Domaine du Cellier aux Moines - Le cellier cistercien et sa maison au-dessus des rangs du Clos

Domaine du Cellier aux Moines

  • Bourgogne

    Région viticole

  • BioBiodyvin

    En bio depuis 2017

Sommaire

Un clos de Givry tenu par les cisterciens de La Ferté

Le Domaine du Cellier aux Moines est un domaine viticole de Givry, en Côte chalonnaise, conduit en biodynamie certifiée Biodyvin. Son nom dit son origine : un cellier bâti par des moines cisterciens, entouré d’un clos de vignes. Ce clos est aujourd’hui un Givry premier cru.

Les bâtiments dominent le bourg depuis le coteau. On y trouve un vaste cellier cistercien, une maison et ses dépendances. Les plus anciennes constructions remontent à 1130.

Un pressoir sur la colline vers 1130

L’histoire part de Cîteaux, où quelques moines venus de Cluny s’installent en 1098 pour vivre selon la règle de saint Benoît. En 1113, l’abbé Étienne Harding envoie douze d’entre eux fonder une première « fille » au sud. Ce sera l’abbaye de La Ferté-sur-Grosne, dotée de terres et de forêts par les comtes de Chalon.

Des recherches historiques récentes datent de 1120 à 1130 un vignoble planté sur une colline de Givry. Il avait son cellier, équipé d’un pressoir. Les moines de La Ferté le devaient à deux donateurs : Hugues II, duc de Bourgogne, et Foulques de Réon, un seigneur de Chalon. Les limites de ce clos sont celles du premier cru actuel.

Sept siècles de moines, puis la famille Pascal

Les moines de La Ferté exploitent le domaine pendant sept siècles, jusqu’à la Révolution française. Une même famille le garde ensuite deux siècles durant.

Domaine du Cellier aux Moines - Croix de pierre sculptée dressée au-dessus des vignes
Une croix de pierre sculptée veille sur les vignes.

En 2004, Philippe et Catherine Pascal l’achètent avec leurs trois enfants, Camille, Marguerite et Alexis. Commence alors une longue restauration du cellier et du vignoble. Philippe Pascal a raconté cette histoire avec l’historien Gilles Platret. Leur livre, Neuf siècles au cœur de la Bourgogne, est paru chez Assouline en 2013.

Façades, toitures et moulin inscrits en 1970

Le Cellier aux Moines figure à l’inventaire des monuments historiques. Un arrêté du 15 avril 1970 a inscrit les façades et les toitures de tous les bâtiments. Le moulin à vent qui se dresse au-dessus du clos est inscrit lui aussi. La campagne de construction principale date du XIIe siècle.

Cinq hectares de premier cru et un clos de 27 ares

Le Clos du Cellier aux Moines couvre aujourd’hui 13 hectares, la même surface qu’au temps des moines. Le domaine en possède 5 hectares, en milieu et en haut de coteau, tout autour du cellier historique. Avec ses autres parcelles, il cultive près de dix hectares.

Plein sud, entre 269 et 298 mètres

Les vignes du Clos regardent plein sud, sur un coteau légèrement venté, entre 269 et 298 mètres d’altitude. Elles sont toutes plantées en pinot noir. Le sol est un argilo-calcaire caillouteux, avec des plaques de calcaire oolithique posées sur quelques veines de marne calcaire.

Deux générations de ceps s’y côtoient. 1,5 hectare a été planté entre 1973 et 1978. Les 3,5 hectares restants ont été replantés de pinots fins et très fins entre 2008 et 2012. La densité atteint 10 000 à 11 000 pieds par hectare.

Domaine du Cellier aux Moines - Vendangeurs dans les rangs au pied d'un mur de pierre
Vendanges à la main, au pied d’un mur de pierre.

Le Clos Pascal, replanté en échalas en 2010

Juste au-dessus du Clos, sous l’ancien moulin, un autre clos minuscule de 27 ares s’abrite derrière des murs très épais. Oublié depuis la crise du phylloxéra, il servait de pâture. La famille l’a replanté en 2010 et l’a baptisé Clos Pascal, un monopole de l’appellation Givry.

