Domaine Paul Prieur et Fils - Vignes aux couleurs d’automne au soleil couchant

Domaine Paul Prieur et Fils

Sommaire

Onze générations en haut de Verdigny

Le Domaine Paul Prieur et Fils occupe le haut du village de Verdigny, au pied de la colline des Monts Damnés, dans l’appellation Sancerre. La famille Prieur y fait du vin depuis onze générations. Le domaine produit des sancerres blancs, rouges et rosés en agriculture biologique, avec une cave qui n’ajoute pas de soufre avant fermentation et ne filtre aucun vin.

De Paul, Didier et Philippe à Luc Prieur

Au début des années 2000, le domaine se présentait sous trois prénoms : Paul, Didier et Philippe Prieur. Une décennie plus tard, le domaine était mené par Didier, son frère Philippe et le fils de Didier, Luc.

C’est Luc Prieur qui exploite aujourd’hui le domaine, depuis le millésime 2012. Il est le gérant de la société familiale, la SCEA Paul Prieur et Fils.

Une conversion engagée en 2019

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en mai 2019, sous le contrôle d’Ecocert. Le millésime 2022 est le premier officiellement certifié AB. La certification couvre l’ensemble de l’exploitation, vigne et vin, sans parcelle conduite autrement.

Les vignerons parlent d’une culture « artisanale et 100 % organique ». Les désherbants, les insecticides et les traitements contre la pourriture sont proscrits.

Trois sols pour le sauvignon, un lieu-dit pour le pinot

Le vignoble réunit les trois grandes familles de sols du Sancerrois, et la gamme suit ce découpage : un sancerre blanc d’assemblage, trois parcellaires, et des rouges tous issus d’un même lieu-dit.

Caillottes, terres blanches et silex de Thauvenay

Les 14,5 hectares de sauvignon blanc se partagent entre les terroirs calcaires de Verdigny et de Chavignol, et les sols à silex de Thauvenay, en bord de Loire. Sur les deux premières communes, on trouve des caillottes et des terres blanches.

Les caillottes sont des sols calcaires très caillouteux, chauds et bien drainés. Les terres blanches naissent des marnes du Kimméridgien, plus profondes et plus froides, où le raisin mûrit plus tard. Le silex, à l’est de l’appellation, forme des sols sans calcaire qui obligent la vigne à s’enraciner en profondeur.

Les Pichons, cinq hectares de pinot des années 1950

Tous les rouges du domaine viennent du lieu-dit Les Pichons. Ces 5 hectares jouxtent le domaine, en contrebas de la colline des Monts Damnés, et le domaine les exploite presque en monopole.

Le pinot noir y a été planté dans les années 1950, en sélection massale. Le lieu-dit n’est pas homogène : le haut repose sur une marne calcaire, le bas sur un sol argilo-calcaire. Le domaine en tire des cuvées distinctes selon la partie de la parcelle.

Des vignes enherbées et vendangées à la main

Les vignes sont enherbées et travaillées. Le domaine compte sur des amendements organiques et sur une gestion des sols qu’il décrit comme « millimétrée ». Toutes les cuvées sont vendangées à la main, ce qui demande une main-d’œuvre nombreuse.

Domaine Paul Prieur et Fils - Vendangeurs portant leurs hottes dans les rangs de vigne
Vendange à la main, hotte sur le dos.

Une cave sans soufre avant fermentation ni filtration

En cave, le domaine cherche des vinifications « les plus naturelles possibles », sans renoncer à la précision. Deux règles valent pour toute la gamme : aucun ajout de soufre avant fermentation, et aucun vin filtré. Les fermentations partent sur levures indigènes.

Des blancs élevés sur lies totales

Les blancs passent au pressoir pneumatique, puis sont débourbés. Ils s’élèvent ensuite sur lies totales, sans bâtonnage. Selon la cuvée et la durée d’élevage, le vin rejoint des cuves inox, des cuves bois de 26 et 16 hectolitres ou des tonnes de 600 litres.

Le sancerre blanc du domaine reste de 8 à 14 mois en cuve inox. Les parcellaires restent 15 mois sous bois, avec une part de verre pour l’un d’eux.

Des macérations raccourcies depuis 2021

Les rouges macèrent en cuves ouvertes, avec une part de vendange entière qui va de 0 à 100 % selon les cuvées et les millésimes. Jusqu’au millésime 2020, les macérations duraient un mois, avec très peu d’extraction. Depuis 2021, elles sont beaucoup plus courtes : une dizaine de jours.

L’élevage dure 15 mois, en fûts de 228 litres qui ont déjà contenu de un à dix vins, en amphores et en cuve bois. Des soutirages très précis, au broquereau, permettent de mettre les rouges en bouteille sans filtration ni collage.

