Château Lacapelle Cabanac - Le château et ses vignes sur le causse

Château Lacapelle Cabanac

Région viticole

Région viticole

Sud-Ouest

Bio
Sommaire

Deux néovignerons sur le causse de Lacapelle-Cabanac

2001, un domaine trentenaire change de mains

Le Château Lacapelle Cabanac produit des vins bio d’appellation Cahors sur le causse qui domine la vallée du Lot. Thierry Simon et Philippe Vérax le conduisent depuis 2001. Avant de devenir vignerons, ils venaient du monde de l’informatique et du marketing.

Ils ne sont pas partis de rien. En 2001, ils ont été séduits par un domaine trentenaire, qui avait déjà signé de jolies cuvées. Leur projet tenait en une phrase : créer le vin de leurs rêves tout en respectant l’environnement. La propriété est exploitée par la SCEA Château de Lacapelle, dont ils sont tous deux gérants.

Château Lacapelle Cabanac - Les deux vignerons du domaine
Thierry Simon et Philippe Vérax ont repris le château en 2001.

Un chai du XVIIIe siècle retrouvé sous la friche

L’histoire viticole du lieu remonte bien plus loin. En 1978, l’ancien propriétaire du château restaure un bâtiment envahi par la friche pour y installer des cuves. Les travaux mettent au jour une construction étonnante : un bâti de pierres voûtées, parcouru de rigoles dans sa partie haute.

Ce sont les vestiges d’un chai du XVIIIe siècle. En haut, le raisin était foulé aux pieds. Le jus s’écoulait ensuite par les entailles jusqu’aux barriques posées au sol.

Le Cahors remonté sur son terroir d’origine

Les hauteurs oubliées après le phylloxéra

Le domaine raconte son terroir par un retour en arrière. Les hauteurs qui dominent la vallée du Lot donnaient autrefois un vin réputé jusqu’aux Amériques. Un vin noir comme de l’encre, musculeux, savoureux. Le phylloxéra l’a détruit il y a un siècle, et le malbec a été replanté sur les sols plus fertiles d’en bas.

Une poignée de vignerons est ensuite repartie à la reconquête de ces terres oubliées. Au château, sur le causse argilo-calcaire, le Cahors a retrouvé son terroir d’origine, disent ses vignerons.

Des pierrailles calcaires sur argiles du Kimméridgien

Les vignes poussent sur des pierrailles calcaires enrobées d’argiles de décalcification datant du Kimméridgien. Loin de la rivière, ce sol draine bien. Pour capter l’eau, la vigne doit plonger ses racines dans les fissures du sous-sol. Les rendements restent donc naturellement peu élevés.

300 mètres d’altitude et vent d’Autan

Le vignoble se trouve à environ 300 mètres d’altitude. Son climat diffère de celui de la vallée du Lot : plus sec, avec des nuits plus fraîches. L’écart de température entre le jour et la nuit y est plus prononcé, et les baies mûrissent plus tard. Il en sort des vins à la texture fine, avec un très beau potentiel aromatique.

À l’automne souffle le vent d’Autan, chaud et sec, venu du sud-est. Il permet au vigneron d’attendre la maturité complète du raisin sans craindre les pluies venues de l’Atlantique.

Château Lacapelle Cabanac - Travail dans les rangs de vigne
Le vignoble se travaille sur le causse, à environ 300 mètres d’altitude.

Une AOC de malbec partagée entre vallée et causses

Des rouges seulement, depuis 1971

L’AOC Cahors a été créée en 1971. Elle est réservée aux vins rouges élaborés à partir de malbec, qui doit représenter au moins 70 % de l’assemblage. Le cahier des charges autorise deux cépages accessoires, le merlot et le tannat.

En 2020, l’appellation comptait 3 323 hectares plantés, sur une aire de 21 700 hectares répartie entre 45 communes du Lot. Peu utilisé en France en dehors du Lot, le malbec donne au cahors sa robe sombre aux nuances violettes. Avec les années, elle évolue vers le grenat puis le rouge brique.

Quatre dixièmes du vignoble sur les causses

Le vignoble de Cahors repose sur deux familles de terroirs. Environ 60 % des vignes occupent les terrasses que le Lot a modelées dans sa vallée. Les 40 % restants poussent sur les versants et plateaux calcaires, au-dessus de 250 mètres d’altitude.

Sur ces hauteurs, les sols sont faits de pierrailles enrobées d’argile. Sur les calcaires du Jurassique, ils sont peu épais et caillouteux. C’est alors la fissuration de la roche mère qui permet à la vigne de s’enraciner. Avec le même malbec, chaque terroir donne un profil de vin différent.

En bio depuis 2002, parcelle par parcelle

Une conversion lancée dès la fin 2001

La conversion a suivi de près la reprise. Dès la fin 2001, les deux associés passent en agriculture biologique les 19 hectares de la propriété. L’Agence Bio date leur premier engagement du 26 juillet 2002, et le domaine affiche depuis « Agriculture Biologique depuis 2002 ».

