Château de la Mulonnière - Rangs de vigne et petit bâtiment de pierre sous un ciel d’été

Château de la Mulonnière

Sommaire

Un château posé entre le Layon et ses vignes

Le Château de la Mulonnière se trouve à Beaulieu-sur-Layon, à 25 km d’Angers, dans un village réputé pour ses Coteaux du Layon. La rivière borde la propriété d’un côté, les vignes de l’autre. Le vignoble couvre 38 hectares et s’est engagé en agriculture biologique en 2022.

Le chenin y signe tous les vins blancs, du sec au liquoreux, sur trois grands noms de l’Anjou : Savennières, Coteaux du Layon et Quarts de Chaume. Les cabernets donnent les rouges.

Charles Messe, officier d’artillerie et bâtisseur

Le château s’élève au pied d’un coteau exposé au sud. Il a été construit en 1876 par Charles Messe, ancien officier d’artillerie de Napoléon III.

Château de la Mulonnière - Le château et ses dépendances au-dessus des vignes à Beaulieu-sur-Layon
Le château et ses dépendances, au milieu des vignes de Beaulieu-sur-Layon.

Entre la rivière et les rangs de vigne, ses propriétaires y voient l’image de la douceur de vivre angevine.

Le mulon, une argile venue avec le sel

Le nom du château remonte au commerce du Layon. Au XVIIIe siècle, Monsieur, frère du roi, fit canaliser la rivière pour faciliter le transport du vin, du charbon et du fer.

De grandes barques à fond plat assuraient ce trafic. Elles remontaient aussi du sel de l’Atlantique, que l’on protégeait sous une couche d’argile appelée mulon. La Mulonnière garde la trace de ce commerce dans son nom.

Auguste, Agathe, Alfred et Anna, anciens occupants

D’après la maison, le château fut jadis habité par des personnages « aux caractères bien trempés ». Ils ont fini sur les étiquettes de la gamme Rock’M’Roll, chacun avec son tempérament.

Auguste, ancien colonel d’artillerie, « aime toujours les bons canons » et prête son nom à un chenin. Agathe, la friandise du groupe, habille le rosé. Alfred, le dandy de la bande, signe le cabernet franc, et Anna un second chenin plus tendre.

Les vins du château ont leur propre bouteille, dessinée pour lui, qui porte son visuel et son nom. Les plus grandes cuvées sont fermées par des bouchons de premier choix.

La famille Saget, de Pouilly-sur-Loire à l’Anjou

Une maison de vignerons du Centre-Loire

La Mulonnière appartient à la famille Saget, vignerons à Pouilly-sur-Loire depuis des générations. Jean-Louis Saget a fait de la petite affaire familiale la maison Saget La Perrière, spécialisée dans les vins de Loire.

Ses fils Arnaud et Laurent Saget ont pris le relais. La famille achète le château en 2003, séduite par le domaine et consciente du potentiel de ses sols.

Sur place, Benoît Dufour a pris la conduite du vignoble au début des années 2000.

Château de la Mulonnière - Benoît Dufour dans les rangs de vigne du château
Benoît Dufour dans les rangs du château.

Une conversion en bio engagée en 2022

Le château s’est engagé en agriculture biologique en 2022, sous le contrôle d’Ecocert. Ses raisins et ses vins sont aujourd’hui certifiés, et une partie des parcelles termine encore sa conversion.

Les vendanges se font en grande partie à la main. Elles permettent des tries successives, qui ne gardent que les meilleurs raisins. Pour les Coteaux du Layon, les vendangeurs vont chercher les seules grappes touchées par la pourriture noble.

Château de la Mulonnière - Grappes mûres sous un feuillage d’automne
Grappes mûres sous le feuillage d’automne, avant les tries.

Le chenin sur les schistes, d’Épiré aux Quarts de Chaume

L’Anjou forme une mosaïque de terroirs à dominante de schistes. Pour la maison, c’est là que le chenin blanc se révèle le mieux. Au château, tous les blancs en sont issus : Savennières, Coteaux du Layon, Anjou blanc et Quarts de Chaume. Il s’y vinifie en sec, en demi-sec ou en liquoreux.

