Domaine Bruno Clavelier
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Région viticole
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6,5ha
Surface du vignoble
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1987
Année de fondation
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En bio depuis 2000
Sommaire
De la mêlée au chai : Bruno Clavelier à Vosne-Romanée
Le Domaine Bruno Clavelier cultive 6,5 hectares en Côte de Nuits, depuis sa cave de Vosne-Romanée. Ses vignes sont certifiées en agriculture biologique depuis 2000 et conduites en biodynamie, sous le label Demeter. Le domaine produit une quinzaine de cuvées de bourgogne, en majorité de pinot noir.
Son vigneron a eu une première vie sur les terrains de rugby. Il a ensuite passé son diplôme d’œnologue, puis repris les vignes de son grand-père maternel. Il signe aujourd’hui une cuvée par lieu-dit, jusqu’au grand cru Corton Le Rognet.
Un grand-père vigneron et une maison de négoce familiale
La famille est installée à Vosne-Romanée depuis la fin du XVIIIe siècle. Après le phylloxéra, le mildiou, l’oïdium et deux guerres, l’exploitation repart. C’est Joseph Brosson, le grand-père maternel, qui la développe vraiment entre 1935 et 1955.
Le vin part alors en fût chez les négociants. Il va en particulier à la maison Clavelier, fondée en 1935 à Comblanchien par Antoine Clavelier, le grand-père paternel. Ses trois fils, dont André, le père de Bruno, la dirigent à partir de 1978. Elle est vendue en 1991 et n’a plus aucun lien avec le domaine, même si elle garde le nom.
1987, un diplôme d’œnologue et la reprise
En 1987, après sa carrière de rugbyman, Bruno Clavelier décide de monter son domaine. Il vient d’obtenir le diplôme national d’œnologue à la faculté de Dijon. Pendant dix ans, son grand-père Joseph l’accompagne et lui transmet son sens de l’observation.

