Domaine Jean-Claude Rateau - Rangs de vigne enherbés en été, face à une colline boisée

Domaine Jean-Claude Rateau

  • Bourgogne

    Région viticole

  • 10,5ha

    Surface du vignoble

  • 1979

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 1995

Sommaire

Un vigneron de Beaune parti avant tout le monde

Le Domaine Jean-Claude Rateau cultive 10,5 hectares de vignes à Beaune, en Côte-d’Or, entre les premiers crus de la ville et les Hautes-Côtes de Beaune. Jean-Claude Rateau l’a fondé en 1979 sur les vignes de sa famille. Dès ses débuts, il a mené au Clos des Mariages les premiers essais bourguignons de pratiques biodynamiques. Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis 1995.

De la Grande Châtelaine aux Beaux Fougets, trois générations de Beaunois

Jean-Claude Rateau a connu les vendanges dès l’enfance, avec les casse-croûte au bout de la vigne et la paulée qui clôt la récolte. Son grand-père paternel, Lucien Rateau, était ouvrier caviste. Il avait planté sa propre vigne à La Grande Châtelaine, d’où il tirait un Côte de Beaune rouge et un blanc.

Son grand-père maternel, Marcel Boussey, était chef jardinier de la ville de Beaune. Il cultivait aux Beaux Fougets un Beaune village de très longue garde, dont son petit-fils a gardé les dernières bouteilles, mises de côté pour sa naissance en 1957. Son père, enfin, a cultivé et vinifié pour la famille Thoenig ses premières parcelles des Bressandes, des Prévolles et des Reversées.

Un tour de France, de Brouilly aux Graves

Après le lycée viticole, il part une année faire son « tour de France » chez d’autres vignerons. Il taille sur la colline de Brouilly, puis palisse et conduit ses premiers tracteurs dans les Graves. C’est en Beaujolais, près de Lyon, qu’il a ses premiers contacts avec la biodynamie.

1979, deux hectares et des essais au Clos des Mariages

Une méthode que personne ne pratiquait en Bourgogne

Le domaine se met en place en 1979, sur 2 hectares de vignes familiales. Dès le début, Jean-Claude Rateau oriente son travail vers des techniques qui ménagent l’environnement. Il installe au Clos des Mariages les premiers essais bourguignons de biodynamie.

À cette date, personne d’autre ne travaillait ainsi en Bourgogne. Il les a adoptées bien avant des domaines comme Leroy, Comtes Lafon ou Leflaive. Le Clos des Mariages se trouve au bas de la colline de Beaune, en appellation Beaune village.

Le gel de décembre 2009 a laissé une trace visible dans ce lieu-dit. En juin 2010, une section voisine n’avait presque plus une feuille, alors que les rangs du domaine, juste à côté, n’avaient pas perdu un seul cep.

Des sols étudiés avec Claude Bourguignon et Yves Hérody

Pour apprendre à conduire ses sols, le vigneron s’est appuyé sur des chercheurs : Claude Bourguignon, microbiologiste des sols, et Yves Hérody, pédologue. Avec le premier, il a souvent analysé ses parcelles pour mieux connaître leur santé et leur constitution.

L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis le 15 mars 1995, sous le contrôle d’Ecocert. Sa certification couvre le raisin de cuve et les vins. En 2026, elle compte aussi des vignes en conversion, à côté de celles déjà certifiées.

Dix hectares et demi, des Bressandes à la vallée des Monchots

Un vignoble agrandi avec des familles amies du bourgogne

Le vignoble a grandi grâce à des familles amatrices de vins de Bourgogne. Avec la famille Thoenig, le domaine plante en chardonnay le terroir des Coucherias. Avec la famille Baechtold, il produit ses premiers Bourgogne rouges sur Pommard, puis s’installe dans les Hautes-Côtes de Beaune, dans la vallée sauvage des Monchots.

Une dizaine d’années après ses débuts, Jean-Claude Rateau exploitait déjà une dizaine d’hectares. La crise du début des années 1990 l’a conduit à réduire un peu la surface. Au printemps 2022, le domaine annonçait 10 hectares et demi.

Quinze parcelles sur douze terroirs de Beaune

Le domaine réunit 15 parcelles sur 12 terroirs, en blanc et en rouge. Elles donnent 4 vins d’appellation régionale, 7 cuvées de village et 3 premiers crus. Les sols argilo-calcaires de Beaune y changent d’une situation à l’autre, des fortes pentes des Bressandes aux sols fertiles des Bourgognes de bas de coteau.

Aux Reversées, un sol d’argiles difficile à travailler porte des ceps dont certains dépassaient cent ans en 2010. Les Coucherias, une parcelle de 0,60 hectare au sol plus clair, sont plantées en blanc. Aux Prévolles, en Beaune village, un sol profond donne des vignes vigoureuses.

Lyres, vignes larges et vignes basses

Le domaine ne conduit pas toutes ses vignes de la même façon. Il compte des vignes larges, des vignes en lyres, des vignes basses et de jeunes vignes, avec plusieurs types de taille à l’essai. Sur la côte, Jean-Claude Rateau taille en cordon et laisse une vingtaine de centimètres entre les rameaux pour aérer le feuillage.

Domaine Jean-Claude Rateau - Murger de pierres sèches en bordure de parcelle
Un murger de pierres sèches au bord d’une parcelle du domaine.

Dans les Hautes-Côtes, il palisse en lyre, un mode de conduite haut que les appellations de la côte n’autorisent pas. Sa parcelle de Hautes-Côtes de Beaune blanc couvre 1,20 hectare. Plus fraîche que la colline de Beaune, elle mûrit environ deux semaines plus tard.

Une équipe de trois personnes tient le vignoble. Au printemps, des saisonniers la rejoignent pour la saison en vert : ébourgeonnage, relevage, accolage, avec quelques passages à la pioche.

Route de Bouze, une cave sans levure ajoutée ni bois neuf

Les chais se trouvent à la sortie ouest de Beaune, sur la route de Bouze, dans le climat des Teurons. Chaque parcelle y est vinifiée à part.

Des chardonnays pressés lentement et fermentés en fût

Les raisins blancs sont cueillis à la main, parcelle par parcelle, selon leur maturité. Le pressurage se fait en douceur, le jus s’égouttant lentement dans une cuve. Après une nuit de repos, il est séparé de ses bourbes.

Il fermente ensuite en fût de chêne, sans levure sélectionnée ni substance étrangère au raisin : les levures naturelles font leur travail à leur rythme. Les lies sont bâtonnées pour donner au vin du gras et de la finesse. Les blancs sont mis en bouteille au domaine en septembre ou en fin d’hiver.

Des pinots noirs pigés à la main, matin et soir

Pour les rouges, le chapeau de peaux est enfoncé dans le jus par un pigeage manuel, matin et soir, pendant toute la fermentation. Une partie des rafles est gardée certaines années, jamais en totalité. Le pinot noir est ensuite pressé, puis élevé en barriques de 9 à 18 mois.

Le soufre reste au minimum et le vin demeure sur ses lies jusqu’à la mise. En 2010, la cave ne comptait aucun fût neuf : les barriques, pour les rouges comme pour les blancs, avaient de trois à dix ans. Selon sa limpidité, le vin est filtré légèrement ou pas du tout.

Des Beaune frais, du fruit des régionales à la garde des premiers crus

Ce que chaque niveau d’appellation doit donner

Le domaine attend de chaque niveau un caractère précis. Les appellations régionales apportent le fruit et le plaisir, les Beaune l’ouverture et la complexité. Les premiers crus, eux, gagnent en profondeur et en potentiel de garde.

Les blancs sont voulus minéraux et directs, sans goût de bois. Jean-Claude Rateau juge son premier cru blanc à son meilleur vers quatre ou cinq ans, quand il gagne en complexité et en longueur. Les rouges montrent un fruit pur, parfois floral, et beaucoup de fraîcheur. Les Prévolles évoquent la violette, le Clos des Mariages le cassis et la griotte, les Bressandes une belle minéralité.

Beaune, ses 42 premiers crus et ses Hautes-Côtes

L’appellation Beaune couvre la seule commune de Beaune, en rouge et en blanc. Elle englobe 42 climats classés en premier cru, dont les Bressandes, les Reversées et les Coucherias. Son vignoble appartient à la Côte de Beaune, qui sépare les plateaux calcaires des Hautes-Côtes, à l’ouest, de la plaine de Bresse, à l’est.

Beaune passe pour la capitale des vins de Bourgogne. Les Hospices de Beaune y organisent depuis 1851 une vente aux enchères de charité de leurs vins. Le domaine travaille aussi en Côte de Beaune, à la Grande Châtelaine, et en Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune, sur les plateaux plus frais situés à l’ouest de la côte.

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L'agenda du Domaine Jean-Claude Rateau

  • Fontenay Sous Vignes 2026 - Affiche officielle de la 2e édition à la Halle Roublot

    Fontenay Sous Vignes

    Samedi 21 novembre, de 10 h à 19 h 30

    Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne)

    Organisé par Association œnologique de Fontenay

Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine Jean-Claude Bachelet et Fils

    Au hameau de Gamay, à Saint-Aubin, Benoît et Jean-Baptiste Bachelet cultivent 10 hectares de vignes, engagés en bio depuis 2019. Leurs plus de 20 climats s’étendent sur Saint-Aubin, Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet, jusqu’au grand cru Bienvenues-Bâtard-Montrachet. Dans leur chai, le vin circule sans pompe depuis 2010, puis s’élève 18 mois en fût de chêne sur lies fines. Leur premier cru Sous le Puits, sur les hauteurs de Blagny, a reçu un coup de cœur et trois étoiles au Guide Hachette 2009.

