Domaine La Péquélette - Amandier en fleur au-dessus des vignes, le mont Ventoux à l’horizon

Domaine La Péquélette

Sommaire

Le Domaine La Péquélette est une ferme en biodynamie de Vinsobres, dans la Drôme provençale. Face au mont Ventoux, sur la colline qui domine la vallée de l’Eygues, Cédric Guillaume-Corbin y cultive la vigne au milieu des oliviers, des chênes truffiers et des arbres fruitiers. Son nom vient du provençal : la Péquélette, c’est « la petite ».

Une ferme en mosaïque au Plan de Moye

Des parcelles d’un quart d’hectare

Ici, pas de grand vignoble d’un seul tenant. Le domaine se compose d’une multitude de parcelles de 1/4 à 1/3 d’hectare. Chacune porte des vignes, des arbres fruitiers ou des oliviers, et des haies les bordent toutes.

Domaine La Péquélette - Un olivier au milieu d’un tapis de thym en fleur
Un olivier dans le thym en fleur, sur la ferme.

Ce découpage sert un objectif affiché : renforcer la vitalité des sols et faire de la ferme un organisme agricole équilibré. Le domaine entretient aussi des zones humides et en crée de nouvelles. La faune sauvage et la flore spontanée y trouvent leur place.

Des ânes, des brebis et des abeilles

Les animaux font partie du projet. En 2010, deux ânes, Manon et Titan, rejoignent la ferme. Des brebis, des poules et des abeilles complètent aujourd’hui ce petit troupeau.

En 2016, la famille poursuit la plantation de haies autour des vignes. Elles augmentent la biodiversité, nourrissent les abeilles de nectar et de pollen, et marquent l’identité du domaine comme celle de ses vins.

Olives, truffes et grenades

Le vin n’est qu’une des récoltes de La Péquélette. La ferme est certifiée en bio pour une longue liste de productions : olives et huile d’olive, truffes, abricots, cerises, pommes, coings, amandes, pistaches, grenades, kakis et lavande. Le domaine vend aussi son huile d’olive, des confitures et du jus de grenade.

En 2015, Cédric Guillaume-Corbin replante des abricotiers, des grenadiers, des pommiers, des amandiers et des figuiers. Les fruitiers reviennent ainsi sur des terres qu’ils occupaient avant le gel de 1985.

Les truffes poussent au pied des chênes truffiers plantés après ce gel. Le cavage se fait avec le chien, entre les troncs.

Domaine La Péquélette - Recherche des truffes avec le chien sous les chênes truffiers
Cavage des truffes avec le chien, sous les chênes truffiers.

De la cave coopérative à la première bouteille

D’Emile à Claude, les chênes remplacent les abricotiers

De nombreuses générations se sont succédé sur les terres du Plan de Moye. Autrefois, abricotiers, cerisiers, pêchers et surtout oliviers partageaient la ferme avec la vigne. On y travaillait au cheval, peu à peu remplacé par le tracteur.

Le grand-père, Emile, laisse la ferme à son fils Claude. Après le gel de l’hiver 1985, qui tue fruitiers et oliviers, ce sont les chênes truffiers et la vigne qui prennent leur place.

Cédric Guillaume-Corbin entre officiellement sur le domaine en 1992. Père et fils continuent d’arracher des abricotiers pour planter vignes et chênes truffiers. Sur les terres achetées à cette occasion, il plante des oliviers.

2005, six hectares et un pari

La Péquélette naît en 2005, avec la sortie de la cave coopérative. Cédric Guillaume-Corbin se lance avec 6 hectares de vignes, 250 oliviers et 800 chênes truffiers. Il ne sait pas encore faire le vin, mais il compte apprendre. Son objectif tient en deux mots : un vin « honnête et franc ».

La première bouteille sort en 2006, après vingt-quatre mois de travail et d’attente. La famille et des collègues ont aidé à la faire naître.

Une maison qui s’agrandit en famille

Le domaine se travaille de plus en plus à plusieurs. En 2022, Vincent, le beau-frère, et Emma, la belle-fille, rejoignent l’équipe. En mars de la même année, la famille plante ensemble de jeunes vignes.

Domaine La Péquélette - Trois hommes et un chien pendant une plantation de jeunes vignes au printemps
Plantation de jeunes vignes en famille, mars 2022.

En 2023, deux fils, François et Lucien, ouvrent à Avignon un bar à vins et à tapas, Les Péquélets. Les vins du domaine y ont trouvé leur comptoir en ville.

La biodynamie, apprise auprès de Jacques Mell

De 2007 au label Demeter

Le tournant date de 2007. Cédric Guillaume-Corbin rencontre Jacques Mell, conseiller en biodynamie installé à Reims, et commence à appliquer la méthode sur ses parcelles. Le label Demeter suit en 2011.

Le domaine figure aujourd’hui parmi les adhérents de Demeter France. Ses cuvées sont élaborées dans le respect du cahier des charges de la marque. Une partie des vignes est encore en conversion vers le bio.

Pour la famille, la biodynamie est une culture du vivant qui suit les rythmes de la nature : le jour et la nuit, les saisons, les cycles de la lune et des planètes. Elle y voit aussi une façon de redevenir paysan.

Des préparats faits à la ferme

La Péquélette fabrique elle-même ses préparations biodynamiques : la bouse de corne, la silice de corne et le compost de bouse Maria Thun. Le domaine les propose aussi à la vente.

Le travail manuel passe en premier. Le domaine se sert de tracteurs et de pompes, mais refuse de devenir esclave de ses machines. Travailler en biodynamie, c’est aussi remettre l’humain au centre de la ferme.

2018, l’année du mildiou

Le millésime 2018 a fait mal : le mildiou a frappé fort. Cette année difficile a aussi lancé une réflexion de fond sur la place de la vigne dans la ferme, sur l’organisation du travail et sur celle des animaux.

Vinsobres, un cru sur une seule commune

Un village perché au pied des Baronnies

Vinsobres est un petit village perché de la Drôme provençale, sur les contreforts des Préalpes, dans le parc naturel régional des Baronnies provençales. Le domaine se trouve à la campagne, à moins de deux kilomètres du village.

L’appellation Vinsobres couvre cette seule commune, au sud de la Drôme. Le relief y culmine à plus de 500 mètres. À son pied s’étendent des coteaux aux pentes modérées, bien exposés au sud.

Le premier cru de la Drôme provençale

En 2006, Vinsobres devient le premier cru de la Drôme provençale. Il fait partie des 17 crus des Côtes du Rhône. L’appellation donne des rouges d’assemblage fondés sur le grenache, complété par la syrah et le mourvèdre, élevés au moins jusqu’au 15 mars qui suit la récolte.

La vigne y est ancienne. En 1633, l’évêque de Vaison écrivait déjà que le village tirait son nom des coteaux plantés de vigne.

Des vins vivants, d’Emile à Ce Brave

Honnêtes et francs avant tout

Le domaine décrit ses vins comme vivants : ils doivent porter la terre qui les a vus naître et le caractère de leur millésime. L’ambition de 2005 n’a pas changé, faire un vin honnête et franc.

Les vieux grenaches sont taillés en gobelet. Dans Belle Brune 2021, la syrah prend le dessus : 80 % de syrah et 20 % de grenache, pour un rouge corpulent, à peine boisé.

Huit cuvées, du cru au vin de France

La gamme compte huit cuvées : Ze Pépé, Emile, Belle Brune, Clau d’Yvaine, Carton Rouge, Pan, Octobre et Ce Brave. Emile est un Vinsobres, Carton Rouge un Côtes du Rhône. D’autres rouges sortent en vin de France, comme Ze Pépé Red Ouaïne.

Domaine La Péquélette - Caisses de raisins noirs alignées le jour des vendanges
Caisses de vendange pleines de raisins noirs.

Le rosé s’appelle « Tout ce qu’octobre illumine », le blanc « Ce brave qui t’aime… ». En 2017, le domaine a planté sa première parcelle de cépages blancs : bourboulenc, clairette et grenache blanc.

À la ferme ou à Avignon

La vente se fait directement au domaine, sur rendez-vous. La famille partage volontiers son expérience de paysans en biodynamie avec ceux qui viennent à la ferme.

En ville, les vins se boivent au bar des fils, Les Péquélets, à Avignon. Sur le logo du domaine, un homme se tient debout sur la lune, sous les étoiles, au-dessus de sa devise : « Les pieds par terre, la tête dans les étoiles ».

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine Breyton

    Le Domaine Breyton cultive 7 hectares à Beaumont-Monteux, dans la Drôme, dont 5 en Crozes-Hermitage. En bio depuis 2000 et en biodynamie certifiée Demeter depuis 2002, la famille garde ses vergers à côté des vignes. Sur les galets roulés, la syrah donne trois crozes rouges aux élevages différents, et la marsanne un blanc avec la roussanne. Près de l’Isère, merlot, malbec, tannat et colombard donnent les cuvées en Vin de France.

  • Domaine Lombard

    Le Domaine Lombard cultive 23 hectares en bio à Livron-sur-Drôme, dont 11 hectares à Brézème, un vignoble confidentiel au sud du Rhône septentrional. Fondé en 1981, il est le plus important producteur de ce Côtes du Rhône rare, planté en syrah, marsanne et roussanne. Repris en juillet 2023 par une nouvelle équipe, le domaine travaille ses sols au rythme des cycles lunaires et soigne la vigne par tisanes et décoctions. Sa gamme réunit les cuvées de Brézème et des vins créés avec d’autres vignerons du Rhône.

  • Domaine de la Ville Rouge

    À Mercurol, dans la Drôme, le Domaine de la Ville Rouge cultive 20 hectares en Crozes-Hermitage, en Saint-Joseph et en vins de pays. Fondé en 1919 par Paul Girard, il vinifie toute sa récolte depuis 2006, mené aujourd’hui par Sébastien et Audrey Girard, la quatrième génération. Labellisé Biodyvin depuis 2018 en plus de sa certification bio, le vignoble ne reçoit que du fumier composté et les préparations biodynamiques. Au chai, la syrah, la marsanne et la roussanne passent en inox, en fût, en amphore ou en œuf de grès.

  • Domaine Vallot

    À Vinsobres, dans la Drôme provençale, le Domaine Vallot est une maison familiale de cinq générations, menée par Anaïs Vallot aux côtés de son père François. Ses vignes, entre 250 et 350 mètres face au mont Ventoux, sont en bio depuis 2004 et certifiées Demeter depuis 2007. Une parcelle complantée de six cépages, vendangés ensemble, donne le Côtes du Rhône Le Coriançon. Les quatre Vinsobres vont du rouge de fruit élevé en béton à L’Exception, dix-huit mois en barrique.

  • Domaine Achard-Vincent

    Le Domaine Achard-Vincent cultive 11 hectares à Sainte-Croix, dans le Diois, entre le Vercors et la Provence. La famille pratique l’agriculture biologique depuis 1968, et Thomas Achard y a ajouté la biodynamie certifiée Demeter en 2005. Le domaine élabore surtout des Clairette de Die en méthode dioise ancestrale, à base de muscat à petits grains, ainsi qu’un Crémant de Die sans soufre ajouté et un Coteaux de Die blanc. Le Guide Hachette a donné trois étoiles à sa Bio-Sûre 2009, dans l’édition 2012.

  • Château de la Selve

    Le Château de la Selve est une maison forte du XIIIe siècle, sur les berges du Chassezac à Grospierres, dans le sud de l’Ardèche. Benoît Chazallon y crée le domaine en 2002 et le conduit avec Florence, en bio depuis 2008 et labellisé Biodyvin depuis 2012. Ses vignes poussent sur les galets du Chassezac et les coteaux calcaires de garrigue, en IGP Coteaux de l’Ardèche. Le chai élève en fûts et en amphores des rouges de garde, des rosés et plusieurs viogniers, dont une solera lancée en 2011.

  • Domaine Saladin

    Le Domaine Saladin cultive 18 hectares de vignes et treize cépages à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. La famille y achète une première vigne en 1422, et les sœurs Élisabeth et Marie-Laurence Saladin, vingt et unième génération, ont repris la cave en 2003. Sans pesticide ni herbicide depuis l’origine, le domaine est certifié bio par Ecocert depuis 2007. Ses vins sortent en Côtes du Rhône, en Côtes du Rhône Villages Saint-Andéol et, pour deux cuvées déclassées par choix, en Vin de France.

  • Domaine Alain Voge

    Le Domaine Alain Voge cultive 13 hectares sur la rive droite du Rhône, en Cornas, Saint-Péray, Saint-Joseph et Côtes du Rhône. Alain Voge y a remis en culture des coteaux de granit tombés en friche, et relancé le Saint-Péray en le fermentant en barrique bourguignonne. Engagé en bio en 2006, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016 et conduit selon des pratiques biodynamiques. Depuis 2018, Lionel Fraisse gère le domaine, de la syrah des cornas à la marsanne des saint-péray.

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