Dès 1992, toute la récolte est mise en bouteille au domaine. Aidé par son père, il trouve vite des acheteurs, surtout dans les pays anglo-saxons et au Japon. Son épouse Valérie rejoint officiellement le domaine en 2003.
L’outil a suivi. Bruno Clavelier a construit une cuverie neuve, équipée d’un pressoir pneumatique et d’une table de tri, achetée en 2004. Il a ajouté une cave de stockage et d’embouteillage, puis agrandi la cave d’élevage pour loger les fûts de deux millésimes. La nouvelle cave bâtie en 2003 est voûtée en croisée d’ogives.
Une cuvée par climat, de Gevrey-Chambertin au Corton
L’historien Gaston Roupnel comparait la Côte bourguignonne à un collier de perles dont Vosne-Romanée serait la perle du milieu. Les parcelles du domaine s’égrènent le long de la Côte de Nuits, sur Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, Vosne-Romanée et Nuits-Saint-Georges. Elles descendent même jusqu’au Corton, en Côte de Beaune.
Le parti pris tient en une règle. Chaque lieu-dit, qu’on appelle climat en Bourgogne, donne sa propre cuvée, y compris en appellation village. Peu de domaines le font pour leurs vosne-romanée.
Quatre vosne-romanée villages séparés par leur sol
La Combe Brûlée (52 ares) occupe une petite vallée fermée au pied du coteau. La maturité y vient plus lentement qu’ailleurs, entre la fraîcheur du fond de combe et la chaleur renvoyée par les pierres. Le sol repose sur un socle de calcaire à chailles.
Juste au-dessus, La Montagne (33 ares) prolonge la Combe Brûlée sur un sol un peu plus profond et plus argileux. C’est un monopole du domaine sur la commune. Plus haut encore, entre 320 et 340 mètres, s’étendent Les Hauts-de-Beaux-Monts (36,5 ares, plantés en 1988). Leur sol de quelques centimètres, très caillouteux, est tourné plein sud.
À l’opposé, Les Hautes-Maizières (48 ares) sont proches du village, juste sous le premier cru Les Suchots. Leurs sols argilo-limoneux atteignent 60 à 80 cm d’épaisseur sur un calcaire à entroques. La parcelle reste enherbée pour pousser les racines à descendre jusqu’à la roche.
Six premiers crus sur quatre villages
À Vosne-Romanée, le domaine tient 49,60 ares au centre des Beaux-Monts, exposés est sud-est, sur des argiles ocre rouge et des cailloux. La vigne a été plantée en sélection massale juste après la Seconde Guerre mondiale. Aux Brûlées (29,50 ares) se trouve dans le haut de la Combe Brûlée, sur des calcaires à chailles couverts de cailloutis.
À Chambolle-Musigny, La Combe d’Orveau est la plus grande parcelle du domaine, avec 81,55 ares. Elle touche les Petits-Musigny, classés en grand cru Musigny, et figurait en tête de cru avant le phylloxéra. Les Noirots, 15 ares sous les Bonnes-Mares, sont exploités depuis 2008.
À Nuits-Saint-Georges, Aux Cras (25 ares, repris en 1994) occupe le haut de la bande des premiers crus. La parcelle monte à 250 mètres, à la limite de Vosne. À Gevrey-Chambertin, Les Corbeaux (22 ares) se trouvent en pied de coteau, juste avant les Mazis-Chambertin. L’air frais de la combe Lavaux y circule.
Corton Le Rognet, le grand cru de la Côte de Beaune
La parcelle de Corton Le Rognet couvre 34 ares à mi-coteau, plein est, entre 270 et 280 mètres. Reprise en 1999, elle a demandé un long travail pour que les racines retrouvent la profondeur du sol. Ses calcaires marneux de l’Oxfordien sont plus tendres que ceux de la Côte de Nuits.
Plus au sud que les autres crus, elle se vendange toujours deux ou trois jours avant eux.
Aligoté, passetoutgrain et chardonnay hors appellation
Le bourgogne Les Champs d’Argent vient de 20 ares de pinot noir au bas de Vosne-Romanée, à la frontière de Nuits-Saint-Georges. Le bourgogne aligoté est issu de très vieilles vignes, avec une forte part d’aligoté doré, et s’élève douze mois en cuve.
Le bourgogne passetoutgrain sort d’une seule parcelle complantée à 90 % de pinot noir et 10 % de gamay. Les Glapigny, un chardonnay planté en limite de l’aire des appellations régionales, sort en vin de France après un an en fût. Le domaine produit aussi régulièrement quelques bouteilles de crémant. Demeter certifie enfin deux vins de France plus récents, Jugabilis en blanc et Les Chailles en rouge.
Des vignes de sélection massale, en biodynamie
Un patrimoine replanté après le phylloxéra
Le premier capital du domaine, ce sont ses vieilles vignes familiales. La plupart ont été replantées dans les années 1930 et 1940, à partir de sélections massales. Leurs rendements restent faibles et leurs racines descendent loin dans le sous-sol.

La culture y a toujours été simple : un peu d’engrais organique et beaucoup de travail à la main. Les sols n’ont pas connu les excès de potasse des années 1970 et 1980, qui pèsent encore sur bien des vignobles. Les raisins y sont concentrés, sains et bien équilibrés en acidité.
Une personne par hectare au plus fort de la saison
Certifié bio par Ecocert depuis 2000, le domaine adhère aussi à Demeter, le label de la biodynamie. Pour Bruno Clavelier, la vigne est une plante active, capable de réagir seule aux accidents du climat et aux maladies. Le vigneron l’accompagne plus qu’il ne la conduit. Il ne cherche pas à éradiquer les maladies, seulement à les contenir.
Toutes les parcelles reçoivent les mêmes soins, quel que soit leur rang d’appellation. Les ceps vigoureux sont taillés en Guyot simple ou en cordon de Royat. L’ébourgeonnage règle la charge de chaque pied, puis les rameaux sont palissés à la main pour ouvrir la végétation à la lumière.
Les rognages se font en général à la main. Le labour à la charrue se termine à la pioche autour de chaque pied. Dès la mi-juillet et tout l’hiver, une herbe spontanée couvre les rangs contre l’érosion. En période de forte pression des maladies, la surveillance est quotidienne pour passer les préparations biodynamiques au bon moment. Au plus fort de la saison, le domaine occupe une personne par hectare.


