Vignoble du domaine bio Bonnet Huteau

Domaine Bonnet-Huteau

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

BioBiodyvin
Sommaire

Quatre roches, quatre Muscadet à La Chapelle-Heulin

Une propriété familiale depuis plus de 150 ans

Le Domaine Bonnet-Huteau produit du Muscadet Sèvre et Maine depuis plus de 150 ans à La Chapelle-Heulin, en Loire-Atlantique. Il occupe le site d’une ancienne demeure médiévale, à l’origine de la commune. Nantes est à 20 minutes, Clisson à 10 km.

Jean-Jacques Bonnet et Vincent Pineau conduisent aujourd’hui ce vignoble de 40 hectares. Il est en bio depuis 2005 et en biodynamie certifiée Biodyvin. Leur devise tient en une phrase : « l’expression naturelle d’un grand terroir ». Quatre parcellaires, posés sur des roches différentes, donnent chacun leur cuvée.

Vignerons domaine Bonnet Huteau
Jean-Jacques Bonnet et Vincent Pineau, Vignerons du Domaine Bonnet-Huteau

Amphibolite, granite, orthogneiss et micaschistes

Les Gautronnières se trouvent en bordure du massif de gabbro, sur des roches vertes de type amphibolites. La parcelle est un peu plus en altitude, mais toujours sous l’influence du marais de Goulaine. Ces roches peu altérées donnent des sols plus fertiles, de précocité moyenne.

Les Laures occupe un coteau qui domine la région de Goulaine, sur une veine de granite altérée et fissurée. Les sols y sont très peu profonds. La roche-mère, très présente, se réchauffe vite et laisse bien circuler l’eau.

Le Cru Goulaine provient d’une parcelle de vieilles vignes, sur le bassin versant de la rivière du même nom. Sur la carte des parcellaires du domaine, il correspond aux micaschistes, la quatrième roche de la propriété.

Le Clos Moulin Chartrie, repris en 2016

Le dernier venu est le Clos Moulin Chartrie, repris en 2016. Il se situe sur l’un des points culminants de la région, près du Loroux-Bottereau. Le sous-sol est un orthogneiss, une roche siliceuse dure qui se fragmente en blocs anguleux.

Les sols sont peu profonds, sur une pente exposée nord-ouest. Bien ventilée, la parcelle laisse aussi circuler l’eau. Selon le domaine, elle est très peu sensible au gel de printemps.

Goulaine, un cru au bord du marais

Une appellation de 1936 vouée au melon

L’AOC Muscadet Sèvre et Maine a été reconnue en 1936, parmi les toutes premières de France. Ses vins sont issus du seul cépage melon B, le Melon de Bourgogne. Les vignes occupent les coteaux à l’est de Nantes. Elles surplombent la Loire et le marais de Goulaine, ou suivent la Sèvre et la Maine.

L’appellation a codifié la « méthode nantaise » : garder le vin sur ses lies fines au moins un hiver, sans soutirage. Selon le cahier des charges, cet élevage apporte rondeur et gras. Au domaine, Les Bonnets Blancs, Les Gautronnières, Les Laures et le Clos Moulin Chartrie portent la mention « sur lie ».

Un cru communal reconnu en 2019

En juin 2019, l’INAO a reconnu quatre nouveaux crus communaux du Muscadet, dont Goulaine. Ils ont rejoint Clisson, Gorges et Le Pallet, reconnus en 2011. Selon son syndicat, Goulaine est la zone de cru la plus vaste : une succession de buttes de schistes ou de gneiss le long du bassin de Goulaine.

Pour l’INAO, son assise associe des micaschistes et des gneiss entrecoupés de filons de roches vertes, sur le pourtour du marais. Les hivers y sont particulièrement doux. Le cahier des charges impose un élevage sur lies fines au moins jusqu’au 1er avril de la deuxième année après la récolte.

Le Cru Goulaine du domaine va plus loin, avec 24 mois sur lie. En mars 2021, Jean-Jacques Bonnet présidait ce cru. Il résumait ainsi sa vision de l’élevage dans La Revue du vin de France : « Le travail sur lies permet de construire la chair du vin. Mais il faut toujours respecter l’équilibre des vins. »

Bio depuis 2005, biodynamie depuis 2010

Les dates d’une conversion

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en décembre 2005, sous le contrôle d’Ecocert. Tout le domaine est conduit sans produits chimiques de synthèse. La biodynamie a démarré officiellement en 2010 sur les 40 hectares. Le domaine a rejoint le syndicat Biodyvin en 2014 et porte son label.

Des préparations au rythme du calendrier lunaire

Dans les vignes, le but affiché est de favoriser la vie des sols et les défenses naturelles de la vigne. Le travail repose sur quelques gestes :

  • Labour et binage des sols
  • Fertilisation organique
  • Compost de bouse, bouse de corne (500) et silice de corne (501)
  • Tisanes et décoctions de plantes, comme l’ortie ou la prêle

Les dates d’intervention suivent le calendrier lunaire, avec ses jours feuilles, fleurs, fruits et racines. Les vignes sont palissées sur 3 fils et conduites sans désherbant. Les vendanges se font à la main.

