Les Terres Blanches - Espace de dégustation boisé, tables hautes au logo du domaine et bouteilles sur le mur de pierre à Oiron

Les Terres Blanches

Sommaire

Oiron, un coin d’Anjou en Deux-Sèvres

Les Terres Blanches est un domaine de vin bio installé à Oiron, dans le Thouarsais, au nord des Deux-Sèvres. Céline et Benoît Blet y cultivent la vigne en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Biodyvin. Le village touche l’Anjou, et ses vins appartiennent au vignoble de la Vallée de la Loire.

Un village du Thouarsais dans l’aire de l’Anjou

Oiron fait partie des communes des Deux-Sèvres comprises dans l’aire géographique de l’AOC Anjou, avec Thouars, Brion-près-Thouet ou Saint-Martin-de-Sanzay. Le Thouarsais compte près de 30 domaines viticoles. C’est le seul territoire du département qui produit des vins en appellations Anjou et Saumur.

À Oiron même, l’office de tourisme recense deux domaines viticoles, dont Les Terres Blanches. Selon les cuvées, Céline et Benoît Blet présentent leurs vins en appellation d’origine contrôlée ou en Vin de France.

Le domaine aime rappeler que Curnonsky (1872-1956), surnommé le « Prince des Gastronomes », citait les vins d’Oiron et de Bilazais parmi les grands vins blancs de chenin. Le village est aussi connu pour son château, qui accueille des expositions d’art contemporain.

Une constellation de petites parcelles

Les vignerons décrivent leur domaine comme une constellation de petites parcelles. Elles s’éparpillent dans un paysage resté protégé, entre arbres, bosquets, prairies et réserves ornithologiques. Le vignoble couvre aujourd’hui près de 12 hectares.

Les Terres Blanches - Grappe en pleine véraison, un mois avant les vendanges
La véraison, un mois avant les vendanges.

Les sols changent d’une parcelle à l’autre. Le grès roussard et ferreux, que les Blet tiennent pour l’identité de leur terroir, se retrouve dans plusieurs parcelles. Le Clos Bel Air pousse sur du quartz et des sables crus. La parcelle de La Vacherie mêle argiles et silices, celle des Hautes Bruyères des sols caillouteux.

Le terroir est en légère altitude, aride et éloigné des zones humides. En fin de saison, le raisin s’y passerille facilement sur pied. C’est ce qui permet au domaine de faire des blancs doux sans perdre l’acidité.

Céline et Benoît Blet, vignerons et paysans depuis 2004

Six hectares replantés en sélection massale

Céline et Benoît Blet arrivent à Oiron en 2004. Depuis, ils ont replanté un peu plus de 6 hectares à partir de leurs propres sélections massales, pour donner au domaine un équilibre humain et économique.

Le chenin domine, sur environ 4,5 hectares. Quelques ares de chardonnay complètent les blancs. En rouge, le domaine cultive le cabernet franc, le gamay de Bouze et le pinot noir, planté en 2020. Un peu de gamay donne le rosé.

Les vignes sont plantées entre 4 500 et 4 800 pieds par hectare. Un rang sur deux reste enherbé naturellement, et le dessous des ceps se travaille aux interceps. L’autre rang est labouré après les vendanges pour enfouir le compost, puis entretenu par des binages.

Bio depuis 2008, Biodyvin depuis 2016

L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis 2008, sous le contrôle d’Ecocert. Le couple travaille aussi en biodynamie. Il a rejoint en 2016 Biodyvin, le syndicat international des vignerons en culture biodynamique, qui labellise aujourd’hui le domaine.

À la vigne comme en cave, le travail suit les saisons et le calendrier lunaire. Les tisanes et décoctions biodynamiques s’appuient sur des plantes bio comme la prêle ou l’achillée millefeuille.

Ces plantes arrivent par un échange. Après les vendanges, des producteurs de plantes médicinales bio viennent cueillir les feuilles des parcelles de gamay de Bouze, de la vigne rouge. En retour, ils fournissent au domaine les plantes dont il a besoin.

Une ferme autour de la vigne

La vigne n’est pas seule sur l’exploitation. Le domaine produit ses foins et fait tourner ses prairies. Ils nourrissent un petit troupeau de moutons et Toundra du Moulin, un cheval de trait poitevin, la race mulassière du pays.

Grâce à l’entraide paysanne, le couple récolte ses semences de féveroles et de triticale pour les engrais verts. L’Agence Bio recense aussi sur l’exploitation des céréales, des fruits à pépins et un élevage de brebis.

Le même souci guide les achats. Les vins tranquilles partent en bouteilles bourguignonnes. Le domaine adhère à l’association Boutabout, qui permet aux particuliers et aux restaurateurs du Grand Ouest de les recycler. Les bouchons sont en liège naturel.

