Château Bourdieu - Rangs de vigne au coucher du soleil, l’estuaire de la Gironde à l’horizon

Château Bourdieu

  • Bordeaux

    Région viticole

  • 1464

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2020

Sommaire

Le château que Luc Schweitzer voyait depuis la route du pensionnat

Le Château Bourdieu produit des vins rouges en AOC Blaye Côtes de Bordeaux, à Berson, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde. La famille Schweitzer en est propriétaire depuis 1993. Engagée en agriculture biologique en 2020, l’exploitation est contrôlée par Ecocert, et ses vins sont certifiés bio.

Une demeure de 1464 sur son promontoire

Le château a été bâti en 1464, ce qui en fait l’une des plus anciennes propriétés viticoles du Blayais. Il est assis sur un promontoire, comme les grandes demeures du Moyen Âge, et domine son vignoble. Jusqu’au XVIIIe siècle, il a appartenu à plusieurs seigneurs hauts justiciers de la région.

Son nom vient des « bourdieux ». Après la guerre de Cent Ans, le mot désignait d’abord un bâtiment rural, puis toute exploitation viticole nouvelle, avec ses logis, ses chais et ses parcelles de vigne.

Un souvenir d’enfance racheté en 1993

Enfant, Luc Schweitzer passait devant la propriété chaque lundi matin et chaque vendredi soir, sur la route du pensionnat de Bordeaux. Devenu viticulteur dans le sillage de ses parents, il apprend au début des années 1990 que le château est à vendre. L’affaire se conclut en 1993.

Château Bourdieu - Luc Schweitzer, une grappe de raisin noir à la main
Luc Schweitzer, propriétaire du château depuis 1993.

Le vigneron remarque alors la qualité des terroirs argilo-calcaires et de l’exposition. Dès 1997, il lance la construction d’un nouveau chai. La vendange de cette année-là rentre dans un bâtiment sans toit, aux murs montés à mi-hauteur. Le chai atteint ensuite 1 200 m².

À l’achat, la propriété compte une vingtaine d’hectares. Luc Schweitzer l’agrandit en rachetant, au fil des ans, des parcelles bien exposées sur la commune de Berson, jusqu’à 75 hectares. La cuvée N°1, tirée des meilleures parcelles, naît en 2000.

Richard et Ludovic, la sixième génération

Ses deux fils, Richard et Ludovic, ont grandi dans les rangs : levage, relevage, épamprage et mise en bouteille dès le collège, puis taille, ébourgeonnage et effeuillage. Leur père n’a jamais voulu les obliger à prendre la relève, et eux-mêmes n’y pensaient pas au départ.

Après un BTS viticulture et œnologie à Blanquefort, puis des études de commerce des vins à l’INSEEC et à KEDGE Business School, les deux frères rejoignent la propriété. Richard apprend la vigne, la vinification et l’élevage aux côtés de son père. Ludovic prend en charge la gestion de l’entreprise.

Château Bourdieu - Richard Schweitzer observe une grappe dans les rangs
Richard Schweitzer, qui suit la vigne aux côtés de son père.

Richard a complété sa formation par des stages de dégustation et un travail auprès d’un nez. Pour son père, cette mémoire olfactive se travaille en dégustant très souvent.

Berson, sur les coteaux qui dominent l’estuaire

Une appellation de 6 000 hectares, surtout rouge

Berson se trouve à une dizaine de kilomètres de la citadelle de Blaye. Le vignoble du Blayais domine l’estuaire de la Gironde et se cultive surtout à flanc de coteau, d’où le nom de l’appellation. Ses 6 000 hectares en font l’une des plus grandes du Bordelais.

On y élabore 90 % de vins rouges et 10 % de blancs secs. Quelque 450 propriétés et trois caves coopératives se partagent la production, sur des exploitations de 17 hectares en moyenne.

Argiles, calcaires, graves et limons selon les cuvées

À l’ouest de l’appellation, autour de Blaye, les sols sont surtout argilo-calcaires, et le merlot y trouve son terrain. C’est ce qui avait frappé Luc Schweitzer à l’achat. Le domaine réserve ses parcelles argilo-calcaires exposées plein sud à sa cuvée haut de gamme.

Château Bourdieu - Grappe de raisin noir à maturité sous le feuillage, à Berson
Raisin noir à maturité sur les coteaux de Berson.

Les autres vins viennent de sols plus variés. Les fiches techniques parlent de graves et limons pour le Château Bourdieu, de graves, sables et limons pour Tradition, d’argiles, calcaires et graves pour N°1. Toute la propriété est taillée en Guyot double.

Des labours et de l’argile avant la certification bio

Des pratiques installées de longue date

Avant sa conversion, la famille conduisait déjà le vignoble en agriculture raisonnée, avec des labours inter-rangs et inter-ceps. Ébourgeonnage, épamprage, effeuillage et éclaircissage rythment la saison. Les produits classés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques ont été écartés.

Contre le botrytis, le domaine pulvérise de l’argile. Contre les insectes, il a posé un dispositif à base de phéromones, qui remplace les insecticides. Ludovic raconte que les employés aimaient travailler avec un patron qui avait les mains dans la même terre qu’eux.

Un engagement chez Ecocert en 2020

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 4 septembre 2020, sous le contrôle d’Ecocert. En 2026, l’Agence Bio recense des vignes certifiées bio et d’autres en troisième année de conversion. Les vins, eux, sont certifiés, et le Guide Hachette décrit désormais un vignoble conduit en bio.

Absolu, sept à huit hectares retenus sur une quarantaine

Quand ses fils le rejoignent, Luc Schweitzer veut marquer le tournant. Il lance en 2016 la cuvée Absolu, la dernière née du château. Il la voit comme l’aboutissement de vingt-cinq ans de travail sur ce vignoble.

Trois à quatre bourgeons par rameau

Sur une quarantaine d’hectares à fort potentiel, la famille n’en retient que 7 à 8 pour Absolu. Les vignes ont 35 ans en moyenne et regardent plein sud. À l’approche de la récolte, la famille passe chaque jour dans les rangs pour goûter le raisin et choisir les zones à récolter.

Au printemps, l’ébourgeonnage ne laisse que trois à quatre boutons par rameau. Les rendements sont tenus à 40 hl/ha, et les grappes restantes gagnent en concentration. L’effeuillage, manuel, expose les baies au soleil des heures fraîches et garde une casquette de feuilles contre les brûlures de midi.

Tri optique, cuves inox et perles de 390 litres

À la récolte, des tables de tri optique classent les baies selon leur diamètre, leur poids et leur couleur. Le cuvier a lui aussi changé : les grandes cuves ont laissé la place à des cuves inox thermorégulées plus petites et plus larges, qui facilitent l’extraction et le travail parcelle par parcelle.

Château Bourdieu - Baies de raisin noir sur la table de tri
Les baies passent sur la table de tri.

En 2017, un chai a été construit pour Absolu seul. Une partie de la vendange y fermente dans des « perles » de la tonnellerie Quintessence, des barriques de chêne français de 390 litres à la forme ovoïde tronquée. L’extraction se fait par immersion ou par petits remontages quotidiens.

Château Bourdieu - Richard Schweitzer au chai, entre cuves inox et fûts
Richard Schweitzer au chai, entre cuves et fûts.

Le vin passe ensuite 18 mois en fûts de chêne français neufs. Deux œnologues, Éric Bardon et Christian Veyry, accompagnent la famille.

Quatre rouges, du merlot souple à la garde

Le château produit quatre vins rouges, tous en Blaye Côtes de Bordeaux. Le merlot y domine, épaulé selon les cuvées par le cabernet-sauvignon, le cabernet franc ou le malbec.

Château Bourdieu et Tradition, le fruit d’abord

Le Château Bourdieu est la cuvée la plus classique : 87 % de merlot, 10 % de cabernet-sauvignon, 3 % de cabernet franc, élevé en cuve inox. Il est fruité et souple, sur les fruits rouges, le cassis et une finale de groseille. Le domaine le conseille sur trois à quatre ans.

C’est aussi le vin le plus produit. Le Guide Hachette relève 250 000 bouteilles pour le millésime 2022. Tradition, à 95 % de merlot, mise sur la fraîcheur et la rondeur : cassis et mûre au nez, tanins souples, finale fine.

N°1 et Absolu, le bois et la durée

N°1 assemble 89 % de merlot, du cabernet-sauvignon et un peu de malbec, sur des vignes de 35 ans. Élevé en partie en barriques, il mêle fruits noirs et rouges à des notes toastées et vanillées. Il se garde quatre à cinq ans.

Château Bourdieu - Richard et Ludovic Schweitzer goûtent un vin au chai à barriques
Richard et Ludovic Schweitzer goûtent au chai à barriques.

Absolu réunit 79 % de merlot, 17 % de cabernet-sauvignon et 4 % de malbec. Il donne des fruits noirs bien mûrs, une touche de vanille et de torréfaction, des tanins soyeux et beaucoup de longueur. Il peut attendre une dizaine d’années.

Deux millésimes salués par le Guide Hachette

Le Château Bourdieu 2016 a reçu un coup de cœur et deux étoiles dans l’édition 2019 du Guide Hachette des vins. Le millésime 2022 a obtenu deux étoiles dans l’édition 2025.

La vente se fait à la propriété, à Berson. Le syndicat de l’appellation signale un accueil accessible aux personnes à mobilité réduite.

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  • Château Haut-Bages Libéral

    Le Château Haut-Bages Libéral est un cinquième grand cru classé en 1855 de Pauillac, dont les 30 hectares regardent l’estuaire de la Gironde. Certifié bio en 2019 puis Demeter en 2021, il a planté 700 arbres dans ses vignes et 10 000 mètres de haies. Claire Villars-Lurton, à sa tête depuis 2000, a été nommée vigneronne de l’année 2024 par La Revue du vin de France. Son grand vin, surtout cabernet sauvignon, s’élève en barriques, cuves diamants, amphores et jarres de porcelaine.

  • Château de Parenchère

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  • Château Grand Corbin-Despagne

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  • Château Marquisat La Pérouse

    Le Château Marquisat La Pérouse cultive 10 hectares de vignes sur un domaine de 13 hectares d’un seul tenant à Berson, dans le Blayais. Repris en 2011, il est en biodynamie depuis 2013, certifié Demeter et bio par Ecocert. Engrais verts, haies et ruminants remplacent engrais et insecticides, et le chai travaille sans pompe, avec les levures indigènes. Le merlot mène les rouges en Bordeaux supérieur, Blaye Côtes de Bordeaux et Blaye, à côté d’un sauvignon et d’un crémant rosé.

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