Domaine Lapilli - Vignes en feuilles au pied d’une colline boisée

Domaine Lapilli

  • Vallée de la Loire

    Région viticole

  • 5ha

    Surface du vignoble

  • 2023

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2023

Sommaire

Elsa Provenzale et Géraud Dubuis, vignerons sur les puys depuis 2023

Le Domaine Lapilli cultive 5 hectares de vignes bio sur trois anciens volcans du Puy-de-Dôme, au sud de Clermont-Ferrand. Elsa Provenzale et Géraud Dubuis l’ont créé en 2023, à deux, sous la forme d’un GAEC. Leurs vins, surtout des rouges, sortent en AOC Côtes d’Auvergne, en IGP Puy-de-Dôme ou en Vin de France.

De Cognac à l’Auvergne, quatre ans de tour de France

Elsa vient de Cognac, et ses grands-parents étaient viticulteurs. Formée au vin, elle travaille un temps dans l’industrie avant de rejoindre des domaines. Le premier produisait du vin et du cognac en bio. Elle y a pris le rapport modeste au raisin qu’elle garde aujourd’hui.

Géraud est auvergnat et vient d’un milieu agricole. Le vin est venu plus tard, par une association qui le faisait connaître, puis par sa rencontre avec Elsa. Avant de s’installer, le couple a passé quatre ans dans de petits domaines un peu partout en France. Ils y ont vu le bio, le vin nature et la biodynamie.

Le projet tenait en trois certitudes. Tout mener à deux, de la vigne à la vente. Faire un vin le plus respectueux possible de la santé et de l’environnement. Et s’installer en Auvergne. « Le vignoble auvergnat est l’un des rares à ne pas être saturé, car il se trouve en plein renouveau », explique Elsa.

Les cinq hectares de Marc Pradier

De retour en Auvergne, Elsa et Géraud cherchent des vignes. Ils reprennent les 5 hectares de Marc Pradier, l’une des figures de l’AOC Côtes d’Auvergne, installé aux Martres-de-Veyre. Le vignoble se répartit en cinq parcelles aux expositions et aux sols variés. Il était déjà conduit en agriculture biologique, et ses rangs déjà enherbés.

Domaine Lapilli - Rang enherbé qui monte vers le sommet d’un puy
Les rangs enherbés montent vers le sommet d’un puy.

Le GAEC est créé en janvier 2023. Il s’engage en bio auprès d’Ecocert dans la foulée. L’Agence Bio le certifie aujourd’hui pour son raisin comme pour ses vins.

Un GAEC à deux, où chacun touche à tout

Leur association repose sur une règle tacite : chacun touche à tout. Géraud ne voulait pas d’un « modèle générationnel dans lequel la femme s’occupe de l’administratif pendant que l’homme travaille dans les vignes sur son tracteur ».

La taille du domaine est voulue. Elle permet de travailler les rangs à la main et de préférer le cheval au tracteur pour les labours. Le couple suit aussi le calendrier lunaire pour planter et tailler la vigne, comme le faisaient les grands-parents d’Elsa. « À l’époque, on n’appelait pas ça de la biodynamie ! », rappelle-t-elle.

Domaine Lapilli - Taille d’hiver à la main dans une parcelle en pente
Taille d’hiver dans les rangs.

Corent, Marmant et Tobize, trois puys pour cinq parcelles

Trois anciens volcans au sud de Clermont-Ferrand

Les vignes se partagent entre trois puys. Le puy de Corent porte l’essentiel des cuvées. Son versant nord donne Brume et Nord & Blanc, ses pentes sud et sud-ouest Lapilli Garden et Demain. Le puy de Marmant, à Veyre-Monton, regarde vers l’est. Le puy de Tobize, aux Martres-de-Veyre, est tourné vers le sud-est.

Les pentes vont de 15 à 20 %. L’âge des vignes varie autant. Le chardonnay a 15 ans, les vieux gamays du nord de Corent 50 à 60 ans. Corent est un puy apparu lors des dernières éruptions. Ses sols sombres sont riches en colluvions volcaniques.

Domaine Lapilli - Vigne en fleur, un puy volcanique en arrière-plan
Vigne en fleur, un puy volcanique en toile de fond.

Lapilli, pouzzolane, pépérite et basalte

Le domaine a pris le nom de son sol. Les lapilli sont des projections de lave. On les trouve dans les vignes avec trois autres résidus volcaniques : la pouzzolane, la pépérite et le basalte. Ils se mêlent à des sols à dominante argilo-calcaire.

D’un puy à l’autre, le mélange change. Sur Corent, les colluvions volcaniques associent pépérite, basalte et pouzzolane. Marmant porte des projections de pépérite et de basalte. Sur Tobize, le domaine indique un sol argilo-calcaire, sans apport volcanique.