  • Domaine Tortochot

    Le Domaine Tortochot cultive 12 hectares en bio à Gevrey-Chambertin, où la famille fait du vin depuis 1865. Chantal Michel-Tortochot, quatrième génération, a repris les vignes en 1997 après quinze ans dans le monde des affaires. Ses 16 pinots noirs vont du bourgogne au Chambertin, une parcelle haute travaillée au cheval, avec quatre grands crus en tout. Fermentés avec les levures indigènes, ils ne sont ni collés ni filtrés, et le Mazis 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2025.

  • Domaine Benoît Ente

    Le Domaine Benoît Ente cultive 23 parcelles à Puligny-Montrachet, en partie héritées en 1990 des grands-parents de Benoît Ente. Engagée en bio chez Ecocert en 2019, l’exploitation soigne ses vignes à la main, des « bas » de Puligny jusqu’aux coteaux. Sa plus vieille parcelle, plantée en 1943, donne Nexe Flore, une cuvée vinifiée uniquement sous verre. Chaque vin est élevé 18 mois sous bois et sous verre puis en inox, jusqu’aux premiers crus Clos de la Truffière et Folatières En la Richarde.

  • Domaine Dominique Gruhier

    Le Domaine Dominique Gruhier occupe à Épineuil, dans l’Yonne, l’ancien cellier que les moines de l’abbaye de Quincy ont bâti en 1212. Installé en 1990, Dominique Gruhier y conduit plus de 32 hectares de vignes, en bio depuis 2003. Ses 14 cuvées vont du Bourgogne Épineuil au Chablis premier cru Montée de Tonnerre, jusqu’à un crémant blanc de noirs en brut nature. Ses vins fermentent avec leurs levures indigènes, sans intrants, et l’Âme des Dannots 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine Papillon-Lavoignat

    Le Domaine Papillon-Lavoignat cultive 19,77 hectares à Péronne, dans le nord du Mâconnais, dont près de 16 hectares en Mâcon-Péronne. Engagé en bio en 2022, il signe avec le millésime 2025 sa première vendange certifiée. Ses chardonnays viennent de lieux-dits comme Les Quartiers, aux vignes de 90 à 100 ans, ou Montépin, élevé entre fût et inox. La gamme compte aussi un aligoté, un pinot noir et trois effervescents, dont deux Crémants de Bourgogne.

  • Domaine du Comte Liger-Belair

    Le Domaine du Comte Liger-Belair cultive 10,5 hectares à Vosne-Romanée, Flagey-Échezeaux et Nuits-Saint-Georges, en bio et en biodynamie labellisée Biodyvin. Installée au château de Vosne depuis 1815, la famille a vu ses vignes vendues aux enchères en 1933 et n’en a racheté qu’une part. Ingénieur en agriculture et œnologue, Louis-Michel Liger-Belair reprend en 2000 les vignes restées dans la famille, dont le grand cru La Romanée en monopole. Ses 15 cuvées viennent de sols labourés en partie à cheval et s’élèvent en fûts neufs, sans collage ni filtration.

  • Domaine du Cellier aux Moines

    Le Domaine du Cellier aux Moines cultive à Givry le clos que les cisterciens de La Ferté ont planté vers 1130, autour d’un cellier inscrit aux monuments historiques. Philippe et Catherine Pascal l’ont acquis en 2004 et le conduisent en biodynamie, labellisée Biodyvin, avec Guillaume Marko. Le domaine possède 5 hectares du Clos du Cellier aux Moines, premier cru de pinot noir, le petit Clos Pascal et des chardonnays de Montagny à Puligny-Montrachet. Les vins naissent dans une cuverie en gravité construite dans l’ancienne carrière de Givry, sans aucun pompage.

  • Domaine Pattes Loup

    Le Domaine Pattes Loup est né en 2005 à Courgis, quand Thomas Pico a repris des vignes familiales du Domaine de Bois d’Yver pour les convertir au bio. Certifié en agriculture biologique depuis 2009, il est aujourd’hui adhérent de Demeter, le label de la biodynamie. Le domaine produit du chablis, dont la cuvée Vent d’Ange, et trois premiers crus : Côte de Jouan, Beauregard et Butteaux. Vendanges tardives et élevages longs, en fûts, cuves ovoïdes ou amphores, donnent des chablis denses et minéraux.

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