Barriques du domaine Sergent

Domaine Sergent

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 23ha

    Surface du vignoble

  • 1902

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2021

Sommaire

Quatre générations de Dousseau sur les coteaux de Maumusson

1902, Hubert Dousseau et ses deux cèdres

Le Domaine Sergent est un domaine viticole bio du Gers, installé à Maumusson-Laguian, en appellations Madiran et Pacherenc-du-Vic-Bilh. Son histoire commence en 1902, quand Hubert Dousseau acquiert la propriété. Il y fait planter deux cèdres, symboles de force et de longévité. Un seul veille encore sur les vignes.

Le Madiran Les Cèdres rend hommage à cet aïeul. Depuis, le domaine se transmet de génération en génération dans la même famille. Brigitte et Corinne poursuivent aujourd’hui le travail mené par Gilbert, leur père.

Brigitte et Corinne, deux sœurs aux commandes depuis 1995

Depuis 1995, les sœurs Brigitte et Corinne Dousseau dirigent le domaine. Arrière-petites-filles d’Hubert, elles forment la quatrième génération. Dans ce vignoble à cheval sur trois départements, on pourrait croire qu’il n’y a pas de place pour les femmes. Le Domaine Sergent montre le contraire.

Les deux sœurs ont d’abord porté la propriété de 15 à 20 hectares. Elle en compte aujourd’hui 23. Les deux sœurs ont aussi sillonné la planète à la découverte d’autres appellations. Leurs vins, disent-elles, sont choyés, soignés et élevés comme leurs propres enfants.

Nathan, et un vignoble certifié bio

En 2023, Nathan, le fils de Corinne, a rejoint le domaine. C’est la cinquième génération. En présentant le Madiran VinO2, la famille salue son arrivée comme « une bouffée d’oxygène » pour la maison.

Côté vignoble, le domaine s’est engagé en agriculture biologique en août 2021. Ses raisins et ses vins sont aujourd’hui certifiés AB, et le vignoble porte aussi la certification HVE niveau 3. Pour les vigneronnes, le bio récompense leurs efforts pour préserver une terre qui leur a été transmise.

Un coteau plein sud aux confins du Béarn, de la Bigorre et de la Gascogne

23 hectares entre Maumusson et Saint-Lanne

Le vignoble s’étend sur un coteau exposé plein sud, aux confins du Béarn, de la Bigorre et de la Gascogne. Il compte 23 hectares de vignes, âgées de 35 ans en moyenne. Les parcelles se partagent entre Maumusson et Saint-Lanne.

Les deux terroirs ne donnent pas le même vin. À Saint-Lanne, sur les hauts coteaux, le sol argileux et caillouteux donne des rouges intenses et ronds, aux tanins amples. À Maumusson, le sol à grepp, le plus caractéristique de l’appellation selon les vigneronnes, produit des vins concentrés aux tanins généreux.

Une parcelle choisie pour chaque vin

Chaque cuvée part d’une sélection parcellaire. Les sols limoneux donnent les Madiran gourmands et équilibrés, comme Les Cèdres et VinO2. Les sols argileux, qui donnent des vins amples et généreux, vont aux Noyers et à Eucalyptus.

Pour les blancs, les vigneronnes choisissent des boulbènes, des sols limono-argileux. Les collines tournées au nord-est, plus fraîches, limitent le stress hydrique et donnent les Pacherenc secs et doux. Les collines au sud, où le raisin passerille, sont gardées pour Les Grains d’Élise.

Demi-hautains, guyot simple et vendanges à la dégustation

Les vignes sont conduites en demi-hautains et taillées en guyot simple. Une fois les risques de gelée écartés, on les ébourgeonne pour étaler les raisins et limiter le rendement. Les vendanges commencent en général vers le 20 septembre. La date de chaque récolte se fixe en goûtant régulièrement les baies.

Les raisins des rouges de garde sont cueillis bien mûrs, à la limite de la surmaturité. Ceux du Pacherenc doux attendent la fin octobre. Pour le blanc de noirs OHVNI, la cueillette se fait tôt le matin, aux heures les plus fraîches de la journée.

