Domaine Dominique Gruhier - Rangs de vigne sur le coteau, face à la vallée

Domaine Dominique Gruhier

  • Bourgogne

    Région viticole

  • 32ha

    Surface du vignoble

  • 1212

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2003

Sommaire

Le cellier des moines de Quincy, rendu à la vigne

Le Domaine Dominique Gruhier occupe l’Abbaye du Petit Quincy, à Épineuil, dans l’Yonne. Ce vigneron bio y travaille plus de 32 hectares de vignes, entre les coteaux d’Épineuil et le Chablisien. Le lieu est un ancien cellier cistercien, et toute l’histoire du domaine part de là.

1212, une donation du seigneur de Tonnerre

En 1212, le seigneur de Tonnerre fait une donation aux moines de l’abbaye cistercienne de Quincy. Ceux-ci repèrent à Épineuil des coteaux très propices à la vigne. Ils y construisent le domaine et développent autour un vignoble important.

Le vignoble se fait vite connaître au-delà des frontières. L’interprofession des vins de Bourgogne rappelle que les abbayes de Saint-Michel et de Quincy produisaient ici des vins réputés dès le haut Moyen Âge. Sous Louis XVIII, Épineuil compte encore 362 hectares de vignes.

Du gel de 1956 à la relance de 1978

Le phylloxéra détruit le vignoble à la fin du XIXe siècle. Les vignerons replantent alors les meilleures terres. Puis les gelées de 1956 le détruisent une seconde fois.

Avec le changement de génération, l’activité est presque abandonnée. Elle repart à partir de 1978, sous l’impulsion du maire André Durand et d’une poignée de vignerons, qui redonnent vie aux vins d’Épineuil.

Depuis 1989, la famille Gruhier au Petit Quincy

En 1989, Jean-Paul et Malou Gruhier reprennent l’Abbaye du Petit Quincy, aussi appelée château d’Épineuil. Le lieu est superbe, mais en mauvais état. Leur fils Dominique les rejoint en 1990 avec 4,5 hectares de vignes. Il rend aux dépendances leur fonction première de cellier.

En 1991, son père ajoute au domaine 16 hectares cédés par un vigneron. Une nouvelle cuverie, entièrement enterrée, voit le jour. La restauration des vignes et des bâtiments occupe la famille pendant des années. Dominique Gruhier achète ensuite d’autres parcelles et plante sur de beaux climats.

Domaine Dominique Gruhier - Les anciennes dépendances de l’abbaye autour de la cour
Les dépendances de l’abbaye, rendues à leur rôle de cellier. Photo Antoine Martel.

Trente-deux hectares entre Épineuil et le Serein

Le vignoble dépasse aujourd’hui 32 hectares. Il couvre les appellations Bourgogne Épineuil, Bourgogne Tonnerre, Petit Chablis, Chablis, Chablis premier cru Montée de Tonnerre et Crémant de Bourgogne. Le domaine en tire 14 cuvées.

La colline d’Épineuil, face à Tonnerre

Épineuil est une dénomination géographique de l’appellation Bourgogne, rattachée aux vignobles de Chablis et du Grand Auxerrois. Elle donne des rouges de pinot noir et des rosés. La colline d’Épineuil fait face à Tonnerre, sur la rive droite de l’Armançon.

Les vignes y occupent des versants escarpés, entre 140 et 265 mètres d’altitude. Elles regardent vers le sud-est, le sud, le sud-ouest ou le nord-ouest, à l’abri des vents du plateau de Langres. Le chardonnay, lui, donne le Bourgogne Tonnerre et les chablis du domaine.

Le Chablis vient de quatre parcelles sur la rive droite du Serein. Deux sont très pentues et tournées vers l’est, les deux autres s’étendent sur le plateau. Les vignes du crémant extra brut entourent Épineuil, non loin de Chablis et des vignes de Champagne de l’Aube.

Domaine Dominique Gruhier - Dominique Gruhier au volant, entre deux parcelles
Dominique Gruhier au volant, dans le vignoble. Photo Antoine Martel.

Le Kimméridgien et ses minuscules huîtres fossiles

Les fiches techniques du domaine décrivent presque toutes le même socle : un sol argilo-calcaire du Kimméridgien. Cet étage du Jurassique date d’environ 155 millions d’années.

Il renferme des amas de petites huîtres fossiles de quelques millimètres, en forme de virgule, les Exogyra virgula. On le retrouve sous les chablis comme sous les rouges d’Épineuil. Pour Dominique Gruhier, le terroir est le socle même de la Bourgogne, et seul un sol vivant permet à la vigne de l’exprimer.

Domaine Dominique Gruhier - Une poignée de terre caillouteuse prise entre les rangs
Une poignée de terre caillouteuse, prise entre les rangs. Photo Antoine Martel.

Côte de Grisey et Dannots, deux parcelles de pinot noir

La cuvée Juliette vient de la meilleure parcelle du domaine sur la Côte de Grisey. Elle couvre 1,14 hectare, exposé au sud-est sur une pente de 45 %. La couche arable y est fine, et les racines doivent plonger très profond pour trouver l’eau.

