Clos Canarelli - Les vignes de Tarra di Sognu vues du ciel, entre maquis et mer près de Bonifacio

Clos Canarelli

Région viticole

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Corse

BioBiodyvin

À Figari, quatorze cépages corses face au vent

Le Clos Canarelli cultive ses vignes en biodynamie à Figari, à la pointe sud de la Corse, au pied du massif de l’Omu di Cagna. Yves Canarelli y a réintroduit des cépages de l’île devenus rares. Le domaine produit des vins bio en AOP Corse Figari, un vignoble parmi les plus anciens de Corse.

Dix hectares reçus d’un père en 1992

En Corse, les familles gardaient traditionnellement quelques pieds de vigne pour leur consommation. L’histoire du Clos commence ainsi, à Tarabucetta, sur la commune de Figari. Le domaine la fait remonter à plus de cinquante ans. En 1992, Yves Canarelli reçoit de son père une parcelle de 10 hectares. Il veut en faire son activité principale.

« J’étais convaincu que l’on pouvait vivre du travail de notre terre », raconte-t-il. Il dit aussi avoir pris exemple sur des pionniers de l’île, les domaines Arena et Leccia ou Christian Imbert, qui voyaient le potentiel du terroir corse.

Le domaine s’agrandit ensuite de 28 hectares. En 2007, le vigneron crée sa propre cave. « Je ne pouvais pas imaginer à long terme ne pas transformer moi-même cette matière première », explique-t-il. En 2020, le Clos annonçait 38 hectares de vignes, répartis entre Figari et Bonifacio.

Minustellu, carcagholu neru, genovèse : les cépages réintroduits

Le vignoble réunit quatorze cépages. Les trois classiques de l’île en forment la base : sciaccarellu, niellucciu et vermentinu. S’y ajoutent des variétés plus confidentielles, le minustellu, le carcagholu neru et le genovèse. Réintroduire ces cépages endémiques était un pari. Le domaine leur doit aujourd’hui une part de sa notoriété.

En Corse, tous les cépages autochtones ne figurent pas encore dans les cahiers des charges des AOP. Certains vignerons choisissent alors l’IGP pour leurs cuvées les plus personnelles.

Dix degrés la nuit, quarante le jour

Le domaine décrit Figari comme une terre du bout du monde, la plus méridionale de France. L’Omu di Cagna, qui culmine à 1 215 mètres, domine le vignoble. Des vents forts façonnent la vigne. Pendant le cycle végétatif, la température passe de 10 à 12 °C la nuit à 38 à 40 °C en journée. Ces amplitudes donnent leur fraîcheur aux vins.

Clos Canarelli - Vignes de Figari sous une crête de montagne coiffée de nuages
Le vignoble de Figari, adossé à la montagne.

L’AOP Corse Figari fait partie des cinq appellations « villages » de Corse. Elle couvre 159 hectares et compte neuf caves. Le vignoble passe pour le plus ancien de l’île : les premières vignes y seraient apparues au Ve siècle avant notre ère. Son climat rude et très venté complique la viticulture. Les blancs y sont floraux, les rosés vifs et colorés, les rouges bien structurés.

Bio depuis 2002, labellisé Biodyvin

Travaux et vendanges à la main

De la plantation à la récolte, la culture des sols reste volontairement traditionnelle. L’ensemble des travaux se fait à la main, vendanges comprises. Le domaine n’utilise ni désherbant, ni pesticide de synthèse, ni engrais chimique. Le vigneron garde un contact direct avec le raisin, qu’il compare et sélectionne.

Ecocert en 2002, la biodynamie en 2006

L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis le 27 août 2002, sous le contrôle d’Ecocert. Le domaine conduit ses vignes en biodynamie depuis 2006. Il a rejoint en 2012 le Syndicat international des vignerons en culture bio-dynamique, dont il porte le label Biodyvin.

Du granite de Figari au calcaire de Bonifacio

Deux sols et un second vignoble, Tarra di Sognu

Les terroirs du Clos Canarelli reposent sur le granite et sur des sols argilo-calcaires. À Figari, le domaine décrit des vins puissants, racés et d’une extrême finesse. Yves Canarelli conduit aussi le vignoble de Tarra di Sognu, sur le terroir calcaire de Bonifacio. Cette seconde exploitation est engagée en bio depuis 2018 et figure, elle aussi, parmi les membres de Biodyvin.

