Domaine Josmeyer
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Région viticole
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24,1ha
Surface du vignoble
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1854
Année de fondation
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En bio depuis 2000
Sommaire
De la maison de 1854 à la marque Josmeyer
Le Domaine Josmeyer cultive des vignes bio et biodynamiques à Wintzenheim, près de Colmar, dans le Haut-Rhin. La maison familiale date de 1854. Ses vignes vont de la plaine jusqu’à deux grands crus d’Alsace, le Hengst et le Brand. Deux sœurs, Céline et Isabelle Meyer, la conduisent aujourd’hui.
Aloyse Meyer, restaurateur et gourmet
Le fondateur, Aloyse Meyer, était restaurateur et gourmet. Il s’attache à mettre en valeur les vins des meilleurs terroirs du secteur, en particulier ceux du Hengst et du Brand, aujourd’hui classés en grand cru. Son fils Joseph lui succède en 1933.
En 1941, l’entreprise passe à Hubert, œnologue diplômé, qui part chercher des clients à l’étranger. Pour signer ses bouteilles, il accole les premières lettres du prénom de son père au nom de famille. Jos, pour Joseph, plus Meyer : la marque Josmeyer est née.

De père en fils, puis de père en filles
Jean Meyer, fils aîné d’Hubert, entre dans la maison en 1966. Il prend en charge les vinifications et les marchés étrangers. C’est lui qui lance en 1986 la Série Artiste, dont les étiquettes sont confiées à des artistes de la région.
Ses filles Isabelle et Céline le secondent à partir de 1995. Ce sont elles qui mènent aujourd’hui le domaine, cinquième génération de la famille. Elles le disent simplement : la maison s’est transmise de père en fils, puis de père en filles. Les deux sœurs marchent dans les pas de leur père.

Hengst et Brand, le calcaire et le granit
Le vignoble couvre un peu plus de 24 hectares, morcelés en 90 parcelles. Une partie se trouve en plaine, sur les communes de Wintzenheim, Turckheim et Wettolsheim. L’autre grimpe sur les coteaux, jusqu’aux deux grands crus du domaine.

Le Hengst, une terre qui se réchauffe vite
Le Hengst se trouve sur la commune de Wintzenheim. Ce grand cru de 53 hectares regarde le sud et le sud-est et culmine à 360 mètres. Ses sols bruns, calcaires, gréseux et argileux reposent sur des conglomérats oligocènes, mêlés aux calcaires du Muschelskalk.
Le domaine y décrit une terre puissante et caillouteuse, qui se réchauffe vite au printemps. Les racines y descendent facilement, et les conglomérats gardent une réserve d’eau pour l’été. Josmeyer y exploite trois parcelles proches pour son riesling, et deux autres pour un pinot auxerrois de vieilles vignes.
Le Brand, trois petites parcelles sur le granit de Turckheim
Le Brand se trouve sur la commune voisine de Turckheim. Il couvre 57 hectares, exposés au sud et au sud-est, jusqu’à 380 mètres. Ici, pas de calcaire : un sol sableux et grossier, issu d’un granit à deux micas.
Selon le domaine, ce sous-sol réchauffe les racines, et ses petites pierres emmagasinent la chaleur en surface, ce qui aide les raisins à mûrir. Le riesling y domine. Josmeyer n’y possède que trois petites parcelles, et parle d’une cuvée « intimiste ».
Alluvions et graves pour les vins de plaine
En contrebas, les parcelles de plaine poussent sur des alluvions, des graves et des sables légers. Une douzaine d’entre elles, autour de Wintzenheim et de Turckheim, composent par exemple le riesling Le Kottabe. Celui-ci est mis en bouteille à la fin du printemps, les grands crus plutôt en juillet.
Biodyvin depuis 1998, une vigne soignée aux tisanes
La maison adhère au syndicat Biodyvin depuis 1998, et l’ensemble du vignoble est conduit en agriculture biologique et en biodynamie depuis 2000. Il est certifié depuis 2004 : Ecocert contrôle aujourd’hui le bio, et le label Biodyvin la biodynamie.
Un rang sur deux laissé à l’herbe
Les sols sont travaillés pour que l’air et l’eau y circulent. Un rang sur deux reste en enherbement naturel. Des semis couvrent plus de 15 hectares, et la diversité de leurs racines aère la terre. Sur les grands crus, l’enherbement d’un rang sur deux s’accompagne de labours légers.
Corne de bouse, silice et calendrier de Maria Thun
Au printemps, quand la terre encore humide se réchauffe, le domaine pulvérise sa première 500P. Ce préparat de bouse de vache fermentée dans une corne, enrichi de plantes, est dynamisé une heure. Il part en grosses gouttes sur le sol en fin d’après-midi, pour stimuler la vie microbienne et l’enracinement.