Savennières, sur le plateau d’Épiré

La cuvée L’Effet Papillon vient du plateau d’Épiré, en appellation Savennières. Les sols y mêlent schistes, argile, spilite et sable éolien.

Le chenin y est vendangé à la main en plusieurs tris, puis macère 12 heures avec ses peaux avant fermentation. Une part fermente en fût de chêne, l’autre en cuve inox. Le vin passe ensuite 9 mois en barrique.

Beaulieu et Quarts de Chaume, le travail des tries

Les Coteaux du Layon Beaulieu profitent d’un microclimat sec et chaud, surtout en automne, qui pousse les raisins vers la surmaturité. La cuvée À la faveur de l’Automne vient de coteaux schisteux et argilo-schisteux, avec quelques graviers roulés en haut de pente.

Elle fermente lentement en barrique avec les levures du raisin, sur plusieurs semaines. On arrête la fermentation quand le vin trouve son équilibre, puis il s’élève 10 mois.

Les Quarts de Chaume donnent Septième Ciel, le liquoreux du château. Le nom de l’appellation viendrait d’une redevance féodale : les tenanciers devaient au seigneur le quart des produits de la terre.

Ses vignes poussent sur les schistes de la série de Saint-Georges, le carbonifère et la spilite. Les raisins, cueillis à la main par tris, fermentent sans levurage en barrique, avant 10 mois d’élevage.

Château de la Mulonnière - Seau de vendange manuelle posé entre les rangs
Vendange à la main, au seau, entre les rangs.

Les cabernets des coteaux de Beaulieu

Les rouges viennent des sols schisteux et argilo-schisteux des coteaux de Beaulieu. L’Anjou Villages Rouge Baiser assemble cabernet franc et cabernet sauvignon, vendangés à la main et entièrement égrappés.

La cuvaison dure 21 jours, avec une extraction longue et douce, puis le vin s’affine en barrique. Le rosé d’Anjou Agathe réunit de son côté les deux cabernets, le grolleau et le gamay.

Fruit noir, coing et agrumes confits : le style de la maison

Des rouges de fruit noir et de pierre chaude

Rouge Baiser livre une robe grenat presque noire au cœur du verre. Au nez viennent le cassis, la mûre et la myrtille, avec une pointe fumée de pierre chaude que la maison relie au schiste. Les tanins, assez denses, restent soyeux grâce à la barrique.

Alfred, le cabernet franc de la gamme Rock’M’Roll, cuve trois semaines puis s’élève en cuve inox. Il garde un fruit éclatant, entre fraise, framboise et feuille de cassis, avec des tanins souples.

Des blancs entre coing, miel et mandarine

Le Savennières s’ouvre sur le coing, le miel, la pêche, l’abricot et la mirabelle, puis sur la vanille et la réglisse de l’élevage. Une pointe d’acidité tient la fin de bouche.

Les liquoreux vont plus loin dans le fruit. Le Coteaux du Layon joue l’abricot et la pêche compotés, puis les fruits exotiques. Le Quarts de Chaume part sur les agrumes confits et la mandarine, et finit frais et nerveux.

Les chenins Rock’M’Roll, en IGP Val de Loire, misent sur la fraîcheur : acacia, amande douce, agrumes, et l’amertume naturelle du cépage. Le crémant de Loire Divine Idylle, chardonnay et pinot noir à parts égales, reçoit un dosage léger tiré d’un vieux millésime de Coteaux du Layon du château.

Un coup de cœur du Guide Hachette pour un anjou rouge

Dans son édition 2018, le Guide Hachette des Vins a décerné un coup de cœur et trois étoiles au M de Mulonnière 2016, un anjou rouge élevé en cuve. L’édition 2017 avait déjà accordé deux étoiles au rouge 2014 du château, qui associe les deux cabernets.

Déguster au château

Le château propose la dégustation à la propriété et reçoit les groupes jusqu’à 100 personnes, en français comme en anglais. Les modalités de visite se demandent directement au domaine.

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