Le chenin cueilli en trois ou quatre tries

Une trie, une cuvée

Pour le chenin, l’équipe passe trois fois dans les vignes en l’espace d’un mois, à des maturités différentes. Une quatrième trie s’ajoute les grandes années. Chaque passage donne sa cuvée.

Les Terres Blanches - Grappes blanches mûres à la fin des vendanges 2024
Grappes blanches mûres à la fin des vendanges 2024.

La première trie prend des raisins sains et dorés, deux à trois grappes par cep seulement, pour l’Ancestral Blanc. La deuxième, sur des raisins dorés à grande maturité, nourrit Les 3 Poiriers, un chenin sec. La troisième, cueillie en dernier sur des grains passerillés et flétris, donne le Blet Tendre, un blanc qui garde des sucres résiduels.

Temps Attendu vient de parcelles choisies les années exceptionnelles, vendangées très tard sur des raisins rôtis. En 2018, le domaine en a tiré deux barriques de liquoreux.

Des jus menés par gravité

Toute la production est récoltée, vinifiée et mise en bouteille au domaine. Aux vendanges, une quinzaine de vendangeurs, deux ou trois personnes entre vigne, pressoir et cave, et une cantinière entourent le couple.

Les Terres Blanches - Décuvage des raisins après une infusion en grappes entières
Décuvage après huit jours d’infusion en grappes entières.

Pour Les 3 Poiriers, le pressurage est doux et lent. Les jus descendent par gravité en barriques, sans débourbage ni pompe. Les tonneaux bourguignons de 350 litres sont saturés en gaz carbonique avant le remplissage, pour protéger les jus de l’air.

Les contenants changent avec les cuvées. La Macération passe en amphores, le gamay de Bouze en foudre tronconique de la tonnellerie Vicard, le pinot noir et l’Anjou Démon en cuves béton, Les Hautes Bruyères en barriques.

Des vins d’un seul cépage, du brut nature au liquoreux

Le domaine vinifie ses cuvées en monocépage, pour montrer ce que chaque variété dit d’un même terroir. Stratosphérique fait exception. En 2023, cabernet franc et chenin ont été cuvés ensemble en grappes entières, en couches rouges et blanches. En 2024, le gamay de Bouze a pris la place du cabernet.

Bulles, chenins secs et vin orange

L’Ancestral Blanc est toujours brut nature et millésimé. Récolté autour de 13 % d’alcool potentiel, il passe au moins deux ans sur lattes avant un dégorgement sans dosage. Il sent la poire très mûre et donne des bulles crémeuses.

Les 3 Poiriers associe fruits blancs mûrs et notes citronnées, sur une bouche onctueuse et saline. Le Clos Bel Air, seule parcelle cueillie en un seul passage, joue la minéralité et les fruits jaunes, plus ou moins exotiques selon l’année.

La Macération reprend le chenin cueilli le même jour que celui des 3 Poiriers. Les raisins égrappés macèrent un an en amphore, à la manière géorgienne, pour un vin orange aux tanins fins. Le Chardonnay, tiré de 20 ares, s’élève 30 mois sous voile sans ouillage, avec les vins du Jura en tête.

Rouges et rosés de cabernet franc, de gamay et de pinot noir

Le cabernet franc donne trois vins. L’Anjou Démon, issu de trois parcelles dont la Poulette et le Bois Roland, infuse un mois en cuve béton et livre fruits noirs et cassis. Les Hautes Bruyères infuse un mois et demi, puis s’élève 30 mois en barriques. L’Ancestral Rosé, cueilli tôt, reste brut nature.

Le gamay de Bouze est un cépage semi-teinturier. La moitié de la vendange est encuvée en grappes entières, l’autre égrappée, et le vin s’élève un an en foudre. Le pinot noir infuse dix jours en grappes entières. Le BB Rosé, un gamay de la parcelle de la Porte du Parc, est pressé directement et sent le bonbon anglais acidulé.

Une dégustation sur rendez-vous

Le domaine reçoit dans son espace de dégustation d’Oiron, sur rendez-vous uniquement. Les Blet y invitent à découvrir leur « joli jeu de quilles », ou simplement à partager un moment avec eux.

