Domaine Les Hautes Noëlles - Vignes sous un ciel d’été, le clocher du village à l’horizon

Domaine Les Hautes Noëlles

  • Vallée de la Loire

    Région viticole

  • 20ha

    Surface du vignoble

  • 1930

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2007

Sommaire

Deux marins à la barre d’un vignoble du lac de Grand-Lieu

Le Domaine Les Hautes Noëlles produit des vins bio en AOC Muscadet-Côtes de Grandlieu et en Gros Plant du Pays Nantais, à Saint-Léger-les-Vignes, en Loire-Atlantique. Ses 20 hectares de vignes poussent entre la Loire et la réserve naturelle du lac de Grand-Lieu. L’Atlantique n’est qu’à 30 kilomètres, et ses brises remontent jusqu’aux rangs.

De la marine marchande au rachat de 2020

Jean-Gabriel Tridon a longtemps navigué sur les océans comme capitaine de la marine marchande. Il rencontre Juliane en Allemagne en 2007. Le couple s’installe près de l’Atlantique en 2014, avec l’envie de travailler ensemble, et le vin s’impose comme projet commun.

Jean-Gabriel suit une formation intensive d’un an en viticulture, à Amboise et au Puy-Notre-Dame, avec une spécialité bio. Côté terrain, il apprend chez Éric Chevalier à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, puis au Domaine de l’Écu, au Landreau, où il se forme à la biodynamie. Début 2018, le couple apprend que le domaine des Hautes Noëlles est à vendre.

Un compromis est signé en 2019 avec le propriétaire, Jean-Pierre Guédon, qui accompagne la transition pendant plusieurs mois. Les Tridon prennent les commandes au printemps 2020. Leur première vendange donnera La Première, un pinot noir effervescent que le couple présente comme son coup de cœur, à partager pour une belle occasion.

Un vignoble cité dès 1180 pour le vin de messe

La vigne est ancienne à Saint-Léger-les-Vignes. L’activité viticole y débute au XIe siècle. En 1180, l’évêque de Nantes choisit le vin de la commune pour fournir en vin de messe l’abbaye Notre-Dame de Buzay, fondée par Bernard de Clairvaux, et l’abbaye de Villeneuve.

Le domaine lui-même est une propriété familiale née dans les années 1930. Il se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Nantes, sur l’axe qui mène à Pornic. En 2020, il couvrait 28 hectares. Face aux confinements, au gel et à la flambée des prix, réduire la surface cultivée a été le premier choix du couple : en 2023, le domaine produisait environ 90 000 bouteilles par an, contre 150 000 trois ans plus tôt.

Un équipage de cinq permanents

Le vocabulaire de la mer est resté. Le couple parle d’un équipage « au long cours » : cinq personnes à temps plein, rejointes par des saisonniers selon les besoins de la vigne. Manu, chef de culture, partage son temps entre vignes et chai. Olivier s’occupe de l’étiquetage, des cartons et de l’accueil.

Muscadet-Côtes de Grandlieu, l’appellation la plus proche de l’océan

Dix-neuf communes autour du lac

Dernière-née des appellations sous-régionales du muscadet, la Muscadet-Côtes de Grandlieu s’étend sur dix-neuf communes, en Loire-Atlantique et en Vendée. C’est aussi la plus occidentale. Sa délimitation a retenu les coteaux qui ceinturent le lac de Grand-Lieu et ceux qui longent ses affluents.

Le lac, plus grand lac naturel de plaine de France, et la proximité de l’océan donnent un climat très doux. Les gels y sont rares, les canicules aussi. Le melon de Bourgogne y mûrit tôt, et les vins prennent souvent une touche iodée.

Domaine Les Hautes Noëlles - Vignes au pied de l’église de Saint-Léger-les-Vignes
Les vignes du domaine au pied de l’église de Saint-Léger-les-Vignes.

Sables, micaschistes et amphibolites

Sous les parcelles des Hautes Noëlles, les sols sont peu profonds. Les sables et les limons reposent sur des micaschistes, avec par endroits des blocs de quartz ou de quartzite. La parcelle de la cuvée Zéphyr, sur un plateau orienté au sud-est, pose ses sables sur des amphibolites.