Béton souterrain et œufs de terre cuite

Les rendements sont limités, et un pressurage lent suit la vendange. La fermentation se fait avec les levures naturelles du raisin. En cave, l’équipe revendique une approche peu interventionniste, pour obtenir des « vins vivants ».

Les Muscadet s’élèvent sur lie de 6 à 24 mois, dans des cuves béton souterraines verrées, les cuves traditionnelles du vignoble nantais. Une partie des cuvées passe dans des œufs en terre cuite de 700 litres, où le domaine affine ses plus grandes cuvées. La mise en bouteille se fait avec une faible dose de sulfites.

Du Muscadet sur lie au vin orange

Des Muscadet du plus fruité au plus minéral

Le domaine range ses Muscadet en trois familles : fruité, terroir et haute expression. Les Bonnets Blancs, tiré à 60 000 bouteilles, allie souplesse et fraîcheur. Il vient d’un sol sablo-limoneux sur gneiss et se vendange à la main, en grappes entières.

Les cuvées de terroir changent de registre. Les Gautronnières révèle un caractère puissant et minéral, avec du volume en bouche. Le Clos Moulin Chartrie mise sur la complexité et la puissance minérale de l’orthogneiss. Les Laures exprime des arômes d’agrumes et de fruits mûrs.

Le Cru Goulaine, tiré à 7 000 bouteilles, est un vin de garde. Médolia, en Vin de France, assemble deux terroirs de Melon, élevés 12 mois en œufs de terre cuite.

Pinot gris, Folle blanche et Syrah

Le domaine ne s’arrête pas au Melon. Ordolia, né avec le millésime 2019, est un vin orange de Pinot gris. Les raisins macèrent un peu plus d’un mois en œufs de terre cuite, sans soufre ajouté. Le domaine lui prête des arômes de fruits rouges, d’agrumes et de fleurs, avec des touches mentholées.

Plant-B, en Folle blanche, est un vin frais et iodé sans sulfites ajoutés. Deux Syrah, Seraine et Ceptentrional, sont elles aussi sans sulfites ajoutés. En IGP Val de Loire, on trouve un Pinot gris, un rosé de Cabernet franc et Cabecôt (Cabernet franc et Côt). Tougri y assemble Sauvignon gris, Pinot gris et Chardonnay.

Deux méthodes traditionnelles complètent la gamme. Nuit Boréale associe Chardonnay, Pinot gris et Melon de Bourgogne. Perles d’Agathe repose à 90 % sur le Pinot noir.

Ce qu’en ont dit les dégustateurs

En 2022, Jim Budd a noté Les Laures 2020 93/100 pour le magazine Decanter. Il y voyait un Muscadet complexe et concentré, pour les poissons grillés. La même année, Alexis Goujard a retenu Les Gautronnières dans sa cave idéale à petit budget, pour La Revue du vin de France.

Plus tôt, le Guide des meilleurs vins de France 2021 avait donné 92/100 à Les Laures 2019 et à Ordolia 2019.

Venir à la Levraudière

Dégustation au caveau et visites de groupe

Le caveau reçoit pour déguster les Muscadet et les vins du Val de Loire. Les groupes, à partir de 10 personnes, suivent une visite guidée d’1 h 30 sur réservation. Le parcours passe par le chai, les cuves enterrées et les jarres en terre cuite. Il se termine par une dégustation commentée.

Pour les professionnels, une formule d’initiation parcourt l’histoire du domaine, du pressoir au chai, puis propose une initiation aux arômes du vin. Une formule de team building, animée par un sommelier, accueille de 15 à 60 personnes.

Portes ouvertes, trottinette et Bretagne

Deux rendez-vous reviennent chaque année : les portes ouvertes de printemps et la journée « Muscadet de Noël ». Celle-ci marie les vins à des plats de chefs cuisiniers locaux. En 2024, les jeunes chefs et sommeliers du lycée hôtelier Nicolas Appert y étaient associés.

Avec Trott’in Nantes, le domaine propose aussi une balade dans le vignoble en trottinette tout-terrain électrique, suivie d’une visite de la cave. En Bretagne, il tient un point de vente à Saint-Philibert, dans le Morbihan.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine des Maisons Brûlées

    Le Domaine des Maisons Brûlées cultive 8 hectares de vignes en bio à Pouillé, sur les coteaux d’argile à silex de la rive sud du Cher. Corinne et Paul Gillet l’ont repris en 2013 à Michel Augé, après une épicerie fine à Mulhouse et des restaurants à Buenos Aires. Neuf cépages, du sauvignon au côt, partent en vendange entière, passent par le bois et se mettent en bouteille à la main, sans sulfites ajoutés. Une douzaine de cuvées sortent chaque année en Vin de France, pétillants naturels compris.

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

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