Domaine Ansen
-
Région viticole
-
9ha
Surface du vignoble
-
En bio depuis 2010
Sommaire
Des terroirs sous-estimés remis en bouteille à Westhoffen
Une famille de vignerons depuis 1613
Le Domaine Ansen est né d’un idéal : faire connaître des terroirs sous-estimés, à Westhoffen et à Wangen. Le domaine se trouve à 25 kilomètres à l’ouest de Strasbourg, sur les contreforts de la forêt vosgienne. Il produit ses vins en agriculture biologique depuis le début, surtout en AOC Alsace et en Crémant d’Alsace.
Daniel Ansen se présente comme la quatorzième génération de vignerons depuis Laurent Ansen, en 1613. Ses parents avaient déjà choisi le bio dans les années 1970. Ils livraient pourtant leurs raisins à la coopérative, et la famille n’avait pas l’habitude de vendre son vin en bouteilles. Daniel est donc parti d’une feuille blanche, avec une grande liberté d’action.
De Bordeaux à la Clare Valley, puis retour à la cave familiale
Ses études à Bordeaux se concluent par un double diplôme d’ingénieur agroalimentaire et d’œnologue. Aux États-Unis, il assiste à l’essor du vignoble de l’État de Washington, terre de riesling. Il passe ensuite chez Seppi Landmann, en Alsace. Dans la Clare Valley, en Australie, il fait une saison auprès de Kerri Thompson et Anna Flowerday. Le pragmatisme australien le marque encore aujourd’hui.
De retour en Alsace, il travaille pour la Chambre d’agriculture, où il conseille des domaines pendant huit ans. Il reprend les vignes familiales en 2010 et installe une cave moderne dans les bâtiments historiques. Le millésime 2012 est le premier qu’il met en bouteille. Depuis 2016, Arnaud, formé dans un domaine bio près de Bergerac, travaille la vigne à ses côtés.
L’équipe reste petite : deux personnes en hiver, cinq en saison, dix aux vendanges. Chaque cep est taillé, ébourgeonné et récolté à la main.


Sept lieux-dits de la Couronne d’Or
Neuf hectares en quarante petites parcelles
Le vignoble couvre 9 hectares, dont 80 % en pente et 20 % en terrasses. Il se divise en une quarantaine de petites parcelles, réparties sur sept lieux-dits : Struch, Elmen, Lerchensand, Sal Weingarten, Steig, Ostenberg et Geierstein. Les vignes s’étagent de 210 à 330 mètres d’altitude. Elles se situent dans un rayon d’un à deux kilomètres, ce qui préserve la récolte avant son arrivée en cave.
Ces vignes escarpées et morcelées ne se prêtent pas à une viticulture mécanisée. « Ici c’est un pays de main d’œuvre », résume le vigneron. Le domaine annonce dix cépages. L’auxerrois en est le cépage majeur, aux côtés notamment du riesling, du sylvaner, des pinots gris, blanc et noir, du gewurztraminer, du chardonnay et du muscat ottonel.
Westhoffen fait partie de la Couronne d’Or. Cette région historique garde les premières traces écrites de la viticulture en Alsace, en l’an 589, sous la plume de l’évêque Grégoire de Tours. Son paysage vallonné est né de l’affaissement de la croûte terrestre. Le vignoble y est totalement dépourvu de plaine.
Marnes du Keuper, argiles noires, grès et calcaires
Le domaine revendique les marnes du Keuper comme son terroir particulier. Au Lerchensand, elles sont nées de l’évaporation d’une mer ancienne. Leurs argiles grises, jaunes et mauves, très riches en sels, contiennent du gypse. Ce sol pauvre et superficiel régule le développement de la vigne. Cultivé en terrasses exposées au sud, le lieu-dit donne des rieslings, un gewurztraminer et un sylvaner en vin orange.
L’Elmen forme une croupe d’argiles noires, issues d’anciens dépôts lagunaires. Le pinot gris y trouve des sols frais et peu fertiles, qui apportent au vin fraîcheur et longévité. Des marnes noires, propres à Westhoffen et aux villages voisins, portent aussi le chardonnay et le pinot blanc du crémant Les Marnes Noires.