L’Âme des Dannots naît d’une parcelle de 1,29 hectare, exposée au sud-ouest et plantée en 1981. Le domaine y garde une vieille sélection massale de pinot noir, qu’il multiplie pour ses plantations. Ses grappes, assez longues et peu compactes, résistent naturellement à la pourriture.

Bio depuis 2003, sans intrants à la cave

De la décision de 1999 à la conversion de 2003

C’est en 1999 que Dominique Gruhier choisit la production biologique et les vins sans intrants. La conversion des vignes commence en 2003. Le domaine est aujourd’hui certifié en agriculture biologique, pour ses raisins comme pour ses vins.

Domaine Dominique Gruhier - Dominique Gruhier accroupi dans ses vignes
Dominique Gruhier dans ses vignes, conduites en bio depuis 2003. Photo Antoine Martel.

Les vignes sont plantées serré, à 9 600 pieds par hectare pour la plupart, et taillées en guyot, notamment en guyot Poussard. Dans les vignes des crémants, le sol est travaillé sous le rang trois à quatre fois par an. Les traitements bio s’y complètent de purins et de tisanes.

Nichoirs, haies et brebis dans les rangs

En 2020, la Ligue pour la protection des oiseaux a dressé un diagnostic de l’écosystème du domaine. Le constat était rassurant : l’environnement est préservé. De nombreux nichoirs ont depuis été posés dans le vignoble, et une campagne de plantation de haies et d’arbres a été prévue.

L’hiver 2023, des brebis sont venues pour la première fois entretenir les vignes. L’essai a été reconduit en 2024. Le domaine compte l’étendre à toutes ses parcelles, en rotation sur trois ans.

Levures indigènes et grappes entières

La date de vendange se décide en goûtant les raisins : le jus, la pulpe, la peau, les pépins et jusqu’à la rafle. Pour les rouges de parcelle, la vendange est manuelle, triée, puis mise en cuve en grappes entières. Les fermentations démarrent seules, avec les levures indigènes et sans intrants.

Les rouges s’élèvent ensuite en pièces bourguignonnes de 228 litres, surtout en chêne de la forêt de Tronçais. Les crémants fermentent en cuve inox et en demi-muids de 400 et 600 litres. Le tirage, la prise de mousse et le dégorgement se font dans les caves du domaine.

Domaine Dominique Gruhier - Dégustation au fût dans la cave d’élevage
Dégustation au fût, dans la cave d’élevage.

Quatorze cuvées, du chablis au crémant brut nature

Des rouges d’Épineuil frais et salins

Les rouges misent sur le fruit et la fraîcheur. Le Bourgogne Épineuil associe la cerise, le cassis et le pétale de rose à une finale saline. La cuvée Juliette joue la finesse : fruits rouges frais, poivre, menthe, puis une bouche longue et salivante.

L’Âme des Dannots, plus dense, mêle fruits rouges, poivre fin, violette et thym, avec beaucoup de matière. Elle a reçu un coup de cœur du Guide Hachette des vins 2026 pour son millésime 2022, noté deux étoiles. Le même guide lui avait déjà décerné un coup de cœur dans son édition 2014, pour le millésime 2011.

Chablis, Petit Chablis et Montée de Tonnerre

Le Chablis fermente sans intrants, à 70 % en cuve inox et à 30 % en fûts. Il livre des fruits jaunes, des agrumes et des notes toastées, puis une finale salivante. Le Petit Chablis, plus direct, part sur les fleurs blanches et le citron.

La gamme compte aussi le Petit Chablis Sur les Clos et le premier cru Montée de Tonnerre. Le Bourgogne Tonnerre, élevé en partie sous bois, s’ouvre sur les fruits exotiques et finit sur une note saline.

Des crémants élaborés dans les caves de l’abbaye

Le domaine élabore plusieurs crémants de Bourgogne : un extra brut blanc, un rosé et la grande cuvée Pinot Noir d’Édouard. Cette dernière est un blanc de noirs en brut nature, sans aucun dosage, fermenté en demi-muids.

L’extra brut blanc offre des bulles fines et des notes de fruits à chair blanche, de crème pâtissière et de cédrat. Le blanc de noirs joue plutôt sur les fruits rouges et les épices douces. Le domaine vend ses vins en France et dans plus de 30 pays.

Une abbaye cistercienne ouverte aux visiteurs

La boutique du chai

Le domaine reçoit dans sa boutique, au Petit Quincy. Toute la gamme peut s’y déguster. Pour une visite, mieux vaut prévenir avant de venir.

Domaine Dominique Gruhier - La boutique du domaine, entre fûts et comptoirs
La boutique du domaine, au Petit Quincy. Photo Antoine Martel.

Visites de groupe et réceptions à la carte

L’abbaye accueille aussi des visites de groupe et des dégustations. Ses bâtiments se privatisent pour des réceptions et des animations à la carte.

