Domaine Mélaric - Barriques et vieux pressoir Mabille dans une cave creusée dans le tuffeau

Domaine Mélaric

  • Vallée de la Loire

    Région viticole

  • 5ha

    Surface du vignoble

  • 2006

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2008

Sommaire

Deux agronomes sur la butte de la Cerisaie

Mélaric, pour Mélanie et Aymeric

Le Domaine Mélaric produit des vins bio de Loire en appellations Saumur et Saumur Puy-Notre-Dame, à partir de vignes plantées sur la craie du Puy-Notre-Dame. Son nom assemble les prénoms de ses fondateurs, Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire. Le siège du domaine se trouve à Doué-la-Fontaine, dans le sud du Saumurois.

Tous deux sont agronomes de formation. Aymeric a découvert la vigne et le vin à l’école d’agronomie, à 22 ans. Mélanie a fait ses études à Montpellier et s’est spécialisée en viticulture et en œnologie. Elle a ensuite voyagé quatre ans avant de poser ses valises dans le Saumurois.

Le domaine naît en 2006. Il prend vraiment forme en 2008, quand le couple commence à cultiver ses 4 premiers hectares sur la butte de la Cerisaie, au Puy-Notre-Dame.

Un mamelon de craie dans le prolongement du Puy

La butte de la Cerisaie prolonge directement la côte du Puy-Notre-Dame. Elle forme un mamelon de craie homogène, que le domaine juge capable de donner des vins profonds et complexes. L’essentiel des vignes occupe son versant est, le reste une croupe au bas de la butte.

Le vignoble couvre aujourd’hui 5 hectares : 50 % de chenin blanc, 40 % de cabernet franc et 10 % de grolleau noir. Le grolleau a rejoint le chenin et le cabernet franc des débuts en 2012.

Les sols changent d’une parcelle à l’autre. Des argiles limoneuses reposent sur le tuffeau blanc ou sur le tuffeau jaune. Une petite croupe argilo-sableuse s’intercale entre la Cerisaie et la butte du Puy. Les pierres y représentent 30 % du sol, et apportent chaleur et drainage au grolleau qui y pousse.

Une vigne qu’on laisse redevenir liane

En bio depuis 2008, certaines parcelles depuis 1998

Les vignes sont cultivées en agriculture biologique depuis 2008, année de l’engagement du domaine auprès d’Ecocert. Certaines parcelles le sont même depuis 1998. Une partie du vignoble est aujourd’hui en première année de conversion.

Le couple y ajoute des pratiques biodynamiques. De la taille à la vendange, tous les travaux manuels se font avec un haut niveau d’exigence. Pour le domaine, un vin profond ne peut pas naître sans de grands raisins.

Domaine Mélaric - Deux vendangeuses remplissent leurs seaux au pied des ceps
Vendanges à la main au domaine, en septembre 2020.

Moins de grappes, mais plus grosses

Depuis 2022, plusieurs formations avec Marceau Bourdarias ont changé la conduite de la vigne. Le principe : laisser s’exprimer une plante dynamique, fidèle à sa nature de liane. Chaque cep porte moins de grappes, mais des grappes plus grosses.

Le rapport entre le jus et la peau augmente. Sur les cabernets francs, le domaine cherche ainsi des tanins bien plus délicats qu’à ses débuts. « Avant, nous avions des vignes plus chétives, et nos vins étaient comprimés », se souvient Aymeric Hillaire.

La taille suit désormais la physiologie de la plante. Elle accorde la charge à la vigueur et prépare les réserves dès l’année qui précède la récolte. L’herbe est gérée de près pour limiter la concurrence en eau et en azote, et des apports réguliers de matière organique soutiennent la vigne.

Domaine Mélaric - Caisse de raisins noirs posée dans un rang de vigne enherbé
Une caisse de vendange posée dans un rang enherbé.

Des moutons entre les rangs

Le domaine a introduit l’éco-pâturage et l’agroforesterie. Un potager, un verger et des animaux ont rejoint les vignes : moutons, chevaux, poules. Aymeric Hillaire y cherche un lien plus global avec le monde vivant, entre le végétal, l’homme et l’animal.

Domaine Mélaric - Moutons dans les herbes hautes au soleil couchant
Les moutons du domaine, acteurs de l’éco-pâturage.