La plantation y est très serrée : 13 000 pieds par hectare, conduits en échalas, sans rognage. Entre 300 et 310 mètres, le sol argilo-calcaire est peu profond et très caillouteux, sur des dalles de calcaire oolithique dur. Les herbes y sont parfois griffées à la main.

Des chardonnays de Montagny à Puligny-Montrachet

Pour élaborer des vins blancs, la famille Pascal a repris quelques parcelles de chardonnay, presque toutes en premier cru. Chacune garde sa fiche d’identité :

  • Les Pucelles, Puligny-Montrachet premier cru : 27 ares plantés en 1971, dans l’ancien Clos des Meix
  • Les Chaumées, Chassagne-Montrachet premier cru : 23 ares plantés en 1989
  • Beauregard, Santenay premier cru : 26 ares plantés en 1993, sous un ancien front de carrière
  • Les Combes, Montagny premier cru : 70 ares plantés en 2012, en milieu et haut de coteau
  • Les Margotons, Mercurey : 61 ares plantés en 1987, sur marnes calcaires blanches

Plus récemment, le domaine a planté du pinot noir en Givry village, sur le coteau des Gaurons.

Laisser faire la nature, du labour à la biodynamie

« Simplex natura » : les cisterciens résumaient ainsi leur façon de faire, intervenir le moins possible mais avec précision. Le domaine a repris la formule à son compte.

2006, les désherbants quittent le Clos

Dès la renaissance du domaine en 2006, la famille Pascal arrête les désherbants et les insecticides. Les sols sont de nouveau labourés. La faune et la flore reviennent : nichées de perdreaux, lièvres, et même des orchidées sauvages entre les rangs.

Bio en 2016, biodynamie dès 2017

En 2015, la famille et son responsable technique décident d’aller plus loin. Le millésime 2016 est le premier conduit en bio, de la vigne à la cave. Dès 2017, tout le domaine passe à la biodynamie, de la conduite des vignes à la mise en bouteille.

L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis 2017, contrôlée par Ecocert. Elle est aussi adhérente de Biodyvin, le label des vignerons en biodynamie.

Guillaume Marko, aux vignes et aux vins

Guillaume Marko a rejoint le domaine en 2015 comme responsable technique, pour les vignes comme pour les vins. Diplômé national d’œnologie à Dijon, il a fait son apprentissage dans de grands domaines de la Côte de Nuits. Il est aujourd’hui cogérant de l’exploitation, aux côtés de Philippe et Catherine Pascal.

Une cuverie en gravité dans l’ancienne carrière de Givry

En 2015, le domaine inaugure une cuverie construite dans l’ancienne carrière de Givry, sous le cellier historique. Son architecture s’inspire des bâtiments cisterciens.

Quatre niveaux et aucune pompe

La cuverie fonctionne sur quatre niveaux. Les raisins passent du tri aux foudres de fermentation. Les vins descendent ensuite vers les fûts, puis vers l’assemblage, sans aucun pompage d’un étage à l’autre. Les moûts et les vins s’oxydent ainsi moins.

Trois des quatre niveaux sont enterrés, ce qui régule naturellement la température et l’hygrométrie. Le bâtiment consomme très peu d’énergie.

Grappes entières, foudres et levures indigènes

À l’approche des vendanges, l’équipe goûte les raisins chaque jour, parcelle par parcelle. Elle cherche l’équilibre entre les sucres, la maturité des tanins et l’acidité. Le pinot noir du Clos est cueilli à la main, puis porté en petites caisses jusqu’à la table de tri. Selon l’année et la parcelle, 5 à 30 % des grappes en sont écartées.

Domaine du Cellier aux Moines - Tri des grappes de pinot noir à la table de tri
Le tri du pinot noir, grappe par grappe.