Le domaine résume ce caractère en trois couches : la géologie du lieu, le climat marqué par la mer, et l’humeur du vigneron. Le coteau de la Maugendrie, qui pointe vers le lac, accueille l’egiodola de la cuvée Pléroma. Le domaine est membre de l’association Les Vignes de Nantes, qui réunit des domaines sélectionnés pour défendre l’image du muscadet.

Domaine Les Hautes Noëlles - Grappes de melon de Bourgogne mûres avant la vendange
Le melon de Bourgogne, cépage du muscadet, à maturité.

Vingt hectares en bio, des ceps centenaires aux arbres dans les rangs

Premier domaine bio du Pays de Retz

Les Hautes Noëlles se présentent comme le premier domaine viticole certifié en agriculture biologique du Pays de Retz. Le premier engagement en bio de l’exploitation remonte à 2007, avant le rachat. Le couple a ensuite converti tout le domaine : en 2023, il restait 9 hectares à certifier.

Aujourd’hui, les 20 hectares sont cultivés exclusivement selon les règles de l’agriculture biologique, et tous les vins sont certifiés par Ecocert. Pour les Tridon, la bio va plus loin qu’un refus des produits de synthèse. Ils observent la flore, l’enherbement, la vie du sol et la faune locale, pour reproduire cet équilibre dans leurs parcelles.

Taille douce et rendements tenus court

Le domaine refuse d’épuiser ses ceps pour les arracher au bout de quelques dizaines d’années. Il pratique la taille douce, qui protège la vigne des maladies du bois et allonge sa vie. L’équipe repasse dans les rangs pour l’ébourgeonnage et l’éclaircissage : des grappes moins entassées s’aèrent mieux et résistent aux moisissures.

Les rendements suivent la même logique. La plus ancienne parcelle, qui donne son nom à la cuvée Les Hautes Noëlles, porte des vignes centenaires limitées à 25 hectolitres par hectare. La folle blanche du gros plant, conduite en gobelet sur des ceps de 60 ans en moyenne, plafonne à 50 hectolitres.

Domaine Les Hautes Noëlles - Vieux cep taillé, à contre-jour dans le givre de l’hiver
Un vieux cep taillé, en plein hiver.

Floréal et premiers arbres plantés en 2021

Le couple réfléchit aussi aux cépages résistants. Une première parcelle de floréal a été plantée : ce croisement entre le villaris et un descendant de Muscadinia rotundifolia résiste aux maladies et ne reçoit qu’un traitement par an. Il donne une cuvée légère, à 10 % d’alcool.

Début décembre 2021, le domaine a planté ses premiers arbres dans une parcelle arrachée en 2020 : poiriers, chênes, tilleuls et merisiers. Le projet d’agroforesterie porte sur un hectare. L’idée, selon Jean-Gabriel, est de l’étendre à chaque parcelle replantée, pour la biodiversité comme pour l’agronomie.

Cuves souterraines, fûts et amphores : une vinification sans artifice

Vendange à la main et levures indigènes

Toutes les vendanges se font à la main, souvent avec un tri à la vigne. Les fermentations partent sur levures indigènes. Le raisin n’est pas trituré avant le pressurage, ce qui préserve un maximum d’arômes dans les moûts.

Une hygiène stricte en cave permet de réduire les sulfites ajoutés au strict nécessaire, voire de s’en passer. Le gamay fermente ainsi sans soufre, en macération carbonique de sept à dix jours. Les rouges ne sont ni collés ni filtrés.

L’élevage sur lies, sous terre

Les muscadets fermentent surtout en cuves souterraines. Ils restent ensuite sur leurs lies tout l’hiver au moins, une pratique propre à la région qui leur donne rondeur et volume. Pour Les Parcelles, chaque parcelle est vinifiée à part, sans soutirage, et l’assemblage se fait à la mise en bouteille, au printemps.

Les cuvées de garde poussent l’élevage beaucoup plus loin. Zéphyr reste au moins 24 mois sur bourbes en cuve souterraine. Suroît, issu de vignes de 45 ans, est élevé trois ans. La cuvée Les Hautes Noëlles, elle, passe au moins douze mois en fûts de chêne.

L’argile et le grès des amphores

Le domaine tend vers une vinification de plus en plus simple. Dès 2023, il annonçait la construction d’un chai réservé à la vinification en amphore. La cuvée Pléroma est élevée six mois dans ces jarres d’argile. Le 14 juin 2025, le domaine a fêté sa grande inauguration, baptisée T’Amphore, avec visites et dégustations.

