Vignoble du Mas de Libian

Mas de Libian

Région viticole

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Vallée du Rhône

BioDemeter
Sommaire

Libian, une ferme des Thibon depuis 1670

Un pavillon de chasse devenu ferme

Le Mas de Libian se trouve à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône, tout au bout des gorges de l’Ardèche. La famille Thibon achète le lieu en 1670. Elle habite alors au village, et Libian n’est qu’un pavillon de chasse, une gentilhommière.

Les Thibon s’y installent vite pour de bon, comme paysans. Le domaine s’est depuis transmis de génération en génération. Il produit aujourd’hui des vins bio et biodynamiques certifiés Demeter, en Côtes du Rhône et en Vin de France, entre les oliviers, les céréales et les ruches.

Gustave Thibon, de la charrue à la philosophie

Gustave Thibon (1903-2001) travaille la terre de Libian pendant la guerre de 14-18, en l’absence de son père. Il se tourne ensuite vers la philosophie, et l’histoire retient de lui le philosophe reconnu.

Le domaine reprend, sous le titre « Esprit », des extraits d’une conclusion de Gustave Thibon sur la famille paysanne, datée de 1947. Gustave Thibon y plaide pour conserver le monde paysan et, dans le même mouvement, pour le refaire. On y lit : « Un arbre ne résiste au vent que dans la mesure où il enfonce ses racines dans la terre. »

Jean-Pierre et Jacqueline choisissent le vin

Son troisième enfant, Jean-Pierre, dit « papou », décide que le vin sera l’activité principale de Libian. Il construit une cave en 1970, agrandie en 1982. En 1974, il épouse Jacqueline. Cardiologue, elle laisse tout tomber pour la vigne.

Le couple a trois filles, Hélène, Catherine et Cécile. Toutes trois choisissent la voie du vin. En 2011, la cave double sa superficie, ce qui permet de reconstituer un parc de foudres venus de plusieurs tonneliers : Rousseau, Grenier et surtout Stockinger et Mittelberger.

Hélène, Catherine, Aurélien et Justine

Hélène Thibon et son mari Alain s’associent aux parents en 1995. Catherine s’installe à Libian en 2006. Cécile, elle, travaille dans la recherche œnologique, à l’ISVV de Bordeaux.

En septembre 2016, une nouvelle génération s’installe : Aurélien, le fils d’Hélène et d’Alain. Son épouse Justine arrive à Libian en 2025. D’après la famille, elle pose un regard neuf sur la maison.

Galets roulés et argile rouge sur la rive ardéchoise du Rhône

Sur les anciennes terrasses du Rhône

Les vignes occupent les anciennes terrasses du Rhône. De là, la vue embrasse toute la vallée : les Trois Becs, la Lance, le mont Ventoux, les Dentelles de Montmirail, les Alpilles. Les parcelles regardent le sud sud-est. Quelques-unes, plus au nord, portent les syrahs.

Le domaine distingue deux terroirs. Pour ses Côtes du Rhône, le sol est argilo-calcaire, avec quelques galets. Pour ses Côtes du Rhône Villages, il ne compte que des galets roulés et de l’argile rouge. Selon les cuvées s’y ajoutent des sables, des marnes argileuses ou des lauzes.

Pour Hélène Thibon, ces sols se retrouvent dans les vins. Sur les galets, les vins sont puissants et épicés. Là où il y a du sable sous les vignes, ils sont plus ronds, plus élégants. La moyenne d’âge des vignes est élevée : environ 30 ans.

Les vignes du Mas de Libian

Des parcelles précoces, à l’abri du vent

Le climat est méditerranéen : étés secs et chauds, faible pluviosité, beaucoup de vent. Les vignes de Libian sont pourtant très bien exposées et à l’abri du vent. Le secteur est donc très précoce, et les vendanges commencent début septembre.

Saint-Marcel-d’Ardèche, entre Côtes du Rhône et Villages

Saint-Marcel-d’Ardèche fait partie des communes ardéchoises de l’aire de l’AOC Côtes du Rhône. Elle entre aussi dans l’aire des Côtes du Rhône Villages, et dans celle de la dénomination géographique Saint-Andéol, avec Bourg-Saint-Andéol, Saint-Just-d’Ardèche et Saint-Martin-d’Ardèche. Cette dénomination est réservée aux vins rouges tranquilles.

En rouge, l’appellation Côtes du Rhône repose sur trois cépages principaux : le grenache, le mourvèdre et la syrah. La counoise et le brun argenté, appelé localement vaccarèse, figurent parmi les cépages accessoires. Libian assemble les cinq dans ses vins.

