Vignoble Pellerin
Une quarantaine de cépages face aux étés chauds
Le Vignoble Pellerin cultive 6,3 hectares de vignes en biodynamie sur les coteaux de l’Ain, à Saint-Sorlin-en-Bugey et à Lagnieu. Ce domaine familial du Bugey a fait un pari simple à énoncer et long à mettre en œuvre : multiplier les cépages pour tenir face au dérèglement climatique.
Le résultat se compte sur la liste des vins. L’exploitation réunit aujourd’hui une quarantaine de cépages, de quoi produire des blancs et des rouges, des vins tranquilles et des bulles.

Planter tardif, surgreffer le chardonnay et le gamay
Ces dernières années, la famille a planté de nombreux cépages, parfois oubliés et souvent plus tardifs. Le domaine parle d’anticiper et de s’adapter par la diversité : chaque nouvelle plantation élargit la palette du vignoble.
Depuis 2025, le domaine passe aussi par le surgreffage. Sur des parcelles de chardonnay et de gamay, devenues moins adaptées aux étés de plus en plus chauds, d’autres cépages sont greffés sur les ceps en place. Le surgreffage consiste à greffer une autre variété sur un cep déjà en place.
Mondeuse blanche, persan et petite sainte-marie de retour
Parmi ces plantations figurent plusieurs variétés anciennes. Le domaine présente la mondeuse blanche et le persan comme d’anciens cépages oubliés, et la petite sainte-marie comme un ancien cépage rare. Chacun a désormais sa propre cuvée.
Côté rouge, le durif, le chatus et l’étraire de la Dhuy ont rejoint le domaine. Les trois se retrouvent assemblés dans une seule cuvée, Triologie. D’autres vieux cépages autochtones poussent en complantation, mêlés aux autres dans les mêmes parcelles.
Des éboulis calcaires aux moraines du Rhône
Le vignoble se partage entre deux communes de l’Ain, Saint-Sorlin-en-Bugey et Lagnieu. Les sols y changent d’une parcelle à l’autre, des coteaux pentus aux zones plus planes.
Des coteaux sud-ouest à 60 % de pente
Sur les coteaux, la vigne pousse sur des éboulis argilo-calcaires exposés au sud-ouest. Les pentes peuvent y atteindre 60 %. Les fiches techniques de l’altesse, issue d’une sélection massale, et de la petite sainte-marie mentionnent cette pente à 60 %, sur moraine glaciaire.
Moraines glaciaires et alluvions sur les replats
Les zones plus planes reposent sur des complexes fluvio-glaciaires rhodaniens. Les fiches techniques du domaine parlent de moraine glaciaire et d’alluvions rhodaniennes. On y trouve la mondeuse des cuvées de l’IGP, le persan et le trio de cépages de Triologie.
Le savagnin et la mondeuse blanche viennent eux aussi de la moraine glaciaire. Le viognier, la roussanne et le chardonnay viennent des éboulis argilo-calcaires. Cette mosaïque de sols compte, pour la famille, dans l’identité de chaque vin.
Jean-Christophe, Lucien et Baptiste Pellerin
Un domaine créé en 2000, rejoint par les fils en 2020
Jean-Christophe Pellerin a créé le vignoble en 2000, au lieu-dit Perrozan, à Saint-Sorlin-en-Bugey.

En 2020, ses deux fils, Lucien et Baptiste, le rejoignent. Le domaine change alors de dimension et devient une affaire à trois. C’est aussi l’année où la société Vignoble Pellerin voit le jour.


