Château Moulin Pey-Labrie - Vendangeurs dans le coteau de vigne, sous une ligne de cyprès

Château Moulin Pey-Labrie

  • Bordeaux

    Région viticole

  • 6,8ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2010

Sommaire

Un vieux moulin au sommet d’une arête calcaire

Le Château Moulin Pey-Labrie produit un vin bio en appellation Canon-Fronsac, sur la rive droite bordelaise. Bénédicte et Grégoire Hubau le conduisent depuis 1988. Leurs vignes entourent un moulin du XIIe siècle, posé au sommet d’une arête calcaire qui domine le paysage alentour.

Moulin, Pey et Labrie : un nom qui décrit le lieu

Le nom du château se lit comme une adresse. Le moulin domine le vignoble, « pey » désigne le haut du coteau, et Labrie est le nom du lieu-dit. À ne pas confondre avec le Château Pey Labrie, une autre propriété de Canon-Fronsac.

La tour de pierre se dresse toujours au bord du chemin, une plaque au nom du château fixée sur sa façade. Le logo du domaine en reprend la silhouette, dessinée au-dessus des rangs de vigne.

Château Moulin Pey-Labrie - La tour en pierre du vieux moulin, avec la plaque au nom du château
La tour du vieux moulin, qui a donné son nom au château.

6,75 hectares à flanc de coteau

La propriété compte 6,75 hectares à flanc de coteaux argilo-calcaires sur molasse. L’encépagement tient en deux chiffres : 95 % de merlot et 5 % de malbec. Les vignes du vin principal ont en moyenne 65 ans. Les plus vieux merlots, plus que centenaires, sont réservés à la Cuvée Bénédicte.

Cette pointe de malbec renvoie à une époque plus ancienne. Au début du XXe siècle, le cépage dominait encore les assemblages de Canon-Fronsac. L’appellation repose aujourd’hui sur le merlot, souvent associé au cabernet franc et au cabernet-sauvignon.

Canon-Fronsac, 270 hectares autour du tertre

L’appellation doit son identité au tertre de Canon, un promontoire rocheux de 61 mètres qui domine la rive droite de la Dordogne, au confluent avec l’Isle. Reconnue en 1939 sous le nom de Côtes de Canon Fronsac, elle porte son nom actuel depuis 1964.

Le vignoble couvre 270 hectares, partagés entre une cinquantaine d’exploitations de 6 hectares en moyenne. Avec ses 6,75 hectares, Moulin Pey-Labrie se situe juste au-dessus de la moyenne de l’appellation. Les coteaux pentus et la proximité des deux rivières protègent les vignes du gel.

De la plaine picarde aux coteaux de Fronsac

Trois ans de recherche, puis trois jours avant les vendanges

Grégoire Hubau était agriculteur dans l’Aisne, sur les plaines céréalières du Nord. Bénédicte était informaticienne. Le couple a quitté la Picardie pour trouver un grand terroir, et cherché pendant trois ans un vignoble de caractère. Les visites et les rencontres l’ont mené à Moulin Pey-Labrie.

Bénédicte et Grégoire arrivent en 1988, trois jours avant les vendanges. Leur premier millésime tient de la formation accélérée, sur et dans les cuves. L’œnologue Michel Rolland passe alors chaque soir, en voisin, pour guider leurs premiers pas.

Château Moulin Pey-Labrie - Portrait de Bénédicte et Grégoire Hubau, vignerons à Fronsac
Bénédicte et Grégoire Hubau, vignerons à Fronsac depuis 1988.

Haut-Lariveau et les Combes-Canon, une seconde propriété

Une fois Moulin Pey-Labrie remis en route, les Hubau reprennent deux petits vignobles : Haut-Lariveau, 4,5 hectares, et les Combes-Canon, 3,5 hectares. Ensemble, ils forment une seconde propriété, conduite à part depuis Saint-Michel-de-Fronsac. Au total, le couple cultive une quinzaine d’hectares.

Haut-Lariveau a lui aussi une longue histoire. Son manoir jouxtait l’hôpital de La Riveau, fondé au XIIe siècle par les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Le vin qui en sort porte l’appellation Fronsac.