Le contrôle est assuré par Ecocert, sous le code FR-BIO-01. Le vignoble s’étend aujourd’hui sur près de 30 hectares. Les deux vignerons le présentent comme l’un des plus anciens domaines bio du Lot, et notent que leurs vins y ont gagné en régularité et en typicité.

Des cuves plus petites pour vinifier par parcelle

Après la reprise, le chai a été rénové. Les associés ont acquis des cuves de dimensions plus modestes, pour mener une vinification parcellaire. Le domaine compte aujourd’hui un chai de vinification et un chai de vieillissement.

À côté du malbec, le merlot, cépage roi du saint-émilion et du pomerol, représente moins de 10 % de l’encépagement. Il sert à enrichir la palette aromatique des vins.

Des cahors de causse, du fruit au fût puis au béton

Un malbec dense, taillé pour la garde

Le malbec donne au cahors une bouche dense, avec une puissance tannique qui lui confère une grande aptitude au vieillissement. Ses arômes vont des fruits noirs à la violette, en passant par la réglisse. Avec le temps, ils évoluent vers des flaveurs automnales.

Le domaine a d’abord bâti une gamme allant des vins fruités et veloutés aux cahors de grande concentration. Le Tradition assemble 80 % de malbec et 20 % de merlot. Il recherche un fruité intense sans négliger la garde, avec un nez de fruits noirs, de mûre et de cerise.

Château Lacapelle Cabanac - Un verre de Cahors
Le Malbec du causse, plus frais que celui des terrasses.

Prestige et Malbec XL, le temps du bois

Le Prestige, à 90 % de malbec, se veut concentré et finement boisé, à découvrir avec le temps. Son nez mêle fruits noirs, pruneau et cerise à l’eau-de-vie. Le Malbec XL, pur malbec, est un cahors de grande concentration élevé en fûts de chêne neufs. Au premier nez, un boisé fin se mêle aux épices, puis viennent les fruits très mûrs.

Le Guide Hachette des vins a retenu ces cuvées à plusieurs reprises. Il a accordé une étoile au Malbec XL 2010 dans son édition 2014. Du XL 2016, il notait dans l’édition 2020 une grande tension, portant loin la finale, et le jugeait proche du coup de cœur.

Malbec Original, le retour à l’élevage à l’ancienne

Après les fûts neufs, les deux vignerons sont revenus à l’élevage à l’ancienne. Malbec Original en est la traduction. Pur malbec, il naît d’une vendange de grande maturité et s’élève sur lies fines en cuve béton, sans passage en bois.

Dès les premières heures de fermentation, ses jus présentent de fortes notes épicées. Au nez, on retrouve les épices, le cassis et la violette. La bouche offre une belle mâche de fruits noirs et beaucoup de longueur. Pour le domaine, c’est la plus belle expression de son terroir.

Le NoSo2 est vinifié et élevé de façon traditionnelle, avec le moins d’intervention possible. Il ne reçoit aucun apport de soufre pendant son élevage en cuve béton. La vendange est triée à la main, et la vinification reste douce pour ne pas surextraire. Ce cahors, à 90 % de malbec, développe des arômes de fruits très mûrs et des tanins soyeux.

Un savagnin et un grenache hors appellation

À côté des cahors, le domaine produit des vins en Vin de France. Le Blanc assemble du chardonnay et quelques grappes de viognier, pour un vin blanc sec et minéral. Ca va ? sort franchement du cadre : c’est un savagnin à 100 %, vinifié en blanc sec.

Son nez, très ouvert, évoque les fruits à chair blanche, la pêche, la confiture de coing, la nèfle et l’ananas. En bouche, l’attaque est franche, avec une belle fraîcheur. Côté rouge, Grenache Seulement est un vin de France à 100 % grenache noir, aux fruits rouges et aux notes épicées.

Passer au château, du causse à la cave

Dégustation, cave et vignoble

Le domaine reçoit pour la dégustation, la visite de la cave et celle du vignoble. Le week-end et les jours fériés, la visite se fait sur rendez-vous : mieux vaut téléphoner avant de passer. Le château vend aussi à la propriété du miel, des alcools et de l’huile essentielle de lavande.

Membre des Vignerons Indépendants, Lacapelle Cabanac porte aussi le label Vignobles & Découvertes. Sa boutique propose un marc de malbec, à côté des vins.

Groupes, enfants et camping-cars

Le château accueille les groupes et dispose d’un parking pour autocars. Les enfants bénéficient d’un accueil spécifique, avec des jeux, et les animaux sont acceptés. La visite peut se faire en anglais, et le lieu est accessible aux personnes handicapées.

Les camping-caristes sont aussi les bienvenus. La gare la plus proche, celle de Fumel, se trouve à 13 kilomètres.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine