Château d’Or et de Gueules
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Région viticole
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45ha
Surface du vignoble
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1998
Année de fondation
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En bio depuis 2011
Sommaire
Un blason du XIIe siècle posé sur les galets de Saint-Gilles
Le Château d’Or et de Gueules est un domaine familial de Saint-Gilles, dans le Gard, aux portes de la Camargue. Ses 45 hectares de vignes produisent des vins bio en appellation Costières de Nîmes, la plus méridionale des appellations de la vallée du Rhône. Certifié en agriculture biologique depuis 2011, il est entièrement conduit en biodynamie et certifié Demeter depuis 2018.
Rebaptisé en 1998 aux couleurs des Puymorin
Diane de Puymorin achète la propriété en 1998 et lui donne un nom tiré du blason de sa famille, qui remonte au XIIe siècle. En héraldique, les gueules désignent le rouge. L’écu familial est rayé d’or et de rouge, et ces deux couleurs signent aujourd’hui l’habillage de ses vins.
Le choix n’a rien d’un simple décor. Pour la famille, l’or dit l’ampleur et la richesse du Rhône méridional, le rouge le caractère, la puissance et l’élégance. Ces couleurs, dit le domaine, sont le reflet de la personnalité de ses vins.

Une famille qui vit au milieu de ses vignes
Diane de Puymorin et Mathieu Chatain exploitent le domaine avec leurs filles, et y habitent. Tous deux sont arrivés dans les Costières de Nîmes après des parcours professionnels variés, avec l’idée de placer la propriété parmi les références de l’appellation.


La relève est déjà dans les chais. Chloé, l’une de leurs cinq filles, est œnologue et partage désormais la conduite du château avec ses parents. Autour d’eux, une petite équipe se répartit le travail de la vigne, le bureau et l’accueil des visiteurs.
Des cailloutis du Rhône face aux étangs de Camargue
Le gress, jusqu’à quinze mètres de galets
Les vignes poussent sur des cailloutis déposés au quaternaire par le Rhône et la Durance, que l’on appelle ici le gress. Ces galets forment une couche de 5 à 15 mètres d’épaisseur, prise dans un sable qui va du jaune clair au rouge foncé.
Pour trouver l’eau, les racines descendent jusqu’aux couches d’argile. La vigne reçoit ainsi un approvisionnement modéré mais régulier, même pendant les canicules. À l’inverse, les galets drainent vite le surplus lors des épisodes pluvieux les plus violents.
La fraîcheur du Courgoulier, du Charnier et du Scamandre
Le vignoble occupe de légers coteaux tournés vers le sud et le sud-est. Il regarde les étangs de la Petite Camargue, ceux du Courgoulier, du Charnier et du Scamandre, qui rafraîchissent les nuits d’été.
En fin d’après-midi, l’air marin remonte le long des Costières et rencontre la chaleur accumulée par les galets. Cette rencontre crée un appel d’air. L’écart de température entre le jour et la nuit s’en trouve accentué, ce qui aide à garder du fruit et de la fraîcheur dans les raisins.
Dix cépages et des vieilles vignes de plus de 90 ans
Le mourvèdre, ou « plan de Saint-Gilles »
Le domaine cultive dix cépages. En blanc, le grenache blanc, le viognier, le rolle, la roussanne et le chardonnay. En rouge et en rosé, la syrah, le grenache, le cinsault, le carignan et le mourvèdre, aussi appelé plan de Saint-Gilles.
Les vignes ont en moyenne 30 ans, et les plus vieilles dépassent 90 ans. Près de 15 hectares sont vendangés à la main. La multiplication des parcelles et des sols, vinifiés séparément, donne à la famille une large palette d’assemblages.

