Château Lacapelle Cabanac
Sommaire
- Deux néovignerons sur le causse de Lacapelle-Cabanac
- 2001, un domaine trentenaire change de mains
- Un chai du XVIIIe siècle retrouvé sous la friche
- Le Cahors remonté sur son terroir d’origine
- Les hauteurs oubliées après le phylloxéra
- Des pierrailles calcaires sur argiles du Kimméridgien
- 300 mètres d’altitude et vent d’Autan
- Une AOC de malbec partagée entre vallée et causses
- Des rouges seulement, depuis 1971
- Quatre dixièmes du vignoble sur les causses
- En bio depuis 2002, parcelle par parcelle
- Une conversion lancée dès la fin 2001
- Des cuves plus petites pour vinifier par parcelle
- Des cahors de causse, du fruit au fût puis au béton
- Un malbec dense, taillé pour la garde
- Prestige et Malbec XL, le temps du bois
- Malbec Original, le retour à l’élevage à l’ancienne
- Un savagnin et un grenache hors appellation
- Passer au château, du causse à la cave
- Dégustation, cave et vignoble
- Groupes, enfants et camping-cars
Deux néovignerons sur le causse de Lacapelle-Cabanac
2001, un domaine trentenaire change de mains
Le Château Lacapelle Cabanac produit des vins bio d’appellation Cahors sur le causse qui domine la vallée du Lot. Thierry Simon et Philippe Vérax le conduisent depuis 2001. Avant de devenir vignerons, ils venaient du monde de l’informatique et du marketing.
Ils ne sont pas partis de rien. En 2001, ils ont été séduits par un domaine trentenaire, qui avait déjà signé de jolies cuvées. Leur projet tenait en une phrase : créer le vin de leurs rêves tout en respectant l’environnement. La propriété est exploitée par la SCEA Château de Lacapelle, dont ils sont tous deux gérants.

Un chai du XVIIIe siècle retrouvé sous la friche
L’histoire viticole du lieu remonte bien plus loin. En 1978, l’ancien propriétaire du château restaure un bâtiment envahi par la friche pour y installer des cuves. Les travaux mettent au jour une construction étonnante : un bâti de pierres voûtées, parcouru de rigoles dans sa partie haute.
Ce sont les vestiges d’un chai du XVIIIe siècle. En haut, le raisin était foulé aux pieds. Le jus s’écoulait ensuite par les entailles jusqu’aux barriques posées au sol.
Le Cahors remonté sur son terroir d’origine
Les hauteurs oubliées après le phylloxéra
Le domaine raconte son terroir par un retour en arrière. Les hauteurs qui dominent la vallée du Lot donnaient autrefois un vin réputé jusqu’aux Amériques. Un vin noir comme de l’encre, musculeux, savoureux. Le phylloxéra l’a détruit il y a un siècle, et le malbec a été replanté sur les sols plus fertiles d’en bas.
Une poignée de vignerons est ensuite repartie à la reconquête de ces terres oubliées. Au château, sur le causse argilo-calcaire, le Cahors a retrouvé son terroir d’origine, disent ses vignerons.
Des pierrailles calcaires sur argiles du Kimméridgien
Les vignes poussent sur des pierrailles calcaires enrobées d’argiles de décalcification datant du Kimméridgien. Loin de la rivière, ce sol draine bien. Pour capter l’eau, la vigne doit plonger ses racines dans les fissures du sous-sol. Les rendements restent donc naturellement peu élevés.
300 mètres d’altitude et vent d’Autan
Le vignoble se trouve à environ 300 mètres d’altitude. Son climat diffère de celui de la vallée du Lot : plus sec, avec des nuits plus fraîches. L’écart de température entre le jour et la nuit y est plus prononcé, et les baies mûrissent plus tard. Il en sort des vins à la texture fine, avec un très beau potentiel aromatique.
À l’automne souffle le vent d’Autan, chaud et sec, venu du sud-est. Il permet au vigneron d’attendre la maturité complète du raisin sans craindre les pluies venues de l’Atlantique.

