou une entrée de légumes du jardin.

Angélique Léon - Deux Chinon rouges et un rosé posés près d’un fût
Chinon rouge, Clos de Danzay et Chinon rosé.

Le Clos de Danzay et la Cuvée des 20 ans

Le Clos de Danzay mêle fruits rouges, violette et épices, sur des tanins soyeux au joli grain. La bouche reste souple et légère.

Pour les vingt ans du domaine, Angélique Léon a lancé la Cuvée des 20 ans, en millésime 2022. Ce cabernet franc de coteau argilo-calcaire a passé deux ans en fût. Les bouteilles sont numérotées, et une partie des ventes revient à l’association Les P’tits Salés Bretons, qui lutte contre la mucoviscidose.

Le Clos de Danzay dans les guides

Le Guide Hachette des vins 2021 a donné une étoile au Clos de Danzay 2018. Le Guide Bettane & Desseauve 2023 le note 94/100 et lui trouve « une expression océanique à la fois subtile et profonde ».

Acheter son Chinon chez la vigneronne

60 % des volumes vendus en direct

La vente directe représente 60 % des volumes du domaine, en bouteilles comme en vrac. Angélique Léon invite les amateurs à la contacter, puis à venir la voir à Beaumont-en-Véron pour goûter ses millésimes.

Au caveau de la Maison des vins du Véron

Ses vins se retrouvent aussi à la Maison des vins du Véron, le caveau de dégustation installé à Beaumont-en-Véron. Angélique Léon fait partie des vignerons qu’il présente, avec son Chinon rouge et son Clos de Danzay.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

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