Mas del Périé - Le causse de Trespoux, sur les hauteurs de Cahors

Mas del Périé

Région viticole

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Sommaire

Trois sols sous le même Malbec, sur les hauteurs de Trespoux

La cinquième génération sur le causse

Le Mas del Périé est né en 2006, sur les plus hauts coteaux de l’appellation Cahors. Fabien Jouves vient d’une vieille famille paysanne du Causse. Cette année-là, il reprend l’exploitation de ses parents et devient la cinquième génération de vignerons. Ses vins sont bio depuis 2009 et biodynamiques, certifiés Demeter, depuis 2011.

Ses 23 hectares de vignes se trouvent tous sur la commune de Trespoux-Rassiels, dans le Lot. Le village se tient aux confins de l’appellation, sur des coteaux calcaires situés à 350 mètres d’altitude. Le Malbec, qu’on appelle aussi Cot, y est le cépage roi.

Mas del Périé - Les bâtiments du domaine à Trespoux-Rassiels
Le domaine, sur les plus hauts coteaux de l’appellation Cahors.

Kimméridgien, marne du Miocène et sidérolithique

Le domaine se situe à la jonction de deux mondes : les coteaux du Quercy et ceux de Cahors. Cette position a fait de la sélection parcellaire une évidence, pour montrer les différentes facettes du Malbec. Le domaine décrit trois terroirs géologiques.

Le Kimméridgien date du Jurassique supérieur, il y a environ 150 millions d’années. Il alterne marnes et calcaires marneux, truffés d’une petite huître en forme de virgule, l’Exogyra virgula. Pour le domaine, ce sol apporte finesse, fraîcheur et minéralité.

La marne brune du Miocène remonte à l’époque où une mer peu profonde s’avançait depuis l’Atlantique. Elle donne aux vins matière, densité et rondeur. Le sidérolithique, enfin, forme des sols acides souvent rougeâtres, semés de galets de quartz, posés sur les calcaires durs. Le domaine lui prête longueur et complexité, et sa charge en fer des notes épicées, presque poivrées.

Une cuvée pour chaque roche

Les vins de terroir du domaine sont pour l’essentiel issus de sélections parcellaires. Quatre Cahors de Malbec en montrent les sols, tous au sommet des coteaux :

  • Les Escures : calcaire kimméridgien affleurant, vignes de 25 ans en moyenne
  • La Roque : marne brune du Miocène, vignes de 35 ans
  • Les Acacias : calcaire sidérolithique à oxyde de fer, vignes de 40 ans
  • B763 : calcaire sidérolithique, vignes de 50 ans

Les quatre cuvées cuvent 30 jours, puis leurs élevages divergent. Les Escures passe six mois en cuve béton. La Roque reste douze mois en cuves tronconiques. B763 commence en cuves ovoïdes avant neuf mois de foudre, et Les Acacias séjourne 24 mois en foudre.

Cahors, une appellation de Malbec entre vallée et causses

Un rouge de Malbec depuis 1971

L’AOC Cahors a été créée en 1971. Elle est réservée aux vins rouges élaborés à partir de Malbec. Le Tannat et le Merlot y sont admis en appoint. Mais le Malbec doit peser au moins 70 % de l’assemblage.

L’aire délimitée couvre 21 700 hectares sur 45 communes du Lot. En 2020, la vigne en occupait 3 323 hectares.

Trespoux, du côté des causses

Le vignoble de Cahors se partage entre deux grands types de terroirs. Dans la vallée du Lot, les terrasses alluviales portent environ 60 % des vignes. Au-dessus de 250 mètres commencent les causses, versants et plateaux calcaires qui en abritent environ 40 %.

Le Mas del Périé appartient à ce second monde. Sur les causses, on distingue d’abord les calcaires du Jurassique et le plateau marno-calcaire de l’Oligocène et du Miocène. Très localement s’y ajoute un plateau rouge dit sidérolithique. Les trois se retrouvent dans les parcelles du domaine.

