Vignes du Château de Beaumel

Château de Beaumel

Région viticole

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Provence

Bio
Sommaire

Une bastide du XVIIe siècle reprise par deux néo-vignerons

2015, Brigitte et Daniel Caille arrivent à Gonfaron

Le Château de Beaumel est un domaine viticole bio du Var, installé à Gonfaron, à 45 km de Saint-Tropez. Ses 30 hectares de vignes entourent une bastide provençale du XVIIe siècle. Il produit des rosés, des blancs et des rouges en AOP Côtes de Provence, ainsi que des vins en IGP Var.

Brigitte et Daniel Caille ont acheté le domaine en 2015. Issus du monde de la santé et de l’environnement, ils sont devenus néo-vignerons cette année-là. La propriété s’appelait alors Château Beaumet. Le couple l’a rebaptisée Château de Beaumel, puis a posé les bases de sa restructuration.

Leur ambition affichée : redonner une âme au domaine. Ils présentent Beaumel comme un domaine familial. Leurs cuvées, ils les élaborent avec l’œnologue du domaine, Nicolas Turounet.

Une stèle romaine au pied des vignes

L’histoire du lieu commence bien avant la bastide. Selon le domaine, la vigne y pousse depuis l’Antiquité. Il y a plus de 2 000 ans, les Romains avaient déjà marqué ces terres de leur empreinte. Une stèle a d’ailleurs été découverte au pied des vignes actuelles.

Jardin du Château de Beaumel

Une terre rouge du Permien aux portes de la Plaine des Maures

Sable, argile brune et 250 millions d’années

Le sol de Beaumel mêle du sable et une argile brune. Cette argile provient de la dégradation de roches sédimentaires formées il y a 250 à 300 millions d’années, à l’ère permienne. Le domaine parle de sa « terre rouge, argilo-calcaire », qu’il nourrit avec du compost naturel.

Des étés chauds, des hivers rigoureux

Ici, les étés sont chauds et les hivers rigoureux. Le mistral balaie le vignoble. Le domaine qualifie son climat de plutôt continental. D’après lui, ce climat et le sol sablo-argileux donnent des vins très aromatiques, centrés sur le fruit, avec de la rondeur en bouche.

Une plaine protégée pour la tortue d’Hermann

Le château se trouve dans la Plaine des Maures, aux portes du massif du même nom. On y croise des affleurements de grès rouge, des landes, des forêts de chênes-lièges et de pins parasols. Des mares temporaires ponctuent le paysage.

Une partie de cette plaine est classée réserve naturelle nationale depuis le 23 juin 2009, sur environ 5 276 hectares. C’est l’un des derniers refuges français de la tortue d’Hermann, avec la Corse. Le domaine indique que l’espèce trouve aussi refuge sur ses terres.

Neuf cépages en bio, dont le Tibouren remis en culture

Le Tibouren, un cépage qu’on ne trouve que dans le Var

Le choix le plus marquant du domaine porte sur le Tibouren. Ce cépage ancien, emblématique de la Provence, est devenu rare. Beaumel l’a réintroduit en hommage au patrimoine viticole local. En France, on ne le trouve nulle part ailleurs que dans le Var. Il donne des rosés délicats, fins en bouche et au bouquet riche.

Du Grenache au Caladoc, huit autres cépages

À côté du Tibouren, le domaine cultive huit cépages : Grenache, Cinsault, Syrah, Mourvèdre, Rolle, Merlot, Sauvignon et Caladoc. Le Caladoc est un croisement entre le Grenache noir et le Malbec. Il supporte bien la sécheresse. À Beaumel, il fait l’essentiel d’un rouge d’été, le Grain Givré.

Engagé en 2021, certifié bio pour le millésime 2024

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 1er août 2021, sous le contrôle d’Ecocert France. Ses vins sont officiellement certifiés bio à partir du millésime 2024.

Dans les vignes, aucun produit de synthèse ni désherbant chimique. La protection repose sur des produits d’origine naturelle. L’enherbement, le travail des sols et le compost naturel entretiennent la vie souterraine.

