Domaine de la Brillane
Sommaire
- Quatorze hectares bio face à la Sainte-Victoire
- Sur les sols de la Trévaresse, à 400 mètres
- Onze cépages qui ne s’éveillent pas ensemble
- En bio depuis 2001, sans désherbant ni engrais chimique
- Engagé chez Ecocert en 2001, certifié en 2004
- Un rang sur deux semé d’avoine, de trèfle et de vesce
- Des vendanges à la main, en cagettes
- Des rouges de garde en pays de rosé
- Les Coteaux d’Aix-en-Provence, une appellation de rosés
- Un domaine tourné vers le rouge
- Une petite part en IGP Méditerranée
- Au chai, foudres de chêne et levures indigènes
- Un chai sous charpente de châtaignier
- Peu d’interventions, et le moins de soufre possible
- Six cuvées, du rouge friand au rouge de garde
- L’Odyssée, La Traversée et La Grande Étoile
- Deux rosés et un blanc de jeunes vignes
- De l’or au Concours des Vins de Provence, de l’argent chez Millésime Bio
- De la famille Gensollen à Walter Butler
- William Chase, propriétaire quelques mois
- Walter Butler aux commandes depuis 2018
- Venir à la Brillane, aux portes d’Aix
- Visites et dégustations sur réservation
- Concerts et yoga entre les vignes
Quatorze hectares bio face à la Sainte-Victoire
Sur les sols de la Trévaresse, à 400 mètres
Le Domaine de la Brillane cultive 14 hectares de vignes bio à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, en appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. Ses rangs font face à la montagne Sainte-Victoire. Les vignes forment un seul tenant autour du domaine, à 400 mètres d’altitude.
Il repose sur les sols de la Trévaresse, que le domaine tient pour les plus caractéristiques de l’appellation. L’INAO décrit ce relief comme un chaînon calcaire et marneux, entre Aix-en-Provence et la Durance. Les fiches techniques du domaine parlent de sols argilo-calcaires, avec une part de limons sous les vignes blanches.
Pour le domaine, ce terroir réunit les conditions d’un vin bâti sur la minéralité et la fraîcheur. C’est la ligne qu’il revendique dans ses trois couleurs.
Onze cépages qui ne s’éveillent pas ensemble
Onze cépages cohabitent sur la propriété. En rouge, on trouve la syrah, le grenache, le mourvèdre, le cabernet-sauvignon, le carignan, la counoise et le cinsault. En blanc, le rolle, le sauvignon blanc, la clairette et le muscat à petits grains.
Certaines vignes ont plus de 70 ans, pour un âge moyen du vignoble d’environ 25 ans. Au printemps, cette mosaïque se voit à l’œil nu. Sur une même parcelle, le carignan peut en être au bourgeon dans le coton quand la syrah déploie déjà 4 à 5 feuilles. Le cinsault, plus tardif, prend son temps.
L’équipe doit donc passer, observer et revenir. Rien n’est automatisé : chaque parcelle impose son rythme, et le travail s’y adapte au fil des jours.

En bio depuis 2001, sans désherbant ni engrais chimique
Engagé chez Ecocert en 2001, certifié en 2004
Le domaine s’est engagé en agriculture biologique auprès d’Ecocert en novembre 2001, et ses vins sont certifiés depuis 2004. Toute l’exploitation est en bio, sans mixité. Outre le raisin et le vin, elle déclare aussi des olives et de l’huile d’olive certifiées.
Le domaine explique ce choix à sa manière. Ce n’est pas par conviction « religieuse » qu’il a pris ce chemin plus laborieux. Il estime simplement qu’un bon résultat obtenu sans produits chimiques dans les sols vaut l’attention supplémentaire portée aux vignes. Son maître mot : le respect des sols, des vignes, des raisins, et donc des vins.