En agriculture biologique depuis 2010

Les deux exploitations sont engagées en agriculture biologique depuis 2010, sous le contrôle d’Ecocert. La certification couvre le raisin comme le vin. Le millésime 2010 a ainsi été récolté pendant la conversion du vignoble.

Merlot, caissettes et cuves de petit volume

Une vendange à la main, à pleine maturité

Toutes les cuvées sont vendangées à la main, à pleine maturité. Les vendangeurs remplissent leurs seaux au pied des ceps, puis les grappes partent au chai en caissettes. Là, les raisins sont entièrement éraflés avant la mise en cuve.

Château Moulin Pey-Labrie - Caisse de raisins fraîchement cueillis, vendangeurs dans la pente
Une caisse pleine en bas du rang, pendant que l’équipe coupe dans la pente.

Un cuvier où chaque parcelle a sa cuve

Le vin principal cuve longuement dans des cuves de petit volume, équipées d’une régulation des températures. Les vinifications se font par parcelle. La cuvaison dure environ trois semaines pour les fronsacs et quatre pour la Cuvée Bénédicte. Le cabinet AC. D. Conseils accompagne le domaine comme œnologue conseil.

Un élevage réglé étiquette par étiquette

L’élevage change beaucoup d’un vin à l’autre. Le Moulin Pey-Labrie passe en barriques, dont 30 à 50 % de neuves. La Cuvée Bénédicte reste 24 à 36 mois en barriques entièrement neuves. Haut-Lariveau reçoit 25 % de bois neuf, pendant 12 à 18 mois.

À l’autre bout de la gamme, la cuvée Piverts est élevée sans soufre, douze mois en cuve. Le rosé, La Rose du Meunier, naît d’une saignée après 18 à 24 heures de macération. Sa fermentation malolactique n’est pas faite, et il s’élève en cuve pour préserver ses arômes de fruits frais.

Des vins de garde et des vins de fruit

Moulin Pey-Labrie et la Cuvée Bénédicte, le versant Canon-Fronsac

Le Château Moulin Pey-Labrie est le vin de garde de la maison. Le domaine lui prête « un style tout en race », marqué par son terroir minéral. Selon les millésimes, on y trouve des fruits noirs ou rouges, des épices, une pointe de réglisse et des tanins fermes qui demandent quelques années de cave.

La Cuvée Bénédicte en est la sélection la plus rare : du merlot de vignes centenaires, une cinquantaine de caisses par millésime. Le domaine la présente comme « la quintessence de Moulin Pey-Labrie ». Il en garde des millésimes anciens, 1998, 2000 et 2009.

Haut-Lariveau, Château Moulin et Piverts, des fronsacs à boire plus tôt

Les trois fronsacs de la maison mettent le fruit en avant. Haut-Lariveau, pur merlot de vignes de 60 ans, joue la rondeur et la gourmandise. Le Château Moulin, issu de merlots plantés en pied de coteau, se boit jeune pour sa fraîcheur. La cuvée Piverts, sans soufre, va plus loin dans la légèreté.

La Rose du Meunier complète la gamme. C’est un rosé de merlot en Vin de France, pensé comme un vin de soif pour l’été.

Un habitué du Guide Hachette

Le Guide Hachette retient régulièrement les vins du domaine depuis son édition 2001. L’édition 2008 a donné deux étoiles au Moulin Pey-Labrie 2004. Plus récemment, le 2016 a reçu une étoile dans l’édition 2020, et le Château Haut-Lariveau 2021 une étoile dans l’édition 2025.

Déguster à la propriété

Bénédicte et Grégoire Hubau reçoivent à la propriété, à Fronsac, où l’on peut déguster et acheter les vins. Aux vendanges 2022, toute l’équipe a posé devant le chai peint au nom du château.

Château Moulin Pey-Labrie - L’équipe des vendanges réunie devant le chai au nom du château
L’équipe des vendanges 2022 devant le chai du château.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château de Ferrand

    Le Château de Ferrand, grand cru classé de Saint-Émilion, cultive 32 hectares sur le plateau de Saint-Hippolyte, vers 100 mètres d’altitude. Fondé en 1702 par l’avocat poète Elie de Bétoulaud, il appartient depuis 1978 à la famille du baron Marcel Bich, fondateur de BIC. Sans herbicide depuis plus de quinze ans, il signe avec le 2024 son premier millésime certifié bio. Merlot et cabernet franc y passent trois tris puis 14 à 18 mois en barriques, dans un château repensé par Patrick Jouin et Sanjit Manku.

  • Château de Cassana

    Le Château de Cassana cultive 2 hectares de vignes de 45 ans sur les croupes de graves de Saint-Sauveur, en appellation Haut-Médoc. Ses vignerons, des néo-vignerons dont c’est la troisième reconversion, en tirent 8 500 bouteilles d’un vin rouge au nom du château. L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis juillet 2024, sous le contrôle d’Ecocert, et ses raisins sont en conversion. Le chai se visite sur réservation, et un gîte avec piscine reçoit les visiteurs entre vignes et bois.

  • Château Bourdieu

    Le Château Bourdieu élève des vins rouges en AOC Blaye Côtes de Bordeaux à Berson, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde. Bâti en 1464, il appartient depuis 1993 à la famille Schweitzer : Luc et ses fils, Richard et Ludovic. Engagé en bio chez Ecocert en 2020, le vignoble à dominante de merlot donne quatre cuvées, jusqu’à Absolu, tirée de 7 à 8 hectares choisis. Le Château Bourdieu 2016 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette des vins, édition 2019.

  • Château Haut-Bages Libéral

    Le Château Haut-Bages Libéral est un cinquième grand cru classé en 1855 de Pauillac, dont les 30 hectares regardent l’estuaire de la Gironde. Certifié bio en 2019 puis Demeter en 2021, il a planté 700 arbres dans ses vignes et 10 000 mètres de haies. Claire Villars-Lurton, à sa tête depuis 2000, a été nommée vigneronne de l’année 2024 par La Revue du vin de France. Son grand vin, surtout cabernet sauvignon, s’élève en barriques, cuves diamants, amphores et jarres de porcelaine.

  • Château de Parenchère

    À Ligueux, aux confins de la Gironde et de la Dordogne, le Château de Parenchère cultive 60 hectares de vignes au sein d’un domaine de 188 hectares d’un seul tenant. Replanté par la famille Gazaniol à partir de 1958, il appartient depuis 2005 au Suédois Per Landin, avec l’œnologue Richard Curty à sa direction. Certifié HVE depuis 2012, le vignoble porte le label agriculture biologique depuis fin 2024. Ses sept vins vont du Bordeaux Clairet au Bordeaux Supérieur, dont la Cuvée Raphaël, deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château Grand Corbin-Despagne

    Au nord de Saint-Émilion, à la limite de Pomerol, la famille Despagne cultive le lieu-dit Grand Corbin depuis 1812, et François Despagne en représente la septième génération depuis 1996. Ce grand cru classé de 28,79 hectares, découpé en 53 parcelles après l’étude de 150 fosses, est planté aux trois quarts de merlot. Jamais désherbé, le vignoble est entièrement en bio depuis 2010 et certifié Biodyvin depuis le millésime 2024. Le grand vin et son second, Petit Corbin-Despagne, sont mis en bouteille 21 mois après la récolte.

  • Château Marquisat La Pérouse

    Le Château Marquisat La Pérouse cultive 10 hectares de vignes sur un domaine de 13 hectares d’un seul tenant à Berson, dans le Blayais. Repris en 2011, il est en biodynamie depuis 2013, certifié Demeter et bio par Ecocert. Engrais verts, haies et ruminants remplacent engrais et insecticides, et le chai travaille sans pompe, avec les levures indigènes. Le merlot mène les rouges en Bordeaux supérieur, Blaye Côtes de Bordeaux et Blaye, à côté d’un sauvignon et d’un crémant rosé.

  • Château Nodot

    Le Château Nodot cultive 8 hectares de vignes en biodynamie certifiée Demeter à Saint-Christoly-de-Blaye, en appellation Blaye Côtes de Bordeaux. Jessica Aubert, onzième génération d’une famille installée ici depuis 1760, a pris en 2010 la suite de ses parents médecins, déjà en bio. Autour des rangs, 13 hectares de prairies sauvages ont valu au domaine le Trophée Or Faune et Flore de Bordeaux Vignoble Engagé en 2020. Sa gamme en micro-cuvées va du sauvignon au cabernet sauvignon, jusqu’à l’Hypocras et au Saugé, deux vins de recettes médiévales.

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