Le Clos est suivi en petites parcelles distinctes, de la vigne jusqu’à la fin de l’élevage. Les raisins sains et mûrs restent en grappes entières et macèrent à froid plusieurs jours en foudres. La fermentation part seule, avec les levures indigènes. Le vin reste ensuite quelques jours avec les peaux et les rafles. Il descend enfin en fûts pour 12 à 18 mois d’élevage.

Des chardonnays cueillis à l’aube

Les chardonnays sont vendangés très tôt le matin et arrivent frais à la cuverie, toujours en petites caisses. Triés à la vigne, ils peuvent l’être une seconde fois au cuvage. Le pressurage se fait doucement, dans un pressoir pneumatique.

Les jus descendent par gravité dans de petites cuves thermorégulées, où ils sont débourbés à basse température. Ils rejoignent ensuite la cave pour fermenter et s’élever en fûts de chêne.

Des givry de garde et des blancs de la Côte de Beaune

La gamme tient en deux familles. D’un côté, les rouges de Givry, nés du Clos du Cellier aux Moines, du Clos Pascal et des Gaurons. De l’autre, les chardonnays, de Montagny à Puligny-Montrachet.

Fruits rouges, épices et tanins fondus

Le Clos Pascal 2015 a été décrit avec une robe pourpre intense et un nez de groseille, de framboise et d’épices. La bouche est fraîche et charnue, aux tanins fondus : un givry taillé pour la garde. Le Clos du Cellier aux Moines 2006 associait framboise et violette à des nuances minérales.

Côté blancs, Les Margotons 2008 offrait des arômes beurrés, miellés et floraux, sur le tilleul. La bouche laissait percer la noisette du fût.

Domaine du Cellier aux Moines - Service du vin rouge au chai, parmi les fûts
Le vin servi au chai, parmi les fûts.

Deux coups de cœur au Guide Hachette

Le Clos du Cellier aux Moines 2012 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur dans le Guide Hachette des Vins 2016. Le guide a aussi donné un coup de cœur aux Margotons 2008 (édition 2012) et deux étoiles au Clos Pascal 2015 (édition 2019).

Givry premier cru, au centre de la Côte chalonnaise

Givry occupe une position centrale dans la Côte chalonnaise, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Chalon-sur-Saône. L’appellation s’étend sur trois communes : Givry, Dracy-le-Fort et Jambles.

Une appellation de 1946 et 38 climats en premier cru

L’appellation Givry a été reconnue en 1946. Elle produit surtout des vins rouges, et parfois des blancs. 38 climats y sont classés en premier cru. Le Clos du Cellier aux Moines compte parmi les premiers crus historiques de la commune.

Le relief calcaire de la Côte chalonnaise regarde globalement vers l’est. Il sépare les contreforts du massif du Mont-Saint-Vincent, à l’ouest, de la plaine de la Saône.

Le vin qu’Henri IV exemptait de droits

Le givry était déjà prisé au Moyen Âge. Henri IV en faisait son ordinaire et l’exemptait même de droits d’entrée à Paris. À cette époque, on y cultivait déjà le pinot noir et le chardonnay, les deux cépages du Cellier aux Moines aujourd’hui.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine Jean-Claude Bachelet et Fils

    Au hameau de Gamay, à Saint-Aubin, Benoît et Jean-Baptiste Bachelet cultivent 10 hectares de vignes, engagés en bio depuis 2019. Leurs plus de 20 climats s’étendent sur Saint-Aubin, Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet, jusqu’au grand cru Bienvenues-Bâtard-Montrachet. Dans leur chai, le vin circule sans pompe depuis 2010, puis s’élève 18 mois en fût de chêne sur lies fines. Leur premier cru Sous le Puits, sur les hauteurs de Blagny, a reçu un coup de cœur et trois étoiles au Guide Hachette 2009.

