Château Nodot - Orchidées sauvages en fleur dans les prairies du domaine

Château Nodot

  • Bordeaux

    Région viticole

  • 8ha

    Surface du vignoble

  • 1760

    Année de fondation

  • BioDemeter

    En bio depuis 2010

Sommaire

Onze générations sur les terres de Ravion

Le Château Nodot cultive 8 hectares de vignes à Saint-Christoly-de-Blaye, dans le Blayais, en appellation Blaye Côtes de Bordeaux. Ses vins sont certifiés bio par Ecocert et biodynamiques par Demeter. Jessica Aubert conduit la propriété, où 13 hectares de bosquets et de prairies fleuries restent à l’état sauvage autour des rangs.

Deux médecins, puis leur fille

La même famille vit ici et cultive la vigne depuis 1760. Jessica Aubert en représente la onzième génération. Avant elle, ses parents, Bernard et Florence Aubert, médecins de formation, ont mené le vignoble en agriculture biologique pendant des décennies. Leur métier les avait rendus attentifs aux effets des pesticides, et ils voulaient une viticulture qui ménage la santé de ceux qui boivent le vin.

Château Nodot - Bernard, Florence et Jessica Aubert devant le mur de vigne vierge, autour de l’enseigne du château
Bernard, Florence et Jessica Aubert, autour de l’enseigne du château.

Jessica s’investit sur la propriété à partir de 2008. Au salon Vinexpo, une dégustation de vins biodynamiques la frappe par leur énergie. En 2010, elle prend la tête du château et y introduit la biodynamie, certifiée depuis par Demeter. Son père reste présent : c’est lui qui raconte l’histoire locale aux visiteurs des soirées d’été.

Blaye Côtes de Bordeaux, en Haute Gironde

Le domaine se trouve au lieu-dit Ravion, sur la route qui relie Saint-Christoly-de-Blaye à Saint-Vivien-de-Blaye. Les rouges et les blancs secs sortent en Blaye Côtes de Bordeaux, l’appellation qui s’étend autour de Blaye et de sa citadelle. Le rosé, quelques blancs et les vins aromatisés sont classés en Vin de France.

Chaque printemps, les vignerons de l’appellation se retrouvent dans la citadelle bâtie par Vauban, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2008, pour le Printemps des vins de Blaye. Le Château Nodot y présente sa gamme. Le domaine est aussi labellisé Vignobles & Découvertes et adhère au réseau des Routes du vin de Bordeaux en Blaye et Bourg.

Huit hectares de vigne, treize hectares laissés à la faune

Le calendrier de Maria Thun et le dynamiseur

La biodynamie suit ici les préceptes de Rudolf Steiner et le calendrier lunaire et planétaire de Maria Thun. Le but, pour le domaine : réactiver la vie microbienne des sols et laisser parler le terroir. Les préparations sont brassées dans un dynamiseur, l’une des étapes de la visite. En été, la vigne étale sa végétation sans écimage.

Pas de labour profond. Un rang sur deux reçoit un simple griffage, l’autre garde un couvert de fleurs sauvages. Contre le mildiou et l’oïdium, Jessica Aubert compte sur les tisanes de plantes et les préparations biodynamiques. En 2012, une année de petites pluies fréquentes, le domaine a ainsi tenu les maladies à distance.

Un cheval dressé pour travailler sans mors

Jessica Aubert élève des chevaux, qui vivent dans les prairies du domaine. Elle en a dressé un par une méthode éthologique pour l’associer à certains travaux de la vigne. Il travaille en quasi-liberté, sans mors. Pour elle, ce travail s’inscrit dans le cercle vertueux de la biodynamie, qui favorise la vie du sol et la biodiversité.

Orchidées, mares et faucons : le trophée de 2020

Les 13 hectares de prairies ne reçoivent qu’un broyage d’entretien, au moment qui laisse fleurir les orchidées sauvages. Un réseau de 4 mares a été réaménagé, et les haies sauvages sont préservées ou réhabilitées. Au printemps, les coquelicots soulignent aussi les rangs de vigne.

Les bâtiments ont leurs habitants. Les hirondelles nichent dans les hangars, dont l’accès leur est ménagé. Chaque année, un nid de faucons crécerelles s’installe sous l’avant-toit du chai, des chouettes occupent le grenier et une famille de chauves-souris loge dans le chai-musée. Dans les vignes, lièvres et lapins sauvages s’abritent dans les sillons.

En septembre 2020, ce travail a valu au domaine le Trophée Or Faune et Flore du concours Bordeaux Vignoble Engagé, remis à la Cité mondiale du vin, à Bordeaux.

Un chai d’aujourd’hui, un chai de 1900

Macération à froid et barriques de chêne français

Au chai contemporain, les raisins rouges macèrent d’abord à basse température, entre 18 et 20 °C, pour retenir les arômes les plus volatils. La température monte ensuite pendant la fermentation alcoolique, afin d’extraire de la pellicule la couleur et des tanins fins. L’élevage passe par des barriques de chêne français, qui doivent équilibrer le bois et le fruit.

Les vins ne sont pas collés : aucune protéine animale ne sert à les clarifier, et ils conviennent donc à une alimentation végane. Le domaine annonce aussi une très faible teneur en sulfites. Côté bouchage, les blancs et le rosé reçoivent un bouchon en fibre de canne à sucre, biodégradable. Les rouges ferment avec un bouchon en liège technologique, choisi pour bien les faire vieillir.

Le vieux chai, resté en état de marche

Le vieux chai, plus que centenaire, est devenu un musée. Les générations s’y sont succédé, et il fonctionne toujours comme dans les années 1900, chaque pièce du matériel à sa place. La vigneronne s’en sert pour expliquer aux visiteurs comment on faisait le vin, avant de leur montrer comment elle le fait aujourd’hui.

Château Nodot - Les cuves en bois et le pressoir du chai-musée des années 1900
Le chai-musée, resté en état de marche depuis les années 1900.

Juste à côté, le musée de la viticulture réunit les outils à traction animale et les anciens tracteurs qui ont tous servi sur l’exploitation familiale. Les enfants s’arrêtent devant un tracteur de plus de soixante-dix ans et une grande charrette chargée de barriques.

Château Nodot - Charrues, roues de charrette et barriques du musée de la viticulture
Charrues et roues de charrette du musée de la viticulture. Photo Corinne Couette.

Une gamme large, vinifiée en micro-cuvées

Sur 8 hectares, Jessica Aubert a choisi de vinifier par petits lots. Elle l’explique par le plaisir de proposer une palette de saveurs, pour que chacun trouve le vin qui lui ressemble. La gamme compte ainsi des blancs secs, un rosé, deux effervescents, plusieurs rouges et trois vins de recettes médiévales.

Le sauvignon en blanc sec, en bulles et façon vin orange

Le sauvignon donne les blancs secs. Perle de Nodot, 100 % sauvignon, est rond et fruité, avec des nuances d’agrumes et de fleurs blanches. Velours, la cuvée la plus récente, s’inspire de la vinification des vins orange, avec plus de délicatesse pour garder le fruit d’un sauvignon bien mûr : ananas, pêche et notes de noix.

Les deux Festif sont des blancs de blancs de sauvignon élaborés en méthode traditionnelle. Le brut joue la vivacité et les agrumes, le demi-sec l’abricot et la pêche blanche. Le rosé, lui, naît du merlot et reste sur le fruit, pour l’apéritif ou les plats à base de tomate.

Merlot et cabernet sauvignon, de Tendresse à Éclat

Les rouges jouent sur la part de merlot et de cabernet sauvignon, et sur la vinification. Tendresse, 100 % merlot, reste souple et léger, sur la fraise et la groseille. Élégance (60 % merlot, 40 % cabernet sauvignon) marie les fruits rouges aux notes de chêne. Tradition (70 % merlot) vient des vignes de plus de 50 ans et montre plus de charpente, sur la mûre et le cassis.

Prestige assemble les deux cépages à parts égales, avec l’empreinte de la barrique. La Grande Réserve (80 % merlot) vieillit au domaine et n’est proposée qu’à son apogée, aux tanins tout en rondeur. Éclat, 100 % cabernet sauvignon, évoque la grenade et la canneberge.

Château Nodot - Bouteilles du domaine rangées entre les rayons d’une roue de charrette
Les bouteilles du domaine, rangées dans une roue de charrette.

Hypocras, Saugé et Claret, des recettes du Moyen Âge

L’Hypocras mêle sept épices orientales à un vin rouge fruité, et se sert frais. Le Saugé, couleur or, était bu au Moyen Âge en fin de repas pour faciliter la digestion. Il fait macérer de la sauge fraîche dans un vin blanc, avec du miel et une touche d’épices. Le Claret suit lui aussi une technique médiévale.

La sauge vient du jardin : l’exploitation est certifiée bio pour la sauge officinale et la sauge sclarée, comme pour ses vergers. Le domaine tire aussi des vinaigres de ses vins, élevés en barrique au contact d’une « mère ». L’un est parfumé aux fleurs d’aneth sauvage, un autre à l’ail des ours cueilli dans une prairie humide.

Une visite qui part du pied des vignes

Du dynamiseur à la table de dégustation

Jessica Aubert mène elle-même la visite. Elle commence dans les vignes, par une initiation à la biodynamie et aux travaux des saisons, puis s’arrête devant le dynamiseur. Le parcours traverse le musée de la viticulture et le chai-musée, et finit au chai contemporain, où l’on goûte la gamme, Hypocras et Saugé compris.

Château Nodot - Dégustation autour d’une table ronde dans le caveau aux murs de pierre
Dégustation dans le caveau aux murs de pierre.

Une seconde formule, sur réservation, accompagne chaque vin de verrines et de tapas, de l’apéritif au dessert. Jessica Aubert donne aussi des conférences sur la biodynamie pour des associations et des groupes. Elle crée enfin des étiquettes personnalisées pour les mariages, les baptêmes ou les cadeaux d’entreprise.