La silice, ou 501, faite de cristaux de quartz, se pulvérise à l’aube en fines gouttelettes avant la floraison. Une autre passe de 501 précède les vendanges, pour préserver l’acidité. Le travail suit au quotidien le calendrier lunaire de Maria Thun.
Pour les traitements, les sœurs Meyer cherchent à réduire au plus bas le cuivre et le soufre. Leur tisanière contient de la prêle, de l’ortie, de l’osier, de la camomille et de l’achillée. Elles ont aussi recours à l’extrait de pépin de pamplemousse ou à l’huile essentielle d’orange douce.
Une cave où les foudres ont plus de cent ans
Des pressurages de six à douze heures
Toutes les vendanges sont faites à la main. Les raisins entrent entiers dans des pressoirs pneumatiques, où le pressurage, lent et à faible pression, dure de 6 à 12 heures. Les jus descendent ensuite par gravité dans les cuves de réception de la cave.
Après un débourbage statique, les moûts démarrent leur fermentation en cuve inox, avec les seules levures du milieu. Le domaine n’ajoute ni levures sélectionnées ni sucre. La fermentation se poursuit en grande partie dans des foudres centenaires, de 1 000 à 6 000 litres.

Un élevage sur lies, et une mise en bouteille selon la lune
Les vins restent ensuite 6 à 10 mois sur leurs lies fines, dans ces vieux foudres de chêne. L’hiver se charge de les stabiliser naturellement. Le premier soutirage se fait à l’air.
La mise en bouteille tombe avant les chaleurs de l’été, un jour fruit, fleur ou racine du calendrier. Les sœurs veulent garder dans le vin un peu du gaz carbonique de la fermentation, qu’elles considèrent comme un antioxydant naturel. Une filtration fine et une petite dose de soufre assurent ensuite la conservation.
Des blancs secs et salins, aux noms tirés de lectures
La gamme compte plus de quinze cuvées en AOC Alsace et Alsace grand cru, surtout des blancs secs. Le riesling y tient la première place, à côté du pinot gris, du gewurztraminer, du pinot auxerrois et d’un pinot noir en rouge. Un fil les relie d’une cuvée à l’autre : une acidité tendue et une finale saline.
La Série Artiste, du Kottabe aux Folastries
La Série Artiste cherche des correspondances entre un vin, des couleurs et des parfums. Ses étiquettes, peintes par des artistes locaux, changent tous les trois ans. Les noms viennent de lectures. Le Kottabe renvoie au kottabos, un jeu des banquets grecs. Les Folastries empruntent leur nom à un recueil de poèmes de Ronsard.
Le riesling Le Kottabe se veut nerveux et digeste, sur l’agrume. Le gewurztraminer Les Folastries, d’esprit sec, part sur la rose, la cardamome et le gingembre. Le pinot gris Le Fromenteau joue un registre plus terrien, de noisette et de fumé.
Des grands crus faits pour attendre
Le riesling grand cru Hengst est dense et minéral. Les années fraîches, il peut se montrer réservé, puis s’ouvre au bout de 5 à 7 ans. Le domaine lui donne 25 à 30 ans de garde. Le Samain, sélection parcellaire du même grand cru, donne une version plus tendue.
Le riesling du Brand est plus vertical, porté par une acidité vive et des notes de fleurs et de pierre à fusil. Quant au pinot auxerrois « H » Vieilles Vignes, il demande 8 à 10 ans pour livrer son miel et son sel. La gamme garde aussi deux pinots gris liquoreux en sélection de grains nobles, des millésimes 1995 et 2010.
Un pétillant naturel et deux vins de macération
En 2018, Céline et Isabelle ont créé deux cuvées à leur idée. Icare est un pinot gris en Vin de France. Chante Pinot, un pétillant naturel issu de trois cépages, sort sans soufre ajouté ni filtration.
Deux vins de macération élargissent encore la gamme. Kamikaze, un pinot gris en AOC Alsace, macère une dizaine de jours puis s’élève plus d’un an en petit foudre neuf. Libre sous le ciel, en Vin de France, s’étire sur l’orange amère et l’abricot.
Les Pierrets, coup de cœur du Guide Hachette
Le riesling Les Pierrets assemble une parcelle du coteau nord du Hengst et deux parcelles de graves en plaine, à Turckheim. Le domaine le tient pour très représentatif de son style. Son millésime 2001 a reçu deux étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2006 du Guide Hachette des Vins. Plus récemment, Bettane+Desseauve a noté le pinot auxerrois « H » Vieilles Vignes 2020 93/100.
Rue Clemenceau à Wintzenheim, sous le tilleul de la cour
Une dégustation sur rendez-vous
Le domaine reçoit dans sa maison de la rue Clemenceau, où un grand tilleul ombrage la cour. Les dégustations se font sur rendez-vous. Dans le jardin, sous les arbres, se dresse une sculpture de bois peint.

De Wintzenheim à plus de trente pays
L’export lancé par Hubert Meyer s’est maintenu : les vins Josmeyer partent aujourd’hui vers plus de 30 pays, par des distributeurs. En France, on les trouve chez des cavistes, un peu partout.
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