Vignes du domaine Sergent

Madiran et Pacherenc-du-Vic-Bilh, deux appellations sur un même territoire

Un piémont entre Pyrénées et Atlantique

Les deux appellations se superposent sur un petit territoire du Sud-Ouest, à cheval sur le Gers, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. Le vignoble occupe le piémont pyrénéen, à 60 km au nord des montagnes. Le climat y est océanique, avec une pluviométrie assez élevée.

Le printemps apporte beaucoup de pluie, l’été est chaud. L’arrière-saison alterne ensuite des journées encore chaudes et des nuits fraîches. Cette amplitude thermique favorise la pleine maturité des tanins. Pour les Pacherenc, les vendanges se prolongent parfois jusqu’à la fin de l’automne.

Le Tannat, cépage roi du Madiran

Le Tannat est le cépage du Madiran. Le décret de l’AOC l’a consacré cépage majoritaire en 1948, et il représente près de 70 % de l’encépagement de l’appellation. Particulièrement tannique, il donne un vin sombre et charpenté, qui se bonifie pendant une bonne décennie. Les domaines l’assemblent avec le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon.

Au Domaine Sergent, le Tannat compte pour 80 % des Cèdres. Le Cabernet Sauvignon et le Cabernet Franc complètent à parts égales. Les Noyers, Eucalyptus et VinO2 sont en revanche des 100 % Tannat.

Le Pacherenc, des Mansengs en sec et en doux

Le Pacherenc-du-Vic-Bilh est le pendant blanc du Madiran. Il repose sur le Petit Manseng, le Gros Manseng et le Petit Courbu. Le Gros Manseng domine d’ordinaire les secs. Le Petit Manseng mène les doux : sa peau plus dure lui permet de rester longtemps sur le cep et de passeriller.

Le domaine suit cette logique à sa manière. Son Pacherenc sec assemble les deux Mansengs à parts égales. Le doux compte 80 % de Petit Manseng pour 20 % de Gros Manseng.

Bleu Tannat, le Madiran côté fruit

L’appellation porte un label collectif, Bleu Tannat. Ce n’est pas une nouvelle appellation, mais une façon de repérer des Madiran plus frais, plus fruités et plus spontanés. Chaque cuvée doit contenir au moins 85 % de Tannat et passer une dégustation à l’aveugle devant un comité d’experts.

VinO2 a rejoint la sélection. Ce pur Tannat ne macère que deux jours, pour préserver le fruit. Un seul délestage extrait la couleur en évitant les tanins. Les premières bouteilles sont tirées à partir du 15 avril suivant les vendanges. Le domaine conseille de le rafraîchir 30 minutes au réfrigérateur.

La fraîcheur, fil rouge des vins Sergent

« Elle nous commande »

Brigitte et Corinne résument leur cap en une phrase : « Le dénominateur commun de nos vins, c’est la fraîcheur. Elle nous commande. » Le Guide Hachette 2021 les a élues vigneronnes de l’année pour le Sud-Ouest. Le domaine y décrochait son quatrième coup de cœur en quatre éditions.

Dès 2016, La Revue du vin de France décrivait des rouges au style « à la fois intense et charmeur ». Elle y voyait un fruit affirmé, des élevages bien gérés et une originalité aromatique, avec des tonalités de menthol.

Du Madiran gourmand au Tannat de garde

Les Cèdres est le Madiran gourmand du domaine. Il cuve 21 jours, puis s’élève en cuves thermorégulées pour limiter l’ajout de sulfites. Son nez joue sur les fruits noirs, le cassis et la mûre, avec une pointe de cannelle et de réglisse. Il se boit dès maintenant.

Les Noyers, pur Tannat, reste 28 jours en cuve. Il passe ensuite un an en fûts de chêne de 300 litres, dont un tiers de neufs. Le domaine le présente comme son expression du Tannat. Il peut se boire jeune ou vieillir une dizaine d’années.

Eucalyptus, la mémoire d’une parcelle

La cuvée Eucalyptus vient d’une parcelle argileuse autrefois plantée d’eucalyptus. Le Tannat en garde aujourd’hui le souvenir, avec des arômes originaux d’eucalyptus. Les vigneronnes y sélectionnent les meilleurs raisins, récoltés à la limite de la surmaturité.