Soirées médiévales et nuit au bord des rangs

Bernard Aubert se passionne pour le Moyen Âge. L’été, le domaine organise des soirées médiévales : balade dans les vignes au fil de l’histoire locale, biodynamie racontée par Jessica, puis dîner de recettes anciennes au jardin. Il arrive qu’un duel à l’épée s’invite au repas.

Les camping-caristes peuvent aussi s’installer près des vignes pour la nuit. De là, ils voient le soleil se coucher sur le vignoble du Blayais.

Château Nodot - Halte de camping-car au bord des vignes, en fin de journée
Une halte en camping-car au bord des vignes.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château Moulin Pey-Labrie

    Le Château Moulin Pey-Labrie tient son nom d’un moulin du XIIe siècle dressé au sommet d’un coteau de Canon-Fronsac. Bénédicte et Grégoire Hubau, venus de Picardie, y ont signé leur premier millésime en 1988, trois jours après leur arrivée. Leurs 6,75 hectares d’argilo-calcaire sur molasse portent 95 % de merlot et une pointe de malbec, en bio depuis 2010. La gamme va de la Cuvée Bénédicte, née de vignes centenaires, aux fronsacs de Haut-Lariveau et à une cuvée sans soufre.

  • Château de Ferrand

    Le Château de Ferrand, grand cru classé de Saint-Émilion, cultive 32 hectares sur le plateau de Saint-Hippolyte, vers 100 mètres d’altitude. Fondé en 1702 par l’avocat poète Elie de Bétoulaud, il appartient depuis 1978 à la famille du baron Marcel Bich, fondateur de BIC. Sans herbicide depuis plus de quinze ans, il signe avec le 2024 son premier millésime certifié bio. Merlot et cabernet franc y passent trois tris puis 14 à 18 mois en barriques, dans un château repensé par Patrick Jouin et Sanjit Manku.

  • Château de Cassana

    Le Château de Cassana cultive 2 hectares de vignes de 45 ans sur les croupes de graves de Saint-Sauveur, en appellation Haut-Médoc. Ses vignerons, des néo-vignerons dont c’est la troisième reconversion, en tirent 8 500 bouteilles d’un vin rouge au nom du château. L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis juillet 2024, sous le contrôle d’Ecocert, et ses raisins sont en conversion. Le chai se visite sur réservation, et un gîte avec piscine reçoit les visiteurs entre vignes et bois.

  • Château Bourdieu

    Le Château Bourdieu élève des vins rouges en AOC Blaye Côtes de Bordeaux à Berson, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde. Bâti en 1464, il appartient depuis 1993 à la famille Schweitzer : Luc et ses fils, Richard et Ludovic. Engagé en bio chez Ecocert en 2020, le vignoble à dominante de merlot donne quatre cuvées, jusqu’à Absolu, tirée de 7 à 8 hectares choisis. Le Château Bourdieu 2016 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette des vins, édition 2019.

  • Château Haut-Bages Libéral

    Le Château Haut-Bages Libéral est un cinquième grand cru classé en 1855 de Pauillac, dont les 30 hectares regardent l’estuaire de la Gironde. Certifié bio en 2019 puis Demeter en 2021, il a planté 700 arbres dans ses vignes et 10 000 mètres de haies. Claire Villars-Lurton, à sa tête depuis 2000, a été nommée vigneronne de l’année 2024 par La Revue du vin de France. Son grand vin, surtout cabernet sauvignon, s’élève en barriques, cuves diamants, amphores et jarres de porcelaine.

  • Château de Parenchère

    À Ligueux, aux confins de la Gironde et de la Dordogne, le Château de Parenchère cultive 60 hectares de vignes au sein d’un domaine de 188 hectares d’un seul tenant. Replanté par la famille Gazaniol à partir de 1958, il appartient depuis 2005 au Suédois Per Landin, avec l’œnologue Richard Curty à sa direction. Certifié HVE depuis 2012, le vignoble porte le label agriculture biologique depuis fin 2024. Ses sept vins vont du Bordeaux Clairet au Bordeaux Supérieur, dont la Cuvée Raphaël, deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château Grand Corbin-Despagne

    Au nord de Saint-Émilion, à la limite de Pomerol, la famille Despagne cultive le lieu-dit Grand Corbin depuis 1812, et François Despagne en représente la septième génération depuis 1996. Ce grand cru classé de 28,79 hectares, découpé en 53 parcelles après l’étude de 150 fosses, est planté aux trois quarts de merlot. Jamais désherbé, le vignoble est entièrement en bio depuis 2010 et certifié Biodyvin depuis le millésime 2024. Le grand vin et son second, Petit Corbin-Despagne, sont mis en bouteille 21 mois après la récolte.

  • Château Marquisat La Pérouse

    Le Château Marquisat La Pérouse cultive 10 hectares de vignes sur un domaine de 13 hectares d’un seul tenant à Berson, dans le Blayais. Repris en 2011, il est en biodynamie depuis 2013, certifié Demeter et bio par Ecocert. Engrais verts, haies et ruminants remplacent engrais et insecticides, et le chai travaille sans pompe, avec les levures indigènes. Le merlot mène les rouges en Bordeaux supérieur, Blaye Côtes de Bordeaux et Blaye, à côté d’un sauvignon et d’un crémant rosé.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine