Les vignes du Domaine Chardigny

Domaine Chardigny

  • Bourgogne

    Région viticole

  • 20ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2015

Sommaire

De la coopérative au domaine, deux siècles à Leynes

Des vignes dans la famille depuis le XVIIIe siècle

Le Domaine Chardigny cultive 20 hectares de vignes en agriculture biologique à Leynes. Le village se trouve à la croisée du Mâconnais et du Beaujolais. Les vignes appartiennent à la famille depuis le XVIIIe siècle. La famille a retrouvé la trace d’acquisitions faites par Jean Bernard, dont certaines parcelles lui sont parvenues jusqu’à aujourd’hui.

Pendant longtemps, pourtant, le vin ne se faisait pas à la maison. Catherine et Jean-Michel Chardigny ont longtemps géré l’exploitation en métayage. Jusqu’en 1995, les raisins partaient à la cave coopérative de Charnay-lès-Mâcon.

1995, un cuvage dans la maison de famille

Cette année-là, le couple installe un cuvage dans la maison de famille, au village. Il sort ses raisins de la coopérative pour les vinifier lui-même. La famille tient 1995 pour le premier millésime du futur domaine. Celui-ci compte alors 7,5 hectares : 5,5 hectares de Saint-Véran et 2 hectares de Beaujolais-Villages. La conjoncture conduira à arracher ces Beaujolais-Villages en 2005.

De 2013 à 2017, les fils reprennent la main

Les fils prennent le relais par petites touches. En 2013, la fratrie exploite sa première vigne de gamay à Leynes, 0,5 hectare conduit sans intrant chimique. Un hectare est replanté la même année en Bourgogne blanc. En 2014, 1,3 hectare de Saint-Véran est planté sur la commune voisine de Chasselas.

Près de 3 hectares sont alors cultivés sans chimie et sans tracteur. Jean-Michel et ses trois fils s’en chargent seuls. Les garçons rentrent le week-end pour piocher et pour traiter les vignes à la brouette, au cuivre et au soufre.

En 2015, Pierre-Maxime quitte Paris, où il travaillait pour un château bordelais, et s’installe sur l’exploitation. Le domaine reprend 2,5 hectares de Saint-Véran et de Beaujolais-Villages et replante un hectare de Bourgogne blanc. La même année, il engage sa conversion à l’agriculture biologique.

Deux reprises changent ensuite l’échelle du domaine. En 2016, l’occasion de reprendre 8 hectares à Saint-Amour amène Victor-Emmanuel à rejoindre l’exploitation, une fois son diplôme d’œnologue en poche. En 2017, le métayer de la famille depuis quarante ans part à la retraite. Le domaine récupère ainsi 5,5 hectares de Saint-Véran.

Une affaire de famille, chacun à son poste

Pierre-Maxime et Victor-Emmanuel à plein temps

Pierre-Maxime, l’aîné, est cogérant du domaine avec sa mère, Catherine. Passé par l’ESC Chambéry, il a accumulé plusieurs expériences commerciales avant de reprendre l’exploitation. Victor-Emmanuel, le benjamin, a fait ses études d’œnologie à Dijon et détient le diplôme national d’œnologue. Il travaille lui aussi à plein temps au domaine.

Pierre-Maxime résume la ligne de la maison en une phrase : « On intervient très peu, à la vigne comme au chai. » Quand on demande aux frères si leurs vins sont nature, la réponse fuse : « Vivants, mais pas déviants ! »

Jean-Baptiste, passé par le Domaine Leflaive

Jean-Baptiste, le cadet, travaille lui aussi dans la viticulture. Il a été responsable d’exploitation dans le Mâconnais pour le Domaine Leflaive, conduit en biodynamie. Les trois frères exploitent ensemble les vignes que leurs parents leur ont transmises.

Jean-Michel, trente-sept ans de mises en bouteille

Jean-Michel, aujourd’hui retraité, est de formation œnologique. Il a travaillé 37 ans à la Sobemab, une entreprise de mise en bouteille à la propriété. Ce métier l’a mené de Chablis à Narbonne. Il est passé par des domaines de Bourgogne, du Jura, du Beaujolais, de la Savoie et de la vallée du Rhône.

Au fil de ces années, Catherine et Jean-Michel ont acquis les bases de la gestion d’un domaine, de la vinification et du conditionnement. Cuisine et Vins de France résume : trente-sept ans de mise en bouteille, « ça vous forge un palais ».

Les vignerons du Domaine Chardigny

Leynes, entre Saint-Véran et crus du Beaujolais

Saint-Véran, un blanc reconnu en 1971

Leynes appartient au noyau historique de l’appellation Saint-Véran, avec Saint-Vérand, Chasselas, Chânes et Davayé. Dès 1947, leurs viticulteurs fondent une amicale des producteurs de vin blanc « Saint-Véran ». Il leur faut attendre le décret du 6 janvier 1971 pour obtenir l’appellation. Elle ne produit que du vin blanc.

Son nom rappelle saint Véran, évêque de Cavaillon à la fin du VIe siècle, qui siégea au concile de Mâcon. Les vignes y occupent surtout des coteaux aux sols calcaires ou marneux du Jurassique, sur des pentes parfois fortes. L’INAO décrit aussi dans l’aire une zone de transition, entre le socle granitique du Beaujolais et les calcaires de Bourgogne.

Saint-Amour, le cru du Beaujolais en Saône-et-Loire

Les 6 hectares de Saint-Amour relèvent, eux, des crus du Beaujolais. L’appellation se trouve sur la commune de Saint-Amour-Bellevue, en Saône-et-Loire, avec 310 hectares récoltés. Ses sols mêlent surtout des piémonts (48 %) et des granites (22 %), avec des pierres bleues, des calcaires, des marnes et des argiles.

L’interprofession y distingue deux styles, selon la vinification. D’un côté, des vins légers et gourmands, aux arômes d’iris, de violette ou de framboise. De l’autre, des vins puissants et complexes, aux notes de kirsch et d’épices.

Beaujolais-Leynes, le village sur l’étiquette

Le domaine présente Leynes comme le village le plus au nord du Beaujolais et le plus au sud de la Bourgogne. Les vignerons du village ont voulu faire ressortir ce croisement. Ils accolent le nom de la commune à l’appellation Beaujolais-Villages, sous la forme Beaujolais-Leynes.

L’appellation Beaujolais-Villages se répartit sur 38 communes du nord du vignoble, autour des dix crus. Le Beaujolais a été le premier, en 1950, à employer officiellement la mention « villages ».

Vingt hectares en bio, du calcaire dur aux piémonts caillouteux

Autant de blancs que de rouges

Les 20 hectares se partagent à parts égales : 10 hectares de blancs et 10 hectares de rouges. Le Saint-Véran en occupe 8, le Saint-Amour 6, le Beaujolais-Villages et le Bourgogne 3 chacun. Le domaine produit lui-même l’intégralité de ses raisins, sur différents coteaux argilo-calcaires.

Cornillaux, Bois de Fée, Clos du Chapitre : des climats nommés

En Saint-Véran, Les Cornillaux est un climat partagé entre Chasselas et Leynes. Les vignes y poussent sur des calcaires durs profonds, en pente douce, exposées au sud-ouest. Au Bois de Fée tire son nom de la colline qui surplombe Leynes. Les vignes y sont fortement pentues, sur un calcaire dur peu profond chargé de cailloux.

À Saint-Amour, le Clos du Chapitre occupe un promontoire au-dessus de la plaine de la Saône, avec une vue à 360 degrés. Ses sols sont faits de dépôts caillouteux anciens du piémont. À la Folie est un lieu-dit, un grand coteau plein sud. Son sol très caillouteux est un peu plus limoneux que celui du Clos. La cuvée qui en porte le nom couvre 4,5 hectares.

Les vignes de Bourgogne, plantées en 2013 et 2015, sont toutes exposées plein sud. Elles occupent des parcelles restées inexploitées une dizaine d’années. Par temps clair, ce coteau laisse voir le mont Blanc et la chaîne des Alpes.

Du travail à la brouette à la certification complète

Au domaine, la vigne se cultive sans pesticides de synthèse ni herbicides. La conversion commence en 2015, sous le contrôle de l’organisme Certis. Depuis 2020, l’ensemble du domaine est certifié en agriculture biologique. La famille invoque des raisons de santé, sociétales et environnementales.

Pour elle, la bonne santé du sol et de la vigne est la clé de raisins de qualité. Le domaine dit aussi appliquer des pratiques biodynamiques, sans certification.

