Domaine de la Ville Rouge
Sommaire
- De la coopérative à la cave particulière, quatre générations à Mercurol
- Paul, Gaston, Edgar : des vergers et du raisin livré à la coopérative
- Sébastien et Audrey Girard, un domaine mené à deux
- Trois terroirs de part et d’autre du Rhône
- Les cailloutis roulés du sud de Crozes-Hermitage
- Les syrahs de plus de 80 ans de Tournon, en Saint-Joseph
- Les collines boisées du nord de Mercurol
- De la cosmoculture au label Biodyvin
- Des millésimes difficiles à l’origine du changement
- Fumier composté, préparations et traitements préventifs
- Ecocert pour le bio, Biodyvin depuis 2018
- Inox, fût, amphore et grès dans un même chai
- Levures indigènes et intrants limités
- L’amphore pour Paul, l’œuf de grès pour Mal(grès) Tout
- Des syrahs épicées et des blancs ronds aux amers fins
- Une visite menée par Audrey Girard
- Vignes, chai et dégustation en une heure et demie
- À cinq minutes de la sortie Tain-l’Hermitage
De la coopérative à la cave particulière, quatre générations à Mercurol
Le Domaine de la Ville Rouge cultive 20 hectares de vignes autour de Mercurol, dans la Drôme, au sud de l’appellation Crozes-Hermitage. La famille Girard y travaille la terre depuis 1919. Elle produit des Crozes-Hermitage rouges et blancs, un Saint-Joseph sur l’autre rive du Rhône, et des vins de pays en IGP Collines Rhodaniennes et IGP Drôme.
Le vignoble est certifié en agriculture biologique et labellisé Biodyvin, le label du syndicat international des vignerons en culture biodynamique. Au chai, la quatrième génération vinifie en cuve inox, en fût, en amphore et en œuf de grès.
Paul, Gaston, Edgar : des vergers et du raisin livré à la coopérative
Paul Girard fonde l’exploitation en 1919. Elle ne compte alors que quelques hectares de vigne, et le raisin part à la cave coopérative. Gaston prend ensuite la suite. Son fils Edgar s’installe en 1975 et reprend toutes les terres, arbres fruitiers compris : à Mercurol, les Girard sont longtemps arboriculteurs autant que viticulteurs.
Le tournant date de 2006. Sébastien Girard rejoint l’exploitation, diplôme en poche, et la famille crée sa cave particulière, le Domaine de la Ville Rouge. Depuis, toute la récolte est vinifiée sur place. Le vignoble a grandi jusqu’à une vingtaine d’hectares, répartis entre Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et vins de pays.
Sébastien et Audrey Girard, un domaine mené à deux
Audrey Girard, la femme de Sébastien, rejoint le domaine en 2016 et prend d’abord en charge l’administration. Elle en est aujourd’hui co-gérante. Le couple se partage la vigne et le chai, mais aussi l’accueil et la communication.

Le domaine se veut à taille humaine et familial. Il vend ses bouteilles aux particuliers, au caveau, et propose sa gamme aux cavistes, aux restaurateurs, aux agents et aux importateurs.
Trois terroirs de part et d’autre du Rhône
Les cailloutis roulés du sud de Crozes-Hermitage
L’essentiel du vignoble se trouve sur la rive gauche du Rhône, dans les plaines du sud de l’appellation. Les parcelles se répartissent entre Mercurol, La Roche-de-Glun et Beaumont-Monteux, sur des lieux-dits comme Chassis et Les Saviaux. Le sol mêle cailloutis roulés, alluvions calcaires et argile rouge.
Ce terroir de plaine donne la rondeur que le domaine cherche dans ses Crozes-Hermitage. La syrah fait seule les rouges, la marsanne et la roussanne font les blancs. Selon les cuvées, les vignes ont de 5 à 45 ans.

Les syrahs de plus de 80 ans de Tournon, en Saint-Joseph
Sur la rive droite, à Tournon-sur-Rhône, le domaine travaille un coteau granitique de Saint-Joseph, sur le secteur du chemin de Saint-Joseph, berceau de l’appellation. Les syrahs y ont plus de 80 ans. On les vendange à la main, à 40 hectolitres par hectare.
Ce coteau donne la cuvée du Potier, le Saint-Joseph rouge du domaine. Une cuvée Lenny, en blanc, assemble à parts égales roussanne et marsanne, issues de vignes de 20 à 50 ans sur des coteaux granitiques.
Les collines boisées du nord de Mercurol
Les vins de pays viennent des hauteurs de Mercurol, au nord de la commune. Les parcelles y occupent des collines argileuses entourées de bois et riches en biodiversité. On y trouve du viognier, du chardonnay, du marselan et du pinot noir, à côté de la syrah.
Ces vignes ont une vingtaine d’années. Elles donnent deux cuvées faciles d’accès : un blanc de viognier et de chardonnay en IGP Collines Rhodaniennes, et un rouge de syrah, marselan et pinot noir en IGP Drôme.
De la cosmoculture au label Biodyvin
Des millésimes difficiles à l’origine du changement
Les générations précédentes conduisaient la vigne en conventionnel, et cette méthode ne satisfaisait pas Sébastien Girard. Des millésimes compliqués, comme 2008, 2013 et 2014, ont nourri sa réflexion sur l’agriculture biologique et la biodynamie.
La conversion à l’agriculture biologique commence en 2009. Un premier essai de cosmoculture le laisse sur sa faim. C’est la rencontre d’un vigneron biodynamiste de la Loire qui le décide. Il fait alors évoluer ses pratiques avec un conseiller, et applique les principes de la biodynamie à tout le domaine à partir de 2013.
Fumier composté, préparations et traitements préventifs
Au vignoble, le domaine n’apporte que du fumier composté. Les préparations biodynamiques et les décoctions entretiennent la vie du sol. Le calendrier des travaux suit les rythmes lunaires et planétaires.

