Château Marquisat La Pérouse - Jeunes feuilles de vigne au premier plan, rang enherbé qui file vers les bâtiments

Château Marquisat La Pérouse

  • Bordeaux

    Région viticole

  • 10ha

    Surface du vignoble

  • BioDemeter

    En bio depuis 2011

Sommaire

Treize hectares d’un seul tenant au pied du mont Grand-Pierre

Le Château Marquisat La Pérouse se trouve à Berson, dans le Blayais, à 35 km au nord de Bordeaux. La propriété forme un seul bloc de 13 hectares, dont 10 hectares de vignes, toutes dans l’aire de l’appellation Blaye Côtes de Bordeaux. Les vignes sont certifiées en agriculture biologique par Ecocert et en biodynamie par Demeter.

Des vignes plantées dès 1831

La vigne pousse dans le Blayais depuis l’époque gallo-romaine. Sur le domaine lui-même, les premières plantations attestées datent de 1831. Le vignoble traverse ensuite la crise du phylloxéra, avant le rachat de la propriété par la famille Almuzara en 1939.

Les Almuzara tournent le dos à l’agriculture intensive. Ils n’ont jamais mis de désherbant ni d’engrais chimique dans leurs vignes, et cherchaient déjà à faire un vin sans additif. Les 13 hectares n’ont donc jamais connu l’agriculture « chimique », comme le rappelle le domaine.

Le rachat de juillet 2011

En juillet 2011, la société Vignobles Levrier rachète la propriété, avec l’envie de poursuivre ce travail sans chimie. L’engagement en agriculture biologique date du même mois. La certification bio arrive en 2014, au terme de la conversion.

Entre-temps, dès 2013, les vignes passent en biodynamie. Le domaine parle d’un choix « de l’exigence et de la patience ». Il est aujourd’hui adhérent de Demeter.

Argilo-calcaire en haut, limons en bas

Le vignoble occupe un coteau au pied du mont Grand-Pierre, le point culminant du Blayais. En haut de la propriété, le sol est surtout argilo-calcaire, ce qui convient au merlot et au cabernet-sauvignon. Les parcelles du bas, plus limoneuses, portent les cépages blancs, sauvignon et sémillon.

Côté climat, le domaine reçoit à la fois les entrées maritimes venues de l’océan et plus de 240 jours de soleil par an.

Château Marquisat La Pérouse - Rangs de vigne aux feuilles jaunies en automne, sol travaillé entre les ceps
Les rangs en automne, sol travaillé entre les ceps.

Une ferme en biodynamie plutôt qu’une monoculture

Des sols qui ne restent jamais nus

Aucun désherbant ne passe dans les rangs. Pour protéger les micro-organismes du sol, ceux qui fabriquent l’humus, le domaine garde un couvert végétal presque permanent entre les vignes.

La préparation bouse de corne sert à revitaliser la terre. Elle pousse la vigne à descendre ses racines jusqu’à la roche. Plus profondes, elles vont chercher les oligoéléments dont la plante a besoin, et la rendent plus solide face aux gros aléas climatiques.

Des engrais verts à la place des engrais

Pas d’engrais chimique, pas d’engrais organique non plus : pour le domaine, ils tiennent la plante « sous perfusion ». Il sème à l’automne des engrais verts, enfouis au printemps. Le sol vivant les digère vite et libère les nutriments. La vigne n’y prend que ce dont elle a besoin, et règle d’elle-même son rendement.

La biodynamie lit la maladie comme le signe d’un déséquilibre. Le Marquisat agit donc à trois niveaux. Il corrige d’abord l’excès de vigueur, qui favorise le mildiou. Il rend ensuite le milieu hostile aux maladies avec des tisanes et des décoctions de plantes. Il protège enfin la vigne par du soufre et du cuivre à faible dose.

Pas d’insecticide, même bio

Aucun insecticide n’entre sur le domaine, pas même ceux qu’autorise le bio. Le Marquisat mise plutôt sur les prédateurs naturels des ravageurs. Il entretient ses haies et a ouvert un couloir écologique au milieu des vignes pour renforcer la biodiversité.

Château Marquisat La Pérouse - Fleur sauvage jaune dans l’herbe, au bord d’un chemin de vigne
Fleur sauvage au bord d’un chemin de vigne.

Des ruminants et trois hectares de cultures

La biodynamie voit le domaine agricole comme un écosystème aussi autonome que possible. Le Marquisat a donc introduit des ruminants. Sur les 3 hectares qui ne portent pas de vigne, il cultive des céréales et des oléagineux, pour sortir de la monoculture.