Ce qui sort en Vin de France

Tous les vins du domaine ne portent pas l’appellation. Les blancs et le vin orange sortent en Vin de France, puisque Cahors ne connaît que le rouge. C’est aussi le cas d’Autochtones, un rouge sans Malbec. Il assemble Jurançon Noir, Gibert, Valdiguié et Noual.

Bio depuis 2009, biodynamie depuis 2011

Ecocert, Demeter et Biodyvin

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 31 août 2009, sous le contrôle d’Ecocert. Tout y est conduit en bio : raisin de cuve, vins, mais aussi céréales, prairies et truffes. Depuis 2011, Fabien Jouves pratique la biodynamie, certifiée par Demeter. Le Mas del Périé figure aussi parmi les membres de Biodyvin.

Sur les fiches du domaine, les Cahors parcellaires, Autochtones et les vins de Chenin portent les mentions AB et Demeter. Haut Berba, né à Jurançon, est certifié AB et conduit en biodynamie. Les vins de soif affichent la seule certification AB.

La biodynamie reprend les pratiques du bio et y ajoute ses préparations. Ce sont la bouse de corne (500), la silice de corne (501) et le compost de bouse Maria Thun. Elle tient compte aussi des rythmes planétaires et stellaires. Le domaine écrit qu’elle a permis au vigneron de produire des vins singuliers, reflets de leurs terroirs d’origine.

Des vendanges à la main, un chai sans intrants

Les raisins sont vendangés à la main. Au chai, la vinification se fait naturellement, sans intrants œnologiques. Chaque vin mûrit ensuite dans le contenant qui lui convient : béton, fût, foudre ou amphore.

Les fiches techniques des Cahors parcellaires annoncent moins de 30 mg/L de soufre total. Haut Berba, un blanc élevé deux ans en foudre, est mis en bouteille sans sulfites ajoutés.

Mas del Périé - Raisins en cuve pendant les vinifications
Les vinifications se font sans intrants œnologiques.

Une ferme en polyculture autour des vignes

Les porcs noirs gascons de la Ferme du Tessou

Sur le causse, à quelques kilomètres de Cahors, Fabien Jouves et Éric Caillard élèvent des porcs noirs gascons. Le lieu s’appelle la Tessourière, « le lieu des cochons » en occitan. On y élève des porcs depuis l’époque napoléonienne.

La densité est de huit porcs à l’hectare. Les bêtes circulent librement sur des terrains vallonnés, sous les chênes pubescents, en plein air intégral. La ferme adhère à l’association nationale de sauvegarde du porc gascon. Toutes ses portées sont inscrites au livre généalogique.

Ruches, haies et arbres dans la vigne

Autrefois, sur les causses, des fruitiers, des murets et des haies séparaient les parcelles. Cet héritage a disparu avec l’agrandissement des exploitations. Le domaine a replanté de petites haies entre ses vignes. Il y ajoute des vergers de variétés anciennes, dans un esprit de conservatoire.

Il expérimente aussi la vitiforesterie face au réchauffement climatique. L’arbre y sert de parasol naturel à la vigne. De petites ruches entourent les vignes, les lavandes et les vergers. Elles améliorent la pollinisation des haies et donnent le miel du domaine.

Truffiers, lavandes et céréales

Les truffiers font partie de la région depuis des décennies. Ils se sont surtout répandus après le phylloxéra, quand beaucoup de vignes ont été abandonnées. Le domaine continue d’en planter sur des parcelles voisines de ses vignes. La truffe noire, Tuber melanosporum, mûrit dans ces terroirs calcaires.

Entre les arbres, la lavande revient, une plante autrefois cultivée sur les causses du Lot. Son ombre garde l’humidité du sol autour des truffiers. Sur les champs qui attendent d’être plantés en vigne poussent de l’orge et du blé. Ces céréales travaillent le sol et y développent la vie microbienne avant l’arrivée des ceps.

Un conservatoire des cépages du Quercy

Ces dernières années, le vignoble local s’est diversifié avec des cépages plus ou moins exotiques. Le Mas del Périé veut revenir au vignoble d’origine. Il replante par sélection massale des cépages autochtones : Jurançon Noir, Valdiguié, Gibert, Noual et Malbec. Ils retrouvent les vieux coteaux pentus où la vigne poussait avant le phylloxéra.