Neuf cuvées, du sancerre en trois mises au rosé perpétuel

La gamme compte neuf cuvées. Chacune a sa fiche technique, qui donne son terroir, son élevage et son volume. Les volumes vont de 80 000 bouteilles pour le sancerre blanc à 1 500 pour la plus rare.

Domaine Paul Prieur et Fils - Bouteilles couchées en casiers à côté des cuves bois
Bouteilles en casiers, près des cuves bois. Photo Pierre Mérat.

Un sancerre blanc mis au printemps, en été et en hiver

Le sancerre blanc assemble 40 % de caillottes, 20 % de terres blanches et 40 % de silex. C’est le vin le plus produit du domaine, environ 80 000 bouteilles. Le même vin est mis en bouteille en trois fois, au printemps, en été et en hiver, et l’étiquette indique de quelle mise il s’agit.

Pieuchaud, Monts Damnés et La Pitaude

Trois blancs portent le nom de leur lieu-dit. Pieuchaud vient d’une argile à silex de Thauvenay et s’élève surtout en cuve bois de 16 hectolitres. Monts Damnés naît des marnes kimméridgiennes de Chavignol, sur la colline au pied de laquelle se trouve le domaine. Ces deux cuvées donnent environ 5 000 et 9 000 bouteilles.

La Pitaude, à Verdigny, pousse aussi sur le Kimméridgien. Ce terroir est touché par le court-noué, un virus de la vigne qui réduit fortement les rendements et donne des raisins millerandés. Il en sort à peine 1 500 bouteilles, élevées en tonne de 600 litres et, pour un cinquième, en globe de verre.

Trois rouges, un rosé perpétuel et des bulles de pinot

Les trois rouges se partagent Les Pichons. Grains de Pinot, la plus produite des trois avec environ 20 000 bouteilles, vient du bas du lieu-dit, avec 20 à 40 % de vendange entière. Le bas des Pichons donne aussi une cuvée vinifiée à 100 % en grappes entières. Le haut, sur marne calcaire, entièrement égrappé, donne la cuvée Les Pichons.

Le Rosé perpétuel est un sancerre rosé non millésimé, de pressurage direct, issu du lieu-dit Les Clous. Il repose sur une réserve perpétuelle de pinot noir commencée en 2016. Enfin, Bulles de Pinot est un vin de France pétillant en méthode ancestrale, ni dosé ni dégorgé.

Des blancs amples et des pinots soyeux

Le domaine dit viser des « vins d’équilibre ». Plusieurs cuvées gagnent à passer quelques années en cave avant d’être ouvertes.

Des blancs de matière, portés par la fraîcheur

Les parcellaires blancs ont du gras et de l’ampleur. On y trouve la pêche, la poire et les agrumes, parfois des notes toastées de l’élevage en jeunesse. Pieuchaud, né sur silex, se distingue par une bouche vive et une finale saline. Le Monts Damnés est plus large, et ne demande qu’à vieillir.

Des pinots salués par le Guide Hachette

Les rouges associent les fruits rouges et noirs, cerise, griotte ou cassis, à des notes de violette et d’épices. En bouche, les tanins sont fins et soyeux, et le boisé de l’élevage se fond dans le fruit.

Le sancerre rouge 2021 a reçu un coup de cœur et trois étoiles dans l’édition 2024 du Guide Hachette des Vins. La cuvée Les Pichons y avait déjà obtenu deux coups de cœur, pour les millésimes 2013 (édition 2016) et 2017 (édition 2020), et le Pieuchaud 2019 trois étoiles dans l’édition 2022.

Verdigny, une des quatorze communes du sancerre

Le vignoble de Sancerre s’étend sur 14 communes du Cher, sur les collines qui dominent la Loire. Verdigny, où se trouve le domaine, et Thauvenay, où il cultive son silex, en font partie.

Une appellation de 1936, replantée en sauvignon

Le vignoble sancerrois était planté surtout en pinot avant le phylloxéra, à la fin du XIXe siècle. Le sauvignon blanc l’a remplacé à la replantation. L’AOC Sancerre a été reconnue en 1936 pour les blancs, puis en 1959 pour les rouges et les rosés, issus du pinot noir.

Le Centre-Loire, un climat à tendance continentale

Sancerre appartient aux vignobles du Centre-Loire, avec Pouilly-Fumé, Menetou-Salon, Quincy ou Reuilly. Le climat y est tempéré, à tendance continentale, avec de fortes amplitudes entre l’hiver et l’été. Les vignes poussent sur des coteaux et des plateaux, entre 100 et 380 mètres d’altitude.

Passer au domaine, à Verdigny

Le domaine reçoit les visiteurs à Verdigny, en haut du village, et l’accueil se fait aussi en anglais. Les camping-caristes y sont les bienvenus.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Les Terres d’Ocre

    Les Terres d’Ocre cultivent près de 20 hectares en bio autour de Châtel-de-Neuvre, sur cinq communes de l’appellation Saint-Pourçain. Éric et Valérie Nesson cultivaient pour la cave coopérative quand leur neveu Florent Barichard les a rejoints en 2013 pour vinifier. Gamay, pinot noir, chardonnay et tressallier poussent sur des sables argileux, du granite rose et de l’argilo-calcaire, et se vendangent à la main. Neuf cuvées en sortent, élevées en cuve inox, en béton, en barriques ou en jarre de terre cuite.

  • Domaine Les Hautes Noëlles

    Le Domaine Les Hautes Noëlles cultive 20 hectares en bio à Saint-Léger-les-Vignes près du lac de Grand-Lieu, en Muscadet-Côtes de Grandlieu. Ancien capitaine de la marine marchande, Jean-Gabriel Tridon l’a repris en 2020 avec Juliane, sur une exploitation engagée en bio depuis 2007, la première du Pays de Retz. Vendanges à la main, levures indigènes et élevages sur lies en cuves souterraines donnent des muscadets iodés, dont une cuvée de vignes centenaires. Ses dix-huit cuvées explorent aussi le grolleau gris, le floréal, les amphores et les bulles.

  • Domaine Pierre Chauvin

    Le Domaine Pierre Chauvin cultive 7 hectares à Rablay-sur-Layon, sur les schistes et les graviers de l’Anjou noir, en bio depuis 2005. La famille y possède des terres depuis 1859, et le chai agrandi en 1930 sert toujours aux vinifications. Paul-Éric Chauvin fait fermenter ses vins aux levures indigènes, sans chaptalisation et avec un minimum de sulfites. Le chenin donne des blancs secs, des bulles, un Coteaux du Layon moelleux et un liquoreux de Rablay, à côté de rouges de grolleau et de cabernet franc.

  • Domaine Mélaric

    Le Domaine Mélaric cultive 5 hectares en bio sur la butte de la Cerisaie, un mamelon de craie qui prolonge la côte du Puy-Notre-Dame. Il a été fondé en 2006 par deux agronomes, Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire, et ses vignes sont en bio depuis 2008. Chenin, cabernet franc et grolleau noir donnent des parcellaires en Saumur et Saumur Puy-Notre-Dame, longuement élevés et jamais filtrés. Le couple conduit sa vigne comme une liane, avec des moutons entre les rangs et des pratiques biodynamiques.

  • Domaine Lapilli

    Le Domaine Lapilli cultive 5 hectares en bio sur trois anciens volcans au sud de Clermont-Ferrand, les puys de Corent, Marmant et Tobize. Elsa Provenzale et Géraud Dubuis l’ont créé en 2023 en reprenant les vignes de Marc Pradier, une figure des Côtes d’Auvergne. Gamay, pinot noir et chardonnay y poussent sur des sols argilo-calcaires mêlés de lapilli, ces projections de lave qui ont donné son nom au domaine. Ses sept cuvées parcellaires fermentent sur levures indigènes, sans collage ni filtration.

  • Les Terres Blanches

    À Oiron, dans le Thouarsais, Céline et Benoît Blet cultivent depuis 2004 près de 12 hectares de vignes dispersées entre bosquets, prairies et réserves ornithologiques. L’exploitation est engagée en bio depuis 2008 et labellisée Biodyvin pour la biodynamie. Le chenin s’y cueille en trois ou quatre tries, de l’Ancestral brut nature au liquoreux Temps Attendu. Cabernet franc, gamay de Bouze et pinot noir complètent une quatorzaine de cuvées, toutes vinifiées et mises en bouteille au domaine.

  • Domaine de la Paonnerie

    Le Domaine de la Paonnerie cultive 8 hectares de vignes à Anetz, au bord de la Loire, en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Demeter. Marie Carroget a repris en 2021 un tiers du domaine de ses parents, qui faisaient du vin sans soufre ajouté depuis 2001. Moutons d’Ouessant, poules Marans et engrais verts entretiennent ses rangs de melon de Bourgogne, gamay, grolleau et chenin. Elle en tire neuf cuvées nature, dont un chenin de vignes de 120 ans.

  • Le Picatier

    Le Picatier est le domaine de Géraldine et Christophe Pialoux à Saint-Haon-le-Vieux, sur la Côte roannaise : 9 hectares de vignes sur granite, à près de 400 mètres d’altitude. Engagé en bio depuis 2008, le couple soigne ses vignes uniquement avec des plantes, sans cuivre ni soufre. Au chai, levures indigènes, pigeages au pied et élevage sur lies donnent des vins sans sulfites ajoutés, ni collés ni filtrés. Le gamay domine, aux côtés du chardonnay et du pinot noir, et toutes les cuvées sortent en Vin de France.

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