Au Geierstein, le riesling pousse sur le calcaire du Muschelkalk, sur une colline dont le sommet est planté de pins. La pente regarde le sud-sud-ouest, mais les couches plongent vers le nord. Elles retiennent l’eau « comme un escalier dont les marches pencheraient vers l’arrière ». Ce terroir apporte au vin du volume et du bouquet.
Le Sal Weingarten, déformation de Tal Weingarten, signifie « les jardins du vin dans la vallée ». Sa pente raide exposée au sud forme un balcon au-dessus des dernières maisons du village, sur un sous-sol de grès.
Au Steig, à Wangen, un sol rouge de grès couvre des marnes. Le domaine rappelle que ce grès a servi à bâtir la cathédrale de Strasbourg. Sa parcelle de pinot noir, en sélection massale, approche les 60 ans.

Des lieux-dits candidats à la reconnaissance
Daniel Ansen présente le Lerchensand, le Geierstein, l’Elmen ou le Sal Weingarten comme des candidats premier cru. Ces terroirs ont été délimités, nommés et reconnus au cours des siècles. Il veut les faire redécouvrir, dans la continuité du travail des anciens.
Le projet rejoint un chantier de toute l’appellation. En juin 2025, le comité national de l’INAO a validé l’usage de la mention « cru » pour des lieux-dits de l’AOC Alsace. Sept premiers dossiers ont été déposés. Au domaine, le travail parcellaire a de l’avance : chaque année, les vins du Struch destinés au crémant sont vinifiés et élevés à part.
Un vignoble bio travaillé à la main
En bio depuis 2010, avec Ecocert
Le vignoble est conduit en bio depuis 2010, l’année de la reprise. Il est certifié par Ecocert. Pour Daniel Ansen, le bio est le mode de production qui s’approche le plus de sa vision d’un vin sain et sans artifice. Le domaine produit aussi des prunes certifiées en agriculture biologique.
Tous les vins viennent des vignes du domaine, sans aucun achat de raisin ou de vin. Plutôt que de contrôler des raisins achetés, le domaine investit dans le travail de ses propres parcelles. La récolte est 100 % manuelle, puis triée.
Labours, tisane de prêle et fleurs pour les abeilles
Au vignoble, Daniel Ansen intervient par des labours et une culture équilibrée. En 2020, quatrième année de sécheresse d’affilée, la taille courte et l’introduction du bêchage ont aidé ses vignes à garder l’équilibre avec leur sol. Aucune parcelle n’est irriguée, et les traitements se préparent à 100 % avec l’eau de pluie. Le domaine prépare aussi une tisane de prêle.
Avant chaque replantation, le sol se repose sous des fleurs semées pour nourrir les abeilles. Dans une parcelle de pinot noir, une rangée de pommiers apporte ombre et biodiversité depuis 2001. C’est le père de Daniel qui l’avait introduite. Les interventions à la main restent la règle dès qu’elles apportent un supplément de qualité.


En cave, l’inox, les levures indigènes et la capsule à vis
Des vins que l’on ne corrige pas
Les raisins sont traités par gravité, et le pressoir est pneumatique. Les vins sont vinifiés en cuves inox de petit volume et fermentent avec les levures indigènes. Daniel Ansen s’abstient de chaptaliser, d’acidifier, de désacidifier ou d’élever en barrique.
Ce refus de la barrique est assumé. « Je regrette qu’on continue à couper de beaux chênes pour l’élevage des vins », écrit-il. Selon lui, l’inox assure une conservation et une hygiène optimales. Il vinifie et élève ses vins pour exprimer les variations subtiles du cépage, du terroir et de son travail.
Des cuvées sans sulfites ajoutés, et certifiées
Le domaine produit du crémant sans sulfites depuis le millésime 2013. Tous ses rouges de pinot noir sont élaborés sans sulfites depuis 2015. Depuis 2017, des cuvées sans sulfites sont certifiées USDA Organic.