Les vendangeurs, « sages-femmes du millésime »
Les vendanges sont manuelles sur tout le domaine. La même équipe revient chaque année, parfois depuis plusieurs générations. Elle trie les raisins deux fois, à la vigne puis au chai sur une table vibrante. Selon le tri à faire, la récolte peut durer du simple au double d’une année à l’autre.

Les porteurs sont souvent d’anciens coéquipiers de rugby. Ils sortent les raisins des rangs en caisses de 20 kg, que de petits utilitaires ramènent aussitôt au chai, tout proche.
Au chai, laisser le vin prendre sa trajectoire
Cuves tronconiques en chêne et levures indigènes
Les vinifications se font dans des cuves de chêne tronconiques ouvertes, à la taille de chaque cuvée. Selon le millésime et le cru, le domaine garde jusqu’à 30 % de vendange entière. Les fermentations partent en levures indigènes, avec quelques pigeages manuels très doux, puis des remontages légers.
Températures et densités sont relevées deux fois par jour. La cuvaison dure environ trois semaines pour les crus. Le pressoir pneumatique monte lentement en pression, sous le contrôle de la dégustation. Après quelques jours de débourbage, les vins descendent par gravité dans les caves, où les malolactiques se font d’elles-mêmes au printemps suivant.
Seize à dix-huit mois de fût, sans collage ni filtration
Les crus s’élèvent 16 à 18 mois en fûts de chêne français à grain fin, de Tronçais et de l’Allier. Ils viennent de trois ou quatre tonneliers. La part de fûts neufs tourne autour d’un tiers pour le grand cru et les premiers crus, un peu moins pour les villages. Aucun soutirage n’a lieu pendant l’élevage, pour garder la finesse et limiter le soufre.

Les vins ne sont ni collés ni filtrés. Le domaine a son propre groupe d’embouteillage et met sous gaz neutre. Les dates de mise suivent le calendrier lunaire et la météo.
Des pinots noirs qui racontent leur parcelle
Bruno Clavelier ne vise pas un profil de goût. Il cherche à saisir ce que le climat de l’année et le terroir de chaque parcelle ont donné au raisin.
La pierre à fusil des chailles, la chair des argiles
Sur les calcaires à chailles, les vins prennent des notes fumées et de pierre à fusil. La Combe Brûlée s’ouvre à l’aération sur les baies sauvages, les fleurs et la roche chaude. Aux Brûlées est souvent le premier cru le plus subtil de la cave. Il mêle la rose et la pivoine au graphite et à une touche saline.
Sur leurs argiles, les Hautes-Maizières donnent un vin plus charnu, aux tanins marqués. La cerise mûre y croise le thym, la lavande et la sauge. Les Beaux-Monts sont amples et structurés, sur la cerise bigarreau, la prune et le pain d’épice. Aux Cras joue les fruits noirs juteux et finit sur la réglisse.
Certains voient dans La Combe d’Orveau la tête de cuvée de la cave. C’est un vin droit, entre grenade, épices et agrumes, qui demande du temps d’ouverture. Le Corton Le Rognet se distingue par des tanins polis, une chair veloutée de pêche de vigne et de figue, et des notes fumées.
Ouvrir les crus une demi-journée à l’avance
Jeunes, les crus gagnent à être ouverts une demi-journée avant le repas. Une première garde de 3 à 7 ans révèle leur fruit. Les notes tertiaires demandent plutôt 7 à 10 ans pour les villages, et 12 à 15 ans pour les premiers crus et le grand cru.
Des particuliers reçus sur rendez-vous
Le domaine vend lui-même ses vins dans le monde entier, surtout à des professionnels. Malgré la demande des importateurs, il tient à garder une clientèle de particuliers. Bruno Clavelier les reçoit à son caveau de Vosne-Romanée, uniquement sur rendez-vous. Il le fait pendant les mois d’hiver, quand la vigne lui en laisse le temps.
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