Des ânes, un paon et des panneaux solaires

Les ânes, les poules et le paon du domaine participent à l’entretien naturel des sols. Deux ânes, Avril et Léon, amusent les visiteurs quand ils daignent se montrer. Côté énergie, des panneaux solaires assurent l’autosuffisance du domaine.

Des rosés vendangés de nuit et une Syrah passée en œuf

Rosés et blancs : le raisin protégé de l’air

Pour les rosés et les blancs, les raisins sont cueillis la nuit, puis rafraîchis dès leur arrivée au chai. Le pressurage se fait sous azote, sans contact avec l’air. Les jus se clarifient au froid avant une fermentation lente, entre 15 et 20 °C. Des levures biologiques sélectionnées assurent les fermentations.

Les rosés jouent sur la pêche, l’abricot et la framboise. Grain d’été assemble Grenache, Syrah et Cinsault. Or Rose repose pour moitié sur le Mourvèdre. Cascade, en IGP Var, mise sur le Cinsault à 85 % et sur la légèreté, avec 11,5 % d’alcool.

En blanc, le Rolle se vinifie seul. Or Blanc et Prestige Blanc viennent chacun d’une seule parcelle. Leurs nez vont vers le litchi, l’ananas et les fleurs blanches, avec une attaque onctueuse.

Grain Givré, un rouge à servir frais

Grain Givré est un rouge pensé pour l’été. Il assemble 80 % de Caladoc et 20 % de Grenache, récoltés à la machine et de nuit. La cuvaison, en cuves inox, reste volontairement courte pour garder le fruit et des tanins souples. L’élevage se fait sans bois. Le domaine conseille de le servir bien frais, voire « givré ».

Or Rouge, douze mois en barrique

Or Rouge est produit en petite quantité. Il assemble 90 % de Syrah et 10 % de Mourvèdre. Après quatre semaines de cuvaison, il passe 12 mois en barriques de chêne, complétés par un passage en œuf ovoïde. Le nez évoque le cassis, la réglisse et le poivre. En bouche, les tanins sont denses et soyeux.

Quatre familles de cuvées

La gamme se range en quatre familles : Or, Prestige, Grain et Cascade. Elle compte sept vins, entre rosés, blancs et rouges. Les Or couvrent les trois couleurs. Les Grain visent les moments d’été, en rosé comme en rouge.

Deux de ces vins ont reçu une médaille d’or au Concours des Vins de Provence 2026 : le rosé Grain d’été et Or Rouge. Trois ans plus tôt, à l’édition 2023, la Grande Réserve rouge 2019 avait déjà obtenu l’or.

Gonfaron dans l’AOP Côtes de Provence

Plus de 20 000 hectares sur trois départements

L’AOP Côtes de Provence s’étend sur plus de 20 000 hectares et 84 communes. Elle couvre le Var, les Bouches-du-Rhône et une commune des Alpes-Maritimes. L’appellation a obtenu son statut d’AOC en 1977. Le rosé y domine largement : il représentait environ 90 % des volumes en 2023.

Calcaires au nord, massifs cristallins face à la mer

Deux grands ensembles géologiques se partagent l’appellation. Au nord et à l’ouest alternent collines et barres calcaires. Plus à l’est, face à la mer, affleurent les massifs cristallins des Maures et de l’Estérel. L’appellation compte huit bassins de production et cinq dénominations géographiques complémentaires.

Beaumel ne s’en tient pas à l’AOP. Une partie de sa production sort en IGP Var, comme le rosé Cascade.

Visiter Beaumel, du chai aux accords avec le poivre

Vignes, chai et quatre cuvées commentées

Le domaine reçoit sur réservation, à partir de quatre personnes. La visite traverse les vignes cultivées en bio, puis s’arrête au chai, où l’on observe le travail de l’œnologue. Elle se termine par la dégustation commentée de quatre cuvées, choisies selon les goûts des visiteurs.

Quatre vins bio et des poivres rares

Une seconde formule associe quatre cuvées bio à des poivres rares. L’œnologue guide la dégustation, des arômes aux textures et aux équilibres. Le château accueille aussi des mariages et des événements.

