Château La Martinette
Sommaire
- Quatre siècles au bord de l’Argens, un siècle de vignes
- La Bastide d’Argens des Chieusse de Combaud
- De la magnanerie aux premières vignes
- 2011, trois associés reprennent le domaine
- Cinquante hectares de vignes dans une propriété de 400 hectares
- Un vignoble restructuré et agrandi
- Argiles rouges, calcaires coquillés et marnes
- Côtes de Provence, et une IGP Var pour le Viognier
- Le bio certifié, la biodynamie à l’essai
- Une démarche lancée en 2012, un label obtenu en 2020
- Une dizaine d’hectares en pratiques biodynamiques
- Haies, friches, chauves-souris et rolliers
- Un chai gravitaire bâti en restanques
- Le chai de 2019, signé par l’atelier Mazières
- Béton pour les rouges, inox pour les blancs et les rosés
- Rollier, Château, Parcellaires : trois étages de gamme
- Un domaine de rosé qui développe ses rouges et ses blancs
- Rollier et Château, le fruit puis la signature
- Les Parcellaires, des plus vieilles vignes du domaine
- Visiter La Martinette, du chai au Prieuré
- Visites en voiturette et accords vins et fromages
- Une oliveraie, un prieuré et une table au-dessus des vignes
Quatre siècles au bord de l’Argens, un siècle de vignes
La Bastide d’Argens des Chieusse de Combaud
Le Château La Martinette s’étend entre Lorgues et Le Thoronet, dans le Var, le long de l’Argens. Ce domaine de vins bio en AOP Côtes de Provence fait remonter son histoire à 1620. Cette année-là, la famille Chieusse de Combaud, noblesse de Lorgues, acquiert la propriété.
Elle s’appelle alors la Bastide d’Argens, du nom du fleuve qui la traverse sur 4 kilomètres. La famille la garde trois siècles. À la fin des années 1700, pendant la Révolution, ses membres sont arrêtés. C’est à cette période que la bastide devient le Château La Martinette.
En 1880, Angèle Fauchier Magnan, épouse du seigneur Chieusse de Combaud, entreprend une restauration complète. La bastide provençale prend l’allure d’un château du XIXᵉ siècle, aux airs de Renaissance.
De la magnanerie aux premières vignes
La vigne arrive tard dans cette histoire. Dans les années 1920-1930, la famille Chieusse de Combaud cède le domaine pour la première fois. La propriété passe alors de la magnanerie à l’exploitation viticole, avec la plantation des premières vignes.
Un pont suspendu de type Gisclard est construit à la même époque pour relier Lorgues et Le Thoronet. Il enjambe toujours l’Argens, et c’est en arrivant par ce petit pont que l’on découvre aujourd’hui le chai.
2011, trois associés reprennent le domaine
Plusieurs propriétaires se succèdent ensuite. En 2011, trois associés et amis d’origine russe rachètent La Martinette. Ils acquièrent aussi le Prieuré Sainte-Marie Vieille, sur l’autre rive de l’Argens. L’ensemble forme une propriété de 400 hectares d’un seul tenant, à cheval sur les deux communes.
Les nouveaux venus conservent le blason de l’ancienne famille comme emblème. Ils restructurent le vignoble et plantent une oliveraie. Depuis 2017, le domaine est dirigé par Guillaume Harant, œnologue et ingénieur agronome de formation, qui en était auparavant le directeur technique.
Cinquante hectares de vignes dans une propriété de 400 hectares
Un vignoble restructuré et agrandi
En 2020, le domaine comptait 45 hectares de vignes et visait les 50. C’est aujourd’hui chose faite : le vignoble couvre 50 hectares, et la propriété est entourée d’une forêt d’arbres centenaires, de lavandes et d’oliviers.
La propriété compte aussi 10 hectares d’oliviers, 1 hectare de lavande et 30 hectares de vergers. Elle se trouve en limite d’une zone Natura 2000, ce qui a pesé sur la conception du chai.
Argiles rouges, calcaires coquillés et marnes
Les sols du domaine mêlent argiles rouges et calcaires coquillés. Le domaine leur attribue la structure et l’élégance de son Château rouge. Le Clos Blanc vient d’une parcelle de vieux Rolle plantée sur marnes calcaires.
Au domaine, on parle d’un terroir calcaire très drainant, qui se réchauffe vite. L’été, il n’est pas rare que le thermomètre dépasse 35 °C dans ce coin du Var. Isoler le chai pour sécuriser l’élevage a donc été un point sensible de sa construction.
Côtes de Provence, et une IGP Var pour le Viognier
Presque toute la gamme sort en AOP Côtes de Provence. Rouges et rosés s’appuient sur le Grenache, le Cinsault, la Syrah, le Mourvèdre et le Cabernet Sauvignon. Le Tibouren entre pour 30 % dans le Rollier rosé.
Côté blanc, le Rolle domine, avec la Clairette. Une cuvée fait exception : le Rollier blanc, assemblage de Viognier, de Clairette et de Roussanne, porte l’IGP Var. Le domaine le présente comme « un étranger en terre provençale ».
Le bio certifié, la biodynamie à l’essai
Une démarche lancée en 2012, un label obtenu en 2020
Le domaine date de 2012 son choix de l’agriculture biologique. Les produits chimiques de synthèse ont été abandonnés au profit de méthodes naturelles. L’engagement officiel auprès de l’organisme certificateur Qualisud date de 2017, et le label a été obtenu en 2020.
En 2026, une partie des vignes est encore en troisième année de conversion. Les olives, la lavande, l’huile d’olive et les vins figurent eux aussi parmi les productions certifiées.
Une dizaine d’hectares en pratiques biodynamiques
L’équipe expérimente des pratiques biodynamiques sur une dizaine d’hectares. Parmi les parcelles concernées figurent le Clos Blanc, la Grande Pièce et l’Arnavescière. Des préparations d’origine naturelle y servent à vivifier les sols et les plantes.
Le calendrier lunaire guide les travaux de la vigne, l’organisation des vendanges, le travail du vin et la mise en bouteille. Il s’agit d’une démarche du domaine, sans certification biodynamique.
Haies, friches, chauves-souris et rolliers
Les équipes préservent le profil naturel des sols, mais aussi les haies, les zones de friches et les enherbements. Ces espaces servent de refuges à la faune. La forêt forme une enceinte autour des parcelles.
Le domaine compte sur les chauves-souris, toujours présentes, et sur les rolliers, oiseaux qui s’y installent au printemps, pour veiller sur ses vignes. Rollier, c’est aussi le nom de sa gamme de vins de plaisir.


