Domaine de la Belière
Quatre communes et trois visages du Bugey
Le Domaine de la Belière produit du Cerdon, le pétillant rosé du Bugey, depuis Bohas-Meyriat-Rignat, dans l’Ain. Céline Ronger et son frère Gaël y cultivent 7,85 hectares de vignes, en conversion vers l’agriculture biologique depuis 2022. Leurs parcelles se partagent entre quatre communes qui ne regardent pas toutes le même paysage.
Bohas-Meyriat-Rignat et Saint-Martin-du-Mont, dans l’aire du Cerdon
Le cœur du vignoble se trouve à Bohas-Meyriat-Rignat et à Saint-Martin-du-Mont. Ces deux villages comptent parmi les dix communes de l’aire du Cerdon, une dénomination de l’AOC Bugey. Tout s’y fait sur place, de la récolte au conditionnement. C’est là que poussent le gamay et le poulsard, les deux cépages du Cerdon.

Cette région viticole s’étend à mi-chemin entre Belley et Bourg-en-Bresse, dans et autour de la vallée de Cerdon. Le relief y est très accidenté, avec des vignes étagées entre 300 et 550 mètres et des pentes parfois fortes. Au domaine, les sols sont argilo-calcaires.
Ce gamay et ce poulsard représentent environ 70 % de l’exploitation. Le poulsard est un cépage noir venu du Jura voisin. Il apporte au Cerdon de la structure et des épices.
Le Mont-July de Ceyzériat pour le chardonnay et le pinot noir
Les 30 % restants changent de registre. À Ceyzériat, sur le Mont-July, le domaine conduit le chardonnay et le pinot noir de ses vins tranquilles. Ces cépages y trouvent leur place sur des coteaux pentus, aux sols argilo-calcaires comme ceux du gamay.
Ceyzériat entre dans l’aire de l’AOC Bugey, mais pas dans celle du Cerdon. Ses raisins ne vont donc pas au Cerdon, mais aux vins tranquilles de l’AOC Bugey. Le domaine a aussi baptisé deux cuvées du nom de la colline, les Mont-July.
Une vieille altesse sur le coteau de Montagnieu
La quatrième commune, Briord, se trouve à l’autre bout du Bugey. Elle fait partie du coteau de Montagnieu, partagé avec Montagnieu et Seillonnaz. Ce coteau domine le Rhône à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Belley. La pente y est très forte et difficile à travailler.
Le domaine y cultive de l’altesse, le cépage que le Bugey appelle aussi roussette. Ses vignes ont une cinquantaine d’années. Elles donnent la Roussette de Montagnieu, l’une des productions confidentielles du coteau, la plupart des raisins de Montagnieu partant en effervescent.
Une sœur et un frère à la tête de l’exploitation
Céline Ronger depuis 2003, Gaël depuis 2016
Céline Ronger a longtemps mené l’exploitation seule. Elle y est installée depuis 2003. Son frère Gaël l’a rejointe en 2016, et c’est ensemble qu’ils ont créé le Domaine de la Belière, une EARL dont ils sont tous deux gérants.
Le vignoble a grandi depuis. En 2017, le domaine exploitait 6,5 hectares : 4,5 hectares de Cerdon sur Mérignat, Saint-Martin-du-Mont et Bohas-Meyriat-Rignat, et 2 hectares au Mont-July. Il en compte aujourd’hui 7,85, Briord compris.
De l’enherbement à la conversion bio
En 2017, les vignes étaient déjà conduites en enherbement naturel maîtrisé, pour éviter l’érosion et limiter les herbicides. Le domaine travaillait alors en lutte raisonnée. Il s’est engagé en agriculture biologique le 20 août 2022, sous le contrôle de Qualisud.
Les récoltes sont certifiées bio à partir du millésime 2025. Une part des vignes reste en troisième année de conversion. À la vigne comme au chai, le domaine n’utilise que des intrants biologiques.