Domaine Les Hautes Noëlles - Juliane et Jean-Gabriel Tridon parmi les amphores du chai
Juliane et Jean-Gabriel Tridon parmi les amphores du chai.

Le bois garde sa place pour quelques vins. Au Long Cours, un chardonnay de Grandlieu, fermente et s’élève en barriques de chêne de 450 litres pendant au moins douze mois. L’Inattendue, un grolleau gris moelleux, passe aussi six mois en barrique.

Des vins marins, du gros plant au grolleau sous toutes ses formes

Muscadets iodés et gros plant vif

La gamme compte dix-huit cuvées. Le gros plant Le Grand Frais, 100 % folle blanche, joue la vivacité : notes florales, agrumes, iode et léger perlant. Les Parcelles, le muscadet le plus produit avec 40 000 bouteilles, reste frais et fruité, sur la pêche blanche et l’amande.

Les muscadets de garde changent de registre. Zéphyr mêle amande, volume et salinité, avec un potentiel de plus de cinq ans. La cuvée Les Hautes Noëlles, issue des vignes centenaires, offre une bouche ample sur la pomme, la vanille et la noisette. Le domaine conseille de la carafer, et la donne pour vingt ans.

Le grolleau gris, cépage du Pays de Retz

Le domaine décline le grolleau gris en trois vins secs ou doux. Florès en fait un blanc de gastronomie aux reflets jaune-rose, sur le pamplemousse et le poivre blanc. Erythra le fait macérer, une semaine de pigeage puis une semaine de remontages, pour un vin rose orangé et trouble. L’Inattendue, enfin, naît de grappes séchées sur la paille au moins deux semaines.

Rouges de soif et bulles de l’Atlantique

Les rouges visent le fruit et la souplesse. Voulez-vous Gamay avec moi ? se boit sur les fruits rouges et la cerise noire. Galénée, en grolleau noir, et Pléroma, en egiodola, sortent de macérations carboniques d’une semaine. Zoï assemble merlot, grolleau noir et cabernet franc, élevés deux ans, pour une garde de plus de sept ans.

Côté bulles, Perles des Noëlles assemble folle blanche et grolleau gris en méthode traditionnelle, après plus de quinze mois sur lattes en caves souterraines. Crépus’Bulle est un pétillant naturel rosé de grolleaux. La Première, pinot noir en blanc de noirs, reste 24 mois sur lattes et sort en brut nature.

Ces vins se vendent au caveau et chez des cavistes et restaurateurs. Ils partent aussi à l’export, aux États-Unis, au Canada et au Japon.

Escales au domaine, entre Nantes et Pornic

Un caveau et quatre ateliers

Le domaine reçoit au caveau pour déguster toute la gamme. Il propose aussi quatre « escales » sur réservation. La plus courte dure 45 minutes : vigne, chai, puis dégustation commentée de quatre vins. Une autre ajoute un jeu de piste d’une heure dans les parcelles, à pied ou à vélo.

Un atelier sensoriel initie à la reconnaissance des arômes. L’atelier immersif, lui, met les mains dans la vigne selon la saison : taille en hiver, ébourgeonnage et palissage au printemps, vendange à la main à l’automne. Des visites sur mesure sont possibles, y compris pour les groupes.

Des labels d’accueil et des sorties en mer

Membre des Vignerons Indépendants, le domaine porte les labels Caves touristiques du Vignoble de Loire et Vignobles & Découvertes. Le passé marin du vigneron s’invite aussi dans l’accueil : le domaine a organisé des croisières vigneronnes au départ du Vieux Port de Pornic, à bord du Salina, un bateau de 23 mètres.

Le domaine se résume lui-même en une formule : « Dernière escale avant l’océan ».

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Paul Prieur et Fils

    Le Domaine Paul Prieur et Fils fait du vin à Verdigny, au pied des Monts Damnés, depuis onze générations, et Luc Prieur le conduit depuis 2012. Ses 14,5 hectares de sauvignon blanc couvrent caillottes, terres blanches et silex, et tous ses rouges viennent du lieu-dit Les Pichons, planté dans les années 1950. Certifié bio depuis le millésime 2022, le domaine n’ajoute pas de soufre avant fermentation et ne filtre aucun vin. Le Guide Hachette a donné un coup de cœur à son sancerre rouge 2021 dans l’édition 2024.

