Vignoble du domaine de Maouries

Domaine de Maouries

Région viticole

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Sud-Ouest

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Sommaire

Sur le chemin des Crêtes, une famille de vignerons depuis 1907

Quatre générations, et deux arrivées récentes

Le Domaine de Maouries est un domaine familial du Gers, conduit en agriculture biologique. Familial depuis 1907, il est installé à Labarthète, sur le bien nommé chemin des Crêtes. Son vignoble touche aux confins du département, aux limites des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques.

La famille Dufau en est à sa quatrième génération. Isabelle et Pascal ont vu arriver la suivante : Claire en 2017, puis son frère Rémi en 2020. L’équipe se partage le travail, chacun gère sa partie et les rôles se complètent.

Isabelle tient la vente à la propriété, la logistique et l’administratif. Pascal participe à la conduite de la vigne et aux vinifications. Rémi s’occupe surtout du vignoble. Claire prend en charge les vinifications et la vente aux professionnels, en France comme à l’export.

Engagé en bio en 2021, contrôlé par Certisud

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 21 juillet 2021, auprès de l’organisme certificateur Certisud. En 2024, son site se disait encore « en conversion ». L’annuaire de l’Agence Bio classe aujourd’hui ses raisins de cuve et ses vins en AB. Le domaine est aussi certifié Haute Valeur Environnementale (HVE).

Dans les vignes, la famille n’utilise ni herbicides, ni engrais chimiques, ni insecticides, ni aucun autre produit phytosanitaire de synthèse. Elle entretient et réhabilite des zones d’intérêt écologique : prairies permanentes, zones enherbées, haies bocagères et points d’eau. Ces zones couvrent la moitié des surfaces exploitées.

Trois îlots de vignes, entre Madiran et Saint-Mont

Vingt-cinq parcelles sur trois communes

Les 28 hectares du domaine se répartissent en 25 parcelles, plantées sur trois communes et regroupées en trois îlots. Chaque îlot a son sol et ses vins. Elles permettent au domaine d’élaborer des vins en quatre appellations : Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh, Saint-Mont et IGP Côtes de Gascogne.

À Viella, les vignes occupent des coteaux plein sud aux sols argilo-calcaires. Elles donnent les Madiran et les Pacherenc du domaine. La famille leur doit, dit-elle, complexité, puissance et finesse. Le Madiran Cailloux de Pyren assemble ainsi plusieurs terroirs de Viella : argilo-calcaires et galets roulés posés sur des argiles bigarrées jaunes et rouges.

Autour du domaine, à Labarthète, les parcelles en Saint-Mont profitent d’un terroir plus frais. Elles occupent le plateau, sur des limons à galets roulés. Les parcelles les plus vigoureuses, aux orientations fraîches, servent aux Côtes de Gascogne. Enfin, à Lannux, la famille travaille un petit îlot limono-sableux de 2 hectares, planté en Gros et Petit Manseng.

Viella, seule commune ajoutée au Madiran depuis 1948

Le Madiran est reconnu en appellation depuis 1948. Il est réservé aux vins rouges, et son aire s’étend sur trois départements voisins. Le Gers n’y compte que trois communes, dont Viella. Celle-ci a été la seule ajoutée à l’aire d’origine, en 1966.

Le Tannat y est le cépage principal. Pour les Dufau, il donne au vin sa charpente et son originalité, tandis que les Cabernets Franc et Sauvignon apportent bouquet, souplesse et puissance. Le chai de Labarthète peut vinifier et élever ces vins : le cahier des charges range la commune dans l’aire de proximité immédiate du Madiran.

Sur le même coteau de Viella naissent les Pacherenc du Vic-Bilh, blancs secs ou moelleux. Ils reposent sur le Gros et le Petit Manseng et sur le Courbu. Le domaine les élève 4 à 6 mois en fûts de chêne.

Un domaine indépendant dans le Saint-Mont

Labarthète et Lannux figurent parmi les communes de l’aire du Saint-Mont. L’appellation s’est construite autour d’un collectif. Son premier syndicat naît en 1957, avec trois caves coopératives créées au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Reconnu en VDQS en 1981, le Saint-Mont devient une AOC en 2011.

Maouries se présente comme l’un des rares domaines indépendants de l’appellation. Pour les rouges, le cahier des charges impose au moins 60 % de Tannat dans l’encépagement. Le Tannat et les cépages noirs destinés aux rouges s’y vendangent obligatoirement à la main.

Onze cépages, du Gamay au Petit Courbu

Le domaine cultive onze cépages. En rouge : Tannat, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Fer Servadou, Merlot et Gamay. En blanc : Sauvignon Blanc, Chardonnay, Petit et Gros Manseng, et Petit Courbu.