Le domaine entretient aussi un conservatoire où il fait perdurer ces cépages. On peut le visiter lors de certaines dégustations.

Des Malbecs à 11,5 % et des chenins salins

Des rouges de terroir sur le fruit noir et la fleur

Sur leurs derniers millésimes, les quatre Cahors parcellaires titrent 11,5 %. Le domaine y cherche finesse, sapidité et un grain de tanins singulier. Il les destine à la table ou à la garde.

Les Escures joue le fruit mûr et juteux, la floralité du Malbec et une finale minérale sur le graphite. La Roque, sur la marne, offre une bouche dense de petits fruits noirs. Une pointe florale et épicée apparaît en finale. B763 s’ouvre sur le poivre noir et les épices douces, avec des tanins serrés mais juteux. Le domaine lui prête vingt ans de garde.

À l’aveugle, La Roque a déjà trompé son monde. À la Villa Malbec de Cahors, la plupart des participants d’une dégustation l’ont prise pour un Côtes du Roussillon. L’animatrice y voyait l’effet de la biodynamie et des vendanges en vert : des vins bien différents des Cahors classiques.

Chenin du kimméridgien et Orange Voilée

Le domaine cultive aussi du Chenin sur le calcaire kimméridgien affleurant. Il en tire Les Pièces Longues, devenue la signature de ses blancs. Le raisin est pressé en grappes entières, fermenté en foudres, puis élevé douze mois en foudres et barriques. Il donne des chenins floraux, sur les fruits à chair blanche, portés par une bouche fraîche et saline.

Le même Chenin devient vin orange avec Orange Voilée. Les raisins égrappés macèrent un an sous marc, puis le vin passe douze mois en amphores de 800 litres. Il mêle agrumes, écorce d’orange et épices douces, avec de jolis amers en finale.

Les vins de printemps

À côté des parcellaires, le domaine produit des vins de soif, qu’il appelle aussi vins de printemps. Ils se veulent faciles mais équilibrés, légers en alcool et en structure. Les élevages y sont courts, en inox ou en béton. Les rouges passent par la macération carbonique, et la mise en bouteille se fait jeune, pour garder le fruit.

Tu Vin Plus aux Soirées assemble Malbec, Merlot et Cinsault vinifiés en grappes entières. Groin Groin réunit Gibert et Noual à 9 %. Skin Contact fait macérer un mois du Gros Manseng, de l’Ugni blanc et du Muscat d’Alexandrie.

Haut Berba, un pas de côté à Jurançon

Fabien Jouves a connu Vincent Mayzounave, vigneron à Jurançon du côté de Monein, pendant leur BTS viticulture-œnologie. Ensemble, ils ont créé Haut Berba, un Vin de France né sur les coteaux de Jurançon. Le premier millésime date de 2018. Le vin assemble Petit et Gros Manseng de 40 ans et s’élève 24 mois en foudres.

Mas del Périé - La gamme des cuvées du domaine
Plus de quinze cuvées, des vins de soif aux vins de terroir.

Déguster et dormir au Mas del Périé

Des dégustations sur rendez-vous

Le domaine reçoit toute l’année, sur rendez-vous seulement. La formule simple fait goûter cinq vins pour comprendre le vignoble. Une formule plus longue commente toute la gamme et fait visiter les chais et le conservatoire de cépages. Les charcuteries de la Ferme du Tessou l’accompagnent.

Le dossier de presse du domaine recense ses parutions depuis 2011. On y trouve la Revue du vin de France, le Guide Bettane et Desseauve, le Guide Hachette ou Decanter.

Une Tiny House sous la parcelle du Périé

Pour rester une nuit, le domaine loue une Tiny House. Elle se trouve à 500 mètres du chai, en contrebas de la parcelle qui a donné son nom au domaine. Elle surplombe la vallée, sur les causses du Quercy.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

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