Biodynamie depuis 2009, label Demeter
Le domaine conduit ses vignes en biodynamie depuis 2009. Il est engagé en agriculture biologique depuis 2015, contrôlé par Ecocert, et ses vins portent le label Demeter, qui certifie la biodynamie.
Demeter liste une trentaine de produits du domaine, des blancs aux rouges en passant par les mousseux. On y trouve aussi deux jus de raisin, dont un pétillant.
Des vins sans intrants, de la roussette au pét’nat
À la cave, l’esprit reste celui de la vigne. Les vinifications se font sans intrants, avec les levures indigènes du raisin. Les fiches techniques donnent, cuvée par cuvée, un soufre total le plus souvent non détecté ou inférieur à la limite de quantification.
Bugey, roussette du Bugey et coteaux de l’Ain
L’altesse sort en AOC Roussette du Bugey, et Demeter liste aussi une mondeuse 2020 en AOC Bugey. La mondeuse, le persan, le savagnin et la mondeuse blanche sont vendus en IGP Coteaux de l’Ain.
Le reste de la gamme sort en vin de France. C’est le cas des assemblages de cépages rares comme Triologie, des bulles et de la plupart des blancs.
Blancs d’altesse, de savagnin et une macération de 101 jours
L’altesse, élevée huit mois sur lies, donne un vin au nez de miel, de fleurs blanches et de notes truffées, que le domaine dit apte au vieillissement. Le savagnin passe six mois en demi-muid et montre des notes épicées et une légère salinité.
La mondeuse blanche joue la pêche, le miel et les fruits exotiques, après six mois sur lies avec bâtonnage. La petite sainte-marie part vers l’abricot, la pêche blanche et le tilleul. Mozaïk assemble altesse, sauvignon, chardonnay et vieux cépages de complantation, élevés huit mois en demi-muid.
Fusette assemble 60 % d’aligoté, 30 % de sauvignon et 10 % de viognier, dont 15 % élevés en fûts d’acacia. La roussanne passe six mois en fûts de chêne, le viognier huit mois sur lies, avec un nez d’abricot.
Solstice sort du lot. Ce blanc d’altesse, de roussanne et de savagnin macère 101 jours sur ses peaux, raisin égrappé. Il en tire une robe ambrée, un nez de rose et de miel, et une légère amertume en finale. Il est mis en bouteille sans sulfites ajoutés ni filtration.
Mondeuse passerillée en cagettes et rouges élevés en fût
La mondeuse se décline en deux cuvées. Pour Malabar Princess, les grappes récoltées en cagettes sèchent huit jours avant une macération carbonique de dix jours, puis douze mois de fût. Le vin sent la fraise, la cerise et le clou de girofle. Les Étourneaux, autre mondeuse passerillée, évoque la framboise, le poivre blanc et la violette.
Les autres rouges passent tous par le fût de chêne. Le persan y reste huit mois et donne un vin sombre, riche en fruits noirs. Le pinot noir est vinifié pour moitié en grappes entières. Melting-pot réunit merlot, gamay et vieux cépages rouges.

Méthode traditionnelle, ancestrale et pét’nat de mondeuse
Les bulles occupent une bonne part de la gamme. Le brut tradition et le brut nature assemblent chardonnay, aligoté et mondeuse à parts égales, en méthode traditionnelle et sans ajout de soufre.
La Vie en Rose, deux tiers de gamay et un tiers de mondeuse, suit la méthode ancestrale et ne titre que 8 %. Pét’ Nat Power, à 90 % mondeuse, est un rosé pétillant sec, sans sulfites ajoutés ni filtration, aux arômes de framboise et de groseille.
Bouteilles sans capsule et caveau à Perrozan
Des étiquettes qui se décollent à l’eau chaude
La démarche du domaine va au-delà de la vigne. Les bouteilles ne sont plus capsulées, pour limiter les déchets. La famille met aussi en place un système de lavage et de réemploi des bouteilles.
Pour que le verre puisse resservir, les étiquettes ont été conçues pour se décoller à l’eau chaude. Le système est en cours de mise en place.
Dégustations et visites pédagogiques au domaine
Le domaine reçoit au caveau, à Perrozan, sur la commune de Saint-Sorlin-en-Bugey. Il propose la dégustation de ses vins, réservée aux personnes majeures, ainsi que des visites pédagogiques. Le Bugey porte par ailleurs le label Vignobles & Découvertes.

L’adresse sert aussi de lieu de vente aux particuliers. On peut y goûter côte à côte une altesse de coteau, une mondeuse passerillée et les blancs de cépages oubliés.
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