Château de Parenchère
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Région viticole
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60ha
Surface du vignoble
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En bio depuis 2021
Sommaire
Un seul tenant aux confins du Bordelais
Le Château de Parenchère produit des vins bio de Bordeaux à Ligueux, à l’extrême est de la Gironde. Le domaine s’étend sur 188 hectares d’un seul tenant, dont 60 hectares de vignes, tous conduits en agriculture biologique.

Entre Gironde, Dordogne et Lot-et-Garonne
Le vignoble se trouve près de Sainte-Foy-la-Grande, à 38 km de Saint-Émilion, aux portes du Périgord. Il touche les départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne. Le paysage y est vert et vallonné. Depuis la route d’Eymet, on aperçoit le château en hauteur.
Cette position de frontière marque le domaine. L’équipe l’a même inscrite dans le nom de l’une de ses cuvées, L’Équilibriste, qui évoque un travail sur le fil entre le Bordelais et la Dordogne.
Des argiles qui donnent de la puissance
Le sol est un argilo-calcaire à très forte teneur en argile, un terroir très particulier dans le Bordelais. Le domaine y voit l’une des raisons de la puissance de ses rouges. Le calcaire, bien présent, donne aussi un beau terroir de blancs.
Les vignes occupent seulement les coteaux. La pluie s’y écoule d’elle-même, sans stagner au pied des ceps ni gonfler les raisins. Les parcelles les mieux exposées prennent le soleil de la première à la dernière heure du jour, ce qui permet de vendanger à pleine maturité, même les années difficiles.
Des appellations régionales prises au sérieux
Parenchère travaille en appellations régionales. Ses rouges sortent en Bordeaux Supérieur et en Bordeaux, ses autres vins en Bordeaux blanc sec, Bordeaux Clairet et Bordeaux rosé. C’était le pari des Gazaniol, et le domaine le revendique toujours : montrer que les terroirs de Sainte-Foy-la-Grande, mal connus, peuvent rivaliser avec les meilleurs du Bordelais.
De Pierre de Parenchières à Per Landin
Une maison périgourdine rebâtie en 1731
Pierre de Parenchières, sieur de Fourgoignières, pose les fondations du château en 1570. L’ensemble, d’architecture périgourdine, est ensuite entièrement détruit, puis reconstruit en 1731. La date orne toujours le porche qui ouvre sur la cour. Le fief appartenait alors au gouverneur de Sainte-Foy-la-Grande.

Au XVIIIe siècle, une confrérie vinique remet en valeur le vignoble de rouge et de blanc. Les archives du courtage bordelais montrent que les négociants de Bordeaux et d’Angleterre achetaient déjà ces vins pour corser leurs cuvées trop faibles. Parmi les propriétaires suivants figure le général Subervie, vétéran de Waterloo, mort au domaine en 1856.
1958 : les Gazaniol replantent après le gel
En 1958, le château devient la propriété de la famille Gazaniol. Raphaël Gazaniol rentre alors d’Afrique du Nord, où sa famille cultivait la vigne depuis deux générations. Il trouve un vignoble décimé par la grande gelée de 1956 et le replante presque entièrement. Il agrandit aussi le domaine, qui passe de 90 à 153 hectares d’un seul tenant.
Avec son fils Jean, il se fixe un défi : faire de Parenchère un grand vin de Bordeaux, issu d’une appellation modeste. Le pari réussit hors des frontières, puisque les vins partent bientôt dans plus de trente pays.
Un amateur suédois et un œnologue-conseil
En janvier 2005, Per Landin, amateur de vin de nationalité suédoise, rachète le domaine. Il s’appuie sur le directeur d’exploitation, Richard Curty, qui a été œnologue-conseil pendant plus de dix ans pour près de cinquante châteaux bordelais. Julia Gazaniol dirige le commercial. L’équipe compte 12 personnes.

De la Haute Valeur Environnementale au label AB
Une conversion lancée en 2021
Le domaine a longtemps suivi l’agriculture raisonnée. Il obtient dès 2012 la certification Haute Valeur Environnementale de niveau 3, toujours valide aujourd’hui. Il est aussi membre de la première association du vin de Bordeaux certifiée ISO 14001 pour la gestion environnementale.
En 2021, Parenchère lance sa conversion à l’agriculture biologique, contrôlée par Ecocert. Le label AB arrive fin 2024. Au printemps 2026, le premier millésime rouge certifié bio arrive avec un nouvel habillage des bouteilles, le premier changement depuis près de vingt ans.
Des sols couverts et sans désherbant
Le désherbant a disparu des vignes. L’équipe alterne l’enherbement et le travail du sol. Elle sème des couverts végétaux pour nourrir la terre en matière organique et en vie. Traitements et engrais organiques se limitent à ce dont la vigne a strictement besoin.
Les rendements restent tenus. Si une année s’annonce trop généreuse, l’équipe ébourgeonne dès mai, puis vendange en vert vers juillet, en retirant des grappes pour alléger les pieds et rendre la vendange plus homogène.
Merlot et cabernets sur 56 hectares de rouges
Les 56 hectares de rouges associent 50 % de merlot, 40 % de cabernet sauvignon sur les parcelles les mieux exposées, 9 % de cabernet franc et 1 % de malbec. Les 4 hectares de blancs portent 70 % de sauvignon, 20 % de sémillon et 10 % de muscadelle. Le choix suit les parcelles et leurs expositions, pas la mode.
Replanter à 5 700 pieds par hectare
Le vignoble a en moyenne 25 ans, et ses plus vieilles vignes atteignent 60 ans. Le domaine veut garder ce patrimoine, mais il replante désormais en haute densité, à 5 700 pieds par hectare. Chaque pied porte peu, pour viser environ 45 hl/ha et des vins plus concentrés. Ces replantations avancent très lentement, pour renouveler le vignoble sans à-coups.