Le domaine suit aussi la charte Dynamis, qui impose quatre analyses par an : la terre à la fin de l’hiver, puis les feuilles au printemps, après la floraison et à la véraison.

Un chai sans pompe ni levure ajoutée

Une vendange sans sulfite

Selon les parcelles, le raisin se récolte à la main ou à la machine. Il rejoint vite le chai, installé au milieu de la propriété, pour éviter l’oxydation. Aucun sulfite n’est ajouté à la vendange.

Les rouges sont foulés et éraflés avant la mise en cuve. Les blancs et les rosés passent directement au pressoir, puis sont débourbés au bout de 24 heures. La fermentation démarre seule après quelques jours, avec les seules levures indigènes, sans enzyme ni levure lyophilisée.

Des cuves souterraines remplies par gravité

Le domaine écarte les méthodes brutales comme la thermovinification. Les rouges s’extraient par pigeage ou remontage. Au bout de quelques semaines, les jus descendent par gravité, sans pompe, dans des cuves souterraines.

Les marcs passent ensuite dans un pressoir vertical, à faible pression et sans rebêche. Pendant l’élevage, rien n’est systématique : l’équipe goûte, observe et s’adapte au millésime.

La lune pour l’agenda, le volcan pour le soufre

Le chai suit le calendrier lunaire. Les soutirages qui clarifient le vin se font en lune descendante. La mise en bouteille tombe un jour fruit pour un vin à boire jeune, un jour racine pour un vin de garde.

Seul ajout au vin : un soufre naturel de volcan, à faible dose. Il arrive en pastilles, brûlées dans une cuve ou une barrique en partie remplie. Le vin prend au contact de la fumée ce dont il a besoin. Le domaine présente d’ailleurs ses cuvées comme des vins naturels.

Du bordeaux supérieur au rare AOC Blaye

Des rouges menés par le merlot

Le Bordeaux supérieur vient des plus vieilles parcelles de la propriété, avec 90 % de merlot et 10 % de cabernet-sauvignon. Rond et fruité, il ouvre sur les fruits rouges et des notes florales. Il se boit jeune ou se garde quelques années.

Le Blaye Côtes de Bordeaux rouge réunit 85 % de merlot et 15 % de cabernet-sauvignon. Le domaine le dit facile à boire, entre structure et légèreté, avec des fruits rouges, une pointe mentholée et une finale de figue et de cannelle. La Cuvée Prestige ajoute 12 mois en fût de chêne, pour des notes de fruits noirs et de vanille.

Six cents bouteilles d’AOC Blaye

La cuvée la plus confidentielle porte l’appellation Blaye. Elle vient d’une parcelle plantée à forte densité, âgée de plus de 35 ans, et s’élève 18 mois en fût de chêne. Le domaine n’en tire qu’environ 600 bouteilles par an.

Un sauvignon et un crémant rosé

En blanc, le Blaye Côtes de Bordeaux est un 100 % sauvignon, frais, plein de fruits et de fleurs. Un peu d’air suffit pour faire monter les agrumes.

Château Marquisat La Pérouse - Grappe de raisin blanc encore vert, à l’abri des feuilles
Grappe de raisin blanc à l’abri des feuilles.

Pour les bulles, le Crémant de Bordeaux rosé est vendangé à la main et élaboré en méthode traditionnelle. Il passe plus de neuf mois en cave souterraine et joue sur la fraise des bois et le caramel, de l’apéritif au dessert.

La fiche du domaine chez Demeter cite aussi un Bordeaux rouge et un rouge en Vin de France.

Berson, dans les coteaux de Blaye Côtes de Bordeaux

Une appellation de 6 000 hectares

Le vignoble de Blaye Côtes de Bordeaux s’étend sur environ 6 000 hectares et 41 communes, en grande partie à flanc de coteau, au-dessus de l’estuaire de la Gironde. Il produit 90 % de vins rouges et 10 % de blancs secs.

Le merlot y règne sur les rouges, assemblé au cabernet-sauvignon, au cabernet franc ou au malbec. Les blancs reposent surtout sur le sauvignon, avec du sémillon et de la muscadelle. L’appellation porte ce nom depuis 2009 : les anciennes Premières Côtes de Blaye ont alors rejoint les Côtes de Bordeaux.

Le Blaye, une appellation tout en rouge

À côté, l’appellation Blaye ne se décline qu’en rouge. Une quinzaine de vignerons seulement la produisent, sous des conditions plus strictes, pour des vins de garde.

Le Marquisat en fait partie, avec sa parcelle de plus de 35 ans et ses 18 mois de fût.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château Moulin Pey-Labrie

    Le Château Moulin Pey-Labrie tient son nom d’un moulin du XIIe siècle dressé au sommet d’un coteau de Canon-Fronsac. Bénédicte et Grégoire Hubau, venus de Picardie, y ont signé leur premier millésime en 1988, trois jours après leur arrivée. Leurs 6,75 hectares d’argilo-calcaire sur molasse portent 95 % de merlot et une pointe de malbec, en bio depuis 2010. La gamme va de la Cuvée Bénédicte, née de vignes centenaires, aux fronsacs de Haut-Lariveau et à une cuvée sans soufre.

  • Château de Ferrand

    Le Château de Ferrand, grand cru classé de Saint-Émilion, cultive 32 hectares sur le plateau de Saint-Hippolyte, vers 100 mètres d’altitude. Fondé en 1702 par l’avocat poète Elie de Bétoulaud, il appartient depuis 1978 à la famille du baron Marcel Bich, fondateur de BIC. Sans herbicide depuis plus de quinze ans, il signe avec le 2024 son premier millésime certifié bio. Merlot et cabernet franc y passent trois tris puis 14 à 18 mois en barriques, dans un château repensé par Patrick Jouin et Sanjit Manku.

  • Château de Cassana

    Le Château de Cassana cultive 2 hectares de vignes de 45 ans sur les croupes de graves de Saint-Sauveur, en appellation Haut-Médoc. Ses vignerons, des néo-vignerons dont c’est la troisième reconversion, en tirent 8 500 bouteilles d’un vin rouge au nom du château. L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis juillet 2024, sous le contrôle d’Ecocert, et ses raisins sont en conversion. Le chai se visite sur réservation, et un gîte avec piscine reçoit les visiteurs entre vignes et bois.

  • Château Bourdieu

    Le Château Bourdieu élève des vins rouges en AOC Blaye Côtes de Bordeaux à Berson, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde. Bâti en 1464, il appartient depuis 1993 à la famille Schweitzer : Luc et ses fils, Richard et Ludovic. Engagé en bio chez Ecocert en 2020, le vignoble à dominante de merlot donne quatre cuvées, jusqu’à Absolu, tirée de 7 à 8 hectares choisis. Le Château Bourdieu 2016 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette des vins, édition 2019.

  • Château Haut-Bages Libéral

    Le Château Haut-Bages Libéral est un cinquième grand cru classé en 1855 de Pauillac, dont les 30 hectares regardent l’estuaire de la Gironde. Certifié bio en 2019 puis Demeter en 2021, il a planté 700 arbres dans ses vignes et 10 000 mètres de haies. Claire Villars-Lurton, à sa tête depuis 2000, a été nommée vigneronne de l’année 2024 par La Revue du vin de France. Son grand vin, surtout cabernet sauvignon, s’élève en barriques, cuves diamants, amphores et jarres de porcelaine.

  • Château de Parenchère

    À Ligueux, aux confins de la Gironde et de la Dordogne, le Château de Parenchère cultive 60 hectares de vignes au sein d’un domaine de 188 hectares d’un seul tenant. Replanté par la famille Gazaniol à partir de 1958, il appartient depuis 2005 au Suédois Per Landin, avec l’œnologue Richard Curty à sa direction. Certifié HVE depuis 2012, le vignoble porte le label agriculture biologique depuis fin 2024. Ses sept vins vont du Bordeaux Clairet au Bordeaux Supérieur, dont la Cuvée Raphaël, deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château Grand Corbin-Despagne

    Au nord de Saint-Émilion, à la limite de Pomerol, la famille Despagne cultive le lieu-dit Grand Corbin depuis 1812, et François Despagne en représente la septième génération depuis 1996. Ce grand cru classé de 28,79 hectares, découpé en 53 parcelles après l’étude de 150 fosses, est planté aux trois quarts de merlot. Jamais désherbé, le vignoble est entièrement en bio depuis 2010 et certifié Biodyvin depuis le millésime 2024. Le grand vin et son second, Petit Corbin-Despagne, sont mis en bouteille 21 mois après la récolte.

  • Château Nodot

    Le Château Nodot cultive 8 hectares de vignes en biodynamie certifiée Demeter à Saint-Christoly-de-Blaye, en appellation Blaye Côtes de Bordeaux. Jessica Aubert, onzième génération d’une famille installée ici depuis 1760, a pris en 2010 la suite de ses parents médecins, déjà en bio. Autour des rangs, 13 hectares de prairies sauvages ont valu au domaine le Trophée Or Faune et Flore de Bordeaux Vignoble Engagé en 2020. Sa gamme en micro-cuvées va du sauvignon au cabernet sauvignon, jusqu’à l’Hypocras et au Saugé, deux vins de recettes médiévales.

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