Des vins de lieux, du chenin au grolleau

Billes de Roche et Clos de la Cerisaie

Le domaine présente ses vins comme des « vins vivants et de lieux ». La gamme s’ouvre sur cinq cuvées parcellaires. Billes de Roche existe en blanc, en Saumur, et en rouge, en Saumur Puy-Notre-Dame. Clos de la Cerisaie décline à son tour le chenin et le cabernet franc, sur des vignes de 55 ans.

Les chenins parcellaires passent un à deux ans en fût, puis quatre mois en cuve. Les cabernets francs restent deux ans en fût. Aucun de ces vins n’est filtré, et le soufre reste bas, de zéro à 20 mg/L selon les cuvées. Le domaine leur prête une garde de 10 à 25 ans.

Le grolleau noir pris au sérieux

Fleur de Rousseau est un grolleau noir pur, en Vin de France, issu de la croupe pierreuse entre les deux buttes. Vinifié en grappes entières, il est élevé un an en fûts anciens. Selon les millésimes, le domaine le situe entre le pinot, le grenache et la syrah du Rhône.

Tandem associe à parts égales cabernet franc et grolleau noir. En avril 2026, La Revue du vin de France lui a accordé 90/100 pour le lot L24. Elle y salue « une bombe de fruit » aux notes poivrées et florales.

Une cave qui intervient peu

En cave, les vinifications restent peu interventionnistes. Le domaine ajoute de l’azote pour aider les fermentations et réduit le soufre au minimum. Les cabernets francs sont entièrement égrappés pour garder de la structure, et leur macération ne dépasse pas 14 jours.

Aymeric Hillaire compare le cabernet à du thé : infusé trop longtemps, il développe amertume et tanins. Les longs élevages adoucissent ensuite la structure. Les vins traversent parfois une phase ingrate dans leur jeunesse, puis se révèlent après deux ou trois ans.

Pour compléter la gamme, le couple achète aussi du raisin à des vignerons amis qui partagent sa façon de travailler. Il en tire notamment Myriades, un chenin mousseux sans soufre ajouté, et Sac de Billes, un Saumur blanc fruité.

Le Guide vert 2026 de La Revue du vin de France accorde une étoile au domaine. Il y décrit des vins de forte personnalité, aux arômes très mûrs et aux bouches très concentrées.

Le Puy-Notre-Dame, une appellation à faire rayonner

Une dénomination réservée aux rouges

Au sein de l’appellation Saumur, la dénomination Puy-Notre-Dame a été reconnue en 2007. Elle est réservée aux vins rouges tranquilles. Le cabernet franc y est le cépage principal, le cabernet-sauvignon ne dépassant pas 15 % de l’assemblage. Ses parcelles, toutes sur des coteaux, ont des sols argilo-calcaires.

Le cahier des charges y impose aussi une taille plus courte. Le domaine produit sous ce nom ses rouges de cabernet franc. Ses chenins sortent en Saumur blanc, et ses grolleaux en Vin de France.

Jouer collectif autour du Puy

En quelques années, Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire sont devenus deux figures du vignoble du Puy-Notre-Dame, autour desquelles gravitent de nombreux nouveaux vignerons. Le vigneron y défend une ligne simple : malgré le contexte économique, mieux vaut jouer collectif pour faire rayonner les vins du Puy.

La transmission comme second métier

Aymeric Hillaire anime des cours de dégustation et accueille des stagiaires en reconversion. Ces accompagnements ont régulièrement abouti à la création d’un petit domaine viticole.

Domaine Mélaric - Un groupe réuni bras levés devant un hangar du domaine
Une équipe réunie devant les bâtiments du domaine.

Mélanie Cunin a été journaliste pour une revue viticole pendant quatre ans. Elle a ensuite formé pendant sept ans des adultes en reconversion à la viticulture et à l’œnologie, au CFPPA de Montreuil-Bellay. Le couple propose aussi des formations au domaine ou dans des lycées agricoles.

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L'agenda du Domaine Mélaric

  • Saumur So Bio 2026 - Affiche officielle du salon des vigneronnes et vignerons à la Distillerie Combier

    Saumur So Bio

    Samedi 14 novembre, de 10 h à 19 h

    Saumur (Maine-et-Loire)

    Organisé par Saumur So Bio

Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Paul Prieur et Fils

    Le Domaine Paul Prieur et Fils fait du vin à Verdigny, au pied des Monts Damnés, depuis onze générations, et Luc Prieur le conduit depuis 2012. Ses 14,5 hectares de sauvignon blanc couvrent caillottes, terres blanches et silex, et tous ses rouges viennent du lieu-dit Les Pichons, planté dans les années 1950. Certifié bio depuis le millésime 2022, le domaine n’ajoute pas de soufre avant fermentation et ne filtre aucun vin. Le Guide Hachette a donné un coup de cœur à son sancerre rouge 2021 dans l’édition 2024.