Un rang sur deux semé d’avoine, de trèfle et de vesce
Les vignes ne reçoivent ni engrais chimique ni désherbant, mais un apport de fumier chaque année. Chaque parcelle est nourrie de matière organique selon ses besoins. Un rang sur deux est semé d’un mélange d’avoine, de trèfle et de vesce, qui apporte de l’azote et fait vivre les sols.
La taille est courte, en double cordon de Royat. Dès avril, l’ébourgeonnage commence pied par pied, en deux passages, et certaines parcelles passent par une vendange en vert. Entre les rangs, on croise des coccinelles, des papillons et des oiseaux. Des traces dans la terre trahissent les chevreuils, tandis que les lièvres restent plus discrets.
Des vendanges à la main, en cagettes
Les vendanges sont exclusivement manuelles. Le tri se fait à la vigne, puis les raisins rejoignent la cave en cagettes, de 5 kg au plus pour le blanc. Les rendements vont de 30 hL/ha pour La Grande Étoile à 45 ou 50 hL/ha pour les rosés, L’Odyssée et La Traversée.
Des rouges de garde en pays de rosé
Les Coteaux d’Aix-en-Provence, une appellation de rosés
Reconnue par décret le 24 décembre 1985, l’AOC Coteaux d’Aix-en-Provence produit des vins tranquilles dans les trois couleurs. Son aire s’étend de la Durance à la Méditerranée, et de la vallée du Rhône à la Sainte-Victoire. Le rosé y domine. En 2009, il pesait 70 % de la production, contre 25 % pour le rouge et 5 % pour le blanc.
Le climat est méditerranéen, avec quelque 2 900 heures de soleil par an. Le Mistral, froid et sec, s’y montre fréquent, surtout en avril. Les vignes poussent soit sur des marnes calcaires aux sols caillouteux, soit sur des molasses et des grès plus sableux.
Un domaine tourné vers le rouge
La Brillane se distingue dans ce paysage par une production majoritairement rouge. Une gamme de rosés et un blanc la complètent. Le domaine signe trois rouges, deux rosés et un blanc, tous issus d’assemblages de deux cépages ou plus.
Ses vins se veulent frais et fruités. Deux rouges, La Traversée et La Grande Étoile, ont assez de structure pour être gardés plusieurs années.
Une petite part en IGP Méditerranée
La production sort presque entièrement en AOP Coteaux d’Aix-en-Provence. Une petite partie part en IGP Méditerranée : c’est le cas du rouge L’Odyssée, qui assemble cabernet-sauvignon, syrah, carignan et counoise.

Au chai, foudres de chêne et levures indigènes
Un chai sous charpente de châtaignier
Les vins sont vinifiés et élevés dans un chai naturellement tempéré, dont la charpente est en châtaignier des Cévennes. Le bâtiment respire au rythme des saisons. Les raisins y arrivent triés par parcelle et par cépage, puis rejoignent la cuve ou le pressoir par gravité.
Peu d’interventions, et le moins de soufre possible
Les vinifications se mènent avec un minimum d’interventions, en privilégiant les levures indigènes. Les rouges fermentent en foudres de chêne de 30 et 40 hL ou en cuves béton. Chaque jour, on les pige ou on les remonte. Pour L’Odyssée et La Grande Étoile, le soufre est employé au minimum.
Les rosés et le blanc passent par un pressurage séquentiel après macération pelliculaire, puis par un débourbage à froid. Ils fermentent à basse température, vers 15 à 16 °C, surtout en cuves inox. Pour le rosé L’Espérance, un traitement naturel appelé Bio Control réduit nettement l’usage du SO2.
Six cuvées, du rouge friand au rouge de garde
L’Odyssée, La Traversée et La Grande Étoile
L’Odyssée joue la légèreté. Pour le millésime 2023, le Guide Hachette décrit un assemblage à parts égales de cabernet-sauvignon, carignan, syrah et counoise. Il y trouve une robe légère, un nez de griotte et une bouche friande, souple et acidulée. Le millésime 2024 a été élevé huit mois en cuve béton.