Pour Les Hautes Bruyères, ils visent plus loin encore. Leur souhait : garder le vin quatre à cinq ans en cave, pour le faire déguster à son apogée.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Paul Prieur et Fils

    Le Domaine Paul Prieur et Fils fait du vin à Verdigny, au pied des Monts Damnés, depuis onze générations, et Luc Prieur le conduit depuis 2012. Ses 14,5 hectares de sauvignon blanc couvrent caillottes, terres blanches et silex, et tous ses rouges viennent du lieu-dit Les Pichons, planté dans les années 1950. Certifié bio depuis le millésime 2022, le domaine n’ajoute pas de soufre avant fermentation et ne filtre aucun vin. Le Guide Hachette a donné un coup de cœur à son sancerre rouge 2021 dans l’édition 2024.

  • Les Terres d’Ocre

    Les Terres d’Ocre cultivent près de 20 hectares en bio autour de Châtel-de-Neuvre, sur cinq communes de l’appellation Saint-Pourçain. Éric et Valérie Nesson cultivaient pour la cave coopérative quand leur neveu Florent Barichard les a rejoints en 2013 pour vinifier. Gamay, pinot noir, chardonnay et tressallier poussent sur des sables argileux, du granite rose et de l’argilo-calcaire, et se vendangent à la main. Neuf cuvées en sortent, élevées en cuve inox, en béton, en barriques ou en jarre de terre cuite.

  • Domaine Les Hautes Noëlles

    Le Domaine Les Hautes Noëlles cultive 20 hectares en bio à Saint-Léger-les-Vignes près du lac de Grand-Lieu, en Muscadet-Côtes de Grandlieu. Ancien capitaine de la marine marchande, Jean-Gabriel Tridon l’a repris en 2020 avec Juliane, sur une exploitation engagée en bio depuis 2007, la première du Pays de Retz. Vendanges à la main, levures indigènes et élevages sur lies en cuves souterraines donnent des muscadets iodés, dont une cuvée de vignes centenaires. Ses dix-huit cuvées explorent aussi le grolleau gris, le floréal, les amphores et les bulles.

  • Domaine Pierre Chauvin

    Le Domaine Pierre Chauvin cultive 7 hectares à Rablay-sur-Layon, sur les schistes et les graviers de l’Anjou noir, en bio depuis 2005. La famille y possède des terres depuis 1859, et le chai agrandi en 1930 sert toujours aux vinifications. Paul-Éric Chauvin fait fermenter ses vins aux levures indigènes, sans chaptalisation et avec un minimum de sulfites. Le chenin donne des blancs secs, des bulles, un Coteaux du Layon moelleux et un liquoreux de Rablay, à côté de rouges de grolleau et de cabernet franc.

  • Domaine Mélaric

    Le Domaine Mélaric cultive 5 hectares en bio sur la butte de la Cerisaie, un mamelon de craie qui prolonge la côte du Puy-Notre-Dame. Il a été fondé en 2006 par deux agronomes, Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire, et ses vignes sont en bio depuis 2008. Chenin, cabernet franc et grolleau noir donnent des parcellaires en Saumur et Saumur Puy-Notre-Dame, longuement élevés et jamais filtrés. Le couple conduit sa vigne comme une liane, avec des moutons entre les rangs et des pratiques biodynamiques.

  • Domaine Lapilli

    Le Domaine Lapilli cultive 5 hectares en bio sur trois anciens volcans au sud de Clermont-Ferrand, les puys de Corent, Marmant et Tobize. Elsa Provenzale et Géraud Dubuis l’ont créé en 2023 en reprenant les vignes de Marc Pradier, une figure des Côtes d’Auvergne. Gamay, pinot noir et chardonnay y poussent sur des sols argilo-calcaires mêlés de lapilli, ces projections de lave qui ont donné son nom au domaine. Ses sept cuvées parcellaires fermentent sur levures indigènes, sans collage ni filtration.

  • Domaine de la Paonnerie

    Le Domaine de la Paonnerie cultive 8 hectares de vignes à Anetz, au bord de la Loire, en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Demeter. Marie Carroget a repris en 2021 un tiers du domaine de ses parents, qui faisaient du vin sans soufre ajouté depuis 2001. Moutons d’Ouessant, poules Marans et engrais verts entretiennent ses rangs de melon de Bourgogne, gamay, grolleau et chenin. Elle en tire neuf cuvées nature, dont un chenin de vignes de 120 ans.

  • Le Picatier

    Le Picatier est le domaine de Géraldine et Christophe Pialoux à Saint-Haon-le-Vieux, sur la Côte roannaise : 9 hectares de vignes sur granite, à près de 400 mètres d’altitude. Engagé en bio depuis 2008, le couple soigne ses vignes uniquement avec des plantes, sans cuivre ni soufre. Au chai, levures indigènes, pigeages au pied et élevage sur lies donnent des vins sans sulfites ajoutés, ni collés ni filtrés. Le gamay domine, aux côtés du chardonnay et du pinot noir, et toutes les cuvées sortent en Vin de France.

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