Dominique Gruhier se dit dépositaire d’un héritage de plus de 800 ans. Il le résume d’une image : « La vigne nous relie à la terre. Elle l’exprime à sa manière. »

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Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine Jean-Claude Bachelet et Fils

    Au hameau de Gamay, à Saint-Aubin, Benoît et Jean-Baptiste Bachelet cultivent 10 hectares de vignes, engagés en bio depuis 2019. Leurs plus de 20 climats s’étendent sur Saint-Aubin, Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet, jusqu’au grand cru Bienvenues-Bâtard-Montrachet. Dans leur chai, le vin circule sans pompe depuis 2010, puis s’élève 18 mois en fût de chêne sur lies fines. Leur premier cru Sous le Puits, sur les hauteurs de Blagny, a reçu un coup de cœur et trois étoiles au Guide Hachette 2009.

  • Domaine Jean-Claude Rateau

    Le Domaine Jean-Claude Rateau cultive 10,5 hectares à Beaune, des premiers crus de la ville aux Hautes-Côtes de Beaune. Installé en 1979 sur deux hectares de vignes familiales, Jean-Claude Rateau mène au Clos des Mariages les premiers essais bourguignons de pratiques biodynamiques. Engagé en bio depuis 1995, le domaine vendange à la main, pige ses rouges matin et soir et fait fermenter ses blancs en fût avec les levures du raisin. Sa gamme va des appellations régionales aux premiers crus Bressandes, Reversées et Coucherias.

  • Domaine Tortochot

    Le Domaine Tortochot cultive 12 hectares en bio à Gevrey-Chambertin, où la famille fait du vin depuis 1865. Chantal Michel-Tortochot, quatrième génération, a repris les vignes en 1997 après quinze ans dans le monde des affaires. Ses 16 pinots noirs vont du bourgogne au Chambertin, une parcelle haute travaillée au cheval, avec quatre grands crus en tout. Fermentés avec les levures indigènes, ils ne sont ni collés ni filtrés, et le Mazis 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2025.

  • Domaine Benoît Ente

    Le Domaine Benoît Ente cultive 23 parcelles à Puligny-Montrachet, en partie héritées en 1990 des grands-parents de Benoît Ente. Engagée en bio chez Ecocert en 2019, l’exploitation soigne ses vignes à la main, des « bas » de Puligny jusqu’aux coteaux. Sa plus vieille parcelle, plantée en 1943, donne Nexe Flore, une cuvée vinifiée uniquement sous verre. Chaque vin est élevé 18 mois sous bois et sous verre puis en inox, jusqu’aux premiers crus Clos de la Truffière et Folatières En la Richarde.

  • Domaine Papillon-Lavoignat

    Le Domaine Papillon-Lavoignat cultive 19,77 hectares à Péronne, dans le nord du Mâconnais, dont près de 16 hectares en Mâcon-Péronne. Engagé en bio en 2022, il signe avec le millésime 2025 sa première vendange certifiée. Ses chardonnays viennent de lieux-dits comme Les Quartiers, aux vignes de 90 à 100 ans, ou Montépin, élevé entre fût et inox. La gamme compte aussi un aligoté, un pinot noir et trois effervescents, dont deux Crémants de Bourgogne.

  • Domaine du Comte Liger-Belair

    Le Domaine du Comte Liger-Belair cultive 10,5 hectares à Vosne-Romanée, Flagey-Échezeaux et Nuits-Saint-Georges, en bio et en biodynamie labellisée Biodyvin. Installée au château de Vosne depuis 1815, la famille a vu ses vignes vendues aux enchères en 1933 et n’en a racheté qu’une part. Ingénieur en agriculture et œnologue, Louis-Michel Liger-Belair reprend en 2000 les vignes restées dans la famille, dont le grand cru La Romanée en monopole. Ses 15 cuvées viennent de sols labourés en partie à cheval et s’élèvent en fûts neufs, sans collage ni filtration.

  • Domaine du Cellier aux Moines

    Le Domaine du Cellier aux Moines cultive à Givry le clos que les cisterciens de La Ferté ont planté vers 1130, autour d’un cellier inscrit aux monuments historiques. Philippe et Catherine Pascal l’ont acquis en 2004 et le conduisent en biodynamie, labellisée Biodyvin, avec Guillaume Marko. Le domaine possède 5 hectares du Clos du Cellier aux Moines, premier cru de pinot noir, le petit Clos Pascal et des chardonnays de Montagny à Puligny-Montrachet. Les vins naissent dans une cuverie en gravité construite dans l’ancienne carrière de Givry, sans aucun pompage.

  • Domaine Pattes Loup

    Le Domaine Pattes Loup est né en 2005 à Courgis, quand Thomas Pico a repris des vignes familiales du Domaine de Bois d’Yver pour les convertir au bio. Certifié en agriculture biologique depuis 2009, il est aujourd’hui adhérent de Demeter, le label de la biodynamie. Le domaine produit du chablis, dont la cuvée Vent d’Ange, et trois premiers crus : Côte de Jouan, Beauregard et Butteaux. Vendanges tardives et élevages longs, en fûts, cuves ovoïdes ou amphores, donnent des chablis denses et minéraux.

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