Clos Canarelli - Ceps chargés de raisin sur les cailloux calcaires de Bonifacio
À Bonifacio, les ceps poussent dans les cailloux calcaires.

Quinze cuvées, entre assemblages et parcellaires

Des vinifications que le domaine veut douces et naturelles donnent quinze cuvées. Certaines sont des assemblages, d’autres des parcellaires. Trois vins portent le nom du Clos, en blanc, en rosé et en rouge. La gamme compte aussi Alta Rocca, Amphora en blanc et en rouge, BG, Costa Nera, MPG, le Petit Clos en rosé et en rouge, Tarra di Sognu et Tarra d’Orasi.

Clos Canarelli - Foudres de bois et barriques dans le chai d’élevage
Foudres et barriques dans le chai.

Vermentinu salin, niellucciu de garde : le profil des vins

Le Clos Canarelli blanc est issu du seul vermentinu. Le domaine lui trouve des fleurs blanches, du zeste de citron et une fraîcheur presque saline, avec une bouche ample et tendue. Il gagne en profondeur après quelques années de garde. Le rosé assemble sciaccarellu, niellucciu et grenache, sur les petits fruits rouges et les épices. C’est un rosé de gastronomie.

Dans le rouge, le niellucciu domine, complété par le sciaccarellu, le carcagholu neru et une touche de syrah. Fruits noirs mûrs, notes fumées, tanins présents mais maîtrisés : ce vin est conçu pour la garde et peut évoluer une dizaine d’années.

Les Tarra di Sognu jouent un autre registre. Le blanc, où le vermentinu reste majoritaire, accueille aussi rimenese, biancu gentile et genovèse. Il sent les fleurs blanches, l’anis et la bergamote, avec une bouche saline. Le rouge, dominé par le carcagholu neru, privilégie la finesse à la puissance.

Tarra d’Orasi rouge vient de vignes préphylloxériques, plantées de cépages endémiques. Son nez floral est dominé par la rose. Le domaine la présente comme une cuvée confidentielle.

Oliviers, moulin et villas autour des vignes

Deux mille oliviers plantés en 1997

La coutume corse veut qu’un arbre soit planté à la naissance du premier enfant. En 1997, à celle de son fils, Yves Canarelli plante une oliveraie de deux mille arbres. Elle réunit trois variétés locales : la ghjermana, la sabina et la zinzale. En 2008, à la naissance de son deuxième enfant, il reprend une oliveraie vieille de trois cents ans dans les montagnes de l’Alta Rocca.

Les olives sont récoltées à la main quand elles tournent, entre le vert et le noir. Elles sont effeuillées, puis pressées à froid dans les vingt-quatre heures. Le moulin du domaine est en service depuis 2016, année des premières ventes. L’huile offre des notes d’artichaut et d’herbes fraîches.

Dégustations sur réservation et villas parmi les vignes

Le Clos Canarelli reçoit pour des visites et des dégustations, sur réservation. On y découvre les vins et l’huile d’olive. Le domaine loue aussi huit villas, inspirées des bergeries corses à Figari et du calcaire à Bonifacio. Plusieurs portent un nom de cépage : Biancu Gentile, Barbarossa, Aleatico, Vermentinu, Genovese ou Minustello.

Clos Canarelli - Dégustation au comptoir du caveau
La dégustation se fait au comptoir.

La relève se prépare en famille. En 2020, Simon Paul Canarelli, le fils d’Yves, terminait son diplôme d’œnologue à Dijon, avec la reprise du domaine en vue.

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Les autres domaines de la région Corse

  • Domaine de Granajolo

    Le Domaine de Granajolo cultive 20 hectares de vignes sur les coteaux d’arène granitique de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, en appellation Corse Porto-Vecchio. André et Monika Boucher les ont plantés en 1974 et conduits en bio dès l’origine, avec une première certification en 1987. Leur fille Gwenaële Boucher, œnologue, a replanté le vignoble et vinifie au domaine depuis 2003. Ses onze vins mettent en avant niellucciu, sciaccarellu, vermentinu et minustellu, le plus souvent vinifiés seuls.