Plusieurs portent aussi le label Vin Méthode Nature : le sylvaner Lerchensand en vin orange, le pinot noir Vieilles Vignes, le Steig rouge, un crémant brut nature et un gewurztraminer sec. Le sylvaner macère une douzaine de jours sur ses peaux et n’est pas filtré. Pour le vigneron, les vins sans sulfites sont les plus exigeants.
La capsule Stelvin plutôt que le liège
Tous les vins tranquilles du domaine sont bouchés par une capsule Stelvin, gage de bouquet, de régularité et de longévité selon lui. Des rencontres clés l’ont amené à sauter le pas. Il s’appuie sur des essais de longue durée menés à partir des années 2000 en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux États-Unis. Ce bouchage y sort en tête des dégustations.
La capsule s’avère aussi un atout pour les cuvées sans sulfites, selon le vigneron. Seul le crémant y échappe. Le domaine cite enfin une recherche de 2022 : l’oxydation des vins par le bouchon varie de 1 à 400 selon les bouchons d’un même lot.
Des vins de gastronomie à l’acidité longue
Du crémant de lieu-dit aux sélections de grains nobles
La gamme couvre l’éventail des vins d’Alsace, de l’Edelzwicker jusqu’aux sélections de grains nobles. En crémant, le domaine sort un Struch en blanc de noirs, des bruts nature et Les Marnes Noires. Selon le domaine, Falstaff a désigné son Struch brut nature 2019 meilleur crémant d’Alsace de l’année 2022.
En vins tranquilles, les lieux-dits structurent l’offre. On y trouve les rieslings Geierstein et Lerchensand, le pinot gris Elmen et le Steig rouge. Le Sal Weingarten naît d’une complantation de muscat ottonel et d’auxerrois. Les vendanges tardives viennent de l’Ostenberg-Ritzmann en gewurztraminer et de l’Elmen en pinot gris. Les sélections de grains nobles naissent sur l’Elmen et le Lerchensand.
Acidité, minéralité et longue garde
Pour le domaine, ses vins révèlent une acidité tout en longueur et exaltent la minéralité. Ils s’épanouissent au fil des années. Les collines de Westhoffen se distinguent par une trame argileuse, d’où une acidité omniprésente qui soutient la fraîcheur et la longévité des vins. Les rouges de pinot noir, eux, se veulent vifs et nerveux.
Le Geierstein 2020 et le Lerchensand 2022 sont des rieslings secs, sous les 2 g/l de sucres résiduels. Le premier annonce une garde de 10 à 30 ans. L’auxerrois, plus souple, se boit jeune et se bonifie pendant cinq ans. Le vigneron conseille son pinot noir Vieilles Vignes avec une omelette, des salaisons ou un burger-frites.
Ces vins de gastronomie voyagent. Le domaine les exporte notamment au Mexique, aux États-Unis, en Suisse, en Belgique, au Portugal et en Italie.
Venir à Westhoffen, à l’écart des grands axes
Dégustation, tourte vigneronne et balade géologique
« À l’écart des grands axes, je vous invite à découvrir mes cuvées originales, notre patrimoine historique, nos bons restaurants et nos paysages préservés », écrit Daniel Ansen. Le domaine reçoit sur réservation. Il propose plusieurs formules :
- Dégustation, seule ou avec crémantaise et kougelhopf
- Repas froid de spécialités ou tourte vigneronne, en accord avec les vins
- Itinéraire à pied sur la géologie, la flore et la culture biologique
- Visite des remparts
Les groupes comptent de 5 à 25 personnes. Les visites se font en français, en allemand ou en anglais. Les animaux sont acceptés, et les enfants trouvent coloriages et petits jeux.



Du fort de Mutzig à l’abbatiale de Marmoutier
Le vigneron suggère de prolonger la visite. À Westhoffen, des chemins de promenade se parcourent à pied ou à vélo, et une piste cyclable relie le village à Strasbourg. Plus loin, il cite le fort de Mutzig et le château du Haut-Barr, en direction de Saverne. À Marmoutier, le musée du Patrimoine et l’abbatiale complètent la journée.
Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.
Les autres domaines de la région Alsace
Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio
Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.