Un chai gravitaire bâti en restanques
Le chai de 2019, signé par l’atelier Mazières
Avant ce chai, le domaine ne disposait que de bâtiments dispersés. Le nouveau chai, inauguré en 2019, a été confié à l’atelier des architectes Mazières, de Bordeaux. Ce bâtiment de 3 570 m² domine le vignoble.
La consigne était de l’insérer dans la colline sans dénaturer le site. Le chai est donc construit en restanques, avec des pierres extraites du domaine, par des entreprises des environs. Au-dessus, une grande terrasse habillée d’acier Corten accueille le restaurant.
Béton pour les rouges, inox pour les blancs et les rosés
L’organisation en étages permet une vinification par gravité. Le béton a été choisi pour son inertie thermique, surtout pour les rouges. L’inox est réservé aux blancs et aux rosés. Les rouges macèrent dans des cuves tulipes en béton, avec pigeages et remontages manuels.
Pour l’élevage, l’équipe dispose de fûts de chêne français de 500 litres, d’œufs en béton et d’œufs en grès. Plusieurs blancs et rosés sont récoltés à l’aube ou au lever du jour. Le Château blanc et le Château rouge sont vendangés et triés à la main.

Rollier, Château, Parcellaires : trois étages de gamme
Un domaine de rosé qui développe ses rouges et ses blancs
En 2020, La Martinette produisait 160 000 bouteilles par an. Le rosé en représentait 78 %, le rouge 12 % et le blanc 10 %. Le domaine affichait déjà l’intention de donner plus de place aux rouges et aux blancs.
La gamme compte aujourd’hui onze vins, rangés en trois familles et une série d’éditions limitées. Chaque famille se décline dans les trois couleurs.
Rollier et Château, le fruit puis la signature
Les Rollier sont des vins de plaisir, souples, frais et croquants. Le rosé assemble cinq cépages, Tibouren en tête. Le rouge, vinifié en vin nature, passe 7 jours en macération carbonique pour ses Syrah, en grappes entières.
La gamme Château donne le style du domaine : des vins équilibrés et élégants. Le rosé mise sur le Cinsault à 47 %. Le blanc, Rolle et Clairette, s’élève sur lies fines en œufs béton. Le rouge, à 60 % de Syrah, passe un an en fûts de 500 litres, puis six mois en cuves tulipes.
Les Parcellaires, des plus vieilles vignes du domaine
Les Parcellaires viennent des plus vieilles vignes. Reflets d’Argens est un rosé de garde, Grenache et Cinsault, élevé un an en fûts et en œufs de grès, puis six mois en bouteille. Le Clos Blanc, 100 % Rolle, fermente en barriques de 500 litres et en œufs de grès.
La Grande Pièce est le rouge de garde du domaine : 50 % de Mourvèdre, de la Syrah et un peu de Cabernet Sauvignon. Il vieillit 12 mois en barriques, 18 mois en cuves tulipes, puis 6 mois en bouteille avant la vente.
Deux éditions limitées complètent la gamme. 1.618, rosé de Grenache et de Cinsault, reste un an et demi sur lies en cuve ovoïde béton. In Situ, blanc élevé un an en fût de 500 litres, ne se vend qu’au domaine et au restaurant Vigna.
Visiter La Martinette, du chai au Prieuré
Visites en voiturette et accords vins et fromages
Le domaine propose des visites guidées sur réservation, en français, en anglais et en italien, accessibles aux personnes à mobilité réduite. La plus courte fait découvrir le chai et quatre vins. La plus longue parcourt le domaine en voiturette électrique et se termine par six vins haut de gamme.
Des ateliers œnologiques complètent l’offre : initiation à la dégustation, ou accords entre quatre vins et quatre fromages de la Fromagerie de Lorgues. Les groupes de 13 à 24 personnes sont reçus à part. La boutique propose aussi la dégustation en terrasse.

Une oliveraie, un prieuré et une table au-dessus des vignes
L’oliveraie de 10 hectares compte 1 700 arbres, en restanques. On y trouve l’Aglandau, le Bouteillan, la Picholine et le Bécu de Lorgues, une vieille variété propre au village. Le domaine en tire deux huiles, un fruité vert et un fruité mûr.
Après trois ans de travaux, Le Prieuré a ouvert en 2025 avec douze chambres. La Villa Pivoine, gîte du XVIIIᵉ siècle, accueille six personnes. Le restaurant Vigna, ouvert en 2020, occupe la terrasse panoramique au-dessus du chai.
Le domaine reçoit aussi mariages et séminaires, avec des cérémonies possibles dans l’oliveraie. Sa cave éphémère, La Ruine, installée dans les vignes sous une arche de pierre, est fermée pour le moment : elle rouvrira à l’été 2027.
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