  • Domaine Jean-Claude Rateau

    Le Domaine Jean-Claude Rateau cultive 10,5 hectares à Beaune, des premiers crus de la ville aux Hautes-Côtes de Beaune. Installé en 1979 sur deux hectares de vignes familiales, Jean-Claude Rateau mène au Clos des Mariages les premiers essais bourguignons de pratiques biodynamiques. Engagé en bio depuis 1995, le domaine vendange à la main, pige ses rouges matin et soir et fait fermenter ses blancs en fût avec les levures du raisin. Sa gamme va des appellations régionales aux premiers crus Bressandes, Reversées et Coucherias.

  • Domaine Tortochot

    Le Domaine Tortochot cultive 12 hectares en bio à Gevrey-Chambertin, où la famille fait du vin depuis 1865. Chantal Michel-Tortochot, quatrième génération, a repris les vignes en 1997 après quinze ans dans le monde des affaires. Ses 16 pinots noirs vont du bourgogne au Chambertin, une parcelle haute travaillée au cheval, avec quatre grands crus en tout. Fermentés avec les levures indigènes, ils ne sont ni collés ni filtrés, et le Mazis 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2025.

  • Domaine Benoît Ente

    Le Domaine Benoît Ente cultive 23 parcelles à Puligny-Montrachet, en partie héritées en 1990 des grands-parents de Benoît Ente. Engagée en bio chez Ecocert en 2019, l’exploitation soigne ses vignes à la main, des « bas » de Puligny jusqu’aux coteaux. Sa plus vieille parcelle, plantée en 1943, donne Nexe Flore, une cuvée vinifiée uniquement sous verre. Chaque vin est élevé 18 mois sous bois et sous verre puis en inox, jusqu’aux premiers crus Clos de la Truffière et Folatières En la Richarde.

  • Domaine Dominique Gruhier

    Le Domaine Dominique Gruhier occupe à Épineuil, dans l’Yonne, l’ancien cellier que les moines de l’abbaye de Quincy ont bâti en 1212. Installé en 1990, Dominique Gruhier y conduit plus de 32 hectares de vignes, en bio depuis 2003. Ses 14 cuvées vont du Bourgogne Épineuil au Chablis premier cru Montée de Tonnerre, jusqu’à un crémant blanc de noirs en brut nature. Ses vins fermentent avec leurs levures indigènes, sans intrants, et l’Âme des Dannots 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine Papillon-Lavoignat

    Le Domaine Papillon-Lavoignat cultive 19,77 hectares à Péronne, dans le nord du Mâconnais, dont près de 16 hectares en Mâcon-Péronne. Engagé en bio en 2022, il signe avec le millésime 2025 sa première vendange certifiée. Ses chardonnays viennent de lieux-dits comme Les Quartiers, aux vignes de 90 à 100 ans, ou Montépin, élevé entre fût et inox. La gamme compte aussi un aligoté, un pinot noir et trois effervescents, dont deux Crémants de Bourgogne.

  • Domaine du Comte Liger-Belair

    Le Domaine du Comte Liger-Belair cultive 10,5 hectares à Vosne-Romanée, Flagey-Échezeaux et Nuits-Saint-Georges, en bio et en biodynamie labellisée Biodyvin. Installée au château de Vosne depuis 1815, la famille a vu ses vignes vendues aux enchères en 1933 et n’en a racheté qu’une part. Ingénieur en agriculture et œnologue, Louis-Michel Liger-Belair reprend en 2000 les vignes restées dans la famille, dont le grand cru La Romanée en monopole. Ses 15 cuvées viennent de sols labourés en partie à cheval et s’élèvent en fûts neufs, sans collage ni filtration.

  • Domaine Pattes Loup

    Le Domaine Pattes Loup est né en 2005 à Courgis, quand Thomas Pico a repris des vignes familiales du Domaine de Bois d’Yver pour les convertir au bio. Certifié en agriculture biologique depuis 2009, il est aujourd’hui adhérent de Demeter, le label de la biodynamie. Le domaine produit du chablis, dont la cuvée Vent d’Ange, et trois premiers crus : Côte de Jouan, Beauregard et Butteaux. Vendanges tardives et élevages longs, en fûts, cuves ovoïdes ou amphores, donnent des chablis denses et minéraux.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine