Domaine de la Ville Rouge - Rangs de vigne dans la plaine de Mercurol, un enjambeur au travail sous un ciel d’orage

Domaine de la Ville Rouge

Région viticole

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Vallée du Rhône

BioBiodyvin
Sommaire

De la coopérative à la cave particulière, quatre générations à Mercurol

Le Domaine de la Ville Rouge cultive 20 hectares de vignes autour de Mercurol, dans la Drôme, au sud de l’appellation Crozes-Hermitage. La famille Girard y travaille la terre depuis 1919. Elle produit des Crozes-Hermitage rouges et blancs, un Saint-Joseph sur l’autre rive du Rhône, et des vins de pays en IGP Collines Rhodaniennes et IGP Drôme.

Le vignoble est certifié en agriculture biologique et labellisé Biodyvin, le label du syndicat international des vignerons en culture biodynamique. Au chai, la quatrième génération vinifie en cuve inox, en fût, en amphore et en œuf de grès.

Paul, Gaston, Edgar : des vergers et du raisin livré à la coopérative

Paul Girard fonde l’exploitation en 1919. Elle ne compte alors que quelques hectares de vigne, et le raisin part à la cave coopérative. Gaston prend ensuite la suite. Son fils Edgar s’installe en 1975 et reprend toutes les terres, arbres fruitiers compris : à Mercurol, les Girard sont longtemps arboriculteurs autant que viticulteurs.

Le tournant date de 2006. Sébastien Girard rejoint l’exploitation, diplôme en poche, et la famille crée sa cave particulière, le Domaine de la Ville Rouge. Depuis, toute la récolte est vinifiée sur place. Le vignoble a grandi jusqu’à une vingtaine d’hectares, répartis entre Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et vins de pays.

Sébastien et Audrey Girard, un domaine mené à deux

Audrey Girard, la femme de Sébastien, rejoint le domaine en 2016 et prend d’abord en charge l’administration. Elle en est aujourd’hui co-gérante. Le couple se partage la vigne et le chai, mais aussi l’accueil et la communication.

Domaine de la Ville Rouge - Audrey Girard assise sur une barrique, Sébastien Girard debout à côté, dans le chai
Audrey et Sébastien Girard dans le chai à barriques.

Le domaine se veut à taille humaine et familial. Il vend ses bouteilles aux particuliers, au caveau, et propose sa gamme aux cavistes, aux restaurateurs, aux agents et aux importateurs.

Trois terroirs de part et d’autre du Rhône

Les cailloutis roulés du sud de Crozes-Hermitage

L’essentiel du vignoble se trouve sur la rive gauche du Rhône, dans les plaines du sud de l’appellation. Les parcelles se répartissent entre Mercurol, La Roche-de-Glun et Beaumont-Monteux, sur des lieux-dits comme Chassis et Les Saviaux. Le sol mêle cailloutis roulés, alluvions calcaires et argile rouge.

Ce terroir de plaine donne la rondeur que le domaine cherche dans ses Crozes-Hermitage. La syrah fait seule les rouges, la marsanne et la roussanne font les blancs. Selon les cuvées, les vignes ont de 5 à 45 ans.

Domaine de la Ville Rouge - Grappes de syrah fraîchement vendangées
Syrah fraîchement vendangée.

Les syrahs de plus de 80 ans de Tournon, en Saint-Joseph

Sur la rive droite, à Tournon-sur-Rhône, le domaine travaille un coteau granitique de Saint-Joseph, sur le secteur du chemin de Saint-Joseph, berceau de l’appellation. Les syrahs y ont plus de 80 ans. On les vendange à la main, à 40 hectolitres par hectare.

Ce coteau donne la cuvée du Potier, le Saint-Joseph rouge du domaine. Une cuvée Lenny, en blanc, assemble à parts égales roussanne et marsanne, issues de vignes de 20 à 50 ans sur des coteaux granitiques.

Les collines boisées du nord de Mercurol

Les vins de pays viennent des hauteurs de Mercurol, au nord de la commune. Les parcelles y occupent des collines argileuses entourées de bois et riches en biodiversité. On y trouve du viognier, du chardonnay, du marselan et du pinot noir, à côté de la syrah.

Ces vignes ont une vingtaine d’années. Elles donnent deux cuvées faciles d’accès : un blanc de viognier et de chardonnay en IGP Collines Rhodaniennes, et un rouge de syrah, marselan et pinot noir en IGP Drôme.

De la cosmoculture au label Biodyvin

Des millésimes difficiles à l’origine du changement

Les générations précédentes conduisaient la vigne en conventionnel, et cette méthode ne satisfaisait pas Sébastien Girard. Des millésimes compliqués, comme 2008, 2013 et 2014, ont nourri sa réflexion sur l’agriculture biologique et la biodynamie.

La conversion à l’agriculture biologique commence en 2009. Un premier essai de cosmoculture le laisse sur sa faim. C’est la rencontre d’un vigneron biodynamiste de la Loire qui le décide. Il fait alors évoluer ses pratiques avec un conseiller, et applique les principes de la biodynamie à tout le domaine à partir de 2013.

Fumier composté, préparations et traitements préventifs

Au vignoble, le domaine n’apporte que du fumier composté. Les préparations biodynamiques et les décoctions entretiennent la vie du sol. Le calendrier des travaux suit les rythmes lunaires et planétaires.

Domaine de la Ville Rouge - Sébastien Girard taille la vigne sur un coteau, la vallée en contrebas
Sébastien Girard à la taille d’hiver. Photo Karine Legaz, Klimages.

Les traitements sont préventifs et placés sur les bonnes périodes. Le but est que la vigne renforce ses propres défenses, plutôt que d’être protégée par la chimie. Sébastien Girard dit en voir l’effet année après année, sur la qualité des sols comme sur celle du raisin.

Ecocert pour le bio, Biodyvin depuis 2018

Le domaine est contrôlé en agriculture biologique par Ecocert, pour le raisin de cuve et pour le vin. Il adhère au syndicat Biodyvin depuis 2015 et en porte le label depuis 2018. L’Agence Bio date son engagement chez Ecocert de juillet 2016.

Inox, fût, amphore et grès dans un même chai

Levures indigènes et intrants limités

Les rouges fermentent sur levures indigènes. Ceux de Crozes-Hermitage sont éraflés, puis travaillés par remontages et pigeages selon les cuvées. Les jeunes vignes se vendangent à la machine. Les vieilles vignes et les blancs de Crozes-Hermitage se récoltent à la main, entre 40 et 45 hectolitres par hectare.

Le domaine limite les intrants œnologiques, pour laisser parler le millésime et le cépage. Les cuvées de fruit s’élèvent en cuve inox, six à huit mois pour les vins de pays. Elles se boivent jeunes, dans les trois à quatre ans.

Domaine de la Ville Rouge - Lavage de la cuverie inox, tuyau en main, entre les cuves
La cuverie inox, au moment du lavage.

L’amphore pour Paul, l’œuf de grès pour Mal(grès) Tout

Les vieilles syrahs de 45 ans de Terre d’Éclat passent 14 mois en fût, dans des barriques de un à huit vins. La cuvée Paul vient des mêmes vieilles vignes des plaines, mais s’élève en amphore, pour laisser s’exprimer la typicité du cépage.

Domaine de la Ville Rouge - Deux amphores posées sur les barriques du chai
Les amphores, posées sur les barriques.

Les blancs vont plus loin dans la terre. Mal(grès) Tout, une roussanne pure de 20 ans, fermente et s’élève en œufs de grès de 600 litres, où les lies restent en suspension. Elle est même mise en bouteille de grès. Nathan, moitié marsanne, moitié roussanne, partage son élevage entre fût de chêne et œuf de grès.

Des syrahs épicées et des blancs ronds aux amers fins

Les Crozes-Hermitage rouges jouent sur le fruit noir, la cerise, les épices douces et le poivre. Les jeunes vignes donnent des vins juteux, aux tanins soyeux. Terre d’Éclat, plus concentré, se garde jusqu’à dix ans. Paul cherche la délicatesse, sur la fraise, la framboise et la pivoine.

Les blancs de marsanne et de roussanne sont ronds, sur la pêche, l’abricot et la fleur d’acacia, avec des amers doux. Les vins de pays misent sur la fraîcheur : pêche et agrumes pour le blanc, fruits rouges acidulés pour le rouge. Le Saint-Joseph du Potier mêle fruits des bois, cassis et violette, avec une touche de réglisse.

Le Guide Hachette des vins cite le domaine depuis son édition 2009. Il a donné deux étoiles au Crozes-Hermitage rouge Paul 2016 dans l’édition 2020, puis au blanc Nathan 2018 dans l’édition 2021.

Une visite menée par Audrey Girard

Vignes, chai et dégustation en une heure et demie

Le domaine reçoit toute l’année, sur rendez-vous. La visite dure 1 h 30 et c’est Audrey Girard qui la conduit. Elle passe par les vignes cultivées en biodynamie, puis par le chai, où tout est vinifié sur place, avant une dégustation commentée des Crozes-Hermitage.

Domaine de la Ville Rouge - Audrey Girard prélève du vin à la pipette dans une amphore
Audrey Girard, pipette en main, devant une amphore.

Audrey y raconte l’histoire de la famille et les choix de culture du domaine. Les groupes sont accueillis sur demande, jusqu’à 30 personnes, et la visite peut se faire en anglais. Les vins s’achètent sur place après la dégustation.

À cinq minutes de la sortie Tain-l’Hermitage

Le domaine se trouve entre Valence et Tournon-sur-Rhône, à moins de cinq minutes de la sortie Tain-l’Hermitage de l’autoroute A7. Un parking gratuit attend les visiteurs. C’est une halte facile sur la route des vacances, au milieu du vignoble de Crozes-Hermitage.

Le domaine propose aussi la visite en bon cadeau. Ceux qui le reçoivent repartent avec une bouteille offerte, comme tous les visiteurs de la visite guidée.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine Vallot

    À Vinsobres, dans la Drôme provençale, le Domaine Vallot est une maison familiale de cinq générations, menée par Anaïs Vallot aux côtés de son père François. Ses vignes, entre 250 et 350 mètres face au mont Ventoux, sont en bio depuis 2004 et certifiées Demeter depuis 2007. Une parcelle complantée de six cépages, vendangés ensemble, donne le Côtes du Rhône Le Coriançon. Les quatre Vinsobres vont du rouge de fruit élevé en béton à L’Exception, dix-huit mois en barrique.

  • Domaine Achard-Vincent

    Le Domaine Achard-Vincent cultive 11 hectares à Sainte-Croix, dans le Diois, entre le Vercors et la Provence. La famille pratique l’agriculture biologique depuis 1968, et Thomas Achard y a ajouté la biodynamie certifiée Demeter en 2005. Le domaine élabore surtout des Clairette de Die en méthode dioise ancestrale, à base de muscat à petits grains, ainsi qu’un Crémant de Die sans soufre ajouté et un Coteaux de Die blanc. Le Guide Hachette a donné trois étoiles à sa Bio-Sûre 2009, dans l’édition 2012.

  • Château de la Selve

    Le Château de la Selve est une maison forte du XIIIe siècle, sur les berges du Chassezac à Grospierres, dans le sud de l’Ardèche. Benoît Chazallon y crée le domaine en 2002 et le conduit avec Florence, en bio depuis 2008 et labellisé Biodyvin depuis 2012. Ses vignes poussent sur les galets du Chassezac et les coteaux calcaires de garrigue, en IGP Coteaux de l’Ardèche. Le chai élève en fûts et en amphores des rouges de garde, des rosés et plusieurs viogniers, dont une solera lancée en 2011.

  • Domaine Saladin

    Le Domaine Saladin cultive 18 hectares de vignes et treize cépages à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. La famille y achète une première vigne en 1422, et les sœurs Élisabeth et Marie-Laurence Saladin, vingt et unième génération, ont repris la cave en 2003. Sans pesticide ni herbicide depuis l’origine, le domaine est certifié bio par Ecocert depuis 2007. Ses vins sortent en Côtes du Rhône, en Côtes du Rhône Villages Saint-Andéol et, pour deux cuvées déclassées par choix, en Vin de France.

  • Domaine Alain Voge

    Le Domaine Alain Voge cultive 13 hectares sur la rive droite du Rhône, en Cornas, Saint-Péray, Saint-Joseph et Côtes du Rhône. Alain Voge y a remis en culture des coteaux de granit tombés en friche, et relancé le Saint-Péray en le fermentant en barrique bourguignonne. Engagé en bio en 2006, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016 et conduit selon des pratiques biodynamiques. Depuis 2018, Lionel Fraisse gère le domaine, de la syrah des cornas à la marsanne des saint-péray.

  • Domaine Chaume-Arnaud

    Le Domaine Chaume-Arnaud cultive 38 hectares de vignes à Vinsobres et à Saint-Maurice-sur-Eygues, dans le Parc naturel régional des Baronnies provençales. Valérie Chaume-Arnaud l’a créé en 1987 sur 4,5 hectares loués à ses parents, et le mène aujourd’hui avec ses fils Thibaud et Raphaël. Toute la ferme est en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2009, et la vigne y côtoie les oliviers de Tanche, les tomates et les céréales. Le Vinsobres fait la moitié de la production, aux côtés d’un Côtes du Rhône Villages Saint-Maurice et de blancs vifs.

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

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