Une AOC de malbec partagée entre vallée et causses
Des rouges seulement, depuis 1971
L’AOC Cahors a été créée en 1971. Elle est réservée aux vins rouges élaborés à partir de malbec, qui doit représenter au moins 70 % de l’assemblage. Le cahier des charges autorise deux cépages accessoires, le merlot et le tannat.
En 2020, l’appellation comptait 3 323 hectares plantés, sur une aire de 21 700 hectares répartie entre 45 communes du Lot. Peu utilisé en France en dehors du Lot, le malbec donne au cahors sa robe sombre aux nuances violettes. Avec les années, elle évolue vers le grenat puis le rouge brique.
Quatre dixièmes du vignoble sur les causses
Le vignoble de Cahors repose sur deux familles de terroirs. Environ 60 % des vignes occupent les terrasses que le Lot a modelées dans sa vallée. Les 40 % restants poussent sur les versants et plateaux calcaires, au-dessus de 250 mètres d’altitude.
Sur ces hauteurs, les sols sont faits de pierrailles enrobées d’argile. Sur les calcaires du Jurassique, ils sont peu épais et caillouteux. C’est alors la fissuration de la roche mère qui permet à la vigne de s’enraciner. Avec le même malbec, chaque terroir donne un profil de vin différent.
En bio depuis 2002, parcelle par parcelle
Une conversion lancée dès la fin 2001
La conversion a suivi de près la reprise. Dès la fin 2001, les deux associés passent en agriculture biologique les 19 hectares de la propriété. L’Agence Bio date leur premier engagement du 26 juillet 2002, et le domaine affiche depuis « Agriculture Biologique depuis 2002 ».
Le contrôle est assuré par Ecocert, sous le code FR-BIO-01. Le vignoble s’étend aujourd’hui sur près de 30 hectares. Les deux vignerons le présentent comme l’un des plus anciens domaines bio du Lot, et notent que leurs vins y ont gagné en régularité et en typicité.
Des cuves plus petites pour vinifier par parcelle
Après la reprise, le chai a été rénové. Les associés ont acquis des cuves de dimensions plus modestes, pour mener une vinification parcellaire. Le domaine compte aujourd’hui un chai de vinification et un chai de vieillissement.
À côté du malbec, le merlot, cépage roi du saint-émilion et du pomerol, représente moins de 10 % de l’encépagement. Il sert à enrichir la palette aromatique des vins.
Des cahors de causse, du fruit au fût puis au béton
Un malbec dense, taillé pour la garde
Le malbec donne au cahors une bouche dense, avec une puissance tannique qui lui confère une grande aptitude au vieillissement. Ses arômes vont des fruits noirs à la violette, en passant par la réglisse. Avec le temps, ils évoluent vers des flaveurs automnales.
Le domaine a d’abord bâti une gamme allant des vins fruités et veloutés aux cahors de grande concentration. Le Tradition assemble 80 % de malbec et 20 % de merlot. Il recherche un fruité intense sans négliger la garde, avec un nez de fruits noirs, de mûre et de cerise.

Prestige et Malbec XL, le temps du bois
Le Prestige, à 90 % de malbec, se veut concentré et finement boisé, à découvrir avec le temps. Son nez mêle fruits noirs, pruneau et cerise à l’eau-de-vie. Le Malbec XL, pur malbec, est un cahors de grande concentration élevé en fûts de chêne neufs. Au premier nez, un boisé fin se mêle aux épices, puis viennent les fruits très mûrs.
Le Guide Hachette des vins a retenu ces cuvées à plusieurs reprises. Il a accordé une étoile au Malbec XL 2010 dans son édition 2014. Du XL 2016, il notait dans l’édition 2020 une grande tension, portant loin la finale, et le jugeait proche du coup de cœur.
Malbec Original, le retour à l’élevage à l’ancienne
Après les fûts neufs, les deux vignerons sont revenus à l’élevage à l’ancienne. Malbec Original en est la traduction. Pur malbec, il naît d’une vendange de grande maturité et s’élève sur lies fines en cuve béton, sans passage en bois.
Dès les premières heures de fermentation, ses jus présentent de fortes notes épicées. Au nez, on retrouve les épices, le cassis et la violette. La bouche offre une belle mâche de fruits noirs et beaucoup de longueur. Pour le domaine, c’est la plus belle expression de son terroir.
Le NoSo2 est vinifié et élevé de façon traditionnelle, avec le moins d’intervention possible. Il ne reçoit aucun apport de soufre pendant son élevage en cuve béton. La vendange est triée à la main, et la vinification reste douce pour ne pas surextraire. Ce cahors, à 90 % de malbec, développe des arômes de fruits très mûrs et des tanins soyeux.
Un savagnin et un grenache hors appellation
À côté des cahors, le domaine produit des vins en Vin de France. Le Blanc assemble du chardonnay et quelques grappes de viognier, pour un vin blanc sec et minéral. Ca va ? sort franchement du cadre : c’est un savagnin à 100 %, vinifié en blanc sec.
Son nez, très ouvert, évoque les fruits à chair blanche, la pêche, la confiture de coing, la nèfle et l’ananas. En bouche, l’attaque est franche, avec une belle fraîcheur. Côté rouge, Grenache Seulement est un vin de France à 100 % grenache noir, aux fruits rouges et aux notes épicées.
Passer au château, du causse à la cave
Dégustation, cave et vignoble
Le domaine reçoit pour la dégustation, la visite de la cave et celle du vignoble. Le week-end et les jours fériés, la visite se fait sur rendez-vous : mieux vaut téléphoner avant de passer. Le château vend aussi à la propriété du miel, des alcools et de l’huile essentielle de lavande.
Membre des Vignerons Indépendants, Lacapelle Cabanac porte aussi le label Vignobles & Découvertes. Sa boutique propose un marc de malbec, à côté des vins.
Groupes, enfants et camping-cars
Le château accueille les groupes et dispose d’un parking pour autocars. Les enfants bénéficient d’un accueil spécifique, avec des jeux, et les animaux sont acceptés. La visite peut se faire en anglais, et le lieu est accessible aux personnes handicapées.
Les camping-caristes sont aussi les bienvenus. La gare la plus proche, celle de Fumel, se trouve à 13 kilomètres.
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