Le vignoble du Domaine Chardigny

Onze cuvées, un chai qui intervient peu

Des Saint-Véran à boire jeunes ou à attendre

Le domaine produit onze cuvées. Les vinifications restent simples, avec peu ou pas de technologie au chai. L’élevage se fait en cuve ou en fût de chêne. Au chai comme à la vigne, la famille cherche à réduire les intrants au maximum.

Le Saint-Véran Vieilles Vignes assemble plusieurs terroirs, sur des vignes d’au moins 50 ans. Il s’élève en cuves inox et en fûts de chêne plutôt anciens, et se garde cinq à sept ans. Les Cornillaux passe 12 à 18 mois en foudre, en fûts et en cuve selon les millésimes. Le domaine lui prête un potentiel de vieillissement important.

Au Bois de Fée reste 12 mois en fûts de chêne et en demi-muids. Le domaine le voit comme un vin de gastronomie, à boire dans les dix ans, voire plus. Le Bourgogne Chardonnay, élevé seulement en cuve inox, se boit plutôt jeune.

Gamay et pinot noir, de la macération carbonique aux grappes entières

Le Beaujolais-Leynes est vinifié en macération carbonique, avec 100 % de vendanges entières. Ses vignes, taillées en gobelet, poussent sur un sol plutôt limoneux exposé au sud. La cuvaison dure environ 12 jours, avec très peu d’intervention. Il en sort un vin sur le fruit, qui se garde environ cinq ans.

À Saint-Amour, le Clos du Chapitre passe par une macération préfermentaire à froid, avec une part importante de grappes entières. Le domaine lui prête dix ans de garde. À la Folie s’élève 12 mois en fûts, demi-muids et cuves inox. Sa surface permet d’y essayer plusieurs types de macération.

Le Bourgogne Pinot Noir, planté en 2015, pousse sur des terroirs précoces, toujours récoltés en premier. Sa part de vendanges entières varie selon les années. Le Coteaux Bourguignons rouge, issu de gamay, est le rouge le plus accessible de la gamme. Le rosé, un gamay de pressurage direct, est vinifié comme un blanc, à partir de raisins ramassés bien mûrs.

Des étoiles au Guide Hachette et des notes dans la presse

Le Guide Hachette des Vins a retenu le domaine à plusieurs reprises. Son édition 2022 accorde deux étoiles au Saint-Amour Clos du Chapitre 2018. L’édition 2023 en donne deux au Saint-Amour À la Folie 2020 et une au Clos du Chapitre 2020.

La presse a suivi. Gault & Millau attribue 93/100 au Beaujolais-Villages Nouveau 2024, qu’il trouve « élégant, aérien » en bouche. Le Figaro Magazine du 16 septembre 2022 donne 91/100 au Saint-Véran Vieilles Vignes 2021.

La Revue du Vin de France accorde elle aussi 91/100 au Coteaux Bourguignons rouge 2021, coup de cœur de sa sélection 2022. Bourgogne Aujourd’hui note le Clos du Chapitre 2021 15,5/20. Le domaine reçoit à la cave pour des dégustations, sur simple prise de contact.

Les cuvées du Domaine Chardigny

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L'agenda du Domaine Chardigny

  • Des Racines et des Verres 2026 - Affiche du 21e Salon des Vins, 7, 8 et 9 novembre, Espace de la Verchère à Charnay-lès-Mâcon

    Des Racines et des Verres

    Du 7 au 9 novembre

    Charnay-lès-Mâcon (Saône-et-Loire)

    Organisé par Artisans Vignerons de Bourgogne du Sud

    Tous les jours

    • Salon
    • 3 dates
    • 3 domaines présents
  • Millésime Bio - Vue d’un hall du salon, ses rangées de stands identiques et ses visiteurs

    Millésime BIO

    Du 25 au 27 janvier 2027

    Pérols (Hérault)

    Organisé par SudVinBio

    Tous les jours

    • Salon
    • Gratuit
    • 3 dates
    • 78 domaines présents

Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine Jean-Claude Bachelet et Fils

    Au hameau de Gamay, à Saint-Aubin, Benoît et Jean-Baptiste Bachelet cultivent 10 hectares de vignes, engagés en bio depuis 2019. Leurs plus de 20 climats s’étendent sur Saint-Aubin, Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet, jusqu’au grand cru Bienvenues-Bâtard-Montrachet. Dans leur chai, le vin circule sans pompe depuis 2010, puis s’élève 18 mois en fût de chêne sur lies fines. Leur premier cru Sous le Puits, sur les hauteurs de Blagny, a reçu un coup de cœur et trois étoiles au Guide Hachette 2009.

  • Domaine Jean-Claude Rateau

    Le Domaine Jean-Claude Rateau cultive 10,5 hectares à Beaune, des premiers crus de la ville aux Hautes-Côtes de Beaune. Installé en 1979 sur deux hectares de vignes familiales, Jean-Claude Rateau mène au Clos des Mariages les premiers essais bourguignons de pratiques biodynamiques. Engagé en bio depuis 1995, le domaine vendange à la main, pige ses rouges matin et soir et fait fermenter ses blancs en fût avec les levures du raisin. Sa gamme va des appellations régionales aux premiers crus Bressandes, Reversées et Coucherias.

  • Domaine Tortochot

    Le Domaine Tortochot cultive 12 hectares en bio à Gevrey-Chambertin, où la famille fait du vin depuis 1865. Chantal Michel-Tortochot, quatrième génération, a repris les vignes en 1997 après quinze ans dans le monde des affaires. Ses 16 pinots noirs vont du bourgogne au Chambertin, une parcelle haute travaillée au cheval, avec quatre grands crus en tout. Fermentés avec les levures indigènes, ils ne sont ni collés ni filtrés, et le Mazis 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2025.

  • Domaine Benoît Ente

    Le Domaine Benoît Ente cultive 23 parcelles à Puligny-Montrachet, en partie héritées en 1990 des grands-parents de Benoît Ente. Engagée en bio chez Ecocert en 2019, l’exploitation soigne ses vignes à la main, des « bas » de Puligny jusqu’aux coteaux. Sa plus vieille parcelle, plantée en 1943, donne Nexe Flore, une cuvée vinifiée uniquement sous verre. Chaque vin est élevé 18 mois sous bois et sous verre puis en inox, jusqu’aux premiers crus Clos de la Truffière et Folatières En la Richarde.

  • Domaine Dominique Gruhier

    Le Domaine Dominique Gruhier occupe à Épineuil, dans l’Yonne, l’ancien cellier que les moines de l’abbaye de Quincy ont bâti en 1212. Installé en 1990, Dominique Gruhier y conduit plus de 32 hectares de vignes, en bio depuis 2003. Ses 14 cuvées vont du Bourgogne Épineuil au Chablis premier cru Montée de Tonnerre, jusqu’à un crémant blanc de noirs en brut nature. Ses vins fermentent avec leurs levures indigènes, sans intrants, et l’Âme des Dannots 2022 a reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine Papillon-Lavoignat

    Le Domaine Papillon-Lavoignat cultive 19,77 hectares à Péronne, dans le nord du Mâconnais, dont près de 16 hectares en Mâcon-Péronne. Engagé en bio en 2022, il signe avec le millésime 2025 sa première vendange certifiée. Ses chardonnays viennent de lieux-dits comme Les Quartiers, aux vignes de 90 à 100 ans, ou Montépin, élevé entre fût et inox. La gamme compte aussi un aligoté, un pinot noir et trois effervescents, dont deux Crémants de Bourgogne.

  • Domaine du Comte Liger-Belair

    Le Domaine du Comte Liger-Belair cultive 10,5 hectares à Vosne-Romanée, Flagey-Échezeaux et Nuits-Saint-Georges, en bio et en biodynamie labellisée Biodyvin. Installée au château de Vosne depuis 1815, la famille a vu ses vignes vendues aux enchères en 1933 et n’en a racheté qu’une part. Ingénieur en agriculture et œnologue, Louis-Michel Liger-Belair reprend en 2000 les vignes restées dans la famille, dont le grand cru La Romanée en monopole. Ses 15 cuvées viennent de sols labourés en partie à cheval et s’élèvent en fûts neufs, sans collage ni filtration.

  • Domaine du Cellier aux Moines

    Le Domaine du Cellier aux Moines cultive à Givry le clos que les cisterciens de La Ferté ont planté vers 1130, autour d’un cellier inscrit aux monuments historiques. Philippe et Catherine Pascal l’ont acquis en 2004 et le conduisent en biodynamie, labellisée Biodyvin, avec Guillaume Marko. Le domaine possède 5 hectares du Clos du Cellier aux Moines, premier cru de pinot noir, le petit Clos Pascal et des chardonnays de Montagny à Puligny-Montrachet. Les vins naissent dans une cuverie en gravité construite dans l’ancienne carrière de Givry, sans aucun pompage.

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