La Traversée assemble cabernet-sauvignon, syrah et grenache, élevés 20 mois en foudre. Sa fiche technique annonce des fruits rouges et noirs confiturés, du poivre et de la cannelle, sur des tanins élégants mais encore fermes. Le domaine la juge prête à boire, avec un potentiel de garde.
La Grande Étoile 2018 réunit 70 % de syrah et 30 % de cabernet-sauvignon, élevés 20 mois en foudre de chêne français de 30 hL. Le nez mêle garrigue, épices, cacao, tabac et café, sur des fruits noirs confiturés. La bouche est ample, aux tanins bien présents.
Deux rosés et un blanc de jeunes vignes
Les deux rosés reposent sur le grenache, la syrah et le cinsault. L’Espérance y ajoute du mourvèdre, fermente en levures indigènes et s’élève six mois en inox. Sa fiche parle de pamplemousse rose, de mangue et d’une finale saline. La Destinée fermente en partie en fûts de 400 litres, avec des notes de fraise, de framboise et de fruits jaunes confits.
Le blanc, La Promesse, assemble rolle et sauvignon blanc. Ses vignes n’avaient que 4 ans au millésime 2024. Le nez évoque le jasmin, la pivoine et le citron vert, et la bouche finit sur une note acidulée.
De l’or au Concours des Vins de Provence, de l’argent chez Millésime Bio
La Grande Étoile 2018 a reçu la médaille d’or au Concours des Vins de Provence 2025, puis l’argent au Challenge Millésime Bio 2025. Ce concours des vins bio a aussi donné l’argent à La Promesse deux ans de suite. En 2025, pour le millésime 2023, puis en 2026, pour le 2024. La Traversée 2023 y a décroché le bronze en 2026.
Le Guide Hachette 2026 accorde deux étoiles à L’Odyssée 2023. Plus tôt, La Destinée 2018 avait été récompensée à l’International Wine Challenge 2020. L’Espérance 2019, elle, avait remporté l’or au Prix Plaisir de Bettane et Desseauve. Le domaine affiche aussi une médaille d’or pour L’Espérance au concours international de Hong Kong 2024.
De la famille Gensollen à Walter Butler
William Chase, propriétaire quelques mois
Le domaine appartenait à Corinne et Emmanuel Gensollen jusqu’en décembre 2017. L’entrepreneur anglais William Chase le leur rachète alors. Il avait créé les chips Tyrrells pour valoriser les récoltes de sa ferme. Il s’est ensuite lancé dans la vodka et le gin.
Walter Butler aux commandes depuis 2018
Dès 2018, la Brillane change encore de mains. Le chef d’entreprise franco-brésilien Walter Butler la rachète et en prend la gérance. Il dit vouloir faire des vins au plus proche de la nature, qui reflètent la beauté du terroir de la Brillane.
Pour lui, chaque cuvée est un voyage qui transporte, « l’espace d’une gorgée », dans les paysages lumineux de la Sainte-Victoire.

Venir à la Brillane, aux portes d’Aix
Visites et dégustations sur réservation
Le domaine reçoit pour des visites et des dégustations, à réserver auprès de son service commercial. Il accueille les groupes, et les randonneurs y sont les bienvenus. On y parle français, anglais, italien, espagnol et allemand.
La Brillane porte le label Vignobles & Découvertes. Elle adhère aux Vignerons Indépendants de France et à la Route des vins de Provence.
Concerts et yoga entre les vignes
Le domaine ouvre aussi ses vignes à d’autres rendez-vous. Ces dernières années, il a accueilli des concerts du festival Les Musicales dans les vignes. Il y a eu aussi des matinées de yoga suivies d’un brunch, et une journée de Noël en musique.
Le domaine le dit à sa façon : ici, on ne vient pas seulement pour voir des vignes, mais pour comprendre comment elles vivent.
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