  • Domaine Maestracci

    Le Domaine Maestracci s’étend sur une trentaine d’hectares à Feliceto, dans la haute vallée du Reginu, en appellation Corse Calvi. La propriété familiale remonte à 1893, et Camille-Anaïs Raoust, cinquième génération, la dirige depuis 2014. Engagé en bio en 2016, le vignoble est certifié Demeter à partir du millésime 2019. Niellucciu, sciaccarellu, grenache et vermentinu y donnent cinq gammes, des vins de fruit de Clos Reginu aux rouges de garde de Villa Maestracci.

  • Clos Signadore

    Le Clos Signadore est un domaine bio de Patrimonio, créé en 2001 à Poggio-d’Oletta par Christophe Ferrandis, Marseillais passé par le Château de Pibarnon. Une dizaine d’hectares de vigne sont plantés uniquement en cépages corses, le niellucciu et le vermentinu dominant sur les marno-calcaires du clos. Depuis 2016, un second vignoble à Borgo, sur la côte orientale, donne les cuvées Inizia, issues de cépages complantés qui fermentent ensemble. Converti en bio en 2010, le domaine vendange à la main et vinifie sans levures sélectionnées.

  • Sant’Armettu

    Sant’Armettu cultive 40 hectares de vignes en bio entre la vallée du Baracci et Tizzano, dans le secteur nord de l’appellation Corse Sartène. La famille Seroin y est installée depuis 1964 : Gilles a créé la cave en 1996, puis ses enfants Guillaume et Jeanne l’ont rejoint. Le sciaccarellu et le vermentinu y côtoient des cépages corses longtemps délaissés, vinifiés un par un dans la gamme Vinifera. Engagé en bio en 2018, le domaine élève ses cuvées hautes en foudres et en demi-muids, et produit aussi de l’huile d’olive.

  • Yves Leccia

    Yves Leccia cultive 15 hectares en bio à Poggio-d’Oletta, sur les lieux-dits E Croce et Partinelone, deux sols argilo-calcaires posés sur un socle de schistes. Œnologue, il a quitté le domaine familial en 2004 pour fonder le sien avec son épouse Sandrine. Il y a replanté des cépages corses délaissés, le biancu gentile, le minustellu et le sciaccarellu, aux côtés du niellucciu et du vermentinu. Engagé en bio en 2014, le domaine signe douze cuvées entre IGP Île de Beauté, Patrimonio et Muscat du Cap Corse.

  • Clos Culombu

    Le Clos Culombu cultive 64 hectares de vignes à Lumio, en Balagne, sur les arènes granitiques de l’appellation Corse Calvi. La famille Suzzoni y plante ses premières vignes en 1973, et Paul-Antoine conduit le domaine depuis 2016. Certifié bio par Ecocert après une conversion engagée en 2010, le vignoble porte le label Demeter depuis 2018. Ses 22 cépages, dont plus d’un quart de variétés corses longtemps délaissées, nourrissent quatre gammes, de Tribbiera aux éditions limitées Storia di.

  • Domaine Comte Abbatucci

    Le Domaine Comte Abbatucci cultive 21 hectares d’arènes granitiques dans la vallée du Taravo, à Casalabriva, en Corse-du-Sud. Jean-Charles Abbatucci y travaille en biodynamie depuis 2000, et le domaine est certifié Demeter et adhérent de Biodyvin. Le vignoble garde les 18 cépages corses que son père Antoine avait commencé à rassembler en 1965, du carcajolo nero au barbarossa. Pour les assembler librement, le domaine a quitté l’AOC Ajaccio et sort tous ses vins en Vin de France, de la gamme Faustine aux cuvées Collection.

  • Domaine de la Murta

    Le Domaine de la Murta cultive 12 hectares de vignes à Figari, dans l’appellation Corse Figari, la plus méridionale de l’île. La famille Cantara y plante ses premières vignes en 1890, et Joseph Cantara fonde le domaine en 1963. Replanté en 2002 et certifié bio par Ecocert, le vignoble est restructuré depuis 2013 par son petit-fils Sébastien. Vermentinu, sciaccarellu, niellucciu et carcaghjolu neru donnent sept cuvées, dont la Réserve Cantara et un rouge de vieilles vignes de 1960.

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