Des rangs enherbés pour tenir les pentes

Les rangs sont laissés enherbés naturellement. L’herbe tient les sols et limite l’érosion sur ces coteaux. Les vendanges se font à la main. Les deux vignerons suivent leurs raisins jusqu’à la mise en bouteille.

Domaine Lapilli - Rangs enherbés en hiver face aux puys et au village
L’herbe reste entre les rangs, même en hiver.

Une partie de leurs terres est encore en prairie. Le couple aimerait aussi planter des cépages plus rares, chenin ou savagnin. Il leur faudrait pour cela une parcelle exposée au nord. « On a toute la vie pour expérimenter ! », résume Géraud.

Les Côtes d’Auvergne, une appellation récente sur un vignoble ancien

Un vignoble qui a compté 45 000 hectares

La vigne est cultivée dans le Puy-de-Dôme depuis au moins le Ve siècle. Le vignoble atteint 45 000 hectares en 1895. Le phylloxéra, présent depuis 1890, en détruit alors une large part. La vigne ne se reconstitue qu’en partie après 1900. En 2008, l’appellation ne couvrait plus que 330 hectares, exploités par environ 150 producteurs.

Les Côtes d’Auvergne sont reconnues en VDQS en 1951, puis en AOC par un décret du 25 octobre 2011. Leurs parcelles s’étagent en coteaux entre 350 et 550 mètres d’altitude. La chaîne des Puys et le massif du Sancy les abritent des pluies venues de l’ouest. Il tombe environ 600 millimètres d’eau par an.

Rester dans l’appellation, par choix

Le cahier des charges retient trois cépages : gamay, pinot noir et chardonnay. Ce sont les seuls du domaine. « C’était important pour nous de rester dans l’appellation, par respect pour le travail de valorisation du terroir auvergnat engagé par nos prédécesseurs », explique Elsa.

L’appellation compte cinq dénominations : Boudes, Chanturgue, Châteaugay, Corent et Madargue. Celle de Corent est réservée aux rosés. Les rouges du domaine issus de ce puy portent donc l’appellation seule. D’autres sortent en IGP ou en Vin de France.

Au chai, grappes entières, levures indigènes et peu de soufre

Des premières vendanges de 2023 au chai d’Authezat

Les premières vendanges du domaine ont lieu à la fin de l’été 2023, à la main. Ce premier millésime est vinifié dans la cave de Marc Pradier, aux Martres-de-Veyre. Le couple construit pendant ce temps son propre chai à Authezat, où le domaine a aujourd’hui son adresse. La mise en bouteille commence en avril 2024.

Domaine Lapilli - Raisins de la vendange dans une cuve au chai
La vendange en cuve, au chai.

Sept cuvées parcellaires

Le domaine élabore sept cuvées parcellaires :

  • Brume, un gamay d’Auvergne du versant nord de Corent, en macération semi-carbonique de cinq jours
  • Nord & Blanc, de vieux gamays du même versant, vinifiés en blanc
  • Lapilli Garden, un pinot noir du versant sud de Corent
  • Demain, un assemblage de gamay d’Auvergne et de gamay du Beaujolais, sur le versant sud-ouest de Corent
  • Meïzou, 60 % de gamay et 40 % de pinot noir, sur le puy de Marmant
  • Fleur de Pente, 70 % de pinot noir et 30 % de gamay, sur le puy de Tobize
  • Rêve Mieux, un chardonnay de Marmant et de Tobize, pressé directement

Macérations courtes, levures indigènes, ni collage ni filtration

Les fermentations partent sur les levures indigènes. Les macérations restent courtes, de 5 à 10 jours, souvent en grappes entières. Les vins ne sont ni collés ni filtrés. Plusieurs cuvées sont mises en bouteille sans sulfites ajoutés, les autres en reçoivent moins de 2 g/hl.

L’élevage se fait en cuve inox pour Demain, Meïzou et Fleur de Pente. Lapilli Garden, Nord & Blanc et Rêve Mieux passent en vieux fûts bourguignons de 228 litres. Sur le millésime 2023, les degrés vont de 12 % pour Brume à 14 % pour Demain et Meïzou.

Domaine Lapilli - Vieux fûts d’élevage et panneau du domaine au chai
Vieux fûts au chai, sous le panneau du domaine.

Des étiquettes peintes et un réseau de cavistes

Les étiquettes reprennent des peintures de Marianne Tournier. On y voit des puys et des collines aux tons rose et brique. Chaque cuvée a son paysage.