Le mistral marque tout ce climat rhodanien. Ce vent du nord, souvent violent et toujours asséchant, souffle en moyenne 120 jours par an. Il dégage le ciel et favorise un fort ensoleillement.

Bio depuis toujours, biodynamie Demeter depuis 2005

Ni désherbant ni pesticide, la pioche au printemps

Les vignes de Libian ont toujours été travaillées en culture biologique : travail du sol, piochage à la main au printemps, cuivre et soufre. Le sol n’a jamais subi l’impact des pesticides ni celui des désherbants. La démarche vient des parents d’Hélène.

Le domaine est certifié bio par Ecocert. À l’automne 2005, il franchit un cap et se tourne vers la biodynamie, avec la certification Demeter. Pour Hélène Thibon, ces certifications n’ont rien changé au travail. La certification bio couvre aujourd’hui le raisin et le vin, mais aussi l’huile d’olive, les prairies et des mélanges de céréales et de légumineuses.

Nestor puis Bambi à la charrue

Quelques mois après son installation, Catherine achète Nestor, un cheval de trait comtois, arrivé en novembre 2006. Avec lui, elle laboure 5 hectares de vignes. La famille parle du rythme du cheval, bien différent de celui d’aujourd’hui, qui apporte calme et sérénité.

En 2016, Bambi, « un beau blond », s’attelle à la charrue pour remplacer Nestor. Le travail du sol en traction équine figure dans la présentation même du domaine.

Gobelet, épamprage et vendange à la main

Le vignoble est conduit en gobelet, la taille traditionnelle du Midi. Pour la famille, c’est ce mode de conduite qui assure le meilleur vieillissement de la vigne. La syrah fait exception : elle est palissée, avec effeuillage.

Au printemps, toutes les parcelles sont épamprées à la main, et les anticipés supprimés. Fin juillet, si la récolte semble trop abondante, l’équipe vendange en vert. La récolte se fait entièrement à la main, avec un tri sévère à la parcelle. Les rendements vont de 40 hl/ha pour La Calade à 50 hl/ha pour Vin de Pétanque.

20 hectares de vignes et 10 de terres nourricières

Le domaine s’est agrandi peu à peu. Il compte aujourd’hui 20 hectares de vignes et 10 hectares de terres nourricières : oliviers, céréales, foin, jardin et abeilles. On y produit de l’huile d’olive extra vierge et des légumineuses.

La ferme produit aussi la nourriture des chevaux et les légumes de la famille. Elle cherche à tendre vers l’autonomie alimentaire, pour les humains comme pour les animaux qui y vivent.

Six vins, de la pétanque à Omar Khayyâm

Quatre rouges d’assemblage

La gamme compte un blanc, un rosé et quatre rouges, que la famille veut très complémentaires. Bout d’Zan assemble 75 % de grenache et 25 % de syrah. Son nom reprend un surnom affectueux de famille, et évoque aussi le côté réglissé du vin. Le millésime 2024 compte 70 000 bouteilles.

Khayyâm rend hommage au poète et mathématicien persan Omar Khayyâm. Il réunit 70 % de grenache, 15 % de syrah et 15 % de mourvèdre, sur les galets roulés et l’argile rouge. Le domaine le présente comme son vin le plus épicé et le plus chaleureux, à carafer une ou deux heures avant le repas.

La Calade doit son nom à un mot provençal : un chemin qui grimpe sur les cailloux, comme l’accès au mas. Elle repose à 80 % sur le mourvèdre, un cépage sauvage « qu’il faut apprendre à aimer ». Le millésime 2024 n’a donné que 3 000 bouteilles. Vin de Pétanque, rouge croquant à boire frais, vient de jeunes vignes de moins de 25 ans.

Les cuvées du Mas de Libian

Un blanc de marnes et un rosé tendu

Cave Vinum assemble viognier et roussanne, à 40 % chacun, avec 20 % de clairette. Son nom détourne le « cave canem » des ruines de Pompéi : attention au vin. Les vignes poussent sur des marnes argileuses exposées au nord et à l’est. La moitié du vin passe 12 jours en macération pelliculaire, puis en demi-muids.

Le rosé BuveZ’en réunit grenache, mourvèdre et counoise à parts égales, en pressurage direct. Le domaine le veut aérien, léger et tendu, à boire tout l’été. Comme lui, le blanc et Vin de Pétanque ne sont pas filtrés.