Le vin fermente dans des pièces de 400 litres posées debout, fond ouvert. Deux fois par jour, on enfonce les baies à la main, un geste ancestral, pendant une cuvaison de 30 jours. Après deux ans d’élevage dans ces mêmes fûts, chaque bouteille de cette production confidentielle est numérotée.

Pacherenc, Côtes de Gascogne et blanc de noirs

Le Pacherenc sec fermente puis s’élève six mois en fûts de 300 litres, sur lies fines, avec un bâtonnage deux fois par semaine. Il mise sur les agrumes et une bouche juteuse. Le Pacherenc doux reste en cuve : on arrête sa fermentation par le froid quand l’équilibre entre sucre et alcool est atteint.

Les Grains d’Élise, surtout du Petit Manseng légèrement passerillé, fermente et s’élève en fûts de chêne. En IGP Côtes de Gascogne, le domaine signe aussi un rosé de Cabernet Sauvignon et un rouge de Merlot, Les Vignes de Chloé. Un blanc moelleux, Oh Chic, complète le trio. S’y ajoute OHVNI, un blanc sec tiré de raisins noirs, en Vin de France.

Un palmarès suivi par les guides

Au Concours général agricole de Paris, Les Noyers a remporté l’or pour ses millésimes 2016, 2019 et 2022. Le Madiran cuvée Tradition l’a obtenu pour ses millésimes 2016 et 2020, et le Pacherenc doux pour le millésime 2018.

Le Guide Hachette lui a accordé plusieurs coups de cœur. Les Noyers 2016 l’a reçu dans l’édition 2020, le Madiran 2022 dans l’édition 2025. Les Noyers 2022 a aussi obtenu 90 points de Decanter en 2024. Le Pacherenc sec 2021 a reçu 89/100 de La Revue du vin de France.

Venir au Domaine Sergent, de la torche aux portes ouvertes

Les chais à la lueur d’une lampe

Le domaine reçoit toute l’année pour une visite guidée des chais suivie d’une dégustation des cuvées. Comptez environ une heure. Les vigneronnes proposent aussi une balade commentée dans les vignes, pour découvrir les cépages et leurs techniques culturales.

La visite à la torche change de registre. On parcourt les chais dans le noir, à la lueur d’une petite lumière : dans l’obscurité, le cerveau devient plus réceptif aux odeurs et aux bruits. La visite dure 1 h 30 et se termine par une dégustation, avec des anecdotes sur la vie de vigneronne.

Jeudis de l’été, portes ouvertes et gîte dans les vignes

L’été, les Jeudis de l’été réunissent dégustation, tapas et musique. Pour Vignobles en scène, le domaine associe la visite à la torche à une dégustation dînatoire de bouchées gasconnes. En novembre, deux journées de portes ouvertes, animées par le Chœur d’hommes de Gascogne et les bandas, font découvrir les nouveaux millésimes.

Le domaine part aussi à la rencontre des amateurs dans les salons, de Nantes à La Rochelle et Salon-de-Provence. Pour prolonger le séjour, les sœurs Dousseau ont converti une petite maison gasconne en gîte pour quatre personnes. Le domaine se trouve à 5 km de Riscle et à 25 km de Marciac. L’océan et les Pyrénées sont à une heure et demie.

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L'agenda du Domaine Sergent

  • Millésime Bio - Vue d’un hall du salon, ses rangées de stands identiques et ses visiteurs

    Millésime BIO

    Du 25 au 27 janvier 2027

    Pérols (Hérault)

    Organisé par SudVinBio

    Tous les jours

    • Salon
    • Gratuit
    • 3 dates
    • 78 domaines présents

Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Manoir de Saint-Bazile

    Le Manoir de Saint-Bazile a planté 1,6 hectare de vignes en 2023 sur un coteau plein sud de Saint-Bazile-de-Meyssac, en Corrèze. Nicolas Bossut et Pierre Basiaux y cultivent syrah, zinfandel, merlot, chardonnay et muscat, sans travail du sol, sous un couvert de trèfle blanc. Engagé en bio depuis 2024, le domaine travaille tout à la main et a vendangé pour la première fois en septembre 2025. Le manoir presse aussi des pommes bio de Corrèze pour en tirer des jus et des hard ciders.

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

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