Le Picatier
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Région viticole
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9ha
Surface du vignoble
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2007
Année de fondation
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En bio depuis 2008
Sommaire
Un vignoble de granite à 400 mètres, sur la Côte roannaise
Le Picatier est le domaine de Géraldine et Christophe Pialoux, vignerons à Saint-Haon-le-Vieux, dans la Loire. Leurs vins sont certifiés en agriculture biologique et vinifiés sans sulfites ajoutés. Sur ces coteaux de la Côte roannaise, le couple a choisi d’aller plus loin que le cahier des charges bio : plus de cuivre ni de soufre dans les vignes, plus aucun intrant au chai.
Neuf hectares autour du chai et de la maison
Le domaine compte 9 hectares de vignes. La plupart entourent le chai et la maison, au lieu-dit qui donne son nom au domaine, à près de 400 mètres d’altitude. Les rangs y sont larges, espacés de 2 mètres : ils avaient été plantés pour laisser passer les premières machines à vendanger. Le domaine reçoit toute l’année, sur rendez-vous pris par téléphone.

À cette hauteur, la vendange attend. Les seaux et les sécateurs ne sortent qu’à la mi-octobre. Le chai, lui, servait autrefois un domaine de 30 hectares. Son agencement permet au couple de se passer presque entièrement de pompes.
Du granite à gros grains et du granite porphyroïde
Les vignes poussent sur des sols granitiques sableux. Le granite à gros grains et le granite porphyroïde dominent, et les vignerons y voient la marque propre de leur domaine. Sur 3 hectares, le sous-sol est profond. Ailleurs, la roche-mère affleure presque sous les racines.
Cette différence se retrouve dans les cuvées. Le gamay de Gaménits vient d’un sol profond, sableux, limoneux et argileux. Celui de Pincée de granite pousse sur un sol de même nature, posé sur la roche, et la cuvée en porte le nom.
Des vignes soignées aux plantes, sans cuivre ni soufre
Ni engrais ni matière organique apportée
Depuis de nombreuses années, Géraldine et Christophe n’apportent ni engrais ni matière organique à leurs vignes. Ils veulent que la matière organique naisse dans le sol lui-même. À la taille, les sarments restent au sol entre les rangs. L’herbe pousse librement et n’est couchée qu’au moment de la floraison, pour que ses graines réensemencent le sol.
Bois et herbe s’accumulent ainsi en couches successives. Le modèle avoué est le sol forestier, l’un des plus riches en matière organique, qui abrite aussi insectes, champignons et bactéries. L’enherbement améliore la vie du sol et pousse les racines de la vigne à se développer.

La taille douce depuis 2020
En 2020, le domaine a changé sa façon de tailler et adopté la taille douce. Elle respecte le bois naturel de la vigne. Le couple ne taille plus pour l’homme et ses contraintes, la mécanisation en tête, mais pour accompagner la croissance de la plante.
Ail, reine-des-prés et thé de compost
Pendant des années, les vignes n’ont reçu que du cuivre, du soufre et des plantes. Puis les doses ont baissé, jusqu’à l’arrêt complet du cuivre et du soufre. Les traitements se font désormais uniquement avec des plantes : macération huileuse d’ail, décoction de reine-des-prés, origan, serpolet, sarriette, et des thés de compost.

Les Pialoux se disent encore en apprentissage et poursuivent leurs essais. Leur objectif tient en quelques mots : une culture entièrement naturelle.
Géraldine et Christophe Pialoux, de la Bourgogne au Roannais
Deux paysagistes devenus vignerons en 2007
Géraldine et Christophe se sont rencontrés pendant leur formation de paysagistes. Christophe a ensuite travaillé une dizaine d’années en Bourgogne, à la Maison Drouhin. Le couple y a trouvé ses mentors, deux vignerons nature bourguignons, Dominique Derain et Julien Altaber.
Ils font leur vin au Picatier depuis 2007. De ces années bourguignonnes, ils ont gardé un geste : la vendange en petites caisses, pour que le raisin arrive entier au chai.
En bio depuis 2008, sans sulfites depuis 2012
L’exploitation s’est engagée en agriculture biologique en 2008, avec l’organisme Ecocert. Ses vins portent le label bio depuis 2011. La certification couvre le raisin et le vin.
Au chai, le soufre a disparu par étapes. Jusqu’en 2011, Christophe pratiquait encore un sulfitage léger, de 2 grammes, à la mise en bouteille. À partir de 2012, il n’en a plus mis, et il n’y est jamais revenu. Toutes les cuvées présentées sur le site du domaine sont aujourd’hui sans sulfites ajoutés.
Au chai du Picatier, pigeages au pied et levures indigènes
Des caisses de 30 kilos pour un raisin intact
La vendange se fait à la main. Les raisins voyagent en caisses de 30 kg, pour rester entiers et intacts jusqu’au chai. Les trois rouges présentés par le domaine sont vinifiés en vendange entière, grappes non égrappées.

Délestages, pigeages et pressurage, rien de plus
La règle du chai est simple : aucune intervention œnologique. Seuls trois gestes sont admis, les délestages, les pigeages, faits au pied, et le pressurage. Les fermentations partent en levures indigènes, et les vins ne sont ni collés ni filtrés.

Après le pressurage, chaque vin s’élève sur ses lies, dans un contenant choisi selon la cuvée : cuve en acier émaillé, cuve en fibre, fûts de 228 litres ou demi-muids de 600 litres. Le vin travaille ensuite à son rythme jusqu’à la mise en bouteille.
Gaménits, Pincée de granite et Auver Nat Noir : le profil des vins
Les vignerons décrivent leurs vins comme fins et floraux, avec des notes épicées et poivrées et une belle minéralité. En 2019, le critique Aaron Ayscough les rangeait parmi les vins les plus délicats et les plus purs de la région.
Le gamay à jus blanc, cépage roi du domaine
Le gamay occupe la plus grande partie du vignoble. Gaménits est la première cuvée du domaine, la « cuvée des copains », 100 % gamay. Elle vient de vignes de 20 à 45 ans, vinifiées en semi-carbonique autour de 18 °C, avec une cuvaison de 15 jours, puis élevées en cuves d’acier émaillé.
Pincée de granite pousse plus loin la macération : 2 à 3 mois en vendange entière, sur des vignes de 45 ans, puis un élevage en demi-muids de 600 litres. Après le gel et la neige de 2017, le couple a assemblé ses trois cépages dans une cuvée unique, Picatier un jour, Picatier toujours.
Chardonnay et pinot noir, hors appellation
Le domaine cultive aussi du chardonnay et du pinot noir. Chardo d’ailleurs… est la première cuvée de blanc du Picatier. Le chardonnay, sur des vignes de 30 ans, macère au moins 24 heures en grappes entières avant d’être pressé, fermente entre 10 et 15 °C et s’élève en fûts et en cuves.

Auver Nat Noir joue sur un vieux mot : « auvernat » désigne le pinot noir dans l’Orléanais. Ce pinot de coteau, sur des vignes de 40 ans, cuve un mois en vendange entière et finit sa fermentation en fûts de 228 litres.
Des Vins de France dans l’aire de la Côte roannaise
Saint-Haon-le-Vieux fait partie des 14 communes de l’appellation Côte roannaise, sur le versant est des monts de la Madeleine, à une dizaine de kilomètres de Roanne. Reconnue en 1955 et confirmée en 1994, l’appellation ne produit que des rouges et des rosés de gamay, sur des pentes granitiques tournées vers le sud-sud-est.
Les cuvées présentées par le domaine, gamay compris, sortent pourtant toutes en Vin de France.
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