Labour pour les jeunes, herbe pour les anciennes
Les jeunes vignes sont labourées, et leur raisin tombe en vert, pour pousser les racines à descendre vite et profond. Les plus anciennes sont enherbées et seulement labourées sur le rang, pour maîtriser les rendements.
Aucun insecticide n’est employé, grâce à la confusion sexuelle. Les traitements se limitent au cuivre et au soufre, à petites doses. Pour le reste, la famille compte sur le mistral, qu’elle tient pour son allié.
Bio depuis 2011, biodynamie depuis 2018, et de la musique dans les rangs
Ce que le domaine ajoute au cahier des charges
Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis 2011, sous le contrôle d’Ecocert. Depuis 2018, tout le domaine est aussi certifié en biodynamie par Demeter, des vignes aux oliviers. Au-delà des deux cahiers des charges, la famille s’est donné ses propres règles.
- Piquets en bois et aucun plastique agricole dans les vignes
- Amendements organiques naturels pour nourrir les sols
- Énergie solaire produite sur place, qui rend le domaine autosuffisant
- Cartons recyclés et recyclables, imprimés avec des encres à l’eau
Haies, moutons et réserve ornithologique
Le domaine garde ses haies et plante des chênes et des oliviers. Des moutons pâturent sur la propriété, qui abrite aussi une réserve ornithologique. Sur 3 hectares d’oliviers, le domaine produit aussi son huile d’olive, certifiée comme les vins.
La particularité la plus inattendue se joue dans les rangs : la famille diffuse de la musique dans les vignes et l’emploie comme un outil de biocontrôle. Chaque mélodie transpose en notes la séquence de fabrication d’une protéine. D’après le domaine, la vigne se défend ainsi mieux, et naturellement, contre certaines maladies. Le Guide Hachette y voit l’originalité du domaine.
Une cave qui compte ses hectolitres
35 hectolitres par hectare en moyenne
Les rendements tournent autour de 35 hectolitres par hectare, soit près de la moitié de ce qu’autorise l’appellation. Une taille très courte et l’enherbement y contribuent. Sur les cuvées de vieilles vignes, la récolte descend entre 10 et 20 hectolitres.
Toute la vendange est égrappée, sauf les vieux carignans, vinifiés en macération carbonique, grappes entières. Tous les vins fermentent avec des levures indigènes.
De longs élevages pour les rouges, des mises rapides pour le reste
Les rouges passent par des cuvaisons longues, à température contrôlée, puis par des élevages de 18 à 30 mois. Les blancs et les rosés, au contraire, sont mis en bouteille rapidement pour garder leur fruit.
Le chai ne se limite pas à la barrique. On y trouve des fûts de 300 et de 500 litres, des cuves en béton, des jarres en terre cuite et une cuve tronconique en chêne de la forêt d’Orléans. Le domaine conserve aussi de vieux millésimes de ses cuvées de garde, vendus au caveau.

Des cuvées qui parlent occitan
Les Cimels et Trassegum, le fruit puis l’élevage
Presque chaque cuvée porte un nom occitan. Les Cimels, « bouquet de fruits », se déclinent dans les trois couleurs. Le rouge assemble syrah, carignan en macération carbonique et grenache, élevés en cuve. Le blanc mise sur le grenache blanc, avec un peu de rolle et de roussanne, et joue la fraîcheur des agrumes et des fleurs blanches.
Trassegum, le « philtre d’amour », monte d’un cran. En blanc, la roussanne fermente en fût de 500 litres et apporte du gras, le grenache et le rolle la vivacité. En rouge, la syrah rejoint des carignans et des mourvèdres de 80 ans, un an en fût puis huit mois en cuve béton.
Un vieux cépage, une cuvée
La gamme « Passion » isole les plus vieilles vignes, vendangées à la main. La Bolida vient de mourvèdres de 90 ans, à 10 hectolitres par hectare. Castel Noù, le « nouveau château », vient surtout de vieux grenaches. Qu’es Aquo, « qu’est-ce que c’est », met en avant des carignans de 80 ans vinifiés en grappes entières.
Lou Trésor réunit de vieilles syrahs élevées en jarre de terre cuite. La Noblesa, syrah et mourvèdre, ne dépasse pas mille bouteilles par millésime. Le Guide Hachette a donné deux étoiles à Lou Trésor 2022 dans son édition 2025, après un coup de cœur pour Les Cimels rouge 2005 dans l’édition 2007.
Des fûts qui plaisantent
À côté des vins de garde, la famille s’amuse. Mon Fût c’est du Poulet, syrah et grenache vinifiés sans soufre, ne reçoit des sulfites qu’à la mise en bouteille. Parle à Mon Fût, cinsault et grenache blanc, n’est « ni rouge, ni rosé ».
Le Fût entre 2 Chaises est un vin orange de rolle, macéré trois semaines comme un rouge, dont la robe reste dorée. S’y ajoutent un pétillant naturel rosé de syrah, tiré à mille bouteilles, et deux vins doux élevés en solera, Or en blanc et Gueules en rouge.
Un caveau galerie et un sentier entre les rangs
Déguster sous les toiles de peintres de la région
Le caveau fait aussi office de galerie permanente pour des peintres de la région. On peut y goûter l’ensemble des vins du domaine et y trouver une sélection de vieux millésimes. Sur rendez-vous, le caveau, le chai et la cour reçoivent des groupes de 20 à 300 personnes, dont 150 assises.

Tout au long de l’année, le domaine organise vernissages, repas accords mets et vins, concerts et ateliers de dégustation. Il porte le label Vignobles & Découvertes et loue des gîtes, dont l’un occupe le plus vieux bâtiment de la propriété, restauré.
Six panneaux pour lire la vigne
Pour les visiteurs que le vin intéresse moins, la famille a balisé une balade gratuite dans les vignes. Six panneaux expliquent le domaine, l’agriculture biologique, le terroir des Costières de Nîmes, la vigne, les cépages, la faune et la flore.
La dégustation au caveau se fait sans rendez-vous, et une initiation à la dégustation est proposée sur réservation. Le domaine se trouve entre Nîmes et Arles, aux portes de la Camargue.
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