Le domaine est aussi membre du réseau Etik’table, engagé dans une alimentation responsable.
Le Cerdon en deux fermentations, sans sucre ni levure ajoutés
Une première fermentation arrêtée par le froid
Le Cerdon s’élabore selon la méthode ancestrale, obligatoire pour la dénomination. Au domaine, la première fermentation se fait en cuve, entre 4 et 9 °C, jusqu’à ce que le vin titre environ 6 % vol. Le vin est alors descendu à -2 °C, puis filtré grossièrement pour arrêter la fermentation.


Le moût garde ainsi une bonne partie de ses sucres. Le cahier des charges fixe d’ailleurs, pour le Cerdon, une teneur en sucres fermentescibles comprise entre 22 et 80 grammes par litre.
La prise de mousse, puis le transfert en bouteille neuve
Le vin est ensuite mis en bouteille, capsulé et couché en cave pendant deux mois au moins. La fermentation y reprend d’elle-même, sans ajout de sucre ni de levures : c’est la prise de mousse. Elle s’arrête quand le gaz sature la bouteille, à 8 % vol. environ et 4 à 5 bars de pression.
Vient alors le transfert. Les bouteilles sont vidées et lavées, le vin est filtré puis remis en bouteille, cette fois avec un bouchon et un muselet. Le Cerdon garde de cette méthode un degré bas, autour de 8 %, et une mousse fine.

Neuf cuvées, du Cerdon rubis à la roussette de cinquante ans
Deux Cerdon, l’un de gamay, l’autre de poulsard
Le Cerdon du domaine est un pur gamay, issu de vignes d’une vingtaine d’années. Sa robe est d’un rouge rubis brillant, et la bouche, fraîche, joue sur la fraise et la cerise avec un sucre souple.
La Déserte porte le nom de la parcelle de poulsard et de gamay dont elle est issue. Elle assemble 70 % de poulsard et 30 % de gamay. Plus ronde, d’une robe rose, elle tire vers la framboise acidulée. En 2017, le gel d’avril, la grêle et la sécheresse ont privé le domaine de poulsard. La Déserte n’a pas vu le jour cette année-là.
Le Guide Hachette des Vins a donné deux étoiles aux deux Cerdon du domaine dans ses éditions 2016 et 2018, pour les millésimes 2014 et 2016, puis à La Déserte 2018 dans l’édition 2020.
Altesse, chardonnay et pinot noir en AOC Bugey
La Roussette de Montagnieu vient des vieilles vignes d’altesse de Briord. Elle fermente sur levures indigènes et s’élève en cuve inox, avec des arômes d’agrumes et une fraîcheur qui s’affirme en finale.
Le Chardonnay provient de vignes de 15 à 20 ans. Le Pinot noir vient de vignes de 25 ans. Il est vinifié à 80 % en vendange entière, macère 14 jours sur levures indigènes et s’élève en cuve inox. Il sent les fruits rouges et garde une bonne structure.

Les Mont-July, L’Imprévu et L’Étincelle
Quatre cuvées sortent de l’appellation et portent la mention Vin de France. Les deux Mont-July viennent de jeunes vignes : le blanc assemble 70 % de roussette et 30 % de chardonnay, le rouge est un pinot noir élevé à 30 % en fût.
Le rosé L’Imprévu réunit gamay, mondeuse et pinot issus de vignes d’une cinquantaine d’années. L’Étincelle, enfin, est une roussette effervescente en méthode traditionnelle, restée 24 mois sur lattes. C’est la seule bulle du domaine qui ne passe pas par la méthode ancestrale.
Une cave ouverte aux dégustations
La cave du domaine se trouve au lieu-dit Le Noyer, à Bohas-Meyriat-Rignat. Céline et Gaël Ronger y reçoivent pour des dégustations et des visites de la cave, et accueillent aussi des groupes. Les vins s’achètent sur place.
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