Trente-deux parcelles, trente-deux cuves
Une cuverie dessinée sur le parcellaire
La cuverie a été conçue d’après le plan du vignoble. Les 32 parcelles sont vinifiées séparément et donnent 32 cuvées distinctes. L’équipe les sélectionne avant l’assemblage définitif : la qualité du millésime se joue dans cette sélection.

La saignée qui fait naître le clairet
Les rouges macèrent d’abord à froid, sous 15 °C, pendant trois à quatre jours. Au bout de 24 heures, l’équipe tire une partie du jus de chaque cuve pour concentrer les rouges. Ce jus de saignée, vinifié à part, devient le Bordeaux Clairet du domaine.
Les fermentations ne dépassent pas 28 °C, pour une extraction douce et des tanins fins. À mi-parcours, de petites bulles d’air envoyées sous le marc gardent le fruit et assouplissent le vin. Le rouge du château se boit dès sa première année en bouteille et se garde sept ou huit ans.
Des blancs macérés sous gaz carbonique
Pour le blanc, les raisins macèrent 18 à 24 heures sous gaz carbonique avant le pressurage, afin d’extraire les arômes et d’apporter de la rondeur. Les moûts reposent ensuite huit jours au froid avant le débourbage. La fermentation se déroule entre 16 et 18 °C, puis le vin passe trois mois sur lies fines.
Douze mois en chêne de Tronçais
La Cuvée Raphaël vieillit 12 mois en barriques de chêne de la forêt de Tronçais, renouvelées pour un quart en moyenne. Elle reste sur lies fines, sans soutirage, avec un apport d’oxygène dans la barrique. L’Esprit de Parenchère suit le même élevage, mais dans des barriques neuves à 90 %.

Sept vins, du clairet à la grande année
Le domaine cherche dans tous ses vins le fruit et la finesse, sans sacrifier le corps ni le gras. Il produit autour de 330 000 bouteilles par an, dont les trois quarts partent à l’export, en Europe, en Amérique et en Asie.
Le rouge du château et la Cuvée Raphaël
Le Château de Parenchère rouge, en Bordeaux Supérieur, vient de vignes de 20 ans d’âge moyen. Le merlot y domine, autour de 80 %, complété par le cabernet sauvignon. Il offre une robe soutenue, des fruits rouges francs et une finale longue. Il s’apprécie de quatre à sept ans, jusqu’à dix dans les grands millésimes.
La Cuvée Raphaël rend hommage à Raphaël Gazaniol. Elle naît des plus vieilles vignes, 40 ans en moyenne, et des meilleures parcelles, à 40 hl/ha. Merlot et cabernet sauvignon s’y partagent environ 60 et 40 %. Dense, finement boisée, elle se garde dix à douze ans.
Le Guide Hachette des Vins lui a donné deux étoiles pour le millésime 2022 dans son édition 2026, comme pour le 2021 dans l’édition 2025. Le millésime 2011 y avait reçu un coup de cœur dans l’édition 2015.
L’Esprit et L’Équilibriste, deux extrêmes
L’Esprit de Parenchère ne sort que dans les très grandes années, à environ 8 000 bouteilles. Il vient des deux meilleures parcelles du domaine, à 35 hl/ha environ, avec 80 % de cabernet sauvignon. C’est un vin de longue garde, à ouvrir entre huit et quinze ans.
À l’opposé, L’Équilibriste se boit jeune, de six mois à trois ans. Cette cuvée de Bordeaux rouge est vinifiée sans sulfites ajoutés. Elle assemble 60 % de cabernet franc, 20 % de merlot et 20 % de malbec. Au nez, cassis, mûre et myrtille croisent la pivoine et la violette.
Un blanc, un clairet et un rosé de pressurage
Le Bordeaux blanc sec joue les agrumes et les fruits blancs. Le sauvignon y apporte la fraîcheur, le sémillon le charnu, la muscadelle des notes de fleurs blanches. Il se boit dans les deux ans, avec les poissons et les fruits de mer.
Le Bordeaux Clairet macère 48 heures à 6 ou 7 °C. Mis en bouteille très tôt, avec son gaz carbonique naturel, il garde un rosé consistant et fruité, taillé pour la table et les grillades. La Roseraie, en Bordeaux rosé, naît d’un pressurage direct. Son nom rappelle la roseraie du XVIIIe siècle du domaine, et son nez la rose, le litchi et l’aubépine.
Le domaine reçoit pour des visites et des dégustations en semaine. Mieux vaut appeler avant de venir, pour qu’un créneau soit prévu.
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