Les traitements sont préventifs et placés sur les bonnes périodes. Le but est que la vigne renforce ses propres défenses, plutôt que d’être protégée par la chimie. Sébastien Girard dit en voir l’effet année après année, sur la qualité des sols comme sur celle du raisin.
Ecocert pour le bio, Biodyvin depuis 2018
Le domaine est contrôlé en agriculture biologique par Ecocert, pour le raisin de cuve et pour le vin. Il adhère au syndicat Biodyvin depuis 2015 et en porte le label depuis 2018. L’Agence Bio date son engagement chez Ecocert de juillet 2016.
Inox, fût, amphore et grès dans un même chai
Levures indigènes et intrants limités
Les rouges fermentent sur levures indigènes. Ceux de Crozes-Hermitage sont éraflés, puis travaillés par remontages et pigeages selon les cuvées. Les jeunes vignes se vendangent à la machine. Les vieilles vignes et les blancs de Crozes-Hermitage se récoltent à la main, entre 40 et 45 hectolitres par hectare.
Le domaine limite les intrants œnologiques, pour laisser parler le millésime et le cépage. Les cuvées de fruit s’élèvent en cuve inox, six à huit mois pour les vins de pays. Elles se boivent jeunes, dans les trois à quatre ans.

L’amphore pour Paul, l’œuf de grès pour Mal(grès) Tout
Les vieilles syrahs de 45 ans de Terre d’Éclat passent 14 mois en fût, dans des barriques de un à huit vins. La cuvée Paul vient des mêmes vieilles vignes des plaines, mais s’élève en amphore, pour laisser s’exprimer la typicité du cépage.

Les blancs vont plus loin dans la terre. Mal(grès) Tout, une roussanne pure de 20 ans, fermente et s’élève en œufs de grès de 600 litres, où les lies restent en suspension. Elle est même mise en bouteille de grès. Nathan, moitié marsanne, moitié roussanne, partage son élevage entre fût de chêne et œuf de grès.
Des syrahs épicées et des blancs ronds aux amers fins
Les Crozes-Hermitage rouges jouent sur le fruit noir, la cerise, les épices douces et le poivre. Les jeunes vignes donnent des vins juteux, aux tanins soyeux. Terre d’Éclat, plus concentré, se garde jusqu’à dix ans. Paul cherche la délicatesse, sur la fraise, la framboise et la pivoine.
Les blancs de marsanne et de roussanne sont ronds, sur la pêche, l’abricot et la fleur d’acacia, avec des amers doux. Les vins de pays misent sur la fraîcheur : pêche et agrumes pour le blanc, fruits rouges acidulés pour le rouge. Le Saint-Joseph du Potier mêle fruits des bois, cassis et violette, avec une touche de réglisse.
Le Guide Hachette des vins cite le domaine depuis son édition 2009. Il a donné deux étoiles au Crozes-Hermitage rouge Paul 2016 dans l’édition 2020, puis au blanc Nathan 2018 dans l’édition 2021.
Une visite menée par Audrey Girard
Vignes, chai et dégustation en une heure et demie
Le domaine reçoit toute l’année, sur rendez-vous. La visite dure 1 h 30 et c’est Audrey Girard qui la conduit. Elle passe par les vignes cultivées en biodynamie, puis par le chai, où tout est vinifié sur place, avant une dégustation commentée des Crozes-Hermitage.

Audrey y raconte l’histoire de la famille et les choix de culture du domaine. Les groupes sont accueillis sur demande, jusqu’à 30 personnes, et la visite peut se faire en anglais. Les vins s’achètent sur place après la dégustation.
À cinq minutes de la sortie Tain-l’Hermitage
Le domaine se trouve entre Valence et Tournon-sur-Rhône, à moins de cinq minutes de la sortie Tain-l’Hermitage de l’autoroute A7. Un parking gratuit attend les visiteurs. C’est une halte facile sur la route des vacances, au milieu du vignoble de Crozes-Hermitage.
Le domaine propose aussi la visite en bon cadeau. Ceux qui le reçoivent repartent avec une bouteille offerte, comme tous les visiteurs de la visite guidée.
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