  • Les Terres d’Ocre

    Les Terres d’Ocre cultivent près de 20 hectares en bio autour de Châtel-de-Neuvre, sur cinq communes de l’appellation Saint-Pourçain. Éric et Valérie Nesson cultivaient pour la cave coopérative quand leur neveu Florent Barichard les a rejoints en 2013 pour vinifier. Gamay, pinot noir, chardonnay et tressallier poussent sur des sables argileux, du granite rose et de l’argilo-calcaire, et se vendangent à la main. Neuf cuvées en sortent, élevées en cuve inox, en béton, en barriques ou en jarre de terre cuite.

  • Domaine Les Hautes Noëlles

    Le Domaine Les Hautes Noëlles cultive 20 hectares en bio à Saint-Léger-les-Vignes près du lac de Grand-Lieu, en Muscadet-Côtes de Grandlieu. Ancien capitaine de la marine marchande, Jean-Gabriel Tridon l’a repris en 2020 avec Juliane, sur une exploitation engagée en bio depuis 2007, la première du Pays de Retz. Vendanges à la main, levures indigènes et élevages sur lies en cuves souterraines donnent des muscadets iodés, dont une cuvée de vignes centenaires. Ses dix-huit cuvées explorent aussi le grolleau gris, le floréal, les amphores et les bulles.

  • Domaine Pierre Chauvin

    Le Domaine Pierre Chauvin cultive 7 hectares à Rablay-sur-Layon, sur les schistes et les graviers de l’Anjou noir, en bio depuis 2005. La famille y possède des terres depuis 1859, et le chai agrandi en 1930 sert toujours aux vinifications. Paul-Éric Chauvin fait fermenter ses vins aux levures indigènes, sans chaptalisation et avec un minimum de sulfites. Le chenin donne des blancs secs, des bulles, un Coteaux du Layon moelleux et un liquoreux de Rablay, à côté de rouges de grolleau et de cabernet franc.

  • Domaine Lapilli

    Le Domaine Lapilli cultive 5 hectares en bio sur trois anciens volcans au sud de Clermont-Ferrand, les puys de Corent, Marmant et Tobize. Elsa Provenzale et Géraud Dubuis l’ont créé en 2023 en reprenant les vignes de Marc Pradier, une figure des Côtes d’Auvergne. Gamay, pinot noir et chardonnay y poussent sur des sols argilo-calcaires mêlés de lapilli, ces projections de lave qui ont donné son nom au domaine. Ses sept cuvées parcellaires fermentent sur levures indigènes, sans collage ni filtration.

  • Les Terres Blanches

    À Oiron, dans le Thouarsais, Céline et Benoît Blet cultivent depuis 2004 près de 12 hectares de vignes dispersées entre bosquets, prairies et réserves ornithologiques. L’exploitation est engagée en bio depuis 2008 et labellisée Biodyvin pour la biodynamie. Le chenin s’y cueille en trois ou quatre tries, de l’Ancestral brut nature au liquoreux Temps Attendu. Cabernet franc, gamay de Bouze et pinot noir complètent une quatorzaine de cuvées, toutes vinifiées et mises en bouteille au domaine.

  • Domaine de la Paonnerie

    Le Domaine de la Paonnerie cultive 8 hectares de vignes à Anetz, au bord de la Loire, en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Demeter. Marie Carroget a repris en 2021 un tiers du domaine de ses parents, qui faisaient du vin sans soufre ajouté depuis 2001. Moutons d’Ouessant, poules Marans et engrais verts entretiennent ses rangs de melon de Bourgogne, gamay, grolleau et chenin. Elle en tire neuf cuvées nature, dont un chenin de vignes de 120 ans.

  • Le Picatier

    Le Picatier est le domaine de Géraldine et Christophe Pialoux à Saint-Haon-le-Vieux, sur la Côte roannaise : 9 hectares de vignes sur granite, à près de 400 mètres d’altitude. Engagé en bio depuis 2008, le couple soigne ses vignes uniquement avec des plantes, sans cuivre ni soufre. Au chai, levures indigènes, pigeages au pied et élevage sur lies donnent des vins sans sulfites ajoutés, ni collés ni filtrés. Le gamay domine, aux côtés du chardonnay et du pinot noir, et toutes les cuvées sortent en Vin de France.

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