Foudres, demi-muids et jarres

Les rouges sont éraflés, légèrement foulés, et leurs fermentations régulées en température. Seule exception, la syrah de Khayyâm, vinifiée en mille-feuille : grappes entières, raisins éraflés non foulés et raisins foulés. Les macérations durent de 5 jours environ pour Vin de Pétanque à 15 jours pour Khayyâm et La Calade.

Les élevages mêlent les contenants. Un tiers de Bout d’Zan et la moitié de Khayyâm passent 9 mois en foudres. La Calade se partage en quatre quarts : demi-muid Stockinger, jarre en porcelaine, jarre en grès et cuve inox. Tous les vins sont mis en bouteille au domaine.

Côtes du Rhône et Vin de France

Bout d’Zan et La Calade portent l’appellation Côtes du Rhône. Khayyâm l’a portée lui aussi, mais son millésime 2024 est présenté en Vin de France. Le blanc Cave Vinum, le rosé BuveZ’en et Vin de Pétanque sortent en Vin de France. Vin de Pétanque est annoncé en bio, les cinq autres en biodynamie.

Libian à l’écran et sur rendez-vous

Weed & Wine, un film sur la transmission

À l’été 2016, la productrice Rebecca Richman Cohen pose ses caméras au Mas de Libian. Elle cherchait un domaine en biodynamie, travaillé par une famille ouverte d’esprit et en pleine transition. Son documentaire Weed & Wine, daté de 2017, relie la France et les États-Unis, le vin et le cannabis.

Le film suit deux amours, celui de la terre et celui de la famille, à la vigne comme entre les générations. Rebecca Richman Cohen compte revenir chez les Thibon tous les huit ans. Le temps du documentaire, la famille troque sa devise « Restez vivant, buvez Libian ! » pour « Restez vivant, aimez Libian ! ».

Une visite au bout du chemin de La Calade

Le domaine reçoit sur rendez-vous seulement. Le chemin d’accès, qui grimpe sur les cailloux, a donné son nom à La Calade : la famille prévient qu’on comprend le nom de la cuvée en le voyant.

Le site du domaine s’ouvre sur une phrase d’Omar Khayyâm, le poète qui a donné son nom à Khayyâm : « Le vin est un grain de beauté sur la joue de l’intelligence ».

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Château de la Selve

    Le Château de la Selve est une maison forte du XIIIe siècle, sur les berges du Chassezac à Grospierres, dans le sud de l’Ardèche. Benoît Chazallon y crée le domaine en 2002 et le conduit avec Florence, en bio depuis 2008 et labellisé Biodyvin depuis 2012. Ses vignes poussent sur les galets du Chassezac et les coteaux calcaires de garrigue, en IGP Coteaux de l’Ardèche. Le chai élève en fûts et en amphores des rouges de garde, des rosés et plusieurs viogniers, dont une solera lancée en 2011.

  • Domaine Saladin

    Le Domaine Saladin cultive 18 hectares de vignes et treize cépages à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. La famille y achète une première vigne en 1422, et les sœurs Élisabeth et Marie-Laurence Saladin, vingt et unième génération, ont repris la cave en 2003. Sans pesticide ni herbicide depuis l’origine, le domaine est certifié bio par Ecocert depuis 2007. Ses vins sortent en Côtes du Rhône, en Côtes du Rhône Villages Saint-Andéol et, pour deux cuvées déclassées par choix, en Vin de France.

  • Domaine Alain Voge

    Le Domaine Alain Voge cultive 13 hectares sur la rive droite du Rhône, en Cornas, Saint-Péray, Saint-Joseph et Côtes du Rhône. Alain Voge y a remis en culture des coteaux de granit tombés en friche, et relancé le Saint-Péray en le fermentant en barrique bourguignonne. Engagé en bio en 2006, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016 et conduit selon des pratiques biodynamiques. Depuis 2018, Lionel Fraisse gère le domaine, de la syrah des cornas à la marsanne des saint-péray.

  • Domaine Chaume-Arnaud

    Le Domaine Chaume-Arnaud cultive 38 hectares de vignes à Vinsobres et à Saint-Maurice-sur-Eygues, dans le Parc naturel régional des Baronnies provençales. Valérie Chaume-Arnaud l’a créé en 1987 sur 4,5 hectares loués à ses parents, et le mène aujourd’hui avec ses fils Thibaud et Raphaël. Toute la ferme est en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2009, et la vigne y côtoie les oliviers de Tanche, les tomates et les céréales. Le Vinsobres fait la moitié de la production, aux côtés d’un Côtes du Rhône Villages Saint-Maurice et de blancs vifs.

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

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