  • Les Terres d’Ocre

    Les Terres d’Ocre cultivent près de 20 hectares en bio autour de Châtel-de-Neuvre, sur cinq communes de l’appellation Saint-Pourçain. Éric et Valérie Nesson cultivaient pour la cave coopérative quand leur neveu Florent Barichard les a rejoints en 2013 pour vinifier. Gamay, pinot noir, chardonnay et tressallier poussent sur des sables argileux, du granite rose et de l’argilo-calcaire, et se vendangent à la main. Neuf cuvées en sortent, élevées en cuve inox, en béton, en barriques ou en jarre de terre cuite.

  • Domaine Pierre Chauvin

    Le Domaine Pierre Chauvin cultive 7 hectares à Rablay-sur-Layon, sur les schistes et les graviers de l’Anjou noir, en bio depuis 2005. La famille y possède des terres depuis 1859, et le chai agrandi en 1930 sert toujours aux vinifications. Paul-Éric Chauvin fait fermenter ses vins aux levures indigènes, sans chaptalisation et avec un minimum de sulfites. Le chenin donne des blancs secs, des bulles, un Coteaux du Layon moelleux et un liquoreux de Rablay, à côté de rouges de grolleau et de cabernet franc.

  • Domaine Mélaric

    Le Domaine Mélaric cultive 5 hectares en bio sur la butte de la Cerisaie, un mamelon de craie qui prolonge la côte du Puy-Notre-Dame. Il a été fondé en 2006 par deux agronomes, Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire, et ses vignes sont en bio depuis 2008. Chenin, cabernet franc et grolleau noir donnent des parcellaires en Saumur et Saumur Puy-Notre-Dame, longuement élevés et jamais filtrés. Le couple conduit sa vigne comme une liane, avec des moutons entre les rangs et des pratiques biodynamiques.

  • Domaine Lapilli

    Le Domaine Lapilli cultive 5 hectares en bio sur trois anciens volcans au sud de Clermont-Ferrand, les puys de Corent, Marmant et Tobize. Elsa Provenzale et Géraud Dubuis l’ont créé en 2023 en reprenant les vignes de Marc Pradier, une figure des Côtes d’Auvergne. Gamay, pinot noir et chardonnay y poussent sur des sols argilo-calcaires mêlés de lapilli, ces projections de lave qui ont donné son nom au domaine. Ses sept cuvées parcellaires fermentent sur levures indigènes, sans collage ni filtration.

  • Les Terres Blanches

    À Oiron, dans le Thouarsais, Céline et Benoît Blet cultivent depuis 2004 près de 12 hectares de vignes dispersées entre bosquets, prairies et réserves ornithologiques. L’exploitation est engagée en bio depuis 2008 et labellisée Biodyvin pour la biodynamie. Le chenin s’y cueille en trois ou quatre tries, de l’Ancestral brut nature au liquoreux Temps Attendu. Cabernet franc, gamay de Bouze et pinot noir complètent une quatorzaine de cuvées, toutes vinifiées et mises en bouteille au domaine.

  • Domaine de la Paonnerie

    Le Domaine de la Paonnerie cultive 8 hectares de vignes à Anetz, au bord de la Loire, en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Demeter. Marie Carroget a repris en 2021 un tiers du domaine de ses parents, qui faisaient du vin sans soufre ajouté depuis 2001. Moutons d’Ouessant, poules Marans et engrais verts entretiennent ses rangs de melon de Bourgogne, gamay, grolleau et chenin. Elle en tire neuf cuvées nature, dont un chenin de vignes de 120 ans.

  • Le Picatier

    Le Picatier est le domaine de Géraldine et Christophe Pialoux à Saint-Haon-le-Vieux, sur la Côte roannaise : 9 hectares de vignes sur granite, à près de 400 mètres d’altitude. Engagé en bio depuis 2008, le couple soigne ses vignes uniquement avec des plantes, sans cuivre ni soufre. Au chai, levures indigènes, pigeages au pied et élevage sur lies donnent des vins sans sulfites ajoutés, ni collés ni filtrés. Le gamay domine, aux côtés du chardonnay et du pinot noir, et toutes les cuvées sortent en Vin de France.

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