Château Cohola
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Région viticole
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2013
Année de fondation
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En bio depuis 2013
Sommaire
Un ingénieur agronome sur les hauteurs de Sablet
Le Château Cohola est un domaine de vin bio de Sablet, dans le Vaucluse, au pied des Dentelles de Montmirail. Ses vignes en terrasses dominent le village et produisent des Côtes du Rhône Villages Sablet rouges, blancs et rosés. Le domaine réunit aussi des oliviers, des cerisiers, des chênes truffiers et des ruches.
De Cordoue à Sablet, vingt ans de vin avant le premier millésime
Jérôme Busato vient des Pyrénées. Ingénieur agronome et œnologue, il a fait ses études d’ingénieur à Toulouse. Cheli Alberca, espagnole, est diplômée d’un master en économie. Ils se sont rencontrés sur les bancs de la faculté, à Cordoue.
Le couple a ensuite travaillé dans plusieurs pays et plusieurs régions viticoles de France. Plus de vingt ans de métier, ponctués de missions bénévoles en œnologie et en viticulture en Israël, en Palestine et à Madagascar. Puis l’envie est venue de faire leur propre vin, en culture biologique.
2013, un petit domaine repris et planté en banquettes
Le Château Cohola naît en 2013, l’année où l’exploitation s’engage en agriculture biologique. Jérôme reprend un petit domaine sur les hauteurs de Sablet. Il restaure et plante cinq hectares de vignes en banquettes, ces terrasses étroites taillées dans la pente, au milieu de quelques centaines d’oliviers.
Le domaine s’est étoffé ensuite, sans se spécialiser. Aux vignes se sont ajoutées les ruches, puis l’huile d’olive, puis les chênes truffiers. Cheli est la gérante, Jérôme le vigneron propriétaire. Autour d’eux travaillent Jef Vorsselmans, responsable viticole, Gilles Cramette, chef de culture, et l’œnologue Delphine Gaillard.
Safre, éboulis et Dentelles : l’appellation Sablet
Un village nommé depuis 1974
Sablet fait partie des villages autorisés à afficher leur nom sur l’étiquette d’un Côtes du Rhône Villages. Le village a obtenu ce rang en 1974, et l’appellation ne couvre que sa commune. En octobre 2024, le domaine est intervenu sur France Bleu à propos du « dîner à l’envers » donné pour ses cinquante ans.
Le village voisine avec Gigondas. Ses vignes descendent jusqu’aux rives de l’Ouvèze et montent sur les collines qui le dominent. Sur la rive est du Rhône, aucun village nommé ne produit plus de vin blanc que Sablet.
Des banquettes sur le safre, face au Plan de Dieu
Le nom de Sablet vient des bancs de sable proches du village. Sur la commune, on trouve des alluvions de l’Ouvèze, des sables et des safres, et des argiles et calcaires au pied des Dentelles. Les vignes du Château Cohola sont plantées sur un sol d’éboulis posé sur un sous-sol de safre, ces sols sableux du tertiaire qui ont donné son nom au village.
Le rosé de garde vient de la colline de Cheval Long, sur des éboulis calcaires, en plein ouest. Depuis le haut du domaine, la vue plonge sur le village et sur la plaine du Plan de Dieu. Le climat est provençal, balayé par le mistral.

Des arches de syrah, des champignons et de la musique
Des sarments noués en arches contre la chaleur
Jérôme Busato cherche des parades à la chaleur, qui donne des raisins à peine mûrs et déjà très chargés en degré. Sa réponse tient dans le feuillage. Une parcelle de syrah est taillée en gobelet et montée sur échalas, et ses sarments sont noués les uns aux autres pour former des arches.

Plus de feuilles, c’est plus de photosynthèse et un degré plus bas. Pour que le raisin arrive à maturité, il lui faut au moins un mètre carré de surface foliaire, explique-t-il. Et pour juger cette maturité, il conseille de goûter le pépin plutôt que la pulpe.

Vesce, seigle et petits pois dans les inter-rangs
Entre les rangs, le domaine sème de la vesce, du seigle et des petits pois, pour l’azote naturel qu’ils apportent. Le semis se fait en direct, pour préparer une flore équilibrée avant le millésime suivant.
Jérôme apporte aussi des bactéries, qui accélèrent la transformation de la matière végétale en humus. Des champignons viennent coloniser les racines, ce qu’on appelle la mycorhization, et aident à drainer l’eau. Les vendanges se font à la main, et les rendements restent bas : 25 hl/ha pour le rouge de Sablet.
La génodique, avec un doute assumé
Au bord d’un talus, des petits boîtiers diffusent de la musique aux vignes. C’est la génodique, une technique née des travaux du physicien Joël Sternheimer. Trois mélodies différentes sont censées aider la vigne contre le court-noué et l’esca, et améliorer la photosynthèse. Jérôme a présenté cette approche sur TF1.
Le vigneron ne vend pas de miracle pour autant. Il ne peut pas garantir que la musique marche, dit-il, et penche plutôt pour un ensemble : bactéries, champignons et musique. Il se range volontiers parmi ceux qui doutent.
Du grenache de 87 ans aux demi-muids : le style des vins
Les rouges reposent sur le grenache et la syrah. Le viognier, le grenache blanc, la roussanne et la marsanne occupent les terrasses les plus fraîches. Les vins fermentent avec leurs levures indigènes, sans levure ajoutée.
Le rouge de Sablet et la cuvée Fruit
Le Château Cohola rouge assemble 60 % de grenache et 40 % de syrah. Il fermente en cuve inox tronconique, puis passe douze mois en demi-muids de la tonnellerie Seguin Moreau. C’est un rouge puissant, aux tanins nombreux et soyeux, que la fraîcheur en bouche équilibre et allonge.

La cuvée Fruit vient surtout des plus vieux grenaches du domaine, âgés de 87 ans. Une longue cuvaison en inox, avec délestages, garde le vin souple et croquant. Elle se boit fraîche, entre 10 et 12 °C, sur les fruits rouges.
Un blanc mené par le viognier
Le blanc compte 60 % de viognier, complété de grenache blanc, de roussanne et de marsanne. Les raisins macèrent vingt heures avec leurs peaux, puis fermentent sur bourbes en demi-muids, entre 16 et 18 °C. Trois mois de bâtonnage sur lies suivent. Le vin sent la fleur blanche et l’abricot, ample sans perdre sa fraîcheur.
Le rosé de Sablet, 70 % de grenache et 30 % de syrah, est fait pour le plaisir immédiat. Le rosé de garde suit une autre voie : huit mois en demi-muids de 600 litres, avec des bâtonnages réguliers, pour une couleur saumonée et une bouche ample.
Terre Bois Fer et les Love, des essais d’élevage
Terre Bois Fer porte son programme dans son nom. La syrah passe neuf mois en demi-muids, une partie du grenache trois mois en amphores de terre cuite, une autre cinq mois en barriques inox. Ce Sablet non millésimé assemble les années 2020 et 2021, à la recherche d’une texture soyeuse.
Love Grenache et Love Syrah, deux monocépages en Vin de France, sont vinifiés de bout en bout en demi-muid, du foulage à l’élevage. Le grenache donne un rouge léger aux fruits rouges bien mûrs, la syrah un vin plus concentré, sur le fruit noir.
La devise du domaine, « le bon vin réjouit le cœur de l’homme », se retrouve en latin sur une gamme de trois rouges. Les Cor Hominis Laetificat sont des Vacqueyras, Gigondas et Châteauneuf-du-Pape.
Miel d’abeilles noires et huile de tanche
Des ruches Layens et l’abeille noire de Provence
Le domaine applique au miel la même logique qu’au vin. Il travaille avec des ruches anciennes de type Layens, extrait le miel au rucher, et n’élève que des essaims d’abeilles noires, la race traditionnelle de Provence. Deux miels en sortent, lavande et polyfloral, tous deux en IGP Provence.

Des oliviers sauvés du gel de 1956
Les oliviers du domaine ont une histoire. Abandonnés après le gel de 1956, ils avaient été gagnés par la forêt, et le domaine les a récupérés. La variété dominante est la tanche, typique du secteur. Les olives se cueillent à la main avant leur complet changement de couleur, pour une huile au fruité vert, sur l’artichaut et l’asperge.
Déguster à Sablet et dormir au milieu des vignes
Six expériences, du Nez du vin au coucher de soleil
Le domaine reçoit dans une salle de dégustation climatisée, avec vue sur le village depuis les vignes en terrasses. Les visites se font aussi en anglais. Six formules sont proposées : de la dégustation des trois couleurs au « Nez du vin », jusqu’à la visite agroécologique de la propriété et de sa cave.

Un atelier fait enfiler la tenue d’apiculteur pour ouvrir les ruches, suivi d’une dégustation comparée des miels. Un apéritif se prend aussi dans les vignes, au coucher du soleil. Le Château Cohola porte aussi le label Accueil Vélo.
Trois gîtes entre vignes et village
Le domaine loue trois maisons. Le gîte principal occupe une ancienne bastide provençale rénovée, entourée de vignes, d’oliviers, de cerisiers et de truffiers. Le Relais Cohola a sa piscine, et un gîte plus petit se trouve à deux pas du centre du village. De là, Vaison-la-Romaine, Gigondas et le mont Ventoux sont à portée de route.
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