Le domaine produit peu. Ses bouteilles partent surtout chez des cavistes et des restaurateurs. Elsa et Géraud les présentent aussi sur des salons de la région. Ils comptent davantage sur le bouche-à-oreille que sur la communication.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Paul Prieur et Fils

    Le Domaine Paul Prieur et Fils fait du vin à Verdigny, au pied des Monts Damnés, depuis onze générations, et Luc Prieur le conduit depuis 2012. Ses 14,5 hectares de sauvignon blanc couvrent caillottes, terres blanches et silex, et tous ses rouges viennent du lieu-dit Les Pichons, planté dans les années 1950. Certifié bio depuis le millésime 2022, le domaine n’ajoute pas de soufre avant fermentation et ne filtre aucun vin. Le Guide Hachette a donné un coup de cœur à son sancerre rouge 2021 dans l’édition 2024.

  • Les Terres d’Ocre

    Les Terres d’Ocre cultivent près de 20 hectares en bio autour de Châtel-de-Neuvre, sur cinq communes de l’appellation Saint-Pourçain. Éric et Valérie Nesson cultivaient pour la cave coopérative quand leur neveu Florent Barichard les a rejoints en 2013 pour vinifier. Gamay, pinot noir, chardonnay et tressallier poussent sur des sables argileux, du granite rose et de l’argilo-calcaire, et se vendangent à la main. Neuf cuvées en sortent, élevées en cuve inox, en béton, en barriques ou en jarre de terre cuite.

  • Domaine Les Hautes Noëlles

    Le Domaine Les Hautes Noëlles cultive 20 hectares en bio à Saint-Léger-les-Vignes près du lac de Grand-Lieu, en Muscadet-Côtes de Grandlieu. Ancien capitaine de la marine marchande, Jean-Gabriel Tridon l’a repris en 2020 avec Juliane, sur une exploitation engagée en bio depuis 2007, la première du Pays de Retz. Vendanges à la main, levures indigènes et élevages sur lies en cuves souterraines donnent des muscadets iodés, dont une cuvée de vignes centenaires. Ses dix-huit cuvées explorent aussi le grolleau gris, le floréal, les amphores et les bulles.

  • Domaine Pierre Chauvin

    Le Domaine Pierre Chauvin cultive 7 hectares à Rablay-sur-Layon, sur les schistes et les graviers de l’Anjou noir, en bio depuis 2005. La famille y possède des terres depuis 1859, et le chai agrandi en 1930 sert toujours aux vinifications. Paul-Éric Chauvin fait fermenter ses vins aux levures indigènes, sans chaptalisation et avec un minimum de sulfites. Le chenin donne des blancs secs, des bulles, un Coteaux du Layon moelleux et un liquoreux de Rablay, à côté de rouges de grolleau et de cabernet franc.

  • Domaine Mélaric

    Le Domaine Mélaric cultive 5 hectares en bio sur la butte de la Cerisaie, un mamelon de craie qui prolonge la côte du Puy-Notre-Dame. Il a été fondé en 2006 par deux agronomes, Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire, et ses vignes sont en bio depuis 2008. Chenin, cabernet franc et grolleau noir donnent des parcellaires en Saumur et Saumur Puy-Notre-Dame, longuement élevés et jamais filtrés. Le couple conduit sa vigne comme une liane, avec des moutons entre les rangs et des pratiques biodynamiques.

  • Les Terres Blanches

    À Oiron, dans le Thouarsais, Céline et Benoît Blet cultivent depuis 2004 près de 12 hectares de vignes dispersées entre bosquets, prairies et réserves ornithologiques. L’exploitation est engagée en bio depuis 2008 et labellisée Biodyvin pour la biodynamie. Le chenin s’y cueille en trois ou quatre tries, de l’Ancestral brut nature au liquoreux Temps Attendu. Cabernet franc, gamay de Bouze et pinot noir complètent une quatorzaine de cuvées, toutes vinifiées et mises en bouteille au domaine.

  • Domaine de la Paonnerie

    Le Domaine de la Paonnerie cultive 8 hectares de vignes à Anetz, au bord de la Loire, en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Demeter. Marie Carroget a repris en 2021 un tiers du domaine de ses parents, qui faisaient du vin sans soufre ajouté depuis 2001. Moutons d’Ouessant, poules Marans et engrais verts entretiennent ses rangs de melon de Bourgogne, gamay, grolleau et chenin. Elle en tire neuf cuvées nature, dont un chenin de vignes de 120 ans.

  • Le Picatier

    Le Picatier est le domaine de Géraldine et Christophe Pialoux à Saint-Haon-le-Vieux, sur la Côte roannaise : 9 hectares de vignes sur granite, à près de 400 mètres d’altitude. Engagé en bio depuis 2008, le couple soigne ses vignes uniquement avec des plantes, sans cuivre ni soufre. Au chai, levures indigènes, pigeages au pied et élevage sur lies donnent des vins sans sulfites ajoutés, ni collés ni filtrés. Le gamay domine, aux côtés du chardonnay et du pinot noir, et toutes les cuvées sortent en Vin de France.

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