Château des Éclaz - Parcelle labourée avant plantation sur le coteau de Manicle, face à la vallée du Furans

Château des Éclaz

Région viticole

Région viticole

Bugey

Bio

Une maison forte du Bugey rendue à la vigne

Le Château des Éclaz est un domaine en agriculture biologique installé à Cheignieu-la-Balme, dans l’Ain, entre Belley et Ambérieu-en-Bugey. Il produit des vins d’AOC Bugey et compte parmi les quatre producteurs de Manicle, une dénomination de quelques hectares au pied des falaises. Ses vins sont faits et mis en bouteille au château, une ancienne maison forte inscrite aux monuments historiques.

Du baron d’Empire aux deux associés de la SCEA

Le domaine doit son nom à Joseph Bouvier des Éclaz, général de brigade et baron d’Empire, militaire de Louis XVI à l’Empire. Il était le cousin du gastronome Anthelme Brillat-Savarin, lui-même propriétaire de vignes à Manicle. La propriété a connu de nombreux propriétaires, puis s’est endormie, ses murs gagnés par les arbres et le lierre.

Deux siècles plus tard, Jean-Pierre Gros et Michel Roussille décident de faire revivre les lieux. Leur société, la SCEA Les Eclaz, est immatriculée en 2014, et Michel Roussille en est le gérant. Leur ligne est fixée dès le départ : l’effort portera d’abord sur les vignes, les bâtiments viendront ensuite.

Château des Éclaz - Jean-Pierre Gros et Michel Roussille à une fenêtre du château
Jean-Pierre Gros et Michel Roussille, les deux associés de la SCEA Les Eclaz.

Trois tours, un moulin et un toit à la Philibert Delorme

Les bâtiments couvrent plusieurs siècles. Maison forte aux XIIIe et XIVe siècles, ruinée après les guerres de la fin du XVIe, la demeure est remaniée et agrandie au début du XVIIe siècle. Il en reste trois tours, des restes d’enceinte, l’entrée, des fenêtres à meneaux et des communs.

Le corps de logis du XVIIe forme un grand quadrilatère. Son toit à la Philibert Delorme repose sur une charpente en châtaignier entièrement chevillée. L’ensemble est inscrit aux monuments historiques par arrêté du 3 mai 1988.

Château des Éclaz - Inscriptions anciennes tracées en rouge sur un mur intérieur
Inscriptions anciennes sur un mur intérieur de la maison forte.

Le Furans, né quelques kilomètres en amont, coule au milieu de la propriété. Il donnait autrefois sa force à un moulin, aujourd’hui presque détruit, dont subsiste le canal de dérivation. Le château possède aussi des terres truffières.

Manicle, un îlot de vignes sous la falaise

Des éboulis calcaires tournés plein sud

Manicle est un petit vignoble perché sur un replat, à flanc de montagne. Les parcelles s’abritent au pied d’une falaise calcaire, sur des sols d’éboulis argilo-calcaires du Crétacé et du Jurassique. Elles regardent plein sud, à moins de 350 mètres d’altitude, et profitent d’environ 1 800 heures de soleil par an.

Le cahier des charges de l’appellation décrit des pentes fortement inclinées, un excellent régime hydrique et une vigne précoce au printemps. La tradition locale veut que le sol restitue la nuit la chaleur emmagasinée le jour. Le cru couvre environ 18 hectares, sur les communes de Cheignieu-la-Balme et de Pugieu, dans la vallée du Furans, un affluent du Rhône.

Château des Éclaz - Premier bourgeon d’un jeune plant dans les éboulis calcaires de Manicle
Premiers bourgeons dans les éboulis calcaires de Manicle, au printemps 2017.

Deux cépages et quatre producteurs

Manicle est une dénomination géographique complémentaire de l’AOC Bugey, qui existe depuis mai 2009. Elle est réservée aux vins tranquilles, et un seul cépage par couleur y est admis : le chardonnay pour les blancs, le pinot noir pour les rouges. Les raisins doivent être récoltés et vinifiés sur les communes du cru.

Ils ne sont que quatre vignerons à se partager ce terroir escarpé : le Caveau Bugiste, qui en exploite environ 60 %, le Domaine Monin, le Domaine Bärtschi et le Château des Éclaz. Le domaine annonce plus de 5 hectares, dont 3 hectares en Manicle.

Replanter avant de vendanger

Deux ans de préparation, 6 500 pieds en une journée

Les associés ont commencé par les sols. Les parcelles de Manicle ont été préparées pendant deux ans, puis labourées au printemps 2017. La première plantation a lieu fin avril : 6 500 pieds de chardonnay mis en terre dans la journée, sur une parcelle d’un hectare classée en Manicle.

Cette première parcelle a été plantée avec les droits que possédait déjà le château. L’achat de droits supplémentaires devait permettre de planter les hectares restants à partir de 2018. Aujourd’hui, les étiquettes du domaine montrent du chardonnay, du pinot noir et de l’altesse.

Un engagement bio pris en 2020

La SCEA s’est engagée en agriculture biologique le 4 août 2020, sous le contrôle de l’organisme certificateur Qualisud. Ses raisins de cuve et ses vins sont certifiés, et le logo AB figure sur chaque étiquette.

Une partie des vignes est encore en deuxième année de conversion en 2026. Toute l’exploitation est conduite en bio, sans aucune parcelle en conventionnel.

Quatre étiquettes et deux batailles

Chardonnay et pinot noir en AOC Bugey

La gamme présentée sur le site du domaine compte quatre vins, tous mis en bouteille au château. Deux portent le nom de l’appellation : un Bugey Chardonnay Manicle et un Bugey Pinot noir. Une cuvée Manicle Hohenlinden s’y ajoute, ainsi qu’une Altesse Fleurus, issue du cépage blanc de la Roussette du Bugey.

Les étiquettes restent sobres, en noir sur blanc : une étoile à quatre branches, un trait oblique, le nom du château et celui du vin. On retrouve ce dessin sur le logo du domaine.

Château des Éclaz - Les deux associés à la table de dégustation, dans une salle du château
Jean-Pierre Gros et Michel Roussille à la table du château.

Fleurus et Hohenlinden, deux noms de batailles

Les deux cuvées nommées portent les noms de Fleurus et de Hohenlinden, deux batailles des guerres de la Révolution, livrées en 1794 et en 1800.

Le style que l’appellation prête au Manicle

Le domaine ne publie pas de notes de dégustation, mais le cahier des charges de l’appellation décrit le style du cru. Les rouges de Manicle, issus de pinot noir, y sont présentés comme plus charpentés que les autres Bugey : couleur soutenue, arômes de fruits rouges, notes briochées et vanillées, bouche ample et ronde.

Le même texte attribue au pinot noir de ce secteur une belle structure tannique, qu’il relie aux sols d’éboulis et à l’abri de la falaise. En blanc, le chardonnay est le seul cépage autorisé sous le nom de Manicle.

Cheignieu-la-Balme, au sud du Bugey

Un vignoble en clairières autour de Belley

Le Bugey forme la pointe méridionale du massif jurassien, lové dans une boucle du Rhône, au sud-est de l’Ain. Ses vignes s’insèrent dans des clairières, entre forêts et petites montagnes que domine le Grand Colombier, à 1 534 mètres. La vigne y surgit souvent au détour d’une vallée.

Au sud, la région de Belley descend des contreforts du Colombier jusqu’au fleuve. Manicle en émerge à l’ouest, comme un îlot à part. Cheignieu-la-Balme se trouve dans la vallée du Furans, au pied des falaises qui donnent au cru son exposition.

Une visite sur rendez-vous

Le château reçoit sur rendez-vous pour la dégustation et la vente à la propriété. Jean-Pierre Gros et Michel Roussille y accueillent eux-mêmes les visiteurs, dans une maison forte dont les vignes, sous la falaise de Manicle, produisent de nouveau du vin.

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Les autres domaines de la région Bugey

  • Cave Peillot

    La Cave Peillot élabore des vins du Bugey à Montagnieu, dans l’Ain, sur un coteau calcaire qui domine le Rhône. L’exploitation de 10 hectares, engagée en bio depuis 2022, en réserve 6 au Montagnieu effervescent. Installée depuis 1900, la famille s’est associée à Théo Bonnard, cogérant de la société aux côtés de Franck Peillot. La cave défend l’altesse et une mondeuse vinifiée en grappes entières, dont le millésime 2015 a obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2017.

  • Vignoble Pellerin

    Le Vignoble Pellerin cultive 6,3 hectares en biodynamie certifiée Demeter à Saint-Sorlin-en-Bugey et à Lagnieu, dans l’Ain. Créé en 2000 par Jean-Christophe Pellerin, rejoint en 2020 par ses fils Lucien et Baptiste, le domaine réunit une quarantaine de cépages. Mondeuse blanche, persan, petite sainte-marie et étraire de la Dhuy y côtoient l’altesse de la Roussette du Bugey. Tout est vinifié sans intrants, aux levures indigènes, des bulles de mondeuse jusqu’à un blanc macéré 101 jours.

  • Domaine des Plantaz

    Le Domaine des Plantaz cultive environ 11 hectares en AOC Bugey à Chavillieu, sur la commune de Chazey-Bons, dans l’Ain. Installé en 1991 sur un domaine transmis depuis quatre générations, Fabrice Gros a engagé ses vignes en bio au printemps 2019. Ses parcelles, plantées sur deux moraines glaciaires tournées vers l’est, portent chardonnay, altesse, jacquère, gamay, pinot et mondeuse. La gamme compte onze vins, dont une Roussette du Bugey élevée onze mois en fût et un Bugey Brut en méthode traditionnelle.

  • Caveau Quinard

    Le Caveau Quinard cultive 14 hectares de vignes à Massignieu-de-Rives, dans le Bugey Sud, sur une colline qui domine la rive droite du Rhône. La famille travaille ces terres depuis 1840 et se consacre entièrement à la vigne depuis 1976. En agriculture biologique depuis 2009, le domaine est dirigé par les frères Julien et Sébastien Quinard. Il produit environ 55 000 bouteilles par an en AOC Bugey et Roussette du Bugey : blancs, rouges, rosés et effervescents.

  • Domaine Véronique Antoine

    Le Domaine Véronique Antoine est l’exploitation d’une vigneronne seule, installée en 2005 à Rignat, sur la commune de Bohas-Meyriat-Rignat, avec 6 ares de vigne. Elle conduit aujourd’hui environ 2,5 hectares en AOC Bugey, certifiés bio depuis 2017, où des moutons d’Ouessant pâturent l’hiver. Son Cerdon de gamay et de poulsard, élaboré en méthode ancestrale sans sucre ni levures ajoutés, a obtenu trois étoiles au Guide Hachette 2022. Un pétillant de jacquère, un chardonnay et une mondeuse élevée en jarre de grès complètent la gamme.

  • Domaine de la Belière

    Le Domaine de la Belière cultive 7,85 hectares sur quatre communes de l’Ain, de Bohas-Meyriat-Rignat au coteau de Montagnieu, en conversion bio depuis 2022. Céline Ronger, installée en 2003, a fondé le domaine avec son frère Gaël en 2016. Gamay et poulsard donnent deux Cerdon en méthode ancestrale, dont La Déserte, distinguée de deux étoiles au Guide Hachette. Altesse, chardonnay et pinot noir complètent une gamme de neuf cuvées en AOC Bugey et en Vin de France.

  • Maison Bonnard

    La Maison Bonnard cultive 16 hectares de vignes en bio sur les coteaux de Montagnieu, depuis le hameau de Crept, à Seillonnaz, dans le Bugey. Les frères Roland et Frédéric Bonnard ont commencé en 1988 avec un hectare, rejoints depuis par Romain et Anne-Sophie. Sur des pentes de 30 à 70 %, la famille suit des pratiques biodynamiques et vinifie mondeuse, altesse, chardonnay, pinot noir et gamay avec très peu de soufre. Sa Mondeuse de Montagnieu 2020 a reçu trois étoiles au Guide Hachette 2024.

  • Maison Yves Duport

    La Maison Yves Duport cultive 17 hectares en AOP Bugey à Groslée, face au Rhône, sur un vignoble constitué en quatre générations. Certifiée par Ecocert depuis l’engagement de 2009, elle applique aussi des pratiques biodynamiques sur une partie de ses vignes. Altesse et chardonnay de Montagnieu, mondeuse et pinot noir fermentés sans sulfite forment une gamme de sept vins, dont trois méthodes traditionnelles. Le Guide Hachette 2010 a donné un coup de cœur à sa Mondeuse Tradition 2006.

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