Les trois derniers sont des cépages autochtones du piémont pyrénéen. Ils se retrouvent ensemble dans le Pacherenc sec Equinoxe, dont les raisins entrent au chai à l’équinoxe d’automne. Le Sauvignon, le Chardonnay et le Gamay, eux, sont les plus précoces du domaine.

Des Tannat de garde aux vins de soif

Les Orchis de Pyren et l’Anthocyane, élevés en fût

Deux rouges portent la garde du domaine. Les Orchis de Pyren, un Madiran 100 % Tannat, vient d’une sélection parcellaire de vieux Tannats. La parcelle est entourée de bois et parsemée d’orchidées sauvages. La famille ne l’élabore que sur les millésimes solaires.

Le vin rappelle les paniers de mûres et les figues rôties au soleil, avec des tanins fins et une finale fraîche. Il se garde 5 à 10 ans. Le Saint-Mont Anthocyane associe le Tannat au Fer Servadou. Le Guide Hachette le dit né de ceps de 80 ans. Il mêle fruits noirs bien mûrs, vanille, pruneau et poivre noir.

Ces deux vins passent entre 8 et 18 mois en fûts de chêne, selon le vin recherché. Le Guide Hachette note 12 mois d’élevage pour l’Anthocyane 2022, et le trouve « à mettre en cave ».

Des Côtes de Gascogne de cépage, à boire jeunes

À l’opposé, les Côtes de Gascogne jouent le fruit et la jeunesse. Le blanc sec Les Grappes assemble Sauvignon et Chardonnay, sur le pamplemousse rose et la pêche blanche. Le rosé Les Grains est un pur Fer Servadou, qui sent la framboise et la fraise fraîches.

Le blanc doux Les Fruits, pur Gros Manseng, joue l’ananas et les fruits exotiques frais. Quant à Les Jus, un Gamay, la famille le présente elle-même comme son « rouge glouglou ». Côté Saint-Mont, le rouge Domaine de Maouries se revendique « vin des copains » : cerise, fraise, bourgeon de cassis et finale épicée.

Grains d’Hiver et Maori, les douceurs de la maison

Le Pacherenc moelleux Grains d’Hiver se vendange quand l’hiver approche. Amis et voisins viennent alors aider à cueillir le Petit Manseng sur le coteau argilo-calcaire de Viella. Le vin évoque la gelée de coing et les pommes au four.

Le Maori est un vin doux de Tannat. Le moût, partiellement fermenté, est mélangé à de l’alcool issu de la distillation de marc de raisin. Élaboré sans filtration ni conservateurs, il laisse un léger dépôt. Il se sert bien frais, vers 5 °C.

Au chai de Labarthète, des premiers Sauvignons aux derniers Mansengs

Des vendanges étalées de fin août à fin octobre

Les vendanges démarrent fin août avec les cépages précoces. Elles s’échelonnent ensuite selon les maturités jusqu’à la fin octobre. Le Grains d’Hiver, lui, réunit les derniers raisins de la saison. Certaines parcelles sont récoltées et triées à la main, notamment en Saint-Mont, en Madiran et en Pacherenc doux.

Après éraflage, les raisins rouges vont directement en cuve, les blancs et le rosé au pressoir. La famille vinifie de façon traditionnelle, en cherchant d’abord le fruit et l’équilibre. Les extractions restent douces et les macérations durent de 0 à 4 semaines, selon la qualité des raisins et le vin visé.

Le soufre est utilisé le moins possible : à la vendange et en élevage, seulement si nécessaire, avec un ajustement à la mise en bouteille. La filtration varie selon les cuvées, et un dépôt naturel peut apparaître. Le domaine conseille de verser le fond de la bouteille à travers une petite passoire à thé.

Ce que la critique a goûté chez les Dufau

Le Guide Hachette suit le domaine d’une édition à l’autre. Dans l’édition 2022, il a donné trois étoiles et un coup de cœur au Grains d’Hiver 2020. L’édition 2026 retient l’Anthocyane 2022 et le Côtes de Gascogne Les Fruits 2024.

Les Orchis de Pyren 2018 a reçu une médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2022. La même année, le magazine Terre de Vins lui a donné un coup de cœur, noté 18/20. Le Grains d’Hiver 2021 a obtenu 91/100 dans la Revue des Vins de France en 2023.

Les Orchis de Pyren a aussi été choisi comme vin ambassadeur de l’appellation Madiran en 2023, 2024 et 2025.

Une visite guidée sur rendez-vous

Le domaine propose une visite guidée et une dégustation sur rendez-vous, toute l’année. On y parle anglais. Maouries adhère aux Vignerons Indépendants et affiche les marques Vignobles & Découvertes et Bienvenue à la Ferme.

La famille se déplace aussi. Elle présente ses vins sur des foires et des salons à travers toute la France. Au domaine, elle organise des portes ouvertes, comme en novembre 2025.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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