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Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Brillane

    Face à la Sainte-Victoire, le Domaine de la Brillane cultive 14 hectares de vignes sur les sols de la Trévaresse, à 400 mètres d’altitude, près d’Aix-en-Provence. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2001 et certifié depuis 2004, il vendange à la main et privilégie les levures indigènes. Ses onze cépages donnent trois rouges, deux rosés et un blanc, en Coteaux d’Aix-en-Provence et en IGP Méditerranée. Le domaine appartient depuis 2018 à Walter Butler et reçoit pour des visites et des dégustations sur réservation.

  • Château Constantin

    Repris au printemps 2016 par la famille Bagnis, le Château Constantin cultive 20 hectares de vignes bio aux portes de Lourmarin, en AOP Luberon. Engagé en bio en 2017, il élève une partie de ses vins dans 12 amphores de terre cuite, sous la voûte d’une bâtisse du XVIIIe siècle. Camille Bagnis dirige la cave depuis 2020, l’année des premiers vins nature, aujourd’hui trois cuvées labellisées Vin Méthode Nature. Le domaine propose dégustations et balades dans les vignes, et loue sa bastide pour 14 personnes.

  • Domaine de la Navicelle

    Au Pradet, dans le Var, le Domaine de la Navicelle cultive 20 hectares en restanques sur le versant nord de la Colle Noire. Certifié bio depuis 2014 et adhérent Demeter, il laisse l’herbe entre les rangs, pratique le pastoralisme et vendange toutes ses parcelles à la main. En cave, chaque parcelle a sa cuve, entre inox, béton, barriques et œufs en grès. Ses trois gammes, À Flot, Navicelle et Zéphyr, se découvrent aussi depuis ses sept gîtes.

  • Bastide Castel d’Aille

    Domaine du XVIIIe siècle à Vidauban, la Bastide Castel d’Aille appartient à la famille Rosé, qui signe le Rosé, le Blanc et le Rouge des Rosé. Ses 9 hectares se trouvent dans la Réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures, sur des schistes, des sables, des pélites rouges et d’anciennes terrasses de l’Aille. Certifié HVE niveau 3 en 2020, le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2021. Son rosé AOP Côtes de Provence a reçu l’or au concours international des produits biologiques en 2023.

  • Château La Martinette

    Entre Lorgues et Le Thoronet, le Château La Martinette fait remonter son histoire à 1620, mais ses premières vignes datent des années 1920-1930. Repris en 2011, il cultive 50 hectares de vignes en AOP Côtes de Provence, dans une propriété de 400 hectares traversée par l’Argens. Certifié en agriculture biologique depuis 2020, le domaine expérimente des pratiques biodynamiques sur une dizaine d’hectares. Son chai gravitaire de 2019, bâti en restanques, élève trois gammes : Rollier, Château et les Parcellaires.

  • Château La Tour de l’Évêque

    Ancienne résidence d’été des évêques de Toulon, le Château la Tour de l’Évêque appartient à la famille Sumeire depuis 1958, près de Pierrefeu-du-Var. Ses 78 hectares de vignes poussent sur les schistes et le grès rouge du permien, en AOP Côtes de Provence. Engagé en bio depuis 2005, le domaine adhère à Biodyvin et vinifie par gravité dans un chai opérationnel depuis 2011. Il élabore le Pétale de Rose, un rosé pâle né en 1985 d’une idée de Régine Sumeire.

  • Abbaye de Lérins

    Sur l’île Saint-Honorat, les moines cisterciens de l’Abbaye de Lérins cultivent 8,5 hectares de vignes en IGP Méditerranée. Leurs sols mêlent calcaires, dolomies et limon argileux rouge, et une source d’eau douce venue des Alpes épargne à la vigne le stress hydrique. Certifiés en agriculture biologique depuis le millésime 2019, ils vendangent à la main avec des bénévoles et vinifient chaque parcelle à part. Syrah, mourvèdre, pinot noir et chardonnay donnent surtout des monocépages de garde, élevés plus de 20 mois en fût.

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